‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 110 sur 200 · CIMABUE · texte numérisé non relu

CIMABUE

d'Assise, en 1263 selon Vasari , en 1265 seulement selon d'autres historiens. Dès son début il se montra supérieur à Giunta et aux peintres grecs ses collaborateurs. Avec l'aide de ces maîtres byzantins, il commença par peindre dans l'église inférieure la Vie de Jésus-Christ et celle de saint François; mais c'est dans l'église supérieure qu'il faut chercher les fresques de ce grand homme, que Lanzi a surnommé avec justesse VEnniïis de la peinture ; c'est là qu'où le trouve véritablement admirable pour son siècle. Dans la tribune, il peignit des sujets de la vie de la Vierge, sa mort, son assomption , &ison couronnement; aux compartiments des voûtes, les quatre Évangélistes, le Christ, la Vierge, saint Jean-Baptiste, saint François, et quatre Docteurs de V Église; enfin, sur les murailles, entre les fenêtres, un grand nombre de traits de l'Ancien et du Nouveau Testament. Au-dessous de ceux-ci, Cimabue avait entrepris d'autres fresques, qu'il abandonna pour retourner à Florence, et qui ne furent terminées que longtemps après, par le Giotto. Le temps a effacé une grande partie de ces peintures ; mais plusieurs de celles des murailles, et surtout celles de la voûte, sont encore bien conservées. Parmi les premières, la Nativité, le Christ mort entouré des saintes femmes, trois figures colossales d'Anges tenant des sceptres , la Résurrection de J.-C. , le Sacrifice d^ Abraham , la tentation d'Eve , V Expulsion du paradis terrestre, la Chute des anges rebelles, et la Création de l'homme, sont les plus remarquables et les mieux conservées ; les deux dernières fresques surtout s'éloignent notablement de la manière byzantine, moins cependant encore que les Évangélistes et les Docteurs de la voûte, où l'on trouve une originaUté de style , im art de composition, une vigueur d'expression, une force de coloris, une entente de l'effet que nul n'avait encore atteints.

Cimabue revint à Florence dans tout l'éclat de son talent , et il semblait que sa réputation ne pouvait s'accroître; cependant denouveauxtriomphes l'attendaient, car ce fut alors que pour l'église de Sainte-Marie-Nouvelle il peignit la fameuse Madone, qui parut tellement supérieure aux autres peintures de cette époque , qu'on la regarde presque comme le premier monument de la renaissance de l'art à Florence. Ce précieux tableau se voit encore aujourd'hui, en parfait état de conservation, dans la chapelle Ruccellai à SainteMarie-Nouvelle. Lorsque Charles d'Anjou passa par Florence pour aller prendre possession du royaume de Naples, il voulut voir cette Madone, qui était encore chez le peintre. La fête qu'occasÎQima cette visite fit donner le nom de Borgo Allegri au quartier qu'habiûit alors Cimabue. Plus tard , le tableau fut transporté processionnellement, au bruit des fanfares, de l'atelier du peintre à Sainte-Marie-Nouvelle. Le Musée du Louvre en possède une espèce de

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