‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 9 sur 276 · BOUQUIER · texte numérisé non relu

BOUQUIER

rait , à son beau-frère et à quelques autres proscrits. Elle dut bientôt partager leur sort. Traînée dans les prisons de Bordeaux avec l'cueule de Guadet, âgée de quatre-vingts ans, elle fut traduite devant la commission populaire présidée par Lacombe, auquel elle aurait répondu : «Monstre altéré de sang, si les liens de la nature, si l'humanité sont des crimes , nous méritons tous la mort. » A l'heure du supplice, elle résista à l'exécuteur avec l'énergie du désespoir ; et ce ne fut qu'après une lutte qui contrastait avec la faiblesse de son sexe, qu'on parvint à lui couper les cheveux, à la lier, et à la mener à l'échafaud(l).

Galerie historique des Contemporains. — Lamartine, Histoire des Cirondins.

BOUQUIER (Gabriel), littérateur français, né dans le Périgord vers 1750, mort à Terrasson, près de Sarlat, en 1811. A l'âge de vingtcinq ans , il débuta dans la carrière littéraire par une épître à Joseph Vernet, dans laquelle il décrit avec enthousiasme et fidélité les principaux ouvrages de ce grand artiste. Envoyé à la convention par le département de la Dordogne , il se fit remarquer par l'exaltation de ses opinions révolutionnaires ; il vota la mort de Louis XVI , mais ne prit aucun parti dans la lutte des montagnards et des girondms. Il fut nommé membre du comité d'instruction publique ; et , en cette qualité, il présenta, le 21 frimaire an H (11 décembre 1793), un rapport dans leqjiel, rejetant toute idée de hiérarchie pédagogique, il déclarait que « les plus belles écoles , les plus utiles , les « plus simples, sont les séances publiques des « départements, des districts, des municipalités, « et surtout des sociétés populaires. » Il voulait qu'on privât de leurs droits politiques, pendant toute leur vie , les jeunes gens qui, ne s'étant pas adonnés à la culture de la terre , auraient atteint leur vingt et unième année sans avoir appris un art ou une science utile. Cette proposition fut convertie en décret; seulement la privation des droits civils se restreignit à dix ans. Bouquier, nommé président de la Société des jacobins, fut élu secrétaire de la convention le 5 janvier 1794. Le 13 avril de la même année, il lut un second rapport, dans lequel il proscrivait « les écoles « secondaires et intermédiaires consacrées à l'en- « seignement des lois, » et réclamait toute la sévérité de la convention contre « toute espèce « de paraphrase , interprétation, glose et com- « mentaire de ses décrets. » Il fit décréter, en même temps, que des cours de médecine, de mathématiques et de métallurgie seraient établis dans les principales villes ; et, le 9 messidor suivant ( 24 juin ) , on décida sur sa demande la restauration des tableaux appartenant au musée; on n'excepta de cette mesure que ceux dont les sujets se rattachaient à des événements ou à des

(1) Les autres biographes se taisent sur cette lutte, mentionnée par la Galerie historique des Contempo-

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souvenirs monarchiques. Bouquier ne fut envoyé à aucun des couseOs qui succédèrent à la convention ; il se retira dans ses propriétés , et y partagea son temps entre la peinture et la poésie. On a de lui et de Moline , son collaborateur : la Réunion du 10 août , ou l'Inauguration de la République française , sans-culottide en cinq actes : cette pièce, dédiée à la convention , fut d'abord jouée, le 13 mars 1794, sur le théâtre Molière, appelé alors Théâtre des Sans-culottes; ensuite sur le théâtre de l'Opéra, et à la Porte- Saint-Martin , où elle eut vingt-quatre représentations , jusqu'à la veille de la chute de Robesbierre. On la reprit, douze jours après le 9 thermidor, dans la nouvelle salle de l'Opéra (rue Richelieu) ; Moline y avait ajouté un hymne patriotique, et un prologue intitulé U Inauguration du théâtre des Arts.

Arnauli, Jay, Qlc.,Biog. nouvelle des Contemporains. — Quérard, la France littéraire.

*BOURAYNE (César- Joseph), marin français, né à Brest le 22 février 1768, mort le 5 novembre 1817. Il servit aux Antilles sous les ordres de VUlaret- Joyeuse, se distmgua en plusieurs rencontres dans la mer des Indes , et gagna le grade de capitaine de vaisseau.

Biographie maritime. — Biographie Bretonne.

^BOURBEAîJ (Louis-Olivier), jurisconsulte, professeur à la faculté de droit de Poitiers, né à Poitiers le 2 mars 1811. Élève de Boncenne , M. Bourbeau entra, jeune encore , sous les auspices du maître , au barreau de Poitiers. Maire de sa ville natale en 1847 et en 1848, il sut, dans ces circonstances difficiles, maintenir l'ordre au milieu d'un désordre alors général. Appelé bientôt par 50,000 voix à l'assemblée constituante, il préféra aux succès brillants et faciles de la tribune les travaux plus obscurs et plus sérieux des commissions, qui à diverses reprises le choisirent pour leur interprète auprès de l'assemblée. Quand son mandat expira en 1849, il revint à Poitiers prendre sa place à l'école et au barreau.

La Théorie de la Procédure civile, commencée par Boncenne et continuée par M. Bourbeau, compte aujourd'hui 6 volumes ; Paris, 1837-1845; les deux derniers sont de M. Bourbeau.

H. AUBÉPINT.

Beuchot, Journal de la librairie.

BOURBON (maison de ). La plupart des personnages issus de cette maison, et qui ont porté le nom de Bourbon, ont été mêlés aux événements les plus graves de l'histoire de France. Parmi les premiers seigneurs qui possédèrent le fief de Bourbon, nous citerons Archambaud /"', qui paraît avoir (vers l'an 900) joint le premier à son nom celui de la terre qu'il possédait à titje féodal. Une de ses descendantes en ligne directe, Béatrix , épousa en 1283 Robert de France, comte de Clermont en Beauvoisis. Robert était le sixième fils de saint Louis. C'est à ce Robert que commence la dynastie féodale des Bourbons, issus de la famille capétienne. Cependant, après la mort de Béatrix (1310), ce ne fut point Robert

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qui hérita des domaines de la maison de Bourbon, mais Louis, son fils aîné. Robert mourut à Paris le 7 février 1317. Sa statue et son tombeau étaient aux Jacobins de la rue Saint-Jacques, dans la chapelle des Bourbons. Voici l'épitaphe que Santeul avait composée pour ce prince :

Hic stlrps Borbonidum, hic primus de nomine princeps Conditur : hic tumuli, veluti incunabula regum. Hue veniant proni regali e stirpe nepotes, Borbonii hic régnant, invite funere, mânes. .4rt de vérifier lés dates, t. VH, 3« partie. — Moréri , Dictionnaire historique. — Chateaubriand, Études historiques. — Hist. de lamaisonde Bourbon.

BOURBON ( Louis I", comte de Clermont et premier duc de ), prince français, fils de Robert de Clermont , né en 1 279, mort vers la fin de janvier 1341. n succéda en 1310 à Béatrix, sa mère, dans la sirerie de Bourbon, quoique son père vécût encore. H prit part successivement aux ba- ^ tailles de Furnes (1297), de Couitray (1.302) et de :,. Mons-en-Puelle (1 304) ; et, dans la seconde de ces trois journées, il sauva l'armée française. En 1308, il fut nommé par Philippe le Bel grand chambrier de France, charge qui resta dans sa famille jusqu'à la révolte du connétable de Bourbon. En 1312, le concile de Clermont ayant ordonné une croisade, Louis F"", choisi pour la commander, alla inutilement à Lyon, afin de réunir les éléments nécessahes à cette grande entreprise, et n'en tira d'autres avantages que le titre de roi de Thessalonique, vendu à ce prince, moyennant 40,000 écus, par Eudes, duc de Bourgogne. Après la mort des trois fils de Philippe le Bel , LouisI'^'' concourut à l'affermissement de Philippe le Long sur le trône de France, et vendit à ce monarque, pour une somme de 15,000 hvres, son droit de battre monnaie dans le Bourbonnais et le Clermontois. Sous le règne de Charles le Bel, en guerre avec les Anglais, il leur enleva le Mont- Ségur, Sauveterre, Saint-Maurice, Agen, et seconda puissamment le comte de Valois dans la conquête de la Guyenne. Peu de temps après, le 27 décembre 1327, le Bourbonnais fut érigé en duché-pairie, et le nouveau duc substitua au titre de comte de Clermont, qu'il avait porté jusqu'alors, celui de duc de Bourbon, mais en conservant les armes de France, au lieu du blason de cette dernière seigneurie. A la mort de Charles le Bel, Louis de Bourbon se prononça encore pour la loi salique, et défendit les droits de Philippe de Valois. Envoyé en Angleterre, il décida Edouard III à prêter au roi de France l'hommage-lige. Philippe de Valois fut si satisfait de ce résultat, qu'il érigea en duché-pairie et donna à Louis r" la ville de Clermont, que ce dernier .prince avait autrefois cédée à Charles le Bel pour les villes d'Issoudun, de Saint-Pierre-le-Moutier et de Mont-Ferrand. Pendant les campagnes de ' 1338, 1339 et 1340, le duc de Bourbon suivit le roi en Flandi-e, et assista ensuite au congrès d'Arras, où il négocia une trêve de deux ans.

.4rt de vérifier les dates. — Le P. Anselme , Hist. généalogique de la Maison de France.— Froissard, Chroniques.

BOURBON

BOURBON (Pierre P^ second duc de)', prince français, fils de Louis F", né en 1310, mort le

19 septembre 1356. Il prit une part active aux guerres que les rois de France firent, de son temps, pour repousser l'invasion des Anglais. En 1345 il se distingua en Guyenne, et en 1346 il assista à la bataille de Crécy, où il fut blessé à côté du roi. Il maria sa fille aînée, Jeanne de Bourbon, à Charles , depuis Charles V, et Blanche, la seconde de ses filles, à Pierre le Cruel : on connaît la ti'iste destinée de cette dernière princesse. Quant à son père, il passa pour n'avoir pas été étranger à la mort de Charles de Lacerda, favori du roi Jean ; et il fut soupçonné de s'être laissé séduire par les artifices et les promesses de Charles le Mauvais. Il fut chargé de conclure un traité entre la France et l'Angleterre; mais il ne réussit point dans cette négociation , et périt à la bataille de Poitiers , en s'exposant avec courage pour sauver la vie du roi Jean. Pieri-e de Bourbon, ruiné par sa prodigalité, avait été déféré par ses créanciers à la cour dé Rome , qui l'avait excommunié pour le contraindre à payer ses dettes. Son fils dut s'engager à les payer, pour obtenir la permission de lui rendre les derniers devoirs.

Art de vérifier les dates, t. VII, a** partie. BOURBON (Louis II, troisième duc de), prince français, né le 13 août 1337, mort à Moulins le 19 août 1410. Il était fils de Pierre I", et fut retenu huit ans en Angleterre, comme otage du traité de Brétigny. A son retour, il-servit Charles V avec zèle et avec courage. Animé, comme son père, d'une haine profonde contre les Anglais , il ne négligea aucune occasion de les combattre, et il fit contre eux plusieurs expéditions glorieuses en Anjou, en Saintonge, en Guyenne et en Auvergne. Quand le roi Charles V, en 1374, eut conclu une trêve avec l'Angleterre, Louis de Bourbon se dirigea vers l'Espagne pour faire la guerre aux musulmans. Il fut accueilli avec enthousiasme par les sujets de Henri de Transtamare, qui ne voyaient point sans un vif intérêt , au milieu d'eux, le frère de l'infortunée Blanche de Bourbon. La guerre qui éclata à cette époque enti'e la Castille et le Portugal arrêta tous les projets de croisade, et Louis repassa les Pyrénées sans avoir combattu les infidèles. Vers la fin du règne de Charles V, il contribua puissamment à ramener au service de la France du Guesclin , qui avait renvoyé son épée de connétable. En 1380, après la mort du roi, il accepta la tutelle du jeune duc d'Orléans , frère de Charles VI. En 1382, il se distingua à la bataille de Rosebecq. L'événement le plus important de la vie de Louis de Bourbon fut , sans contredit, la croisade qu'il entreprit en 1391 contre les pirates de Tunis. Il fut plus heureux que son aïeul le roi saint Louis. Malgré les grandes chaleurs et les maladies qui décimaient son armée, il vainquit les chefs qui commandaient à. Tunis, à Bougie et à Tlemcen, et il

força le roi de Tunis à renvoyer libres les chrétiens captifs, et à se reconnaître tributaire des Génois. Quelques années après son retour 'en France , il ne vit point sans douleur les querelles intestines qui divisaient la famille royale et tout le royaume. Il chercha à réconcilier ceux que la haine et le meurtre avaient désunis ; mais il ne put y réussir. On connaissait si bien les louables intentions du duc de Bourbon, que sa mort, arrivée en 1410, au moment où la guerre civile allait éclater, causa une véritable douleur à tous ceux qui souhaitaient la paix et désiraient sincèrement le bien de la France. H avait d'ailleurs le caractère vraiment chevaleresque. Lorsqu'on 1373 il attaqua, en compagnie de du Guesr clin, le duc de Bretagne, la duchesse tomba entre ses mains : « Ah ! beau cousin, aurait-elle dit, suis-je donc prisonnière? » — « Nenni, madame, aurait répondu Bourbon ; nous ne faisons pas la guerre a,ux dames. » Et, imitant Scipion, il l'envoya la duchesse à son mari. On peut citer, comme chose glorieuse pour la mémoire du duc de Bourbon , les paroles que , suivant un narrateur contemporain, prononcèrent les gens du peuple lorsqu'ils virent passer son convoi : « Ah ! mort, tu nous as ôté en ce jour notre soutien , celui qui nous gardait et nous défendait de toutes oppressions ; c'était notre prince , notre confort, notre duc, le plus prud'homme et de la meilleure vie et conscience qu'on pût trouver, w

Art de vérifier les dates. — Daru, Histoire de Bretagne. — Histoire de la vie, faits héroïques et voyages de très-valeureux prince Louis, troisième duc de Bourbon; Paris, 1612, in-8°. — Désornceaux, Histoire de la Maison de Bourbon. — Le Bas , Dict. encyclop. de la France.

BOURBON (Jean I" , quatrième duc de), prince français , fils aîné de Louis II, né en 1381, mort à Londres en janvier 1434. Le meurtre du duc d'Orléans rompit les relations d'amitié qui existaient entre Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, et Jean I^', duc de Bourbon. Ce dernier se rallia au comte d'Armagnac, et prit part au traité déshonorant qui promettait d'assurer au profit du roi d'Angleterre, Henri IV, l'exécution du traité de Brétigny. Attaqué dans Bourges par Jean-sans-Peur, le duc de Bourbon s'y défendit avec courage, obligea le duc de Bourgogne de lever le siège, et détermiua la signature de la paix conclue à Auxei're par les chefs des deux partis. En 1413, une armée fut levée par les Parisiens pour tranquilliser les environs de leur ville, infestés par des compagnies de brigands. Le duc de Bourbon , à la tête des ti'oupes parisiennes , purgea de ces redoutables malfaiteurs l'Ile-de-France, l'Orléanais, le Berri, la Touraine, l'Anjou; poursuivit dans le Poitou ses ennemis vaincus, et termina cette glorieuse campagne en enlevant aux Anglais la ville de Soubise. En 1414, il marcha contre les Bourguignons, et s'empara de Compiègne, où il fut blessé ; après son rétabUssement, il se rendit maître de Bapaume. Il ne fut point aussi heureux au siégé d'Arras, dont il

BOURBON

avait enlevé la direction au connétable d'Albret. U se montra avec plus d'avantage dans le midi de la France; il en expulsa de nombreuses troupes de brigands , et, dans la Guyenne, força les Anglais au repos. Ce prince joignait à un courage éprouvé une humeur galante et aventureuse; il en donna une preuve, le f janvier 1415, en publiant, suivant les usages de ce siècle, un cartel par lequel lui et seize autres chevaliers ou écuyers s'engageaient à porter pendant deux ans à la jambe, en l'honneur de leurs belles, un fer de piisonnier, d'or pour les chevaliers et d'argent pour les écuyers , à moins qu'il ne se présentât un nombre égal de chevaliers et d'écuyers pour les combattre à pied et à outrance, et leur enlever ces fers votifs par la victoire. C'est ce qu'on appelait alors une emprise ou entreprise d'armes. Jean 1'=', ayant été fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, fut emmené à Londres; là sa rançon, fixée à 300,000 écus, fut payée jusqu'à trois fois sans qu'il pût obtenir sa lilîerté du déloyal monarque anglais. Vaincu enfin par l'ennui de cette longue captivité, il offrit de payer une quatrième rançon, et conclut un traitéspar lequel il hvrait aux Anglais les principales places de son domaine , et reconnaissait, lui prince du sang, Henri VI comme souverain. Mais le comte de Clermont, son fils, refusa de ratifier ce traité ; et le duc mourut dans les fers.

Art de vérifier les dates. — Oésormeaux, Hist. de la Maison de Bourbon. — Froissart , Chroniques.

BOURBON {Charles I", ciiiquième duc de), prince français, fils de Jean F'', né en 1401, mort à Moulins le 4 décembre 1456. Pendant la vie de son père , U porta le titre de cowbte de Clermont. En 1418, dans la nuit, il fut surpris dans Paris par Jean-sans-Peur, qui , rompant le mariage de ce prince avec Catherine de France , le contraignit d'épouser Agnès, sa fille , qui n'était pas encore nubile. Le comte de Clermont, après la mort de Jean-sans-Peur, à laquelle il avait assisté , se crut délié de ses promesses envers lui , renvoya sa jeune épouse , et consacra son épée à la défense du Dauphin, depuis Charles VH , qui le nomma son lieutenant dans le Languedoc et la Guyenne. Le nouveau général soumit , dans ces deux provinces , un grand nombre de places , et montra une grande sévérité à l'égard de ses adversaires, surtout à Aigues-Mortes , où il fit massacrer la garnison bourguignonne , et à Béziers, dont les habitants eurent à subir les plus humiliantes conditions. Du Languedoc ainsi pacifié il passa au gouvernement du Nivernais, du Bourbonnais, du Forez, du Beaujolais , du Lyonnais et du Maçonnais , où il rendit les plus grands services à la cause du Dauphin. En 1425 , sa sœur utérine. Bonne d'Artois, ayant épousé Philippe le Bon, duc de Bourgogne , le comte de Clermont se rapprocha de ce prince , et renoua son union avec Agnès de Bourgogne, mais sans abandonner les

intérêts de Charles Vil. En 1428 , il défend c Orléans contre les Anglais ; l'année suivante , i '. sauva une partie des troupes françaises à L journée des Harengs. Il assista au sacre du roi à Reims, où il représenta le duc de Normandie , et reprit ensuite Corbeil , Saint-Denis et Vincennes. Devenu duc de Bourbon en 1434, il crut avoir à se plaindre du duc de Bourgogne ; mais, après quelques hostilités, il se réconcilia avec lui, et, secondé des comtes de Richemont et de Nevers , il essaya de négocier un rapprochement entre Philippe le Bon et Charles Vil. Ce projet se réalisa heureusement, et la paix fut conclue entre le roi et le duc de Bourgogne le 21 septembre 1435. Après de si nombreux et si grands services, le duc de Bourbon en compromit l'honneur en 1440, par sa participation au complot connu sous le nom de Pragnerie ; mais , après la défaite des conjurés , il rentra en grâce auprès du l'oi. Ce ne fut pas cependant sans expier sa faute par l'obligation de demander pardon solemiellement et par la perte d'un assez gi-and nombre de places qu'il avait autrefois conquises ou achetées ; ce qui mit le comble à son chagrin dans cette triste circonstance , ce fut le supplice du bâtard de Bourbon, son frère naturel. Yoij. Bourbon {Alexandre, bâtard de ). Une nouvelle ligue, à laquelle 11 prit part l'année suivante, fut dissipée par la prudence du roi ; et le duc de Bourbon, étant ventié dans le devoir, eut le bonheur de voir le mariage de son fils, le comte de Clermont, avec Jeanne de France, fille de Charles VH.

Monstrelet , Chronique. — Art de vérifier les dates. — Mézeray , Histoire de France. — Uésorraeaux, Histoire de la Maison de Bourbon. — Chateaubriand, Études historiques.

BOURBON {Jean II, sixième duc de) et d'Auvergne, comte de Clermont , fils aîné de Charles \", duc de Bourbon, et d'Agnès de Bourgogne, connétable de France, né vers 1426, mort le 1^'' avril 1488. Connu sous le nom de comte de Clermont jusqu'en décembre 1456, époque de la moii, de son père, il se trouva en 1450 à la bataille de Formigny, et trois ans après à celle de Castillon, dont la victoii'e, en chassant les Anglais de la Guyenne, réunit définitivement cette province sous l'obéissance royale. Capitaine et gouverneur de la ville et du château de Blaye en 1454, grand chambellan de France le 12 mars 1457, Jean de Bourbon entra en 1464, avec le duc de Bretagne et le comte de Charolais,dans la ligue dite AyyBlenpiiblic. « Bien peu « de teraj>6 après le parlement des ambassa- « deurs » (le comte d'Eu, Morvilliers, chancelier de France , et l'archevêque de Narbonne), « vint à Lisle le duc Jean de Bourbon, faignant « venir voir son oncle le duc Philippe de Bour- « gongne , lequel entre toutes les maisons du

« monde aimait cette maison de Bourbon

« Toutesfois l'occasion de la venue du dit duc de « Bourbon estoit pour gaigner et conduire le dit « duc de Bourgongne de consentir mettre sus

BOURBON

lée en son pais : ce que semblablement

1, t tous les princes de France, pour re-

. , îr au roy le mauvais ordre et injus-

il faisoit à son royaume : et vouloient

rts pour le contraindre, s'il ne vouloit

, Et fut cette guerre depuis appelée le

ublic, pour ce qu'elle s'eutreprenoit

ouleur de dire ijuc c'estoit pour le bien

du royaume. » — Le traité de paix

os , signé à Paris entre Louis XI et les

i 5 octobre 1464, ayant amené une

'ion , le duc Jean de Bourbon fut suc-

nt nommé lieutenant général du roi au

duché d'Orléans, gouverneur du Languedoc le 5 juin 1466 , chevalier de Saint-Michel , lors de la création de l'ordre, le 1*'' avril 1469, et enfin connétable de France le 23 octobre 1483. II se retira à Moulins, où il mourut à l'âge de soixantedeux ans. A. S y.

Pinard, Chronologie militaire, 1. 1, p. 130.— Monstrelet, Chroniques, — Mémoires de Cotnines, iiv. I, § 2. — Mézeray, Histoire de France. — Michelet, Histoire de France.

BOURBON {Charles II , septième duc de), Voy. Bourbon ( Charles, cardinal de.))

BOURBON {Pierre II, huitième duc de).

Voy. BE4DJEU {Pierre II de Bourbon , sire

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