CIMAROSA — CIMON
Saples (1783) ; — Z'JÇroe Oiwese ;. Naples (1783) ;, — Giunio liruto (1783); — Chi d'altrui si veste presto si spoglia (1783); — VOlimpiade; Vicence (1784); — i Due supposti Conti; Milan (1784);— Ze Statue parlanti (1784); — Deux messes, dont une de Requiem (1784); — Gia7i- , nina e Bernadone; Naples (1 785) ; — il Marito disperato; Naples (1785); — il Credulo ; Naples (1785) ; — la Donna al peggiorsi appigli; Naples ( 1785 ); — la Scuffiara ( 1785 ) ; — gli Amanti alla prova (1786); — la Nascita del Delfmo , cantate (1786) ; — la Trame deluse ; Naples (1786) ; — Pimpressario in angustie ; Naples (1786) ; — il Fanatico burlato ; Naples (1786); — il Sacrifizio d'Abramo; Naples (1786); — il Valdomiro; Turin (1787); — lu Feste d'Apollo (1787); — la Virgine del SOf 8 ; "Saint Pétersbourg (1787); — la FUicita inaspettata; Saint-Pétersbourg (1788); — la Cleopatra; Saint-Pétersbourg ( 1788) ; — Messe de Requiem pour les funérailles de la duchesse de Serra Capriola ; Saint-Pétersbourg (1788);
— l'Atene edificata; Saint-Pétersbourg (1789);
— la Serata non proveduta; cantate, Saint- Pétersbourg ( 1789) ; — Cinq cents morceaux détachés pour le service de la cour de Russie (1787 à 1791); — il Mairimonio segreto ; Vienne (1792); — la Calamita, de'' cuori; Vienne (1792) ; — Amore rende so^ace; Vienne (1792); — deux Dixit,Y\i\i pour l'empereur d'Autriche, l'autre pour le prince Esterhazi (1792); — i Traci amanti; Naples (1793);
— le Astuzie feminili; Naples (1793); — Pe«eto//e; Naples (1794) ; — Vlmpregno superato; Naples (1795); — i Nemici generosi; Rome (1796); — gli Orazj e i Guriazj ; Venise (1797 ) ; — Achille nelV assedio di Troia; Rome (1798); — l'Imprudente fortunato; Rome ( 1798) ; — l'Apprensivo raggirato; Naples (1798); — la Félicita compito, cantate; Naples (1798); — Semiramide (1799); Arte raisia, opéra inachevé; Venise (1801).
DiECDONNÉ DeNNE-BaRON.
Choroa etFayoUe, Dict.hist. des musiciens. — Fétis, Êiog universelle des musiciens. — Scudo, Critique et Ultérature musicales. — Dict. de la conversation. — Documents inédits.
CIMATORI. Voy. ViSACCI.
ciMBER {Elias-Olai) , astronome danois, natif de Mors , dans le Jutland , vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. Son véritable nom est Morsing Elias-Œlsen. On a de lui : Diarium astrologicum, et meteorologicum anni 1586, et de cometa quodam rotundo omnique cauda destituto , qui unno proxime elapso eonspiciebatur ; Uranienbourg , in-4°.
Catalogue de la Bibliothèque de la Société des sciences de Norvège.
ciMENTi. Voy. Empoli.
*ciMERio (Pierre), littérateur italien, natif de Florence, vivait dans le milieu du dix-huitième siècle. On a de lui : Dissertationes litterarisc; Florence, 1742, in-8°. Parmi ces disser-
tations , on peut citer les suivantes : de Varia Dei in SS. nomine; — Historia Amazonum in seriem redacta; — Lampridius ex se ipso correctus de mensibus commodianis ; — de Grônlandia veteri; — de Apparitionibus Dei in V. T. ; — de Usu et abusu periodi julianœ ; — Introductio ad titulos psalmorum ; — de Chronologia Pentateuchi usque ad Abrahamum.
Adelung, supplément à Jocher, Mlgemeines Gelehrt.- Lexicon.
ciMiELLO. Voy. Cardone.
CIMON, peintre grec, né à Cléone, vivait vers 700 avant J.-C. Il serait difficile de préciser, d'après un passage fort obscur de Pline , quel fut le mérite particulier de Cimon et quels services il rendit à l'art naissant de la peinture. Ne se contentant pas , à ce qu'il semble , de tracer comme ses prédécesseurs , de simples traits, il s'efforça de rendre les articulations des membres, les veines du corps , les pHs des draperies. Pline lui attribue une inventioii qu'il appelle catagrapha, et qu'il explique par ces mots : hoc est obliquas imagines. Il faut probablehient entendre par catagrapha non pas le dessin de profil , mais la variété des attitudes et des figures, et peut-être les raccourcis. Il semblerait, d'après une épigramme de Simonide, que Cimon était contemporain du peintre Dionysius , et vivait vers la 80" olympiade. Mais le peintre de Cléoïie était certainement antérieur à cette époque , et dans le veîrs de Simonide il faut probablement lire Mix^ov, au lieu de Ktawv.
Pline, ^ist. nat, XXXV. — Bôltiger, ArcUàolog. d. Itlalerei. —
CIMON, un des plus grands généraux athéniens, né vers 510 avant J.-C, mort eu 449. Fils de Miltiade et d'Hégésipyle , fille du roi thrace Olorus, il appartenait à la même famille que l'historien Thucydide. Celui-ci cependant n'a nommé sou parent qu'au sujet de la victoire de l'Eurymédon , de l'expédition au secours de Sparte, et de la mort du général à Cypre. Hérodote, de son côté, mentionne seulement deux faits de la vie de Cimon : le payement de l'amende de Miltiade, et la prise d'Éion. Postérieure aux deux premières périodes de la guerre médique , antérieure aux vingt premières années de la guerre du Péloponnèse , la vie de Cimon n'a été racontée par aucun grand historien contemporain , et nous en sommes réduits , en ce qui le concerne, aux renseignements incomplets , incohérents , en partie calomnieux et controuvés, recueillis par Plutarque. Ils sont puisés à deux sources principales , savoir les précieux et spirituels mémoiî'es du poète Ion de CMos , et les anecdotes scandaleuses et sans valeur de Stésimbrote de Thasos. Les poètes contemporains, Cratinus , Mélanthius et Archilaiis , les historiens et les poètes d'une époque postérieure. Théopompe , Éphore , Eupolis , Aristophane et Critias ont aussi fourni au biographe de Cimon des faits curieux, bien que l'authentieité en soit quelquefois
591 CIMOIN
fort douteuse. Si on en croit les détails empruntés par Plutarque à Stésimbrote, Cimon ne promit pas dans sa jeunesse les talents et les vertus qu'il montra plus tard. « Il eut dans ses premières années, dit l'historien de Chéronée, une mauvaise réputation ; il était connu dans Athènes pour un déhauché et un grand buveur, parfaitement semblable à Cimon son aïeul, que sa stupidité avait fait surnommer Coalemos (l'hébété). Selon Stésimbrote de Thasos, qui vivait à peu près du temps de Cimon, celui-ci n'apprit ni la musique ni aucun des arts libéraux que l'on enseigne aux enfants de condition libre; il n'avait rien de cette noblesse , de cette grâce du langage , si ordinaires aux Athéniens ; mais il était d'un naturel franc et généreux, et la trempe de son âme tenait plus d'un homme du Péloponnèse que d'un Athénien. Il était, comme l'Hercule d'Euripide,
[choses.
Inculte, sans agrément, mais bon pour les grandes
Plutarque, -toujours d'après l'autorité de Stésimbrote et des poètes comiques, prétend que Cimon dans sa jeunesse fut accusé d'une liaison incestueuse avec sa sœur Elpinice, qui passait pour n'avoir pas des mœurs sévères. Il ajoute aussitôt : « Quelques auteurs disent que les rapports d'Elpinice et de Cimon n'étaient ni criminels ni secrets, et qu'elle l'avait épousé publiquement parce que sa pauvreté l'empêchait de faire xm mariage digne de sa naissance. « Dans la biographie de Cimon attribuée à Cornélius Nepos on trouve le même fait, avec cette remarque qu'Elpinice était la sœur germaine ( issue du même père ) de Cimon, et qu'il était permis aux Athéniens d'épouser leurs sœurs du côté ^paternel. Ce mariage singulier, car on n'en citerait pas un autre exemple dans l'histoire d'Athènes, a soulevé parmi les savants d'interminables discussions, dont on peut lire un résumé dans le Dictionnaire de Bayle. Nous croyons qu'il a été inventé par les poètes comiques , et que le commerce incestueux lui-même est une calomnie de Stésimbrote. D'ailleurs, après tant de siècles, et en l'absence de documents authentiques , toute discussion à ce sujet n'aboutirait à aucun résultat ; il suffit de dire que le récit de Plutarque est plein de contradictions, et que ce biographe s'est contenté de rapporter des assertions vagues, sans les vérifier et sans les mettrQ d'accord entre elles.
Cimon était encore fort jeune lorsqu'il perdit son père, en 489. Selon Diodore, pour obtenir que le corps de Miltiade fût enseveli , il entra volontairement en prison jusqu'au payement de l'amende de cinquante talents, à laquelle le vainqueur de Marathon avait été condamné ; d'après Cornehus Nepos, Cimon, détenu dans la même prison que son père , ne pouvait recou\Ter sa liberté avant d'avoir acquitté la dette paternelle. Mais l'emprisonnement de Miltiade est douteux , comme l'a fort bien remarqué Bayle : « Hérodote, parlant du procès de Miltiade, ne dit rieu ni de
la prison du père ni de la prison du fils et insinue clairement que Miltiade ne fut pa; emprisonné. « Sou fils n'aurait donc pas ei à prendre sa place. Quoi qu'il en soit de c< fait, qui servait de thème aux déclamations de; rhéteurs grecs et latins, une chose est certaine c'est que Miltiade avait été condamné à unt amende de cinquante talents, et qu'il étal' mort avant de l'avoir payée. Par ce fait Cimoi se trouvait incapable d'exercer aucune fonctior publique, et il ne pouvait se relever de cette incapacité légale qu'en payant la dette de son père Malheureusement il était hoi's d'état de s'acquitterenvers l'État, car les biensde safamille, situé; dans la Chersonèse de Thrace, étaient occupée par les barbares. « Alors, dit Cornélius Nepos, un certain Caillas , homme obscur mais riche et qui avait gagné sa fortune dans les mines voulait épouser Elpinice. Il la demanda à Cimon en lui proposant de payer l'amendé de son pèr< s'il consentait. Cimon rejeta cette propositior avec mépris ; mais Elpinice déclara que , puisqu'elle pouvait l'empêcher, elle ne souffrirait pa<; que le fils de Miltiade mourût dans les fers , el qu'elle épou-serait Callias s'il tenait sa promesse. > ce qui eut lieu en effet. Même en rejetant comme controuvé l'emprisonnement . du père et celui j du fils , il reste toujours que Callias paya l'a-] mende de Miltiade, et que Cimon, dégagé envers le fisc, put prétendre aux emplois publics. L'invasion de Xerxès en 480 lui fournit l'occasion de signaler son courage et de se montrer le digne fils du vainqueur de Marathon. Lorsque Thémistocle proposa aux Athéniens de quitter leur ville, d'abandonner l'Attique et de se transporter à Salamine, au miUeu de la consternation gêné- 1 raie que causa un conseil aussi hardi , Cimon fût le premier qui , suivi de plusieurs de ses camarades, s'avança d'un air gai, le long du Céramique, et monta à l'acropole portant dans sa main un mors de bride qu'il allait consacrer à Minerve. Il indiquait par là que dans la conjoncture présente Athènes n'avait plus besoin de cavaliers , mais de marins. Après avoir présenté son offrande, il prit un des bouchers suspendus aux parois du temple, fit sa prière à la déesse , descendit ensuite vers le rivage au milieu des Athéniens, enhardi^ par son exemple. Les preuves | signalées de valeur qu'il donna à la bataille de j Salamine lui acquirent l'estime et l'affection de ses concitoyens. Ceux-ci, s'attachant à iui en grand nombre , lui faisaient partout cortège , et l'exhortaient à concevoir des pensées et à faire des actions dignes de Marathon. « A son entrée dans le gouvernement , dit Plutarque, il fut reçu du peuple avec les plus vifs témoignages de satisfaction. Les Athéniens, déjà dégoûtés de Thémistocle, charmés d'ailleurs de la douceur et de 1a bonté de Cimon , rélevèrent aux premières dignités de la répubUque. Mais personne ne contribua plus à son avancement qu'Aristide , qui voyait en lui un heureu>^ naturel , et qui d'ailleurs
QMON
voulut l'opposer comme contrepoids aux talents et à l'audace de Thémistocle. » Après la bataille de Platée, Cimon fut mis avec Aristide, en 477, à la tête des vaisseaux athéniens, qui étaient placés, ainsi que les autres flottes grecques, sous le commandement suprême du roi Spartiate Pausauias. Bienquetrès-supérieur à ce chef médiocre, grossier, insolent et déjà traître au fond du cœur, Cimon ne refusa point d'obéir. II entretint toujours parmi ses troupes un ordre admirable, et leur inspira surtout une ardeur qui les distinguait de tous les autres alliés. Pausanias, enivré de l'inunense autorité qu'il exerçait, traitait les alliés avec une dureté et un orgueil insupportables , et entretenait des intelligences avec les barbares. Cimon recevait avec beaucoup de douceur ceux qui avaient à se plaindre de Pausanias; et par cette conduite il enlevait insensiblement aux Lacédémoniens l'empu^e de la Grèce, sans employer la force des armes et par Je seul ascendant de son caractère et de ses discours. En même temps il demanda aux Éphores le rappel de Pausanias , qui par ses trahisons iéshonorait Sparte et préparait la ruine de la Srèce. Puis lorsqu'il vit que l'indignation des alliés était à son comble, il se déclara ouvertement, força Pausanias à s'enfuir de Byzance, et eçut avec Aristide Je commandement suprême, lont il fit aussitôt le plus glorieux usage. Apprelant que les Perses s'étaient emparés d'Éion, /ille située sur les bords du Strymon , et que de à ils inquiétaient les Grecs des pays voisins , il l'y rendit avec toutes ses troupes, força les 'erses à se renfermer dans Éion, battit les fhraces et occupa leur pays. Les assiégés, se 'oyant dans une situation désespérée, mirent le eu à la ville, et périrent dans les flammes. Cette enquête et celle d'Amphipolis donnèrent aux dhéniensla Chersonèse, pays fertile, parfâitenentpropreà la colonisation, etadmirablecomme losition militaire. Les Athéniens, dans leur reonnaissance, permù'ent à l'heureux général d'éri- \erti'ois Hermès de marbre avec des inscriptions ne Plutarque nous a conservées. Bien que le lom de Cimon n'y figure pas , elles passèrent «ur le plus haut degré d'honneur auquel un ciuyen pût paivenir. Ni Thémistocle ni Miltiade 'en avaient obtenu jamais de semblable.
L'année suivante, en 476, Cimon chassa de cyros les pirates Dolopes qui l'habitaient, et tablit à leur place une colonie athénienne. Une ireonstance singulière augmenta l'enthousiasme ausé par cette conquête. Dans les fouilles qui uivirent l'étabUssement de la colonie, on déauvritles ossements de Thésée, qui, selon la adition , était mort dans cette île huit cents ans uparavant. Ils furent rapportés à Athènes quel- . ues années après, en 468, par les soins du généil victorieux , et devinrent l'occasion d'un cé- ■bre concours tragique entre Eschile et Sophocle voyez ces noms). Cimon fut un des juges qui écemèrent le prix au jeune Sophocle.
La conquête de Caryste et de Naxos suivit de près celle de Scyros ; le fils de Miltiade profita de l'ascendant que lui donnaient ses victoires pour appuyer la politique d'Aristide. Tous deux contribuèrent au bannissement de Thémistocle ; et on ne saurait les en blâmer, car l'habile vainqueur de Xercès, après avoir sauvé sa patrie et la Grèce entière au combat de Salamine, ne songeait , dit-on, qu'à les vendre l'une et l'autre aux barbares. Cimon, au contraire, se préparait à frapper sur les Perses un coup décisif, et qui allait mettre pour toujours la Grèce à l'abri de leurs invasions. En 466 il se porta avec trois cent cinquante vaisseaux contre la flotte perse, à peu près aussi forte et placée à l'ancre de l'embouchure du fleuve Eurymédon, sur les côtes de la Paphlagonie. Les Perses , décidés à ne pas combattre contre les Grecs avant l'arrivée de quatre-vingts vaisseaux phéniciens qui leur arrivaient de Cypre , remontèrent le fleuve pour se mettre sous la protection de leur armée déterre. Cimon les poursuivit, les attaqua, leur détruisit et prit plus de deux cents vaisseaux, puis, débarquant ses troupes, il battit complètement les Perses, surpassant en un jour, dit Plutarque, Salamine et Platée , et couronna ses deux victoires par la destruction des quatre-vingts vaisseaux phéniciens. Cette triple victoire est presque invraisemblable, et le récit de Plutarque semblerait plutôt le chant d'un poëme épique qu'une page d'histoire s'il n'était confu-mé par le témoignage de Thucydide. Ce triomphe éclatant assura la Chersonèse aux Athéniens , et fit probablement rentrer le général victorieux en possession des biens que son père avait acquis dans cette province. Selon Plutarque , le roi des Perses, effrayé de ces événements, conclut un ti'aité « par lequel il s'engageait à tenir ses armées de terre éloignées des mers de la Grèce de la course d'un cheval , et à ne jamais naviguer avec des galères ou d'auti-es vaisseaux de guerre entre les îles Chélidoniennes et les roches Cyanées » . L'historien Callisthène prétend que ces conditions humiliantes ne furent pas stipulées dans le traité, que Diodore de Sicile place dans la 82^ olympiade, 448, c'est-à-dire dix-huit ans après la bataille del'Eurymédonj etloisque Cimon était déjà mort. Enfin, le silence de Thucydide ne permet guère de regarder ce traité comme authentique quoiqu'il figurât dans le recueil de pièces diplomatiques compilé par Cratère. Bien que le célèbre traité de Cimon soit probablement apoci^phe, la victoire de l'Eurymédon n'en arrêta pas moins tout nouveau mouvement agressif de la part des Perses, et les força de se tenir désormais sur la défensive. Placé à la tête de l'empire qu'A avait conquis par sa valeur , qu'il étendait et raffermissait chaque jour par sa politique à l'égard des alliés , et débarrassé d'un rival dangereux par l'exil de Thémistocle, le fils de Miltiade trouvait dans Aristide un ami dévoué, qui le défendait contre
l'opposition naissante de Périclès. Son administration marque le plus beau moment de la politique intérieure d'Athènes. Aristide avait fait déci^ter l'admissibilité de tous les citoyens aux magistratures , même à celle d'archonte. La démocratie était donc souveraine ; mais elle trouvait dans le pouvoir conservateur de l'Aréopage des hmites assez fortes pour la préserver des erreurs qui entraînèrent dans une ruine commune Athènes et son gouvernement. La victoire de l'Eurymédon fut le point culminant de la grandeur de Cimon; mais la décadence ne se fit pas attendre longtemps. Périclès, qui n'était plus retenu par Aristide, mort depuis plusieurs années, n'attendait que l'occasion de renverser un grand homme dont la longue puissance et les opinions aristocratiques commençaient à fatiguer les esprits ombrageux de la démocratie athénieime.
La chronologie des événements qui suivent à partir de la bataille de l'Euiymédon est loin d'être fixée d'une manière certaine; nous adopterons les dates données par Clinton. Thasos se révolta en 465, et Cimon la ramena à l'obéissance en 463. Dans l'intervalle un tremblement de terre faillit renverser Sparte de fond en comble, et les hilotes en profitèrent pour se révolter. Cimon; qui admirait l'organisation politique de Sparte et qui regardait comme utile à la Grèce et à Athènes l'existence de cette puissance, obtint qu'une armée serait envoyée à son secours. Vers le même moment les colons athéniens de la Chersonèse furent expulsés par les Macédoniens. Cimon, préoccupé avant tout de réduire Thasos et de secourir Sparte, se contenta de rétablir les colons dans leurs domaines , mais sans pénétrer en Macédoine , comme il le pouvait facilement, et sans en conquérir une partie, comme le voulait le peuple. Ses ennemis l'accusèrent à son retour de s'être laissé gagner par les présents du roi de Macédoine Alexandre, et le firent mettre en jugement. Cette accusation fut faiblement soutenue par Périclès, et Cimon fut absous ; mais'iun orage plus menaçant se formait contre lui. I.es Spartiates rejetèrent avec un insultant dédain les secours des Athéniens ; cette injure rejaillit sur Cimon, qui commandait les troupes auxiliaires, et qui se montrait partisan trop décidé de l'alliance lacédémonienne . Les poètes comiques lui prodiguèrent l'injure, comme on le voit par ces vers d'Eupolis :
[vin, et était négligent.
Ce n'était pas un méchant homme ; mais il aimait le de temps en temps il allait coucher à Sparte, laissant cette pauvre Elpinice toute seule.
Cimon mit le comble à son impopularité en s'opposant aux modifications qu'Éphialte et Périclès voulaient introduire dans l'Aréopage. Ses ennemis déclarèrent alors que sa présence était un grave embarras pour le gouvernement , et le firent bannir par l'ostracisme , genre d'exil qui , comme on sait, devait durer dix ans, et n'entraînait ni flétrissure ni incapacité légale. On ne connaît pas
aMON 596
la date exacte de ce bannissement, mais il fut prononcé probablement en 459 ou 458. Le parti aristocratique ne se résigna pas à sa défaite , et eut des intelligences avec les Lacédémoniens, qui vinrent camper à Tanagre. Les Athéniens marchèrent coutre eux. Cimon, qui se trouvait alors en Béotie, accourut pour combattre dans les rangs de sa tribu ; mais les généraux refusèrent de l'admettre, d'après l'ordre exprès du conseil des cinq-cents, qui le soupçonnait de vouloir désorganiser l'armée athénienne pour introduire les Spartiates dans Athènes. « Il se retira donc, dit Plutarque, après avoir conjuré Eulhippe, du bourg d'Anaphlyste , et quelques autres dt ses compagnons, qu'on regardait comme les plus chauds partisans des Lacédémoniens , de combattre de toutes leurs forces et de se laver pai leur conduite, aux yeux de leurs concitoyens du soupçon que l'on avait formé contre eux. Ce gTieniers, qui étaient au nombre de cent, pla cèreiit 3u milieu de leur bataillon l'arioure cora plète de Cimon; et, se tenant serrés les un contre les autres , ils se firent tous tuer, aprè des prodiges de valeur , et laissèrent aux Athé niens autant de regret que de repentir. » Le Athéniens, complètement battus, s'attendaien pour le printemps prochain à une incursion de Péloponnésiens sur leurs terres ; ils se hâtèrent sur la proposition de Périclès lui-même , de ra[ peler Cimon d'un exil qni durait depuis cinq ans . Le premier soin du général à son retour fut d réconcilier sa patrie et Sparte. Il parvint à m! nager entre les deux villes rivales une paix c du moins une trêve qui permit aux Athéniens ( reprendre leurs projets contre les Perses.
Ils avaient envoyé en Egypte une expéditic pour soutenir la révolte de cette province cont le grand roi; mais les dissensions civiles V empêchèrent d'apporter assez d'attention à a troupes, et de leur envoyer des secours en teni| opportun : elles furent presque entièrement d truites par les Perses. Trois ans se passère sans qu'Athènes pût tirer vengeance de cet éche mais enfin la trêve avec Sparte lui en fournit l moyens. Cimon fit voile vers Cypre avec deli cents vaisseaux; il en détacha soixante f^ aller au secours de l'Égyptien insurgé AmyrtJi qui tenait toujouûrs dans les marais du Deit^^ i employa le reste à réduire les villes du Httoil de Cypre. Il méditait les plus grandes cho* se préparait à envahir l'Egypte avec toddi ses forces, et ne se proposait rien moins, < Plutarque, que de détruire l'empire du roif 'ff* Perse. Mais cette gloire était réservée à Alexandn **" Cimon mourut au siège de Citium , de maladi suivant la plupart des historiens, et selon d'à très d'une blessure qu'il reçut en combalff contre les barbares. En mourant, il ordonna ses lieutenants de ramener la flotte à Atlièll et de cacher la nouvelle de sa mort aux enncdi et aux alliés. Les amiraux obéirent, et fi« voil« vers l'Attiqué avec les restes de leur
CIMON — CÏNADON
il. Ayant rencontré à la hauteur de Salamine en i pre la flotte phénicienne et cilicienne , ils la ■h'uisij'ent, battirent en même temps les Cyiotes dans un combat sur terre, et rentrèrent >ns le Pirée après avoir rallié soixante vaisseaux voyés en Egypte. Les restes de Cimon furent .^evelis à Athènes , et son tombeau s'y voyait (Core du temps de Plutarque. Ce biographe us donne sur la vie privée et sur le caractère 1 fds de Miltiadeles détails les plus intéressants. .Ciraou , dit-il , avait acquis honorablement une ande fortune sur les barbares, et l'employa plus 'norablement encore au soulagement de ses •ncitoyens. Il fit enlever les clôtures de ses projetés , afin que les étrangers et ceux des Athé- ^;ns qui en auraient besoin allassent sans crainte .cueillir les fruits. Il avait tous les jours chez
un dîner simple , mais suffisant pour un grand mbre de convives; tous les pauvres qui s'y sentaient étaient reçus, et y trouvaient leur iiiriiure, sans être obligés de travailler , afin n'avoir à s'occuper que des affaires publiques. i\arii Aristote, ce dîner n'était pas pour tous
Athéniens pauvres sans distinction , mais lièrent pour tous les pauvres de son dème de lia. Dans les rues d'Athènes , il était suivi de u\ ou trois esclaves très-bien habillés ; et lors- 'il rencontrait quelque vieillard mal vêtu, il
faisait donner l'habit d'un de ses esclaves, 'ux-ci poi-taient sur eux beaucoup d'argent, et scjn'ils voyaient dans la place un de ces hontes indigents, ils lui mettaient secrètement ns !a main quelque pièce d'argent. Cratinus ppelle ces libérahtés dans les vers suivants de s Archiloqices :
Et moi aussi, Métrobius le greffier, j'avais désiré avec Cimon , cet lionime divin et très-Lospitalier, le premier de tous les Grecs en toutes choses, Ticner une joyeuse vieillesse H passer toute ma vie en banquets ; mais lui, me laissant, s'en est allé le premier.
Ce ne fut pas envers les simples particuliers ûliîiïient que Cimon se montra magnifique. près avoir rempli par ses victoires le trésor pujiCjil fit commencer à ses frais les longs rerairts qui joignaient la ville au Pirée , ouvrage que nature marécageuse du sol rendit aussi coù- (ux que difficile. Bien que ses manières eussent ,aek[ue chose d'inculte, qui tenait plus de la niasse Spartiate que de l'élégance attique , il se éridait dans les banquets , et prenait part aux [lansons des convives , comme on le voit dans f spirituel récit que Plutarque emprunte aux iémoires d'Ion de Chio. Il avait épousé Isodice, Hed'Eryptolème, cousin de Périclès, et aussi une Jmme d'Arcadie. Il laissa trois fils , Lacedemoius , Eleus et Thessalus. Quelques historiens lui n donnent encore trois autres , savoir : Miltiade, !imon et Peisianax. L. J.
Hérodote, VI, i36; VII, 107. — Thucydide, I, 98, 100, 12. — Plutarque, Cimon; Thémistocle, S, 24 ; Aristide , 3; /'éricZés, 5. — Cornélius Nepos, Cimon. — Diodore eSicUe; XI, 60, 64, 86; XII, 3, 4, Excerpta, 3, 4. —
Atbénée, XII, XIII. - Pausanias, 1, 17 ; III, 3. — Clinton.
Fasti lietlenici. — Grote, History of Greece.
* ciNADON (KivàSwv ) , chef d'une conspiration contre l'oligarchie Spartiate , mort en 397 avant J.-C. Au commencement du quatrième siècle avant l'ère chrétienne , l'espèce de démocratie militaire queLycurgue avait instituée dans la tribu dorienne des Spartiates avait dégénéré peu à peu en oligarchie. La loi du partage égal des terres ayant cessé d'être en vigueur, un grand nombre de Spartiates , trop pauvres pour contribuer aux repas publics , en furent exclus. Rejetés par cela seul hors de la caste dominante, ils tombèrent dans la classe inférieure des hypoméiones (déchus ou inférieurs). Frappé du petit nombre des citoyens qui avaient encore les titres de Spartiates et d'égaux (ô^j-oiot), Cinadon, « jeune homme aux membres vigoureux, dit Xénophon, et à l'âme forte, mais qui ne faisait point partie des égaux , >j résolut de détruire la caste privilégiée. Il trouva de nombreux complices dans les classes inférieures et asservies. Un devin, qui assistait dans un sacrifice le roi de Sparte Agésilas II , le prévint vaguement du danger que courait la république. Cinq jours après un citoyen se présenta devant les éphores, et fit une révélation circonstanciée. Cinadon l'avait mené à l'extrémité de l'agora, et lui avait dit de compter combien il y avait de Spartiates dans cette place. Le compte fait , en y comprenant les rois , les éphores , les sénateurs , il s'en ti'ouva quarante. « Voilà nos ennemis , dit Cinadon ; quant à tous les autres que tu vois dans la même place, au nombre d,e plus de quatre mille, ce sont nos alliés. Dans chaque rue tu ne verras qu'un on deux ennemis, tous les autres sont nos amis. Dans les campagnes , même disproportion entre le nombre de nos ennemis et celui de nos amis. Les hilotes (esclaves ) , les périèques (serfs), les néodamodes ( affranchis), et les hypoméiones (Spartiates déchu,s) sont prêts à se lever avec nous; partout où parmi eux on vient à parler des Spartiates , ils ne peuvent dissimuler le plaisir qu'ils auraient à les manger tout vifs. » Celui qui dénonçait le complot déclarait que le moment de l'exécution n'était pas encore fixé. Effrayés de cette révélation, les éphores ne convoquèrent pas l'assemîjlée ; mais ils consultèrent séparément plusieurs sénateurs, et prirent un parti digne de l'inflexible politique de Sparte. Cinadon, qui avait été employé plusieurs fois à d'hnportantes missions , fut chargé d'aller prendre des prisonniers à Aulon en Messénie. On le fit accompagner par des jeunes gens dévoués aux éphores, suivis à distance par un corps de cavalerie. En chemin, le hardi conspirateur fut arrêté. Mis à la torture, il révéla ses compfices, et fut ramené à Sparte. Interrogé sur la cause de son entreprise , il répondit : « Pour n'être inférieur à personne dans Lacédéraone ». Lui et ses complices furent battus de verges à travers les rues de Sparte,
CINADON — CmCINNATUS
et expirèrent dans les supplices. Cette répression inflexible empêcha des complots pareils de se renouveler ; mais l'oligarchie, en sauvant ses privilèges, n'échappa point à une ruine dont Aristote a indiqué la cause avec sa précision ordinaire lorsqu'il a dit : "■ Elle périt faute d'hommes « (àXX' àTTwXsTO 5t' ôXiyavOpwTtîav). L. J.
Xénoplioii, Ilellen., lU, 3. — Aristote, Polit., V, 6. — H. Wallon, Histoire de l'esclavage dans l'antiquité.
ciNCUON (La comtesse de ), dame espagnole, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Attaquée d'une fièvre opiniâtre dans le Pérou, dont son mari était vice-roi, elle employa le qiiinquina comme remède, fut promptement guérie, et fit connaître les propriétés de cette plante à son retour en Europe, en 1632. Linné a consacré le souvenir de cet érninent service rendu à l'ancien Monde eu donnant au genre de plantes qui renferme ce végétal précieux le nom de Cinchona.
Sebastien Badus, Anastasis corticis Peruviani, seu CMnx defensio; Gênes, 1661.
ciNciNNATO (Romolo), peintre, né à Florence, en 1502, mort à Madrid, en 1593. Il fut appelé en Espagne par Philippe II, qui lui fit exécuter différentes compositions àFEscurial. en concm'rence avec quelques-uns des plus célèbres peinti-es espagnols , et du Bolonais Pellegrino "Tibaldi. Il peignit aussi à Guadalaxara, dans le palais du duc de l'Infantado et dans diverses églises de l'Espagne; dans celle des Jésuites à Cuenca, il a laissé une Circoncision célèbre par l'effet de raccourci de la jambe d'un personnage vu de dos.
Cincinnato eut deux fils, nés à Madrid, qui suivirent avec hoimeur la carrière de leur père; le premier, Diego Romolo, mourut à Rome, en 1620; le second, Francesco Romolo, en 1636.
Lanzi, Storia pittorica. — Ticozzi, IHzionario.
ciNCiNNATUs ( Lucius .Quinctius ) , • sénateur romain, né vers l'an 619, mort après 439 avant J.-C. Il s'était distingué par son courage, lorsqu'il fut nommé consul, l'an 460 avant J.-C, en remplacement de P. Valerius Publicola. C'était l'année de l'invasion du Capitole par Herdonius. Les Romains venaient de reprendre ce poste , mais Valerius était mort en les conduisant à l'attaque. De plus , deux questions divisaient le sénat et le peuple : d'une part la rédaction de lois fixes proposée par le tribun Terentillus , et de l'autre la guerre contre les Èques et les Volsques, qui avaient fait une incursion chez les Herniques. Le peuple, qui, grâce à ses tribuns, savait qu'on ne voulait le mettre en campagne que pour ne pas le laisser délibérer sur la première question, avait longtemps refusé le serment mifitaire, et enfin ne l'avait prêté que quand l'invasion du Capitole, peut-être favorisée par les optimales , avait fourni un prétexte plausible de le demander avec instance. Lorsque Quinctius entra en charge , son ascendant aida beaucoup les optimales à retenir les légions sous
les drapeaux, quoique quelques-unes montra sent les dispositions les plus hostiles. La car pagne de Cincinnatus n'offrit rien de rema quable ; il n'avait d'autre mission que de ter les turbulents en haleine. Cependant ses ravag chez les Èques et les Volsques forcèrent ceuxà la guerre. Comme le peuple avait prorogé s tribuns dans l'exercice de leur charge , les pati ciens offraient à Quinctius de l'élire de no: veau : il refusa de suivre un exemple qu'il bl mait chez les autres. Deux ans après (458), consul L. Minucius Augurinus , chargé de fai la guerre aux Èques , s'étant laissé cerner dai son camp, Cincinnatus, nommé dictateur, dégagea fort habilement. Il fit plus : poursuiva les Èques dans leur camp , il prit toute leur a mée, la fit passer sous le joug , puis la renvoy mais en retenant Claudius Gracchus , leur ch( , qu'il amena captif à Rome. Plus sévère peu ; : être à l'égard de Minucius , U le déposa , et p( ! i après un autre consul , Q. Fabius Vibulanu: fut élu. Dans cet intervalle , Cincinnatus éts ^ entré à Rome en triomphe; puis ayant faitn j former le jugement qui bannissait Cœso Quint | tius , son fils , comme ayant tué un citoyen , | ] se démit de la dictature, qu'il avait retenue en toi I j seize jours. Vingt ans plus tard, à quatre-ving • ' ans , il reparut encore sur la scène en qualité £ dictateur, et fut chargé par le sénat de compr mer ce que l'on appelle la sédition de Sp. Meliu;
On a beaucoup parlé de Cincinnatus , que 1( députés du sénat, chargés de lui annoncer sa n( mination à la dictature (458), trouvèrent laboi rant son champ ; et cette circonstance a inspii un beau passage à Pline. Cette pauvreté vena de l'affaire de Cseso, qui, traduit devant '. peuple et ne pouvant se justifier, n'avait joi d'une liberté provisoire qu'en promettant de s représenter et en donnant caution ; mais il ava ensuite pris la fuite , et il fallut indemniser k cautions ; il ne resta au père qu'un champ asse petit pour qu'il l'exploitât lui-même aisément. L désintéressement de Cincinnatus est devenu pix verbial ainsi que sa frugalité, [i'nc. des g. du m.
Tite-Live, liv. III et IV. — Florus, llv. I, eh. il. — Au rel. Victor, ch. 17. — Pline, Hist. nat., XVIII, 4. — Cici ron, de Senect., 16. — Dion, Exe. de sent., 22, p. î51. ■ Zonaras, Vil, 15. — Niebuhr, Uist, Rom.
*cii«ciNNATCS {Lucius Quinctius), filsd dictateur, vivait en 420 avant J.-C. En 437 i fut maître de la cavalerie sous le dictateur JEwi lius Mamercus. Déjà tribun militaire avec puisi sauce consulaire en 438, il remplit deux autre' fois, en 425 et en 420, les mêmes fonctions ave^ un pouvoh" égal.
Tite-Live, IV, 16, 17, 3S, W. — Dlodore, XII, 81, 38.
* CINCINNATCS PENNUS {TihlS Qmnctius)
fds de Lucius Cincinnatus et gendre de Postumius Tubertus, vivait encore en 426 avant J.-C Il fut consul en 431, à l'époque de la reprise dei hostilités par les Èques et les Volsques, qui campaient sur le mont Algide. Le danger parut s: pressant cju'on songea à Rome à créer un die-
CINCINNATUS — CENEAS
leiir: Ce (ut lé beau-père de Cincinnatus que In éleva à cette dignité. Pendant qu'il faisait iircher une armée contre l'ennemi, Cincinnatus ( dirigeait une autre de son côté. Ainsi attaqués ( deux, côtés , les Èques et les Volsques furent (faits. Cincinnatus fut encore consul en 428 et tbun consulaire en 426. Il marcha avec deux c ses collègues contre les Veiens ; mais cette (npagne ne fut pas heureuse, et iL fallut élever ila dictature ^Emilius Mamercus. Cependant ticinnatus aida le dictateur à battre les mêmes ■■iens et les Fidénates. L'insuccès de sa prei^re expédition contre les Veiens l'avait fait ittre en accusation; mais on apprécia les auts services qu'il avait rendus, et il fut acquitté. ite-Llve, IV, passim. — Diodore, XII, 80. ^CINCINNATUS {T. Quinctius Capitolinus) lait en 380 avant J.-C. Tribun consulaire en ci, puis en 384, il fut nommé dictateur au temps cla guerre avec Preneste ; il vainquit l'ennemi r les rives de l'Alia, et prit neuf villes en aul;t de jours.
'ite-Ll?e, VI, 4, 18, 28, 29. — Diodore, XV, 23, 36. — Erope, II, 2. — Festus, sub. v, Triens.
CINCINNATUS (T. Quinctius Capitolinus) tait en 367 avant J.-C. Tribim consulaire en di, il fut maître de la cavalerie l'année sui- Vite, sous le dictateur Furius Camillus. Titele l'appelle Quinctius Pennus, et l'on trouve 1 autres prénoms ou surnoms dans les Fastes tpitolins.
ite-Live, VI, 38, 42. — Diodore, XV, 78.
■ciNCirs { Marins), préfet de Pise en 194. Ofut lui qui informa le sénat de l'insurrection ôla Ligurie. H est peut-être le même qui, Sis le nom de Cincius Alimentus, fut tribun dpeuple en 204.
Ite-Live, XXXIV, 56.
■■ ■îiNCius ( Alimentus Lucius ), jurisconsulte éhistorien romain, vivait au troisième siècle 8iat J.-C. Il eut la préture de Sicile en 209 et l'îommandement de deux légions. U prit part à 1 seconde guerre punique , et , au rapport de Te Live , il raconta lui-même qu'il avait été prisinier d'Annibal. Le chef carthaginois ne traita f. Cincius avec la rigueur dont il usait habituellient envers ceux que le sort de laguerre faisait tober entre ses mains; ce qui témoigne de la consication dont Cincius jouissait. Tite-Live ajoute e Cincius recherchait attentivement certains imuments du passé ( diligens talium monuvntorum auctor ). Un auteur moderne, Nielar, rend la même justice à Cincius. II est sount cité dans Festus ; les fragments de ses ou- ^iges qui ont traversé les siècles ont été re- •eillis par Wasse, et se trouvent joints au Sal- ^te de Corte. Ces fragments sont le seul moiment historique où les rapports de Rome avec iLatium soient exposés avec quelque impartiale, n écrivit aussi une histoire de Gorgias de ontium. Outi'e les ouvrages déjà cités, Cincius dta encore les matières suivantes : de Officio
r jurisconsulti , en deux livres; — de Verbis priscis; — de Consulum potestate; — de comitiis ; — de Factis; — Mystagogicon ; — de Re militari. D était question dans ce dernier traité de tout ce qui se rapportait au Jusfeciale.