‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 112 sur 200 · CIMAROSA · texte numérisé non relu

CIMAROSA

cence. La Vergine del Sole, la Félicita inasjjettaia, la Ckopatra, l'Atene edificata, une messe A& Requiem pour les funérailles delà duchesse de Serra Capriola, morte en 1788, à Saint- Pétersbourg, et la Serata nonproveduta, grande cantate composée pour le prince Potemkin, furent les principaux ouvrages qu'il produisit pendant les quatre années de son séjour en Russie. On évalue à près de cinq cents le nombre des morceaux détachés qu'il écrivit pour la cour.

Les rigueurs d'un climat si différent de celui du pays qui l'avait vu naître ayant affaibli sa santé, Ciraarosa quitta la Russie en 1792, et s'arrêta à Vienne, o\\ l'empereur d'Autriche Léopold, qui désirait le retenir à sa cour, lui conféra le titie de maître de chapelle. Ce fut à Vienne que Cimarosa composa il Matrimonio segreto.

L'apparition de cet immortel chef-d'œuvre produisit une telle sensation qu'après l'avoir entendu, l'empereur invita à souper les chanteurs et les symphonistes en leur demandant immédiatement une seconde représentation de l'ouvrage. Avant de s'éloigner de la capitale de l'Autriche, il y donna encore to Calamita dé' cuori tiAmore rende sagace. Enfin, en 1793, il revit l'Itahe ; la renommée de son Matrimonio segreto l'y avait précédé; à Naples, près décent représentations suffirent à peine à l'empressement du public, qui, dans son enthousiasme, sollicita de l'illustre maître qu'il voulût bien tenir le piano aux sept premières représentations. Cimarosa ne s'arrêta pas dans son triomphe : i Traciamanti, le Astuzie feminili, Pénélope, i Nemici generosi , gli Orazi e i Curiazi , Achille alV assedio di Trola et plusieurs autres ouvi'ages sortirent successivement de sa plume. Lors de l'invasion du royaume de Naples par l'armée française, en 1799, 'il embrassa le parti de la révolution napolitaine, et faillit être victime de la sanglante réaction opérée par le cardinal Ruffo. 11 fut mis en prison, et am'ait sans doute été immolé à la fureur de la reine Caroline de Naples, sans l'intervention de l'ambassadeui- de Russie. Il se réfugia à Venise, où il mourut peu de temps après, laissant inachevée sa partition A'Artemisia. L'opinion publique accusa hautement le gouvernement de l'avob- fait, empoisonner. Pour se disculper de cette accusation, la cour fit publier la déclaration suivante du médecin Piccioli : « Feu Dominique Cimarosa, maître de chapelle, « est décédé en cette ville de Venise , le 11 jan- « vier de cette année (1801), par suite d'une « tumeur qu'il avait dans le bas-ventre, laquelle « de l'état squirreux est passée à l'état gangre- « neux, ce que j'atteste sur mon honneur, etc. «

Cimarosa s'était marié deux fois ; il avait un embonpoint excessif ; sa figure était belle, son aspectagréable. Il étaitdoué de beaucoup d'esprit, et faisait fort bien les vers. On cite plusieurs traits de modestie qui ajoutent encore à la gloire de ce grand artiste. Un jour un peintre lui disait qu'il le regardait comme supérieur à Mozart, « Moi, *

monsieur! répondit Cimarosa; que diriez-vous à un peintre qui viendrait vous assurer que vous êtes supérieur à Raphaël ? »

Le nombre des ouvrages dramatiques de Cimarosa s'élève à plus de cent. Ce compositeur a abordé tous les styles, opéra huffa, opéra séria, cantates, oratorios, messes, etc., etc. Parmi ses opéras sérieux, Cajo Mario et gli Orazi e i Curiazi sont les plus remarquables ; mais malgré les beautés de premier ordre qui se trouvent dans ces ouvrages , le genre où brille le plus son génie est celui de l'opéra bouffe; c'est là qu'il montre l'abondance, l'originalité et la fraîcheur, toujours nouvelle de ses idées. Son Matrimonio segreto est dans ce genre un modèle qui n'a pas été surpassé. On a souvent comparé Cimarosa à Paisiello : si ce dernier charme par la suavité de ses mélodies et par une expression di'amatique supérieure peut-être à celle de son émule, Cimarosa l'emporte par sa verve comique et sa franche gaieté. Son orchestre, sans avoir la variété et la plénitude de celui de Mozart, est nourri et rempU de piquants détails, qui relèvent la mélodie sans nuire à sa clarté ; les insti'uments à vent n'y sont employés qu'avec beaucoup de réserve. Cet orchestre, sobre de ces grands effets de sonorité dont on a depuis lors, tant abusé, est peut-être le plus parfait qui existe dans le genre bouffe.

Voici la liste chronologique des principales productions de Cimarosa : la Baronessa stramba; Naples, ( 1773) ; — Vltaliana in Lo7idra; Rome (1774) ; — la Finta Frascatana ; Naples (1774) ;

— la Finta Pariglna; Racles (1774); — il Fanatico per gli antichi Romani; Naples (1775); — la Contessina (1775); — il Giorno felice , cantate ( 1775 ) ; — un Te Beum ( 1775) ;

— il Pittore parigino ; Rome (1776); — i Due Baroni; Rome (1776) ; — Anior constante (1776); — il Matrimonio per industriQ^ (1776); — i Finti wo&ia; Naples (1777); — VArmida immaginaria ; Naples (1777); — gli Amanti comici; Naples (1777); — il Duello per complimento Qi779,); — il Matrimonio per raggiro (1778); — la Circe (1778)1; — U Ritorno di don Calandrino ; Rome (1779) ; — des Litanies (1779); — Cajo Mario; Rome ( 1779) ; —il Merc'atodiMalmantile ;¥lovenœ (1779) ; — l'Assalonte; Florence (1779); —la Giuditta, oratorio; Florence (1779); — Vlnfidellà fidèle ; Naples (1780) ; — il Falegname; Naples (1780) ; — l'Amante combattuto dalle donne dijjwnifo /Naples (1780); — VAvvisocù Maritati ( 1780) ; — i Trionfo délia religione, oratorio (1780); — Alessandro nelV Indie; Rome ( 1781 ) ; — l'Artaserse; Rome ( 1781 ) ;— il Capricio dramatico (i7Si ); — il Martirjo dis. Gennaro (1782);— VAmor constratato (1782); — il Convito diPietra; Venise (1782);

— la Ballerina amante ; Naples (1782); — Nina e Martuffo; Naples (1782); — to Villana riconosciuta ; Naples ( 1783) ; — l'Or este;

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