CLAPPERTON
appartint au major Denham, qui la conduisit jusqu'au Bomou, et fit quelques excursions par delà. Clapperton et Denham traversèrent l'Yeou, qui se jette dans le Tchad. Selon le récit des indigènes, cette rivière est la même que le Niger. Son cours est fort lent, et pendant la sécheresse son lit et quelques trous pleins d'eau sont tout ce qui annonce son existence. Les habitants du pays assurent que durant la saison des pluies ses eaux croissent et diminuent alternativement tous les sept jours. Sur la rive droite se trouve la ville d'Yeou, également entourée d'un mur, mais moins grande queBeurhwa. De là jusqu'à Kouka, capitale du Bornou, il n'y a que deux journées de marche. A peu de distance de Kouka, le chef arabe Bou-Khaloum, avec lequel voyageaient Denham et Clapperton, fut reçu par un détachement d'honneur. « Les officiers étaient revêtus de cottes de mailles , composées de chaînettes de fer, qui les couvraient depuis le cou jusqu'aux genoux, se partageant par derrière, et tombant sur chaque côté du cheval; quelques-uns étaient coiffés de casques de fer avec une mentonnière , et assez forts pour garantir d'un coup de lance. La tête des chevaux était également défendue par des plaques de fer, de cuivre et d'argent , qui laissaient une ouverture suffisante pour les yeux de l'animal. «
Clapperton ne joua dans cette expédition un rôle important qu'à partir du mois de mai 1823, où une partie de l'expédition fut dirigée à l'ouest, vers le Haousà. Oudney et Clapperton se mirent en route ensemble; mais Oudney étant mort au premier tiers du chemm, Clapperton seul (dont le titre et le nom de voyage étaient Râs-Abd-Allah) accomplit cette curieuse exploration, qui fit connaître à l'Europe le sultan Bello, l'empire des Fellâtahs et les grandes villes de Kanoh, de Kasynah, de Sakatou, qui étaient alors à peine connus de nous. Familier avec l'usage des instruments astronomiques, il jalonna sa route de plusieurs positions observées ; et la ligne qu'il avait suivie put ainsi figurer désormais au milieu du vide de nos cartes d'Afrique avec une précision jusque alors inconnue , la géographie intérieure de ce vaste continent. Il rédigea lui-même la relation de cette excursion , et il y joignit deux pièces fort intéressantes qu'il avait rapportées de Sakatou , savoir une carte du Haousâ , tracée de la propre main du sultan, et une description historique du pays de Takrour, composée par le même prince. D'après cette carte, corrigée par le capitaine Clapperton, le lac Tchad, espèce de Caspienne qui joue un rôle très-important dans la géographie de l'Afrique, est situé enti-e le 12° 20' et le 14° 22' 30 ' lat. nord et entre le 14° et le 17° de long, est de Greenwich. Il a presque la forme d'un cœur, et reçoit deux grandes rivières, l'Yeou et le Chary ; l'une et l'autre sont supposées avoir des communications avec le Niger. Les bords du lac sont en général très-bas, marécageux, infestés d'insectes.