‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 149 sur 200 · ISAMBERT · texte numérisé non relu

ISAMBERT

yie de Clément V, dans Baluze, Vies des papes d'Airiiion, I«r vol., p. 111; ln-4«, 1693. — Ann. de Rayn., '. XXIII et XXIV, avec notes de Mansi. —Pièces du Proes des Templiers, tora.I et lljpar J. Michelet ; 1841-18S1, n-4'=', non achevé. — Deux mémoires de M. Mignard,in-4°, 832-1833, sur le coffret des Templiers. — M. Rapelti, ^rocés des Templiers ( moniteur, janvier 1854 ).

CLÉMENT VI (Pierre Roger), deux-centième ')ape,né dans le Limousin, mort à Villeneuve d'A-

(J) Voir les pièces du procès dans Michelet,

vignon, en 1 352 .Après avoir été moine de la Chaise- Dieu , archevêque de Rouen, cardinal , il fut élu pape, le 7 mai 1342. Il eut des démêlés très-vifs avec Edouard III|, roi d'Angleterre, au sujet des bénéfices , dont il prétendait disposer en maître absolu. Il renouvelâtes anathèmes de son prédécesseur contre Louis de Bavière , et confinna l'élection de Charles IV, roi des Romains. 11 acheta, par contrat du 9 juin 1348, la ville d'Avignon et son territoire, de Jeanne, reine de Naples , pour la somme de 80,000 florins , qui n'ont jamais été payés. Les Romains, en proie à la faction de Rienzi, l'appelèrent inutilement à leur secours. Le 10 avril 1349 il réduisit à la cinquantième année le jubilé que Boniface VIII avait établi pour la centième. Le jubilé, dans la bulle, est comparé au jubilé des Juifs; les anges reçoivent l'ordre de tenir pour absous et d'introduire dans le paradis sans délai quiconque mourrait en allant à Rome pour le jubilé. Dans le fort de ses démêlés avec Louis de Bavière, on feignit une lettre écrite par Satan , du fond des enfers à Clément, son vicaire, et aux cardinaux , ses conseillers , dans laquelle il rapportait les péchés favoris de chacun d'eux , et les exhortait à mériter les premières places dans son royaume. Elle finissait ainsi : « Votre mère, « la Superbe, vous salue, avec vos sœurs l'A- « varice et l'Impureté , et les autres (jui se vante tent que par votre secours elles sont très-bien « dans leurs affaires. » Visconti, archevêque de Milan, à qui cette pièce était attribuée, se réconcilia avec le pape moyennant la, 000 florins d'or par an. Clément VI couronna André roi de Naples. Villani ne traite pas mieux ce pape qu'il n'avait traité Clément V ; mais Pétrarque fait l'éloge de sa mémoire , de ses manières et de sa générosité. Ce pontife , qui eut pour successeur Innocent VI, a laissé des sermons et un discours pour la canonisation de saint Yves.

Muratori, Script, rer. ital. -Platina, de Vit. pontif. — Villani, Hist. flor., lU. — Artaud de Montor, flist. des souv. pontifes rom. — Ranke, Gesch. des Papstkum.

CLEMENT ¥!i {Juhs DE MÉDicis), deux-centvingt-troisième pape, natif de Florence, mortJe 25 septembre 1 534, Florentin, chevalier de Malte , grand-prieur de Capoue, nommé à l'archevêché de Florence par son cousin Léon X, créé cardinal et chancelier de l'Église romaine, devint pape en 1 523. Le 2 mai 1 524 il donna une bulle pour la réformation des abus qui régnaient en Italie. Le 22 mai 1526 il se hgua par un traité avec les rois de France et d'Angleterre, les Vénitiens et d'autres puissances italiennes, contre l'empereur Charîes- Quint. Après le siège et la prise de Rome par l'ar-; mée^impériale, Clément sevitassiégé dans le château Saint-Ange, et obligé de capituler le 5 juin 1527; mais ne pouvant remplir les conditions de la capitulation, il se sauva déguisé en marchand, le 9 décembre de la même année, et se réfugia à Orviette. Il traita néanmoins avec l'empereur en 1 529, et le couronna à Bologne le 24 février 1 530. L'affaire du divorce de Henri VIII avec Cathe-

rine d'Aragon, tante <le Charles- Quint, l'occupait alors extrêmement ; il l'avait évoquée à Rome , et le 23 mars 1534 il rendit son jugement définitif, par lequel il déclarait bon et valide le mariage du roi d'Angleterre et de Catherine d'Aragon , et défendait à ce monarque , sous peine de censure, d'en poursuivre désormais la dissolution. En 1533 il fit le voyage de Marseille, pour remettre à François F"" Catherine de Médicis, sa nièce, qui devait épouser le duc d'Orléans, connu depuis sous le nom de Henri H. Clément avait approuvé l'institution des Théatins, des Capucins et des Barnabites, enrichi la bibliothèque du Vatican d'un grand nombre de livi-es, et protégé les sciences. Nous avons de lui plusieurs lettres adressées aux rois de France , d'Angleterre et à des savants. Celles qu'il écrivit à Charles-Quint, et qui ont été recueillies sous ce titre : Epistolse démentis VII ad Carolum V, altéra Caroli V Clementt respondentis , 152' in-4°, sont rares et recherchées. Clément VII eut pour successeur Paul III.

Guichar'lin, Istor. d'/t.— Onuphrius, de Fit. Clem. Fil V, II. — Bower, Hist. der Pœpste. — L. Ranke, Gesch. des Papst.

CLEMENT VIII ( Hippolyte Aldorrandini) , deux -cent-trente-cinquième pape Itahen, né en 1536, mortle 3 mars 1605, auditeur de rote, référendaire de Sixte V et cardinal, devint pape eu 1592. Clément Vin fixa au 15 avril 15951e triomphe et le couronnement du Tasse, dont il honorait le talent; mais ce poète tomba malade, et rnourutla veille de cette brillante cérémonie. Le 17 septembre de la même année, il donna solennellement l'absolution à Henri IV, contre lequel il s'était d'abord laissé prévenir par les Espagnols et les ligueurs, après que d'Ossat et Duperron eurent fait abjuration au nom de ce pi'mce. On a trouvé indigne que le roi de France ait pu consentir à recevoir une sorte de bastonnade sur le dos de deux hommes qui furent depuis cardinaux ; mais il faut savoir que le pape, en frappant les envoyés français dune petite baguette, pendant qu'il prononçait la formule d^absolution, ne faisait que suivre le cérémonial du l'ontifical romain , qui le prescrit ainsi , pour marquer que l'Église rend la liberté chrétienne à ceux qui étaient liés par des censures , à l'imitation des anciens Romains, qui affranchissaient les esclaves de cette manière. Les deux envoyés eussent été bien plus répréhensibles s'ils avaient permis au pape d'insérer dans sa bulle, comme il le voulait, cette clause paiticuHère : Nous le réhabilitons dans la royauté. Le 2 janvier 1598 commencèrent les célèbres conférences de Auxiliis, au sujet de l'ouvrage de Molina de Concordia gratix et liberi arbitra , dans lesquelles les dominicains et les jésuites s'attaquèrent et se défendirent tour à tour sur les matières ardues de la grâce et du libre arbitre. H s'en tint un très-grand nombre sous la présidence du pape et en présence des cardinaux et des plus savants théologiens ;

CLÉMENT 7R8

mais ce iwutife eut la sagesse de ne point prononcer. Le 8 mai 1 598 le jpape fit son entrée solennelle à Ferrare, dont il s'empara après la mort d'Alphonse d'Esté , au préjudice de César d'Esté, fils illégitime. Clément VHI eut pour successeur Léon XL

Cicarella , de fita Clementi VIU. — De Tliou, HtiL sui temp. — Art de vérifier les dates, III. —Artaud de Monter, Hist. des souv. pontifes rom.

CLÉMENT IX (Jules RospiGLiosi), deuxcent-quarante-deuxième pape, né à Pistoie , en 1600, mort le 9 décembre 1669, auditeur de la légation de France, nonce en Espagne, cardinal, fut élu pape en 1667. Il se rendit médiateui entre Louis XIV et l'Espagne au traité d'Aixla- Chapelle. En considération de l'esprit conciliateur du pape, le roi de France consentit à laisser abattre la pyramide élevée à Rome en réparation de l'insulte faite à l'ambassadeur marquis d( Lavardin, sousledernier pontificat. Par unbrefdi 28 septembre 1668, Clément IX, de son côté félicita les évêques d'Alais , de Pamiers, d( Beauvais et d'Angers de la parfaite obéissanci avec laquelle ils avaient souscrit et fait souscrin sincèrement le formulaire, dans les discussion; au sujet de la doctrine de Jansenins. Tout li monde était content, tout le monde chantai victoire : c'est ce qu'on appela sur des médaille.' et dans des livres la paix de l'Église ou /( paix de Clément IX. On sait qu'elle ne fut pai de longue durée. Le pape cherchait alors à se courir Candie, assiégée par les Turcs ; mais 1; place fut prise malgré ses efforts. On prétenc que le chagrin qu'il eu conçut accéléra sa mort

Giannone, Stor ai Napn IV.— Artaud, Ilist. des sont pontifes de Rome. — Art de vcrif. les dates.

ci.Âm'ENTX {Éînile-Laurent AviiERi), deux cent-quarante-troisième pape, Romain, né le l juillet 1590, mortle 22 juillet 1676. Il futélupap le29 avril 1670, après un couclavede quatremui et quatre jours. Il avait alors quatre-vingts ans Au rapport de Muratori, Clément IX avait eu I pressentiment qu'Altieri lui succéderait. En 167 Clément X donna un édit en faveur de la nobless commerçante. Il érigea en évêché l'église de Qm bec, en 1676. I-e grand âge de ce pape l'oblige de laisser en grande partie l'administration de se ; affaires au cardinal Altieri, son neveu d'adoption i Il eut pour successeur Innocent XI.

J7't. devérif. les dates, Ul.ipj %i.J i

CLÉMENT XI {Jean-François Albaini), deu> cent-quarante-septième pape, né à Pesaro, le 2 juillet 1649, mort le 19 mars 1721. Il fut ol pape le 23 novembre 1700, et se fit connaître p;i la bulle Vineam Domini, du 15 juillet 170: lancée contre ceux qui prétendent satisfaire pa le silence respectueux aux constitutions aposti liques ; par labulle Vnigenitus, du 8 septerabi 1713, portant condamnation de loi propositioi] extraites du livre des Réflexions morales A Père Quesnel, parmi lesquelles on remarque celh ci : La crainte d'une excommunication in just ne doit pas nous empêcher de faire notre di

roïr/parla bulle £"3; illa die, du 19mars 1715, contre les pratiques su^jerstitieuses et idolâtriquesque certains missionnaires pennettaient aux nouveaux chrétiens de la Chine; par ses vives contestations avec le roi |de Sicile Victor- Amédée, à l'occasion du tribunal appelé de la monarehié,de Sicile. On a de \m}xaBullaire, 1718, in-fol.; et des Homélies, Rome, 1729, 2 vol. infol. Son successeur fut Innocent XIII.

Art de véri/. les dates. — Artaud de Montor, JHist. des souv. pontifes de Rome. — Richard et Giraud, Bibl. sacrée. — Vie de Clément XI , en tète de ses OEuvres complètes, par Annibal Albani; Francfort, 1729, in-fol.

CLÉMENT XII {Laurent CoRsim), Florentin, né en 1652, mort le 6 février 1740. Il fut créé cardinal le 17 mai 1706, évêque de Frascati en 1725, et élu pape le 12 juillet 1730. Un de ses premiers actes fut la poursuite et le châtiment des malversations commises sous le pontificat précédent par le cardinal Coscia. La publication d'un jubilé, des lois somptuaires, la protection accordée aux dominicains furentles autres actes importants de son pontificat, troublé d'ailleurs par les guerres dont ritahe était alors le théâtre. Clément Xn eut des démêlés avec Turin. Il donna au roi des Deux-Siciles l'investiture du royavunede Naples. Il canonisa Vincent de Paul, et Régis, de la compagnie de Jésus. Il n'est pas prouvé qu'il ait été aveugle pendant douze ans, ainsi que l'a prétendu Caraccioli, dans sa Vie de Clément XIV. Les Ro- ; mains lui érigèrent une statue de bronze, que l'on plaça au Capitale. Il avait succédé à Benoit XIIÏ, et eut pour successeur Benoît XTV.

.■Irt de vérif. les dates. — Artaud de Montor, Hist. des souv. pontifes de Mome.

CLÉMENT XIII (CAarZesREZzoNico), Vénitien, né le 17 mars 1693, mort le 3 février 1769. D'abord évêque de Padoue et cardinal, il devint pape en 1758. On lui doit la continuation des travaux entrepris par Benoît XIV pour la réparation et l'embellissement du Panthéon, ceux relatifs au dessèchement des marais-Pontins et à la reconstruction du port de Cività-Vecchia , la répression de quelques abus, et des secours abondants durant la disette de 1764. H condamna l'fTis^oire 'du peuple de Dieu, par le jésuite Berruyer, le livre de l' Esprit, par le philosophe Helvétios, et VÉmile de Jean-Jacques. Il s'éleva avec force contre la corruption du clergé et les mauvaises doctrines de plusieurs de ses membres. En 1768 'il publia un bref en forme de monitoire contre des règlements de l'infant duc de Parme, et les déclara attentatoires à la liberté de l'Église, à la cause de Dieu et aux droits du saint-siége. Le bref fut supprimé par le duc de Parme, par lies rois d'Espagne, de France, de Portugal et 'de Naples , dans le courant de la même année ou de la suivante. La France s'empara d'Avignon, et Naples de Bénévent. Les esprits s'aigrirent encore par la bulle Apostolicam, qui confirmait les jésuites dans leurs privilèges, les justifiait contre toutes les accusations si souvent renouvelées contre eux, et faisait l'éloge de leur zèle ,

NOUV. BIOCR. CNIVERS. — T. X.

de leurs talents et de leurs services. Dans cette extrémité, il indiqua pour le 3 février 1769 un consistoire, où il se proposait de remédier au mal ; mais il mourut dans la nuit même.

Artaud de Montor, Hist. des souv. pontifes de Rome. — Art. de vérif. les dates. — Léopold Ranke, Geschichte des papsthum.

CLÉMENT XIV {Jeau-Vincent- Antoine Gan- GANELLi ), né à San-Arcangelo, le 31 octobre 1705, mort le 22 septembre 1774. Il était fils de Laurent Ganganelli, médecin (1), et d'Angela Serafina de Mazza, de Pesaro. Ses parents le destinaient à exercer la profession médicale ; mais dès ses plus jeunes années il témoigna un invincible penchant pour l'étude et le recueillement. Son éducation fut d'abord confiée aux jésuites de Rimini; trois ans plus tard il fut envoyé au collège des Piétistes (Scuolopj) d'Urbini Son goût pour les sciences et unff' vie retirée alla dès lors croissant; et bientôt après, malgré les représentations de sa famille, il entra dans l'ordre des frères Mineurs de Saint-François d'Assise, qui portent en France le nom de Cordeliers. Le 17 mai 1723 Ganganelli prit l'habit, sous le nom de Fra Lorenzo, et le 18 mai 1724 il fit sa profession solennelle. Il poursuivit ensuite ses études de philosophie et de théologie dans les couvents de Fano et de Pesaro, et se fit assez remarquer pour que, dans l'année 1728, on l'envoyât à Rome, où il fut admis au collège de San- Bonaventura, qui préparait à l'enseignement théologique les sujets les plus remarquables de l'ordre. Sous la direction du P. Lucci, ses progrès furent tels qu'il put être reçu docteur en 1731. H fut envoyé alors à Ascoh, pour y professer la philosophie. Ganganelli se distingua dans cet enseignement, de même qu'il se fitre; marquer ensuite comme orateur. Bologne, Milan, Ferrare, Venise , Florence l'admirèrent tour à tour, a Partout où il se présentait, dit un de ses historiens (le P. Theiner), il laissait ses auditeurs ravis de sa grande doctrine et de son éloquence. H était moins remarquable par les formes oratoires que par la profondeur d'une admirable ascétique, qui réunissait dans un harmonieux ensemble les mystères du temps et ceux de l'éternité. » Rappelé à Rome, eu 1741, il fut chargé de diriger le collège de San-Boiia^ Ventura, et nommé définiteur général de l'ordre. Quelque temps après, sa congrégation eut à élire un nouveau général, et Benoît XTV voulut ouvrir en personne le chapitre qui se devait tenir à cet effet. Ce fut Ganganelli qui prononça devant l'érainent pontife le discours d'usage. Il rappela éloquemment les talents administratifs de Benoît, les progrès que les sciences avaient faits I sous son pontificat et l'énergie qu'il avait déployée dans le rétablissement de la discipUne ecclésiastique. Cette éloquence, puisée à sa meilleure source, la vérité, valut à GanganeUi la

(1) Chirurgien de campagne, selon quelques biograpbes; I il en est inême qui prétendent qu'il était laboureur.

CLÉMENT

protection d'un pape qui savait apprécier les hommes, et en 1746 il fut nommé consulteur du saint-office. Il devint l'ami et le conseiller de Benoît, qui prenait son avis sur toutes les questions importantes. Deux fois, en^l753 et en 1759, Ganganelli refusa la dignité de général de l'ordre des Cordeliers. Loin de s'attiédir, son goût de la solitude était devenu plus vif que jamais. A Jesi, où il se trouvait un jour, il communiqua à un de ses amis, le père Antonio Sandriani, son projet de quitter Rome et d'aller finir ses jours à Assise, au tombeau de saint François, loin du bruit et du monde. « Dieu te veut à Rome, mon fils, aurait répondu Sandriani, et te destine dans cette ville à de grandes choses. « Les habitudes de Ganganelli répondaient du reste aux sentiments qu'il manifestait. Il cherchait de préférence les endroits peu fréquentés. Ses promenades favorites étaient les jardins isolés des Pères Capucins, sur le mont Pincius, et des Pères de la Mission de Saint- Vincent de Paul , à San-Giovanni et Paolo, sur le mont Celio, parmi les souvenirs de l'ancienne Rome, en face des ruines du Colisée et de l'Arc de triomphe de Constantin. Mais ce qui l'attirait par-dessus tout, c'était la nature elle-même : la botanique, l'entomologie comptaient parmi les calmes distractions qu'il se permettait. On le voyait parfois passer des hem'es entières à l'analyse d'un insecte, d'une fleur; et souvent, un livre à la;main, il se perdait dans le silence des forêts. S'il épi'ouvait le besoin de quelque divertissement plus mondain , il faisait une promenade à la villa Patrizi , où il jouait au trucco, sorte de jeu de boules, qu'il regardait comme un exercice salutaire à sa santé. Quelquefois aussi il montait à cheval; il paraît même qu'il fut bon cavalier. « Le pape, écrivait plus tard en parlant de lui le cardinal de Bernis au duc de Choiseul, le 4 octobre 1769, le pape galope tous les jours à cheval, et ses officiers ne peuvent le suivre. Il s'est fait faire un habit court, blanc, des bottes blanches, un chapeau l'ouge ; voilà ce qui compose son habillement de cheval. » ^ Malgré son apparente répugnance pour les honneurs, Ganganelli fut nommé cardinal le 24 septembre 1759; son autorité comme savant, comme théologien, grandit encoie; mois sa simplicité, qui allait jusqu'à l'extérieur de la pauvreté, ne varia pomt. ,

Tels étaient les antécédents, le caractère et les habitudes de l'homme qui, sous le nom de Clément XTV (1), fut élu pape le 19 mal 1769. ;J1 n'était pas évêque quand il s'assit sur la chaire de saint Pierre ; on le sacra au Vatican , le 28 mai, et il fut couronné le 4 juin. Le 26 novembre il prit possession de Saint-Jean de Latran. Un accident, que les esprits superstitieux pouvaient considérer comme un présage, signala cette solennité, accomplie d'ailleurs avec la plus grande pompe.

(1) Le culte presque .superstitieux qu'il avait pour la niémoire de Sixte-Quint le disposait à prendre le nom de Siite VI; mais ses amis l'en dissuadèrent.

C'est encore le cardinal de Remis qui, à la date du 29 novembre, rend compte du fait au duc de Choiseul : « Sa sainteté, dimanche 26, dit-il, en allant à cheval avec la pompe ordmaire, prendre possession à Saint- Jean, fut culbuté (sic) sur le pavé en descendant du capitole. Elle devait se casser la tête ; mais, grâce à Dieu, elle en fut quitte pour la peur: elle but un verre d'eau, marcha à pied quelque temps, et puis continua sa route dans une chaise découverte. Le soir on lui appliqua les sangsues, et le saint-père dormit six heures sans s'éveiller. Je fus à son audience le lendemain, et je ne l'ay jamais vu plus gay ni plus content. Le prince Borghèse lui avait prêté un cheval de manège, que les cris du peuple effarouchèrent , et qu'aucun des officiers du pape n'eut le courage d'arrêter. C'est un miracle qu'une chute si rude n'ait eu aucune suite, et un grand bonheur d'avoir conservé le pape présent, car nous serions bien embarrassés d'en faire un qui le valût à tous égards. « Le 12 décembre 1769 le nouveau pontife adressa aux évêques , suivant l'usage de ses prédécesseurs, une encyclique que l'on peut considérer comme le programme de sa conduite, et qui respirait les sentiments les plus élevés. L'histoire du pontificat de Clément XTV se lie étroitement à celle de l'Europe entière, et la situation de l'Europe à cette époque explique en grande partie les actes qui signalèrent le règne de ce pape, et le plus éclatant de tous, la suppression des jésuites. Un rapide mais nécessaire coup d'œil rétrospectif trouvera donc ici sa pl^ice.

Eu voulant sauver l'existence des jésuites, contre laquelle l'Europe presipre tont entière s'était liguée. Clément XHI s'ahéna même les puissances qui jusque alors avaient été fidèles au saint-siége. La publication de la constitution Apostolicum pascendi, du 7 janvier 1765, destinée à défendre les jésuites, indisposa surtout les cours étrangères. Au rapport du P. Theiner, elle avait été rédigée « dans le secret le plus profond par le général des jésuites et quelques prélats influents qui lui étaient entièrement dévoués. » Aussitôt il y eut comme une levée de boucliers de la plupart des princes. Croyant y voir une provocation , ils en prirent occasion de s'armer de toutes les mesures les plus oppressives contre les décisions venant de Rome, et de quelque nature qu'elles fussent. L'affaiie de Parme, qui aboutit à l'annulation des décrets du duc par le pape ( 30 janvier 1768) et à la revendication delà suzeraineté du duché par la cour de Rome, suivit bientôt. Les autres princes Bourbons entrèrent dans cette querelle, que l'on croyait suscitée par les jésuites. Les amis de cette société fameuse s'agitèrent, et souvent avec une imprudence déplorable.

« C'est ainsi, continue le même historien, que dans ces tristes; jours les amis peu intelligents des jésuites provoquèrent en Portugal, conimeen Espagne, comme en France, comme en Italie, par leur imprudence, les lois les plus oppressives et

les plus humiliantes , et des'persécutions noni fienlêiîient contre ces religieux^'mais encore contre fÉgiise elle-même. Peilt-on s'étonner encore que les puissances catholiques ne se donnassent aucun repos j usqu'à ce qu'elles vissent entièrement supprimée la Société de Jésus.... La mesure contre l'infant de Parme fut un prétexte de représailles ; la France fit saisir le comtat d'Avignon ; Naples s'empara de Bénévent et de Ponte-Corvo. Puis on demanda avec instance l'extinction de la Société de Jésus. « Cette démarche des cours fit un grand éclat à Rome, écrivait d'Aubeterre au duc de Choiseul (lettre du 25 janvier 17G9), et épouvanta justement les jésuites et leurs amis, lies plus prudents parmi eux commencèrent à réfléclùr, à reconnaître l'impossibilité de maintenir la Société malgré cet orage, et à adhérer à l'opinion de ceux qui pensaient que le pape ferait sagement de condescendre au désir des cours pour prévenir des maux plus grands encore. » La sitaation de l'Église ne pouvait donc être sous aucun rapport ni plus déplorable ni plus triste... Partout était la destruction, le désordre partout. Les liens les plus sacrés de soumission, de respect et d'amour envers l'Église et son chef étaient brisés , et l'édifice sublime de la hiérarchie cathohque, ébranlé iusqiie dans ses fondements, sembhît presque devenu le jouet de l'orage. L'Église avait besoin d'un ange de paix pour sauver ceux qui étaient en danger, pour guérir les plaies du monde social , rétablir la concorde et réconcilier l'Église avec les peuples et les rois. Dieu le lui envoya dans la personne de Lorenzo Ganganelli, Clément XIV. » ( Le P. Theiner, Hist. du pontificat de Clément XIV, 147.)

Telles étaient les difficultés de toute nature que Clément XIV, ce pontife qui devait occuper dans l'histoire une si grande place, trouva sur son chemin, au moment où il ceignit la tiare dans la chaire de saint Pierre. Les dangers mêmes que courut l'Église traçaient au saint-père sa voie. Résolu de réconcilier Rome avec les princes, il s'attacha d'abord à éviter ce qui causait le plus d'ombrage aux puissances. C'est ainsi qu'il décida qu'on ne brait plus le jeudi saint la bulle In cœna Domini, qui paraissait attentatoire aux droits des autres souverains. E renonça à la suzeraineté du duché de Parme, ne craignit pas de faire le premier pas vers le roi de Portugal, qui menaçait de se séparer entièrement de l'É- I glise, et il décida le roi Joseph à recevoir un nonce 'de sa main, au même titre que les autres cours. ' Cette politique, aussi habile qu'elle était conci- 1 liante, amena plus tard la restitution du comtat 1 d'Avignon et du duché de Bénévent. Restait la grande affaire des jésuites, qui grondait toujours dans tonte l'Europe. En présence de la passion que mettaient les puissances à demander i'abolition de cette Société (1), il faut reconnaître que

(«) L'Espagne surtout allait jusqu'à la menace. Il paraît qu'une promesse liait Clément envers cette coar. En

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Je pape mît la plus grande prudence, la plus sage lenteur à se prononcer. H voulait, disait il, peser « au poids du sanctuaire » une si grave résolution. Il nomma une commission de jurisconsultes pour examiner l'affaire, et prit lui-même connaissance de ce qui avait été écrit pour ou contre les jésuites ; c'est ainsi qu'il fit demander au roi d'Espagne la correspondance de Philippe II et de Sixte-Quint au sujet decetordre, ettous les jours, se défiant de ku-même, il adressait de ferventes prières au Saint-Esprit pour eu être éclairé dans cette conjoncture. Quand enfin son parti fut pris, il n'éclata pas brusquement; mais jugeant opportun de préparer et de sonder l'opinion publique par quelques actes préalables contre la Société, il donna aux principaux évêques de l'État pontifical « le droit de visiter les maisons des jésuites situées sur leur diocèse , et les munit des pouvoirs nécessaires pour qu'ils pussent examiner l'administi-ation de ces religieux, contre laquelle de nombreuses plaintes s'étaient élevées, et séculariser les membres qui ie demanderaient. Benoît XIV avait déjà suivi cette marche vis-àvis des jésuites en Portugal, lorsque s'était élevée contre eux la grande tempête que tout pe monde sait » (Theiner, n, p. 326). — Outre qu'il désirait familiariser les esprits avec la mesure de suppression, le pape voulait encore, en ordonnant la visite apostolique, empêcher les membres de la Société de Jésus d'aliéner les objets appartenant à leurs maisons ; le 25 juin 1773 il fit mettre les scellés sur les archives du noviciat de la Société à Rome, et le cardinal d'Aragon fut chargé de se mettre en possession de tous les biens situés dans le ressort de sa légation. Un ordre analogue fut donné le jour suivant à l'évêque de Montalto. Enfin, après une retraite presque absolue de plusieurs jours, le 27 juillet 1773 le bref de suppression (Dominus ac Bedemptor), préparé dès le 22 novembre de l'année précédente, fut signé par le pontife. Le plus profond secret couvrait encore, commescela était habituel à Clément XIV, l'adoption d'une mesure qui devait avoir un si long retentissement et exciter tant de passions diverses.

La publication du bref de suppression eut lieu peu à peu, et l'exécution en fut poursuivie avec assez de ménagement. Le pape laissa , par exemple, dans le collège romain, à titre séculier, quatre jésuites pour y professer la théologie. Il ordonna à son trésorier de faire confectionner, aux frais de la chambre apostolique, des habits de prêtres séculiers aux jésuites^de Rome; et les vieillards et les infirmes, autorisés à rentrer dans leurs maisons, y furent traités avec charité. Cependant le général de l'ordre, le P. Ricci, fut arrêté.

Il était dans la nature des choses qu'un si grand acte que celui de l'abolition d'une société puissante attirât à son auteur un nombre incalcu-

vain essaya-t-U de gagnerjdu temps. « C'est en arrachant la racine;d'une dent qu'on fait cesser la douleur », lui répondit l'ambassadeur Florida-Blanca.

CLÉMENT

lable d'ennemis; il était naturel encore qu'il fût l'objet de jugements divers, souvent passionnés ou de mauvaise foi. C'est ainsi qu'un jésuite, Vincent Bolgeni, dont M. Crétineau-Joly a reproduit le récit, aprétenduque'ClémentxrV, n'ayant cédé qu'à la violence de l'ambassadeur d'Espagne, était tombé depuis la signature du bref dans un état de démence qui dura jusqu'à sa mort. M. Theiner, dont le livre porte tous les caractères de la plus judicieuse impartialité, démontre la fausseté de cette assertion. D'autre part, le pontife était attaqué sur plusieurs points, en Italie, en France, en Portugal, tantôt par des discours, tantôt dans des libelles, tantôt, enfin, par les moyens les moins sérieux, comme les prétendues prophéties d'Anne-Thérèse Poli, dominicaine au couvent de Valentano, près Viterbe, connue sous le nom de Marie-Thérèse du Cœur de Jésus, et d'une autre fille, Bernardine Renzi, paysanne du même endroit. Celle-ci avait osé prédire la prochaine vacance" du saint-siége. Les deux femmes dont on cherchait à exploiter les visions furent arrêtées. En vertu d'un billet écrit de la main même de ClémentXIV, le 19 juillet 1774, on instruisit leur procès et celui de leurs complices.

La santé du pape, parfaite à l'époque du bref de suppression, s'altéra dans le cours de l'année suivante. Après de longues souffrances, cette lumière de l'Éghse s'éteignit. Des accidents naturels, un refroidissement, les suites d'une humeur dartreuse et d'ailleurs l'âge avancé, furent, s'il faut en croire, le P. Theiner, les seules causes de la mort du pontife. Cet historien, qui a su placer dans leur vrai jour la conduite respective de Clément XTV et de ses ennemis, a produit avec la même impartialité toutes les pren VBS qui établissent que la mort du pape fut naturelle. Au rapport ducardinaldeBemis (lettre à M. deVergennes, 28 septembre l774),ilmourutayantconservé saprésence d'esprit jusqu'au dernier moment. L'empoisonnement n'a pas été soutenu avec moins de persistance par d'autres écrivains, et les partisans de cette opinion mettent en avant, d'abord les menaces des ennemis du pape, traduites par exemple dans ce placard affiché sur les murs de Rome :ISSV (in settembre sarasede vacante), puis tous les symptômes précurseurs de la mort du pape : brusque réclusion, faiblesse subite, enrouement, inflammation de l'intérieur de la gorge ; vomissements, et enfin, en dernier lieu, complète prostration. En présence de ces témoignages contradictoires l'histoire ne peut que douter , et renvoyer la cause au dépositaire étemel de toute vérité.

Clément XTV peut être compté à juste titre parmi les grands pontifes de l'Église. Le rang suprême n'avait rien changé à ses habitudes. Souvent il parlait de l'humilité de ses premières années, de ses commenceinents, si'pénibles. Il procédait dans ses actes avec une discrétion remarquable, et rai'ement appelait-il un autre homme à prendre part à ses fravaux. Il accordait

moins de confiance aux grands qu'à quelques subalternes, dont un, lefrère Francesco , fut toujours son ami ; et ce qui honore son cœur autant que sa haute raison, c'est qu'il n'était heureux qu'entouré de ceux qui avaient été ses égaux. Il accueillait avec affabilité les étrangers, parlait presqu'à tous leur langue , et| savait les traiter avec magnificence. Un d'eux , le duc de Glocester, fut si charmé de l'accueil du saint-père, qu'il dit que l'Angleterre ne se serait pas séparée de la communion romaine si Clément XTV eût vécu du temps de Henri VTIT. Frédéric H, Catherine TT, le sultan lui-même prodiguaient au pontife des témoignages d'e vénération. H était infatigable , et il passait, des nuits entières au travail. Le peuple profita de cette vigoureuse administration, qui se traduisait pour lui en abondance et en bien-être. Les pauvres surtout furent l'objet des bienfaits de Clément. Les beaux-arts eurent également à s'applaudir de sa sollicitude. Il fit élever au Vatican le musée Clémentin, destiné à êti'e le dépôt des monuments antiques que l'on découvrait dans Rome. Quelques lettres et[écrits de ClémentXIV ont été traduits par Caraccioli; Paris, 1775, 3 vol. in-1 2. On a publié aussi, sous le voile de l'anonyme et sous le titre de Entrevues du pape Ganganelli, servant de suite aux lettres du même auteur, un recueil de dissertations sur divers sujets, dues à Clément XIV. Enfin, le P. Theiner a pubhé un recueil du même pontife, sous le titre : démentis XIV pont. max. Epistolse et Brevia selectiora ac nonnulla alla acta pontificatus ilhistrantiafeiC; recueil puisé'aux archives du Vatican; Paris, Didot, 1852. V. R.

Alletz, Hist. des papes. —; Artaud, Hist. dcssouv pont, rom. — Art de vérif. les dates. — Caraccioli, f^ie de Clément XI r. — Crétinean-Joly, Clément XI F et let Jésuites. — Le P Theiner, ffist. du pontificat de Clér ment XIJ^- — Salnt-Prlest.^wt. de lachutedes Jésuites,

* CLÉMENT, surnommé le Scot, ou VHibernien, vivait au neuvième siècle. C'est un de ces savants que Clarlemagne fit venir à sa cour, et qu'il chargead'instruirelajeunesseadmiseàl'école du palais. Son surnom indique sa patrie. Il était originaire de cette Irlande qui, protégée par l'Océan contre les barbares, avait conservé l'intelligence des lettres latines, des lettres grecques, tandis que les ténèbres de l'ignorance s'étaient étendues sur toutes les autres parties du monde romain. Une très-ancieune notice des abbés de Fulde nous apprend que l'abbé Ra^aire envoja quelques-uns de ses moines étudier la grammaire sous la discipline d'un certain Clément, Scot de nation, qui passait alors pour le plus habile des maîtres (Usserius, prsefatio ad Veterum epis^ toi. Hibernic. sylloge) , mais cette notice nous laisse ignorer où Clément donnait ses leçons. Le moine de Saint-Gall nous le représente à l'école du palais, y remplissant les fonctions de principal modérateur. Alcuin s'étant retiré dans le monastère de Saint-Martin de Tours, Charlemagne avait choisi Clément, comme le plus digne successeur d'un maître si fameux. Cependant, ils

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CLEMENT

ne suivaient pas la même méthode , ils n'enseignaient pas la même doctrine. L'Anglo-Saxon Alcuin, sorti de l'école d'York, avait reçu des élèves de Beda la tradition dégénérée du péripatétisme; l'Irlandais Clément montrait plus de penchant pour le platonisme alexandrin. Aussi lisons-nous dans les Ze^fre* d' Alcuin qu'il s'affligeait de voir ses anciens auditeurs abandonnés à la conduite d'un guide aussi dangereux. « Je quitte, dit-il, le glorieux palais de David, et j^ laisse des Romains : qui donc y a furtivement introduit les Égyptiens? » Théodulfe, évêque d'Orléans , était im ennemi déclaré de Clément. Il l'accable, dans ses vers, d'amers sarcasmes; le comparant même à tous les fléaux, à toutes les pestes, à tous les monstres, il lui décerne la palme de la malfaisance. On peut supposer que, par l'étendue de ses connaissances^. Clément s'était montré supérieur à tous les Romains, et que ceux-ci ne lui pardonnaient pas de les avoir compromis dans l'estime de Charlemagne. L'Histoire littéraire de la France confond notre docteur avec un autre Clemens Scotus, qiii troubla l'Église de Mayence, au huitième siècle, par d'étranges déclamations contrôles Pères de l'Église latine ; mais cette confusion doit ôtre rejetée. L'hérésie de Mayence fut dénoncée par Boniface au pape Zacharie dès l'année 745, et l'on voit encore notre Clément gouverner l'école du palais après la mort d' Alcuin , qui mourut en 804. Comment d'ailleurs s'expliquerait-on Qe prudent, le pieux Charlemagne , confiant la suprême direction de l'école palatine à un hérétique signalé par saint Boniface et puis condamné par un concile , dans la ville de Rome , dans la métropole de l'orthodoxie." B. Hauréau.

Usserius, Veter. epist. Hiber. sylloge ; 163B, 18-4°.

* CLÉMENT, prêtre et écrivain anglais, vivait en 1170. H était chanome régulier de l'ordre de Saint-Augustin. Il a laissé : Commentaire sur l'Écriture; — Concordance des Évangélistes; — de Orbibus astrologicis ; etc.

Voss, Math. , c.î 25, § 23. — Pits, Scriptores Angl. — Moréri, Grand dictionnaire historique.

♦clément (....), écrivain du dix-septième siècle, qu'on ne connaît que comme l'auteur d'un Voyage de Brème en vers burlesques , publié à Leyde, en 1676, et qui reparut en 1705, rafraîchi d'un titre nouveau. Ce volume est une assez triste imitation du genre que Scarron avait nais à la mode ; il est devenu rare, et l'on a vu, dans quelques ventes de Paris, des exemplaires s'élever jusqu'à 50 et même 70 francs. Charles Nodier pensait que le nom de Clément était un pseudo nyme sous lequel s'était caché ce mystérieux Corneille Blessebois, qui avait fait quelque bruit. H est plus vraisemblable de voir dans un Français retiré en Hollande, et ne se faisant peut-être connaître que par son surnom de Clément, l'auteur de cette production de mauvais goût, et qui sans le caprice des bibliomanes n'aurait jamais attiré quelques regards. G. B.

Catalogue de la Bibliothèque de M. de MontaraD^ 18*9, n" 32B.

CLÉMENT (Augustin- Jean-Charles), évêque et canoniste français, frère de Clément de Boissy, né à Creteil, en 1717, mort le 13 mars 1804. Il embrassa l'état ecclésiastique; mais ayant refusé de signer le formulaire de doctrine (1), exigé à cette époque, illne ]put être ordonné à Paris. Il se présenta à Auxerre, oii Gabriel de Caylus, évêque de cette ville, lui conféra la prêtrise. Protégé par ce prélat , il devint trésorier de l'église d' Auxerre. Clément était très-attaché aux opinions de Port-RoyaX; en 1752 il fit un premier voyage en HoUande pour cette cause. En 1755 il fut élu député à l'assemblée provinciale de Sens. De 175^ïà 1768 il ne cessa de parcourir l'Espagne, la Hollande et l'Italie dans l'intérêt de ses idées religieuses. En 1786 il se démit de sa trésorerie, et se retira à Livry, ce qui ne l'empêcha pas d'être incarcéré en 1794. En 1797 il fut élu évêque de Versailles par les ecclésiastiques constitutionnels, mais il renonça à ce poste lors du concordat. On a de lui : Mémoire sur le rang que tiennent les chapitres dans l'ordre ecclésiastique; 1779,! in-8° ; — Lettres à l'auteur (LarriSre) des Observations siar le. jumveau Rituel de Paris; 1787, in-12; — des Élections des évéques et de la manière d^y procéder; Paris, 1790, in-S» ; — Formes canoniques du gouvernement ecclésiastique, etc.; Paris, 1790, in-8° ; — Lettres d'un jurisconsulte sur les intérêts actuels du clergé; Paris, 1790, in-8'; — Principes de l'unité du culte public; Paris, 1790, in-8''; — Journal, correspondance et voyages en Italie et en Espagne, dans les années 1758 et 1768 ; Paris, 1802, 3 vol. in-8''; — Lettre apologétique de l'Église de France, adressée au pape Pie VII; Londres, 1803, in-4°.

Mémoires sur la vie de M. Clément, evèque de Versailles, pour servir d' éclaircissement à l'histoire eeclésiastiquedu dix-huitième siècle; 1812, in-S".

* CLÉMENT (Charles-François), compositeur et claveciniste français , né en Provence, vers 1720. Il était professeur de clavecin à Paris. On a de lui : la Pipée, opéra en deux actes, Théâtre-Italien ; Paris, 1756;— la Bohémienne, deux actes, Opéra-Comique|; Paris, 1756 ; — Fssai sur l'accompagnement du clavecin; Paris, 1758, m-4° obi.; — Essai sur la basse fondamentale, pour servir de supplément à l'Essai sur V accompagnement du clavecin et d'introduction à la Composition pratique; Paris, 1762, in-4° obi.; — le Départ et le retour des guerriers, cantatilles ; — un livre de pièces de clavecin avec accompagnement de violon ; — sept cahiers d'un journal de clavecin, etc.

Casanova, Mémoires. — Fétis, Biographie universelle des musiciens.

CLÉMENT (Claude), jésuite et théologien

(1) U condamnait le jansénisme, et défendait d'enseigner la philosophie de Descartes ; ce formulaire avait J été dressé en 1678, par la congrégation de l'Oratoire.

ÉLÉMENT

français, né à Ornans-sur-la-Louve (Franche- Comté), mort à Madrid, en 1642. Il entra dans la Société de Jésus en 1612, et professa la rhétorique à Lyon, puis à Dôle. H fut ensuite envoyé en Espagne, où il enseigna les belles-lettres. Ses moments de loisir furent consacrés à l'étude de la théologie et de l'archéologie : On a de iui : ClemensIV, eruditione, vitae sanctimonia, rerum gestarum gloria etpontificatu maximus, suivi de l'éloge de Rodolphe de Chevriers, cardinalévêqued'Albano; Lyon, 1623 et 1624, in-12 ; — Musei, sive Bibliothecee, tam privatse quam puhlicee, exstructio, instructio, cura, usus Libri IV; Ecclesias Lugdunensis christiana simulac humana Majestas ;Lyon, 1628, in-S" ; — Musei accessit accurata descriptio regix Bibliothecx Sancti Laurentii Escurialis ; insupier vareenesis allegorica ad amorem litterarum ; Lyon, 1635, in-4° : cet ouvrage ne manque pas d'érddition; « mais il y a, dit Moréri, trop de babil et de ce que nous appelons fatras; si le père Clément avait eu un peu plus de jugement , il aurait renfermé tout ce qu'il y a de bon dans cet ouvrage en un fort petit livre. « — Machiavelismus jugulaius a christiana] sapientia, hispanica et austriaca dissertatiG chnstianopolitica, ad Philippum IV, regem. cathoL; 1637, in-4° : cette dissertation fut traduite en espagnol et réimprimée plusieurs fois; — Tablesi chronologiques de l'histoire d'Espagne avant et après J. -G. (en espagnol); Madrid, 1643, in-fol.; May. et Valence , 1689, in-4°, avec augmentation.

Colonia, Histoire littéraire de Lyon, II, 330. — Journal des savants (1712). — Alegambe, Bibliotheca SocietatisJesu.— Lemire, de Scriptoribus sseculi XVII.— Labbe, Biblioth. gall. — Baillet, Jugements des savants, n, 273. — Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée.

CLÉsîEKT ( David), bibliographe hessois, né à Hofgeismar, en Hesse, le 16 juin 1701, mort le 10 janvier 1760. Son père, exilé de France par suite de la révocation de l'édit de Nantes, était pasteur (Prediger) à Hofgeismar. Le jeune Clément fit ses études à Rinteln, Marbourg et Brème. En 1725 il remplaça son père dans ses fonctions d'instructeur, qu'il remplit à son tour jusqu'en 1736. H alla alors à Brunswick en qualité de prédicateur français, puis à Hanovre, où il mourut. On a de lui : Bibliothèque curieuse, historique et critique, ou catalogiie raisonné de livres difficiles à trouver ; Gôttingue et Hanovre, 1750-1760, 9 vol. in-4'' : cet ouvrage, qui contient des indications exactes et de nombreux cxti-aits, s'arrête au mot Hessus; — Spécimen Bibliothecx Hispano-Majansianœ, \seu idea novi catologi critici operum scriptorum hispanorum , quae habet in sua bibliotheca Majansius; Hanovre, 1753, in-4'= : ouvrage qu'il composa sur les indications données par Mayans de Valence.

Steider, aess. Gel. Gesch. — Sax, Onomast., V, II, 144, S82. — Meusel, Lex. der verst. Schriftst.

CLÉMENT (Denis-Xavier), prêtre et théolo-

gien français, né à Dijon, le 6 octobre 1706, mort le 7 mars 1771. II était docteur en théologie et abbé de Marcheroux. Stanislas , roi de Pologne, le prit pour prédicateur ordinaire, et Mesdames, tantes de Louis XV, pour confesseur. Il obtint sur ses vieux jours le décanat de Ligny. On a de lui : Entretiens de l'âme avec Dieu tirés des paroles de saint Augustin dans ses Méditations, ses Soliloques et son Manuel; Paris, 1740, in-8° ; Lille, 1817, in-24; Alais, 1826, in-18;

— Oraison funèbre de la reine de Sar daigne; Paris, 1741, in-12; — Sermon sur la dédicace de l'église des Petits-Pères , ibid.; — Panégyrique du bienheureux Alexandre Pauli, théatin; Paris, 1743, in-12 ; — Sermon sur la consécration de la paroisse Saint-Sulpice , 1746, in-12; — Discours sur la politique, ibid.; — Oraison funèbre de la reine de Pologne; Paris, 1747, in-4°; — Maximes pour se conduire chrétiennement dans le monde; Paris, 1749, et 1753, in-12; Lille, 1812, in-18; Toulouse, 1820, in-12; Avignon, 1826, in-18;

— Exercices de l'âme , pour se disposer aux sacrements de pénitence et d'eucharistie; Paris, 1751, et 1822, in-12; Toulouse, 1811, in-12; Avignon, 1822, in-12; Lyon, .1822 et 1825, in-12; — Panégijrique de la bienheureuse mère Jeanne-Françoise Frémiot de Chantai, fondatrice de l'ordre de la Visitation ; Paris,

1752, in-18; — Pratique de dévotion en l'honneur de saint Jean-Népomucène ; Paris, in-18;

— Élévation de l'âme à Dieu, ou prières tirées de la Sainte Écriture, pour toutes les différentes situations de la vie; Paris, 1754, in-18; Saint-Brieuc, 1818, in-18 ; Avignon, 1820, in-18 ; — Heures et prières pour remplir saintement les principaux devoirs du christianisme; Paris, 1756, in-12; — Avis à tme personne engagée dans le monde; ouvrage ascétique, dans lequel on trouvera des règles certaines pour assurer une conscience scrupuleuse, et une direction exacte pour conduire à la plus haute perfection au milieu du monde ; Tans, 1759, in-24; — Méditations: sur la passion de J.-C. ; Paris, 1762-1763, 3 vol. in-12 ; — Instruction sur le saint sacrifice de la messe; Paris, 1763, in-12; — Oraison fiinèbre de Louis, dauphin de France; Paris, 1766, in-4° ; — Oraison funèbre de Stanislas I", roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar; ibid.; — Bréviaire de Paris, avec supplément; Paris, 1767; — la Joxirnée du chrétien, sanctifiée par] la prière et la médi- ' talion ; Paris, 1768, in-8°, réimprimée très-souvent et dans tous les formats; — Sermons; Paris, 1770, 9 vol. in-12. Ce recueil est ainsi distiibué : Avent, 1 y o\.; Carême , 3 vol. Panégyriques, 3 vol.; Mystères, % yo\.;. Exercices spirituels , trad. du latin de saint Ignace de Loyola ; Paris, 1772 et 1 820 ; Toulouse, 1814, in-12'; Avignon, 1824, in-12.

Dictionnaire des prédicateurs. — Journal chrétien-

781 CLÉMENT

— Richard et Glraud, Bibliothèque sacrée. — Quérard, la France littéraire.

CLÉMENT (Dora François), historien français, né à Bèze, près de Dijon, en 1714, mort en mars 1793. Après avoir fait ses études an collège des jésuites de Dijon, il entra dans la compagnie des Bénédictins de Saint-Maur, et prononça ses vœux en 1731. Au milieu des savants religieux de son ordre, il continua à se livi'er à l'étude; il y mit une telle ardeur qu'à l'âge de vingt-cinq-ans, épuisé par les veilles, il fut obligé d'interrompre ses travaux, et il ne put les reprendre avec suite qu'au bout de dix ans. Sa santé s'était alors tellement raffermie que souvent il ne dormait que deux heures dans la nuit. Il entra dans la maison des Blancs-Manteaux à Paris, et Fut chargé de continuer ï Histoire littéraire de la France, dont il acheva les onzième et douiième volumes, qui finissent à l'année 1167. Il ivait réuni la plus grande partie des matériaux iu volume suivant , lorsque la congrégation le chargea, avec D. Brial, de remplacer D. Poirier 3ans la rédaction du recueil des Historiens de la France. Ils en firent paraître les onzième et douùème volumes. D. Clément rendit un sei-vice ion moins important aux sciences historiques. 0. Maurice d'Antine avait conçu le projet d'un jrand ouvrage destiné à constater, d'une manière )récise, les dates des faits historiques. D'après ses ables, D. Clémencet avait composé l'Art de lérifierjes dates des faits historiqnes depuis la naissance de J.-C. Mais cette chronologie )ffrait beaucoup d'erreurs et d'omissions. D. Clénent en fit une révision complète , et en donna me nouvelle édition, bien supérieure à la preuière. Le 1^"^ volume parut en 1783, le 2^ en [784 et le 3" en 1787; les tables furent ajoutées in 1792. Ce grand ouvrage, fruit de ti-eize années l'im travail assidu, est un des plus beaux monunents d'énidition de l'époque. Le roi récom- )ensa D. Clément en le nommant l'un des memjres du comité chargé de publier la collection les chartes , des diplômes et des actes relatifs à 'histoire de France, et l'Académie des inscripions l'admit, en 1785, au nombre de ses membres associés. La révolution, en détruisant les îommunautés reUgieuses , vint interrompre les savants travaux des bénédictins. D. Clément se •étira chez son petit neveu, Duboy-Laverne , di- •ecteur de l'Imprimerie nationale, où, malgré son çrand âge, il s'occupa avec ardeur d'un complément à l'Art de vérifier les dates, comprenant es temps antérieurs à l'ère chrétienne. Il avait •éuni.un grand nombre de matériaux et rédigé ine partie de cet ouvrage, quand une attaqué l'apoplexie l'enleva subitement, à l'âge de soixantelix-neuf ans. M. Viton de Saint -Alais,, ayant icheté les manuscrits du savant bénédictin, publia une nouvelle édition de VArt de vérifier les iates depuis lanaissance de/.-C.,avec la continuation, 1818, 1819, 18 vol. in-8''; ou 5 in-4° ; mais cette édition est moins estimée que !a préeé-

dente. Il donna aussi PArt de vérifier les dates avant l'ère chrétienne, ouvrage posthume de D. Clément, 1820, 5 vol. in-8% réunis en un fort vol. in-4°, ou en un vol. in-folio. Cet ouvrage, moins parfait que le précédent,se ressent de la vieil lessede l'auteur. Enfin, M. Julien de Courcelles, et après lui M. Fortia d'Urban donnèrent une continuation sous le titre : l'AJ^t de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours (1827), 1821-1842, t. 1 à 17, in-8% avec une table des noms en un volume. La mort de Fortia d'Urban a interrompu ce grand ouvrage. Cependant M. Wardon a fait paraître, comme suite, un Tableau chronologique de l'histoire d'Amérique. GUYOT DE FÈRE.

Desessarts, Siècles littéraires. — Guyot de Fère, Statistique des gens de lettres, etc.

CLÉMENT {Hugues- Joseph), épistolographe français, né à l'Isle-sur-le-Doubs, en 1756, mort à Besançon, le 24 avril 1828. Il était curé de Flan gebouche (Doubs ). 11 prêta d'abord serment à la constitution, et le retracta ensuite. Au lieu de cesser ses fonctions, ainsi que les décrets l'ordonnaient, il continua son ministère, an risque de tout ce qui devait en résulter. Des gendarmes envoyés pour l'arrêter furent repoussés par les habitants armés. Cependant après le 10 août Clément crut devoir émigrer en Suisse, mais dans un endroit rapproché de la frontière, d 'où il pouvait entretenir une correspondance active avec ses paroissiens. Aussi, lors de l'insurrection des paysans du Doubs, en septembre 1793, les habitants de Flangebouche se montrèrent au premier rang des révoltés. Les chefs qu'on leur avait promis n'arrivèrent point, et un seul bataillon de la Drôrae, venu de Besançon, suffit pour les disperser. Ceux qui purent gagner la Suisse s'enrôlèrent sous les drapeaux du prince de Condé ; les autres furent fusillés ou périrent sur l'échafaud. Le drapeau de la garde nationale de Flangebouche, semé de fleurs de lis d'or, fut brûlé de la main du bourreau. Clément revint en France en 1802 ; mais il ne fut point rétabli dans sa paroisse ; il fut nommée Pierre- Fontaine, et ne tarda pas à donner sa démission. On a de lui : Correspondance avec M. Seguin, évêque constitutionnel du département du Boubs; Paris, 1791, 2 parties in-8".

Feller, Biograp/iie universelle, édit. de M. Weiss.

CLÉMENT ( Jacques ), assassin du roi Henri DI, né à Sor bonne (diocèse de Sens), en 1567 , tué à Saint-Clond, le P" août 1589. Le roi de France et le roi de Navarre s'étaient rapprochés, et assiégeaient ensemble Paris; cette réconciliation avait frappé la ligue de terreur. Le duc de Mayenne, La Châtre, Villeroi, et les autres principaux liguem's, étaient réunis et délibéraient sur les moyens de se défaire deHenrilU, lorsque Bourgoing, prieur des Jacobins de Paris, se présenta à eux, et leur offrit le bras d'un de ses moines, qu'on était'parvenu à décider à tuer le roi ; c'était Jacques Clément. Pour exalter ce misérâble, qui était à la fois jeune, ardent, fanatique;

CLÉMENT

dévot et visionnaire, on aVait eu recours à toutes sortes de manœuvres. Pendant le jour on ne cessait de présenter à son imitation l'exemple de Judith délivrant sa patrie par le meurtre d'Holopheme; pendant la nuit ses supérieurs se présentaient à lui sous la forme de fantômes, et, lui parlant dans l'obscurité, troublaient sa tête, déjà échauffée par le jeûne et la superstition; si bien que le malheureux était convaincu qu'un ange lui était apparu, lui présentant une épée nue, et lui ordonnant de tuer le tyran (1). Des contemporains ajoutent, sans preuves cependant, que la duchesse de Montpensier était l'âme de cette machination infernale, et qu'elle s'était prostituée à Jacques Clément pour le déterminer au parricide (2). L'offre de Bourgoing fut acceptée avec joie; mais la difficulté était de faire pénétrer Clément jusq\i'au roi : une lettre d'Achille de Harlay, tombée entre les mains de Mayenne, en fournit le moyen. Le 31 juillet 1589, Clément jeûne, se confesse et communie; puis il part pour Saint- Cloud, où se trouvait Henri IH. Le lendemain il se présente au palais pour remettre la lettre dont il était porteur. Pendant que le roi la lit, ce fanatique tire un couteau caché sous ses vêtements, et le lui plonge dans le flanc. Henri s'écrie : « Ah ! le méchant moine , il m'a tué;! qu'on le tue ! » Aussitôt cent épées immolent l'assassin sous les yeux du roi. Henri El mourut le lendemain. Jacques Clément fiit loué à Rome en pleine chaire; à Paris, on mit son portrait sur les autels avec l'ecrctiaristie; on l'honora comme un^'martyr, et il flit rangé au nombre des saints.

De Thou, Histoire, liv. XCVI. p. 487 — Mémoires de la Ligue, IV, 8.— L'Estoile, Journal de Henri III, 407. — Cayet, Chronologie novenaire, LVI, 55 ; Journal ou Chronique du temps de Henri III. — Chiverny, Mémoires, LI , p. l-S. — Sismondi. -— > Histoire des Français, XX, 537.; XXI.

CLÉMENT {Jean), savant médecin anglais, mort à Malines, le I" juillet 1572 (3). En

(1) Un des plus iudicieux chroniqueurs de cette époque agitée, Palma Cayet, laisse entendre que le meurtre du roi était en effet depuis longtemps prémédité : « Dès lors, dit-il, on remarqua à la vérité comiue l'assassinat de ce prince avolt esté comploté, et aux sermons que fit depuis le prince des Jacobins, nommé Bourgouïn, sur cest assassinat, louant l'acte et le meurtrier, l'appelant enfant bienheureux et martyr, avec une Infinité d'exclamations en sa louange ; on présuma aussi... que c'estolt luy qui avolt persuadé ce Jacques Clément à commettre ce parricide, et l'avoit deceu, le voyant fort dévot et niais , luy faisant boire quelque Imivage pour le faire resver, et puis estant eudormy luy avoit fait ouïr par quel que subtil moyen une voix qui luy auroit commandé de tuer le roy. » Ckron. noven. de Palma Cayet (1589).

(S) « A celui qui tui en porta les premières nouvelles (de la mort du lol), dit l 'Estoile en parlant de la duchesse, lui sautant au col et l'embrassant, lui dit : « Ha! mon ami, soies le bien venu ! Mais est- il vrai, au moins? ce meschant, ce perfide, ce tlran est-il mort ? Dieu ! que TOUS me faites aise ! Je ne suis marrie que d'une chose : c'est qu'il n'a sceu, devant que de mourir, que c'estolt moi qui l'avois fait faire. » Puis, se retournant vers ses damoiselles -. « Et puis, dit elle, que vous en semble? ma teste ne me tient-elle pas bien à cette heure? Il m'est avis qu'elle ne me bransle plus comme elle faisoll. »

(3) Et non 1582,

1519 il fut chargé de professer la rhéorique Oxford, et plus tard, protégé par Wolsey , il obtiu une chaire de grec. Il abandonna ensuite l'en seignement pour étudier la médecine, et devin membre du Collège des médecins de Londres Déjà remarqué comme professeur, il le fut encor. dans sa nouvelle carrière. En 1529, lors de li maladie du cardinal Wolsey, il fut envoyé ai prélat par Henri VHl. Ami de Morus, il avai puisé dans les entretiens de ce philosophe un pen chant prononcé pour la religion catholique. I quitta la Grande-Bretagne sous Edouard VI, c( qui le fit excepter de l'amnistie de 1552. Revenu dans sa patrie sous le règne de Marie, et oblige de s'exiler de nouveau à la mort de cette princesse , il se retira à Malines, oii il mourut. Il fut souvent secondé dans ses travaux par sa femme, qui avait une instruction peu commune. Elle mourut en 1580. On a de Clément la traduction des Épitres de saint Grégoire de NKzianze;des Homélies de NicéphoreCalliste,et un recueil d'Épigrammes latines.

Éloy, Dict. de la méd. — Wood, Mhen.Oxon. *CLÉMENT ou CLÉMENT! (Jean-Georges), compositeur allemand, né à Breslau, vers 1710, mort vers 1780. Il était directeur du chœur de l'église de Sainte-Croix, notaire apostolique et chevalier de l'Éperon d'or. Le 5 novembre 1785 il célébra le jubilé de sa place de maître de chapelle de Saint-Jean, qu'il occupait depuis cinquante ans. n a beaucoup écrit pour l'église; mais ses idées sont mesquines , son style vide et très-incorrect. On a de lui : Messe de Requiem pour les obsèques de l'empereur Charles VI; — Diverses pièces de musique, avec orchestre, dédiées au roi de Prusse Fré4iéric H, pour l'inauguration de l'éghse de Sainte-Edvrige, à Berlin, et l'inauguration de la statue de saint Jean; — Lamentations pour les mercredi, jeudi et vendredi saints; — douze Messes; — • deux Messes de morts; — cinq Introits; — vingt-sept Offertoires; — dix-huit Graduels;

— trois Vêpres complètes; — huit Airs d'église; — trois Te Deum; — quatre Stations;

— neuf Hymnes; —trois Nocturnes figurais;

— deuK Salve, Regim; — sixi^te, Regina; — sept Litanies; — Responsorium in lotïone pedum; — Credo; — Alléluia et Versus in Sabato sancto. Tous ces ouvrages sont restés en manuscrits.

Hoffmann, Biographie des musiciens de la Silésie. — Fétis, Biographie universelle des musiciens.

CLÉMENT ( Jean-Marie-Bernard) , littérateur français, né à Dijon, le 25 décembre 1742, mort à Paris, le 3 février 1812. Celui qui devait être un jour l'antagoniste de Voltaire montra bien jeune encore un caractère assez intraitable. Ainsi, U i"ésista àla volonté dé son père, qui voulait lui faire suivre sa profession de procureur ; et ses bonnes études lui ayant fait obtenir la chaire de philosophie au collège de Dijon, il refusa de se soumettre à quelques règlements nouveaux, et ac-

CLÉMENT

compagna sa démission d'attaques assez vives contre les administrateurs. Le scandale fut tel, que le parlement crut devoir intervenir. Clément'' vint se réfugier à Paris. .H y trouva l'appui de l'abbé Mably. Quelques vers qu'il avait adressés à Voltaire, comme un de ses admirateurs, lui valurent sa recommandation près de La .Harpe, qui encouragea sa vocation pour les lettres. Clément réussit à faire jouer une tragédie de Médée , qu'il avait apportée ; mais, froide et sans action, cette pièce n'obtint qu'une chute complète. Renonçant au théâtre, il fit, avec l'abbé DelapoTte, une compilation, en 3 vol. in-8°, intitulée : Anecdotes dramatiques, qui panit en 1763. 11 rédigea ensuite des épitres, des isattres ; et, se posant bientôt en défenseur des ■principes du goût et des maîtres dans l'art de .penser et d'écrire , il annonça, en 1770 , un volume ayantpour titre: Observations critiques sur la traduction des Géorgiques de Delille, sur les poèmes des Saisons de Saint-Lambert , la Peinture de Lemitre, etc. Saint-Lambert, irrité, tut le tort d'employer son crédit pour faire enfermer l'aristarque au For-l'Évêque , et faire saisir l'édition entière. Ce procès fit du bruit; J.-J. Rousseau, au nom des hommes de lettres, élevala voix contre une mesure d'autant plus inique, que le critique attaquait les ouvrages, et non la personne des auteurs. Dès le troisième jour Clément recouvra sa liberté, en recevant même l'autorisation de publier son livre. Cette mésaventure, du reste, qui fit quelque bruit alors, donna de la vogue à son ouvrage et une certaine réputation au jeune auteur. Encouragé par ce succès, il publia l'année suivante de Nouvelles observations critiques sur différents sujets de littérature, un volume in-12 de cinq cents pages, où, en traitant de la manière de traduire les poètes en vers, il attaque de nouveau le traducteur des Géorgiques. Voltaire eut son tom-. Oubliant la bienveillance que le grand écrivain lui avait témoignée, Clément dirigea ccjntre lui des attaques passionnées. Son premier acte d'hostilité fut une réponse à VÉpître de Voltaire à Boileau, sous le titre de Boileau à Voltaire (1773, in-8°). Ce dernier riposta en disant^

Toujours ami des vers et du diable poussé. Au rigoureux Boileau j'écrivais l'an passé ; J'Ignore si mon style aura pu lui déplaire ; Jlais il m'a répondu par un plat secrétaire, etc.*

L'attaque continua dans neuf lettres successives. La première, qui parut en 1773, s'élève contre l'influence que l'auteur de la Benriade a exercée sur le goût , l'esprit et les mœurs de son ,temps. Dans les deux suivantes, Clément examine avec sévérité les jugements que Voltaire a portés sur les grands écrivains. Il consacre la quatrième et la cinquième à l'éloge de Corneille et à relever les critiques de son commentateur. La Henriade est l'objet des trois dernières lettres. Clément trouve ce poème dépourvu de tout sublime; il prétend que son auteur est « très-médio-

crement partagé du talent poétique; que Sarrazin et le P. Le Morne avaient plus de goût que lui pour la grande poésie; que ses vers sont habillés de tous les lambeaux des autres poètes; qu'il n'y a pas dans tout son poème une seule épithèle qui lui appartienne, » etc.; enfin, le censeur, outrant les défauts, n'oublie rien, que les beautés nombreuses de ce poème, qui est resté l'un des meilleurs titres de gloire de Voltaire. La Harpe, dans son Lycée, a fait justice de cette critique sans bonne foi. Clément ne se montra pas moins injuste dans son livre intitulé : de la Tragédie, pour faire suite aux Lettres à M. de Voltaire; 1784,'4n-8°. Celui qui, de l'aveu de presque tous les gens de lettres, a su atteindre le, dernier degré d'énergie dans l'expression des jfmssions n'a obtenu qu'une censure passionnée de la part de son antagoniste. Celui-ci cependant avait montré son impuissance comme auteur ti'agique; et ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'au moment même où Clément déchirait les tragédies de Voltaire, il publiait sa pièce de Médée, qui avait si complètement échoué. Dans la même année (1784) il donnait un Essai sur la manière de traduire les poètes en vers, 1 vol. in-8° ; et en 1785 un Essai de critique sur la littérature ancienne etmodei-ne, 2 vol. in-12. Ces deux ouvrages se composent de morceaux qui avaient déjà paru dans quelques recueils périodiques , entre autres dans le Journal de Monsieur, auquel il avait été attaché pendant quelques eniiées. Durant les troin hles de la révolution. Clément vécut dans la retraite, étranger à toutes les luttes de l'époque. Son réveil se signala par l'épigraiume suivante contre le poète Lebrun :

Nos rlmeurs plébéiens, las d'un joug importun, Ont détrôné le dieu qui régnait au Parnasse. DétrOné, dites-vous ? Qu'ont-ils mis à la place Du Mond Pbébus?.... Phébus le brun.

Lebrun riposta par d'autres épigrammes, qui ne valent pas mieux que celle-ci. En 1796 Clément publia , avec Fontanes et Deschamps, un journal littéraire, qui, après 4 vol. in-8°, fut supprimé pour quelques hardiesses poUtiques. Une autre feuille , le Journal français, en collaboration avec Geoffroy, n'eut pas plus de durée. Depuis longtemps Clément travaillait à une traduction de la Jérusalem délivrée ; elle parut en 1801, un vol. in-S". Mais, malgré quelques morceaux remarquables, cette traduction, où l'original est trop souvent mutilé, n'eut point de succès. Clément passa dans le repos les dernières années de sa vie, et mourut âgé de soixante-dix ans. Outre les ouvrages que nous avons déjà cités, on a de lui : Nouvelles observations critiques sur différents sujets de littérature; 1772, in-8°. — Projet de règlement sur lamanière de tenir à l'avenir les soi-disant philosophes ; 1786, in-8°. — Satires; 1786, in-8° : elles ont été réiraprira'ées dans le Recueil des satires du dix-huitième siècle, publié par Col-

net ; — Petit dictionnaire de' la cour et de la ville; 1788, in-8°. — Lettre de M*** sur un écrit intitulé: Éloge de La Fontaine, par M. JD. L. H. (de La Harpe), où Von discute les opinions modomes sur quelques auteurs du dernier siècle , principalement sur Boileau, Quinault, etc.; 1795, ia-8° de deux feuilles; — Onze journées, contes arabes ; traduction posthume de Galland, revue et corrigée par Clément; 1796, in-12. — Amours de Leucippe et de Clitophon, nouvellement trad. du grec d' Achille Tatius, évêque d'Alexandrie]; 1800, in-12; — Tableau annuel de la littérature française; 1801, cinq parties in-8°. Il a pris part, avec Gueroult et Desmeuniers, à la traduction de Cicéron publiée de 1783 à 1789 , en 8 vol. in-12; les tomes 5, 6 et 7 (harangues et plaidoyers) sont de lui. H avait commencé une nouvelle édition de J.-J. Rousseau , avec commentaires ; mais il n'en a été imprimé qu'un volume et quelques pages, qui n'ont pas même été publiés. Clément, qui a mérité le nom â'iîiclément , que lui donna Voltaire, s'attira de nombreux ennemis par sa critique sans convenance et sans équité. Avec une instruction solide, letalcnt de l'analyse, l'art d'écrire correctement et souvent avec énergie , il avait malheureusement une rudesse de caractère quil'éloignaitdu monde, et quiémoussa chez lui le sentiment de la déUcatesse et des grâces. Admirateur exclusif des modèles de l'antiquité et du dix -septième siècle, il était, comme certains réprouvés que le Dante représente toujours retournés vers le passé, et, dans son aveugle passion, il frappait de son fouet littéraire les malheureux vivants en l'honneur des illustres morts. Guyot de Fère.

Desessarts, Siècles littér. — La Harpe, Lycée., etc. — Gorresp. de Griium. — Mém. pour servir à l'Mst. de notre litt.

CLÉMENT {Julien), chirurgien- accoucheur français, né à Arles, mort à Paris, le 7 octobre 1729. Il apprit dans son pays les premiers éléments de la chirurgie, puis vint à Paris, où il se mit au service de Jacques Le Fèvre , célèbre accoucheur de cette époque. Clément fit de rapides progrès, reçut la maîtrise, et épousa la fille de son maître. Sa réputatio.n parvint j usqu'à la cour, où il fut mandé par Fagon pour accoucher la dauphine ; il y réussit si bien, que les princesses du sang et les dames de qualité ne voulurent plus d'autre accoucheur. Julien Clément avait été employé dans toutes les couches de M"^ de La Vallière. Comme elle souhaitait le plus grand secret à la première, qu'elle fit le 27 décembre 1663, on vint chercher Clément avec mystère, et on le conduisit les yeux bandés dans une maison écartée où cette dame était alitée, le visage couvert d'un voile. Le roi s'y trouvait caché derrière les rideaux du lit de sa maîtresse. L'accouchement fut heureux, et Clément montra autant de discrétion que de talent. En 1711 Louis XIV lui accorda des lettres» de noblesse, à

la clause expresse qu'il ne pourrait abandonner la pratique de son art ni refuser ses conseils aux femmes dans l'enfantement. En 1713, 1716 et 1720, il fit le voyage de Madrid pour accoucher la reine d'Espagne. La fortune de Clément était considérable ; cependant il ne quitta la pratique que quand l'âge et les infirmités l'y forcèrent. B laissa pour élève l'habile Nicolas Puzos.

Éloy, Dictiomiaire historique de la médecine.' — Dictionnaire de la Provence, III.

CLÉMENT (Nicolas), bibhothécaire et historien français, né à Toul, en 1651, mort à Paris, le 16 juin 1716. Il vint fort jeune à Paris, fut employé comme copiste par Carcavi , bibliothécaire de Colbert, et enti'a en qualité de commis m d'ordre à la Bibliothèque royale. En 1692 il y fut nommé bibliothécaire en second. Il travailla avec ardeur à dresser le catalogue de tous leS' livres de ce vaste dépôt, et enrichit ee catalogué de notes curieuses. Clément avait réuni les Mémoires et négociations secrètes de la France touchant la paix de Munster, contenant les^ Lettres, Réponses, Mémoires et Avis envoyés: de la part du roi , du cardinal Mazarin et du comte de Brienne, secrétaire d'État, aux plénipotentiaires afin de leur servir d'ins>tructions. Ce recueil fut volé par Jean Aymon,i ^ ' qui le publia en 4 vol. in-8°, et en un vol. in-fol,^ "" Amsterdam, 1716. Nicolas Clément eut tant de '''^' douleur de cette soustraction, qu'il en mourufc: P H avait ramassé une collection de dix-huit mille ' '' estampes, qu'il légua à la Bibliothèque royale. On 'p' a de lui : Défense de l'antiquité de la vilh '^*' et du siège épiscopal de Toul; Paris, 1702, *' in-8°. Cet ouvrage, publié sous le pseudonyme "* d'Artimon, est une réponse au Système misto- ™'' rique des évêques de Toul, de l'abbé xliguet/ ™' Éloyé de Nicolas Clément, par dom Bernard de Monti 1™ faucon, en tête des Hexaples d'Origéne. — Dom Calinety to Bibliothèque lorraine. — Moréri, Grand dictionnaire i|.-j historique. — Richard et Gnaud, Sibliotàèqve lafrée. '

CLÉMENT (Pierre), littérateur genevois, né i '^^^ Genève, en 1707, mort à Charenton, en 1767. Il j^j' fut reçu ministre dans son pays en 1732, puis ,i vint à Paris, où lord Waldegrave lui confia l'é" i. ducatfon de ses enfants. 'Clément accompagna jj ses élèves en Angleterre et' en Italie. De retour à u Paris, il s'y livra à son goût pour la composition l. théâtrale, ce qui le fit mviter en 1740 par le . consistoire de Genève à renoncer au titre de mi-i ^,' nistre. De 1749 à 1754, Clément fit paraître uu ,,'' Bulletin littéraire, dans lequel il se fit remarqua ' par son impartialité et son style vif et epjouéj Une trop grande activité d'esprit le conduisit à ' la foHe, eî, prétendant être,^ravement malade, fl| 'j demeura douze années ^alité. Ayant im jour enH ' tendu parler d'une pièce en vogue, il exfeeJ| , qu'on le conduisît le soir même au théâtre, écouta cette pièce avec calme, et en fit ime critique très-sensée. Ce rétablissement dura peu Clément sentit de nouveau son intelligence s'obs. curcir, et demanda lui-même à être reconduit à Charenton, où il mourut peu après; On a de lui :

CLÉMENT

?5 Frimaçons (ou les Francs - Maçons trais), hyperdrame en un acte, sous le pseudoyme de Vincent; Londres, 1740, in-8°; — le larchand de Londres; tragédie bourgeoise en

i iiiq actes, trad. de l'anglais deLillo; Paris,-1748 ■11751, in-1 2 ; — Mérope, tragédie en cinq actes ; ^aris, 1749, in-1 2; — la Double Métamorhose, comédie, trad. de l'anglais (the Bevil ') pay); ibid.; — les Cinq Années littéraires e 1749 à 1754; La Haye, 1754, 2 vol. in-12; erlin, 1755, 4 vol. in-8° ; — les Sottises dît mps , ou mémoires pour servir à l'histoire énérale et particulière du genre humain;

I la Haye, 1754, 2 vol. in-8°; — Pièces posthumes e l'auteur des Cinq Années littéraires; Ams- ;rdam; 1766, in-8°.

Le.Nécrotoge des grands hommes (1768 ). — Quérard, ! France littéraire. — Desessaris, les Siècles littélires. — Seaebiev, Histoire litterairede Genève, 111,247.

^ CLÉMENT ( Knut Junghohn ) , linguiste

anois, né dans l'île d'Amram ( Frise septentrio-

ale), le 4 décembre 1803. Ses premières années

t même son adolescence se passèrent sous les

eux et la direction presque unique de sa mère ;

; 13 mai 1825 un naufrage le priva de son père,

ui avait été capitaine de vaisseau. Ce n'est

u'en 1826 qu'il se décida à faire de sérieuses

tudes ; il entra au gymnase d'Altona, et alla

& perfectionner à l'université de Kiel. Il étu-

ia d'abord la théologie, puis il s'adonna aux

mgues ; en 1833 il se rendit à l'université de

leidelberg , où il vécut en donnant des leçons

articulières, mais où en même temps il eut

avantage d'entendre Schlosser, Thibaut et

Jreutzer. En mai 1835 il retourna à Kiel, et y

evint docteur en philosophie. Une subvention du

ouvernement danois le mit ensuite à même de

isiter l'Ecosse , l'Irlande, l'Angleterre , le nord

ie la'France, les Pays-Bas et une grande partie

e l'Allemagne. A son retour en Danemark, il lit

.Kiel, de 1841 à 1848, des cours qui furent

uivis avec empressement. Ses ouvrages sont :

'Jeber den Vrsprung der Theudisken (de l'O-

igine des Teutons); Altona, 1836; — Erklae-

■ende Einleitung zur Geschichte Danemqrks

Iqlroduction pour servir à éclaircir l'histoire de

Danemark ) ; Hambourg, 1839 ; — Die nordger-

nanische Welt (le Monde germanique du

lord) ; Altona, 1836 ; — Lex salica; Manheim,

.843 ; — die Lebcns und Leidensgeschichte

1er Friesen (Histoire delà vie et des souffrances

?es Frisons ) ; Kiel, 1845 ; — Reisen in Irland

'Voyage en Irlande ) ; Kiel, 1845 ;— Reisen durch

Friesland, HollandundDeutschlayid im Som-

iner 1845, (Kiel, 1847 ); — Shakspeares Stm-m,

historisch beleuchlet {Latempètede Shakspeare

expliquée historiquement ) ; Leipzig, 1846; —

Der Franzos und seine Sprache ( le Français et

3a langue); Francfort, 1848; — Das wahre

Verhaeltnifs der Sud — Jûtischen Nationali-

tuet und Sprache (Ce que sont en réalité la

langue etlanationalitédusud-Jutland). L'auteur

témoigne dans cet ouvrage son zèle pour la question du Schleswig-Hol&tein.

Conversations-Lexicon.

^CLÉMENT (Ambroise), économiste français, né à Paris , le 21 mars 1805. 11 occupe actuellement les fonctions de secrétaire de la mairie de Saint-Étienne. En outre de nombreux articles dans le Journal des Économistes, il a publié deux ouvrages, dont l'un, et le premier par ordre de dates, a fondé sa réputation comme économiste ; ce sont ses Recherches sur les causes de l'indigence; Paris, Guillaumin, 1846, 1 vol. in-8°.«L'auteurn'ariennégligé,disaitM.H. Passy, dans un rapport à l'Institut sur cet excellent livre, pour saisir la vérité et l'exposer dans tout son jour. Conditions essentielles de la prospérité des nations, nature et caractère de l'indigence aux diverses époques d'avancement social, causes qui l'entretiennent, il a tout examiné, tout décrit avec une rare habileté, et nous ne saurions trop reconamander aux lecteurs les deux chapitres consacrés aux causes d'indigence existant dans les mœurs ou les habitudes privées des individus ou des familles, ainsi que dans les mœurs ou les habitudes collectives des populations. Là se trouvent des considérations de la plus haute valeur, et qui attestent des études à la fois profondes et sûres. La même force de raison , la même puissance de savoir se rencontrent dans les parties du hvre où il est question des moyens de prévenir l'indigence et d'atténuer les causes de misère liées aux mauvaises directions que l'autorité publique peut donner aux forces dont elle dispose. »

La seconde publication de M. A. Clément est loin d'avoir la même importance ; c'est une courte réponse , mais pleine d'ailleurs d'une haute et courageuse raison, aux dangereuses utopies prêchées au Luxembourg en 1848. Elle a pour titre : des Nouvelles idées de réforme industrielle, et en particulier du projet dv organisation du travail de M. Louis Blanc; Paris, Guillaumin, 1848, in-32. — M. A. Clément a été l'un des principaux collaborateurs du Dictionnaire de V Économie politique; Paris, Guillaumin, 2 vol. !B-8", 1852-1853. La rédaction en chef de cette vaste publication lui avait même été confiée, et.41 en avait dressé le plan général, lorsque des circonstances particulières l'obligèrent à aller reprendre à Saint Etienne ses fonctions de secrétaire de la maiiie. Il y a inséré un grand nombre d'articles, dont les plus importants ont pour titre : Balance du commerce, Association; Armées permanentes , approvisionnements ; Administration publique, accumulation, accaparement, mendicité, monopole; Produit net ; Progrès industriels , richesse , services productifs. A. Legoyt.

Documents particuliers.

* CLÉMENT (Pierre), économiste français, né à Draguignan (Var), en 1809. Il est sous-chef de bureau au ministère des finances, et a publié ;

791 CLÉMENT

Histoire de la vie et de l'administration de Golbert, contrôleur général des finances, ministre secrétaire d'État de la marine, des manufactures et du commerce, surintendant des bâtiments ; précédée d'une notice historique sur Nicolas Fouquet, suivie de pièces justificatives , lettres et documents inédits; Paris', Guillaumin, 1846, 1 vol. in- 8°. Cet ouvrage a été couronné par l'Académie française, en 1846 ; il est sans contredit le titre le plus important de M. Clément à l'estime des savants. « Ce n'est pas, disait M. H. Passy à l'Académie des sciences morales et politiques, dans la séance du 13 juin 1846, ce n'est pas un livre écrit à la hâte et sous l'empire des préoccupations du moment ; c'est un livre savamment conçu et rédigé. Les recherches de l'auteur ont été couronnées de succès. Des correspondances inédites, de nombreux manuscrits, des documents enfouis dans les portefeuilles de nos bibliothèques, lui ont fourni des informations neuves et de précieuses lumières, n fallait pour en tirer tout le parti désirable un tact fin et sûr, un esprit nourri de fortes études, un jugement impartial et calme, et surtout la hauteur d'intelligence qui, en faisant nettement discerner l'ensemble des faits, assigne à chacun sa véritable importance. Toutes ces qualités M. Clément les a eues, et il a enrichi la science économique et l'histoire d'un travail dont le mérite est grand et a di'oit à de sincères éloges. »

Deux ans après , M. Clément continuait avec succès cette remarquable étude économique par une publication analogue sur la même époque, intitulée : le Gouvernement de Louis XIV, ou la cour, l'administration, les finances et le commerce, de 1683 à 1689; études historiques, accompagnées de pièces justificatives, lettres et documents inédits; Paris, GuUlaumin, 1848, 1 vol. in-8°. A la suite de ce second ouvrage, non moins rempli de recherches curieuses, non moins riche de documents inédits, mais n'embrassant. pas un espace aussi considérable que lê'précédent, l'Académie des sciences morales et politiques a décerné à son auteur, dans la séance annuelle de 1848, le second prix Gobert. Continuant sans relâche ses savantes investigations sur l'histoire économique de son pays, et jaloux de porter la lumière sur les époques les moinst connues de cette histoire, M. P. Clément a publié en 1853 un nouveau travail, plein d'intérêt, sous le titre de : Jacques Cœur et Charles VII, ou la France au quinzième siècle; étude historique, précédée d'une notice sur la valeur relative des anciennes monnaies françaises et suivie de pièces justificatives et de documents la plupart inédits; Paris, Guillaumin et Comp., 1852, 2 vol. in-8''.

En, étudiant avec «n soin minutieux cette grande et impérieuse figure de Jacques Cœur, l'auteur jette de vives lumières sur l'industrie, le commerce, les monnaies, les finances, l'admi-

nistration intérieure et extérieure, la justice, l'ar mée, la politique, la population, le territoire, le; sciences, les lettres, les arts en France au quin j zième siècle.

En 1854 M. Clément a publié une Histoire di système protecteur en France depuis le mi nistère de Colbert jusqu'à la révolution di 1848, in-8''. Ce livre, qui contient d'utiles recher ches, mais sans atteindre à la hauteur de vues e de pensées des deux premiers ouvrages du savan historien, est im habile manifeste à l'appui de 1; doctrine du libre échange. Enfin, M. Clément malgré les travaux considérables dont nous ve nous; de parler, a encore trouvé le temps dil composer pour le Moniteur universel deil biographies fort goûtées sur des financiers émi nents. Nous citerons notamment ses Notices su M. le comte MoUien , ministre du trésor sous l( premier empire, sur les frères Paris , etc. A. Legoyt.

Documents particuliers.

*CLÉMENT-AUGUSTE DE BAVIÈRE (Ma

rie-Hyacinthe), électeur et 83® archevêque d( Cologne, né à Bruxelles, le 16 août 1700, moiau château d'Ehrenbreitstein , le 5 févi'ier 1761 11 fit ses études à Rome, sous la direction di pape Clément XI. Nommé le 19 décembre 171; coadjuteur de l'évêque de Ratisbonne, il fut éli en mars 1719 évêque de Munster et de Paderbonn. Le siège de Cologne étant devenu vacant par la mort de son oncle Joseph Clément, don il était coadjuteur , il en prit possession en 1723 le 8 février 1724 il fut élu évêque d'Hildesheim ordonné prêtre le 4 mars 1725; il fut sacré pai le pape Benoît XIII, le 10 novembre 1727. L'é vêclié d'Osnabruck lui échut le 4 novembre 1728, et le 17 juillet il fut élu grand-maître de l'ordrf Teutonique. L'empereur Charles ^T étant mon en 1740, Clément-Auguste fit alliance avec ia France pour appuyer les prétentions de son frère Maximilieu, électeur de Bavière, à l'Empire ainsi qu'à une partie des États de la maison d'Autriche. Le 12 février 1742 il le couronna empereur à Francfort. Les armes autricliiennes ayant été victorieuses, Clément-Auguste fit la paix en 1744 avec Marie-Thérèse. En 1745 Clément-Auguste porta à l'Empire François de Lorraine, et assista à son couronnement. En 1761 il projeta un voyage en Bavière ; s'étant arrêté chez l'électeur de Trêves , il se sentit attaqué à table de violentes coliques, et mourut le lendemain. Ce prince avait pour devise : Non mihi, sed populo; il justifia cette devise par; le bien qu'il fit à ses sujets.

Moréri, Grand dictionnaire univ. — u^rt de vérifier les dates ( Archevêques de Cologne), V« partie, XV; p. 240.

CLÉMENT BE 'BOiss'i {Athanosc- Alexandre), jurisconsulte et littérateur français, né à Creteil, le 16 septembre 1716, mort à Sainte-Palaye, le 22 août 1793. Il fut conseiller à la chambre des comptes, et passa une partie de sa vie à former un Recueil de la juridiction et

CLÉMENT

de lu jurisprudence de la chambre des comptes, qui forme quatre-vingts cartons in-fol., et est ' îctuellement à la Bibliothèque impér. La table Jes pièces dont est composé ce précieux recueil i été imprimée en 1787, in-4°. On doit en outre î Clément de Boissy : Abrégé et concorde des livres de Sagesse ; Auxene, 1767, in-12;' — le Maire du Palais; Paris, 1771, in-12 ; — Vues pacifiques sur l'état actuel du parlement; Paris, 1771-1772 ; — l'Enfant grammairien ; Blois, 1775, in-12 : cet ouvrage contient des principes de grammaire générale, une grammaire atine et une méthode franco-latine; il a été réimprimé sous le titre de Grammaire latine , zontenant le rudiment et la syntaxe et une méthode française-latine, pi-écédée d'une Introduction aux langues, mise à la portée ies enfants ; Paris, 1777, in-12; — le Livre ies seigneurs, ou le papier terrier perpétuel; Paris, 1776, in-4°; — VArt des langues, ou issai sur la véritable manière d'apprendre les langues, et spécialement la langue latine ; Paris, 1777, in-12; — V Auteur delà Nature; Paris, 1782, 1785 et 1794, 3 vol. in-12 : cet ouvrage contient les principales cormaissances de l'histoire naturelle; des vues sur la nature de l'âme ; un détail d'anatomie suffisant pour faire connaître l'admirable mécanisme du corps humain; quelques notions sur la destruction des éléments , sur la formation d'une nouvelle terre et de nouveaux cieux après la catastrophe générale de l'univers ; — de la Grâce de Dieu et de la Prédestination, sous le pseudonyme de Fontenay; Paris, 1787, in-12; — Mémoire sur la Hfwmation des Finances ;Vain%, 1787, in-8°;

— Abrégé de l'Ancien et du Nouveau Testament, sous le pseudonyme de Fontenay; Paris, 1788, 2 vol. in-12; — Jésus-Christ, notre Amour, même pseudonyme; Paris, 1788, in-12;

— Traité de la Prière; ibid.; — Manuel des Saintes- Écritures ; ibid., 1789,3 vol., in-12 ; — de l'Élection des évêques et nomination des curés d'après les monuments de l'histoire ecclésiastique; Paris, 1791, in-8''; — le Mépris des choses humaines; ibid., in-12; — Imitation de Jésus-Christ, mise par ordre de matières; Paris, 1792, in-12.

Barbier, Examen critique des dictionnaires kist. — Quérard, la France littéraire.

* cLÉniENT-DESORMES (1) , professeur de chimie industrielle au Conservatoire des arts et métiers, né à Dijon, mort en 1842. Il fit ses premières études dans sa ville natale, et vint ensuite à Paris, où il entra en qualité de clerc chez un de ises oncles, qui était notaire. Mais son goût pour les sciences s'était déjà révélé. Dans ses courses, il trouvait le temps de visiter les bibliothèques publiques. Il y puisa de premières connaissances,

(I) C'est à tort que Quérard, dans la France littéraire t.jll.p. 226 et526, a divisé Clément-Desormes ea deux personnes différentes, qu'il fait travailler en collaboration. C'est un seul personnage.

qui augmentèrent son ardeur pour les études scientifiques. Bientôt il put, à l'aide de ses économies, acheter des livres ; il abandonna la carrière du notariat, et se livra à l'étude de la chimie. II reçut de Montgolfier et de Guyton de Morveau des conseils utiles, et compléta son instruction chimique. Clément Desormes a publié dans les Annales de Chimie et de Physique, de 1801 à 1830, un assez grand nombre de mémoires sur des questions de science pure et surtout de science appliquée ; mais il n'a laissé aucun grand corps d'ouvrage, et il n'est point resté de traces de son cours. On a de lui : Essai sur l'analyse et la recomposition des deux alcalis fixes et de quelques-unes des' terres réputées simples, en collaboration avec M. Guyton , dans les anciens Mémoires de l'Académie, M, 1801; — Pièces d'expériences sur l'oxide de carbone gazeux, dans le Journal de l'École polytechnique, IV, 1802; — Notice sur la cristallisation du lapis lazuli, dans le Journal des mines, XVII; 1804 ; — Théorie de la fabrication de l'acide sulfurique ; ibid., XVIII, 1805; Appréciation du procédé d'éclairage par le gaz hydrogène du charbon de terre; Paris, 1819, in-8°.

Ch. Dunoyer, Journal des économistes, 1842 — Journal des Débats, 8 janvier 1842. — Monit. univ., 14 Janvier 1842. — Louandre et Bourquelot, la Littérature française ( suppléin. à Quérard ).

CLÉiuEiVT-MERSEÂU, ingénieur français.

Voy. MÉTÉZEAU.

CLÉMENT DE RIS (Dominique, comte), homme d'État français, né en 1750, à Paris, mort en 1827. Il était avocat en 1789, fit partie, en 1794, en 1795, avec Garât etGinguené,dela commission executive d'instruction publique, à laquelle la France dut l'École normale. H donna sa démission en 1795; mais le gouvernement consulaire alla le chercher dans sa retraite pour l'élever à la dignité de sénateur. Ce fut au mois de septembre 1800 que lui arriva l'avenlare singU' lière qui donna lieu à tant de conjectures et de fables. Étant dans une de ses terres, en Touraine, il fut enlevé en plein jour par un parti de chouans, enfermé dans un souterrain, et ne fut rendu à la liberté qu'après une captivité de dix-neuf jours. Après lui avoir volé son argent monnayé, son argenterie et sa propre voiture, les ravisseurs le forcèrent d'écrire à sa femme pour lui demander 50,000 francs qu'elle n'envoya pas. Le tribunal d-'Indre-et-Loire prononça la peine de mort contre trois des auteurs de ce coup audacieux, et Mm® Lacroix, propriétaire du château du Portail, où il avait été détenu, fut condamnée à plusieurs années de détention et à l'exposition au moment de l'exécution de ses complices. Peu de temps après. Clément de Ris fut appelé à la préture <Iu sénat. Nommé pair de France en 1814, maintenu dans cette dignité pendant les cent-jours , il se vit, par l'ordonnance royale du 24 juillet 1815, exclu de la chambre, où il rentra en 1819.

Dictionnaire de la conversation.

CLÉMENT -^ CLEMENTl

* CLÉMENT DE Kis [Emile), officier supérieur et pair de France, fils aine du précédent, né à Chàteaudun, en 1786, mort le 19 décembre 1839. Il entra au service dans le le*' de dragons en 1801 , et passa par tous les grades pour devenir officier. Il fit la campagne d'Italie comme aide de camp deMasséna, et se distingua au passage del'Adige. En 1806 il servit en Prusse et en Pologne, comme adjudant-major. En 1807 il fut blessé à Deppen, le 4 féviier, et combattit à Eylau et à Friedland. En 1808 il passa en Espagne comme aide de camp du maréchal Lefebvre, et eut son cheval tué à Sotès. En 1809 il fit les campagnes de Bavière, deTyrol et d'Autriche. Nommé capitaine aux dragons de la garde impériale, en mars 1811, il fit en 1-812 la retraite de Moscou, et obtint le grade de chef d'escadron. En 1813, après les batailles de Wurschen et de Reichembach, il fut piomu officier de la Légion d'honneur. Il quitta alors l'armée pour cause de santé, et entra dans l'administration militaire. En avril 1815 il courut aux frontières, et fut blessé à la poitrine le 9 juillet devant Strasbourg. Mis en non-activité au licenciement de l'armée (octobre 1815), il succéda comme pair de France à son père, en 1827.

Biographie nouvelle des contemporains. — Dictionnaire de la conversation.

CLÉMENT KE RIS (Paulin), officier français, frère du précédent, né en 1788, tué àFriedland, en 1807. Il entra à l'École militaire de Fontainebleau en 1803, en sortit comme officier au 1'^'' de carabiniers, se distingua à léna, à Willimberg, et fut tué à Friedland.

Biog, nouvelle des contemporains. — Mon. univ. — Fict. et conq. des Franc.

CLÉMENT DE LA RONCIÈRE. Voy . L\ RoiN- CIÈRE.

* CLEMENTE (Cynthio) , médecin italien, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. îl étudia la médecine-, pi'ati/^ua à Rome, et devint médecin du pape Paul V. Il fut aussi prêtre et chanoine de Saint-Jean de Latran. On a de lui : Epistola apologetica ad Joannem Amodeutn, qux innominati auctoris opinionem refellit, et clarissime demonstrat veram ligni sancti essentiam; dans un recueil intitulé : Disputationes medicœ de natura atque facultatîbus ligni sancti; Rome, 1602.

Carrure, Biliothèque de la médecine.

CLEMENTl (\Prospero ), sculpteur italien, né à Reggio, dans la première moitié du seizième siècle, mort en 1584. On a dit qu'il avait été élève de Michel-Ange, mais le genre de son talent indique bien plutôt qu'il eut pour maître Giovanni- AndreaClementi, son oncle, sculpteur d'un grand talent, que cependant il surpassa de beaucoup. Prospero a sculpté pour la cathédrale de Reggio le Tombeau de Vévêque Rangoni, orné de la statue du prélat, de grandeur naturelle, et de deux jolis enfants; le beau tabernacle du maître-autel, représentant le Triomphe du Sauveur, et deux excellentes figures d'Adam et Eve.

Dans la cathédrale de Parme, le Mausolée di jurisconsulte Bartolommeo Prati, avec deu^ femmes assises plongées dans la douleur, est ui' ouvrage touchant et plein de vérité. On re trouve les mêmes qualités et à peu près la menu disposition dans le Tombeau de l'évêque Gior gio Andreasi, savant et diplomate , à Saint André de Mantoue. Enfin, on cite encore pann les bons ouvrages de Clementi deux statues ei marbre placées dans la cathédrale de Carpi. j Cet artiste distingué mériterait d'être plus' connu; il a été surnommé par Algarotti le Corrége de la sculpture ; c'est un éloge suffisant pour donner la mesure de son mérite, et c'esi aller trop loin que de dire, comme l'auteur (k sa notice dans la Biographie universelle, qu'il fut le plus grand sculpteur qu'ait produit Vltalie avant Canova. E. B — ^•.

Orlandi, Abbecedario. — Malvasla, Pitture, scot;ui\ e architetture di Bologna. — Vasari, Vite. — Tlraloi chi, Bibliotheca modenese. — Wciss, Biographie uni vcrselle ; suppl.

CLEMEN'51 {Muzio), cûmpositcur italien, nt à Rome, en 1752, mort à Evesham, le 16 avri: 1832. Son père le mit très-jeune sous la direction de Buroni, son parent et maître de chapelle. A six ans Clementi commençait à solfier; à sept , l'organiste Cordiceili lui enseigna le clavecin et les principes de l'accompagnement ; à neul ans il obtint dans un concours une place d'organiste. Alors il passa sous la direction de Santarelli, et deux ans après il entra dans l'école de Carpini, le meilleur contrapuntiste romain. Peu après, un Anglais, qui voyageait en Italie, fut si émerveillé de son talent sur le clavecin, qu'il pressa son père de le lui confier pour l'emmener en Angleterre. La proposition fut acceptée : Clementi, arrivé avec son protecteur dans le Dorsetshire , fit une étude approfondie des ouvrages de Haendel, de Séb. Bach et de Scariatti. A dix-huit-ans il publia son œuvre 11, qui devint le type des sonates de piano. Il composa à Paris ses œuvres V et VI, et donna une nouvelle édition de son œuvre I, auquel il ajouta imc fugue. En 1781 il partit pour Vienne, où il se lia avec Haydn, Mozart, etc. L'empereur Joseph 11 prit souvent plaisir à écouter Mozart et Clernenli, gui se succédaient au piano. En 1783 J.-B. Cramer, alors âgé de quinze ans, devint l'élève de Clementi, après avoir reçu des leçons de Schrœter et de F. Abd. En 1784 Clementi revint en France, et retourna à Londres en 1785. Depuis lois jusqu'en 1802 il resta en Angleterre, et se li\Ta à l'enseignement. Vers 1800 il forma une association pour la fabrication des pianos et le commerce de la nmsique. Sa maison devint une des premières de Londres en ce genre. Parmi les élèves de Clementi, on distingue surtout J. Field : c'est avec lui qu'en 1802 Clementi vint à Paris pour la troisième fois. Field y joua les fugues de Bach d'une manière supérieure; tous deux partirent pour Vienne en 1803. Clementi voulait confier Field aux soins d'Al-

CLEMENTI -^ CLÉOBULINE

brechtsberger, pendant qu'il irait en Russie ; mais Field le supplia de lui permetti'e de l'accompagner, et ils partirent ensemble pour Pétersbourg. Ce fut là que Kalkbrenner se lia avec démenti et en reçut des ;conseils. Après une absence de huit ans et divers autres voyages , Clementi revint en Angleterre (1810). La Société philharmonique de Londres ayant été instituée, Clementi y fit entendre deux symphonies qu'il dirigea lui-même. Il en a donné de nouvelles en 1824, à l'âge de soixante-douze-ans.

Les œuvres de Clementi consistent en 606 sonates divisées en 34 oeuvres , et en plusieurs symphonies et ouvertures à grand orchestre. On lui doit la belle collection pubhée sous le titre de Gradus ad Parnassum; Londres, 3 vol. in-folio. Les sonates de Clementi sont éminemment classiques; son chant est pur, mais il manque souvent d'animation. C'est lui qui a fixé le premier les principes du doigter et du mécanisme d'exécution sur le piano. [Faïoiae, dans YEnc. des g. du m.]

Fétis, Biographie universelle des musiciens. — Tipaldo, Biographia degli Italiani illustri.

CLÉMENTiivi (C'esare), historien italien, né à Rimini, mort dans la même ville, le 9 mai 1624. Il était chevalier de Saint-Étienne, et remplit plusieurs charges publiques. On a de lui : Raconta istorico délia fondazione di Riinino, deW origine e vite de Malatesti ;'&\m\îâ, 1617- 1627, 2 vol. in-4°.

Leriglel-Dufresnoy, Méthode pour Étudier l'histoire, lï, 4-49.

* CLEMENTixiTS (CUmmt), médecin italien, né à Amelia ( duché de Spolette), vivait en 1535. Il enseigua la philosophie et les mathématiques àPadoue, puis vint à Rome, où, en 1513, il fut nommé médecin de Léon X. Les ouvrages de Clementinus ont joui d'une grande réputation , quoiqu'il y montre trop d'attachement i)our l'astrologie. On cite de lui : Clementia medicinx, sive de prœceptis medicinse et de arte medica; Rome, 1512, in-fol.; — Lucubrationes, in quibus nihil est quod non sit ex artis usu, quodque non sit tam probata fide traditum quâm sapienti jtidicio scriptum, sive theoricem, sive praxim , quam vacant, spectemus; Bêle, 1635, in-fol.

Éloy, Dictionnaire historique de la médecine. — Qiaudûn et Delandine, Dictionnaire universel.

CLEMENTOME. Voy. BOCCIARDO.

*CLEMM (D. Jlenj-i Guillaume), savant allemand, né à Hohen-Asperg, le 31 décembre 1725, mort le 28 juillet 1775. Il étudia à Tubingue, et parcourut ensuite l'Allemagne; en 1745 il devint professeur et prédicateur au couvent de Behenhausen; en 1761 il fut chargé d'enseigner les mathématiques à Stuttgard et nommé bibliothécaire consistorial. En 1767 il fut rappelé à Tubingen, où il devint docteur. Il laissa la réputation d'un philosophe, d'un mathématicien et d'un théologien distingué. Ses principaux ouvrages sont : Dissertatio de limitibus creatu-

rarum; Tubingue, 1745; — Examen temporum mediorum, secundum principia asfronomica et chronologica , sive chronologia mat hematica ;BerliB, 1752,in-8°; — Lettres sîcr quelques paradoxes du calcul analytique ; Tubingue, 1753, in-8° ; — Versuch einer kritischen Geschichte der hebràischen Sprache; (Essai d'une histoire critique de la langue hébraïque); Heilbrunn et Tubingue, 1753, in-8°;

— Amœnitates academicse], sive sylloge thematum theologico-philosophico-historicorum, Illfasciculi; Stuttgard, 1753, in-8"; — Principia cogitandi; Francfort, 1758, Ln-8°; — Erste Grûnde aller mathematischen Wissenschaften ( Principes Ifondamentaux des sciences mathématiques); Stuttgard, 1759 et 1769, in-8";

— Moralische Betrachtungen (Observations morales) ; Stuttgard, 1761, in-8°; — Schriftmœssige Betrachtung ûber den Tod des Menschen und seinem Zustand nach dem Tode (Observations dogmatiques sur la mort de l'homme et son état après la mort); ibid., 1761, in-8''; — Mathematisches Lehrbuch, etc. (Manuel de mathématiques, etc.);ibid., 1764, 1768, in-8";

— Von den Krseftcn der menschlichen seele (Des forces de l'âme humaine); Stuttgard, 1767, in-S".

Strodtmann,'iVeMes Gel.Europa.— Moser, ffurtemb- Cvlehrten- Lexicon.

CLÉNAKD (Nicolas). Voy. Cleynaerts.

CLÉOBULE ( KXeogouXoç), un des sept sages de la Grèce, fils d'Évagoras, né à Lindes, dans l'île de Rhodes, vivait vers 560 avant J.-C. D'après Clément d'Alexandrie , il fut le roi et d'après Plutarque le tyran de sa ville natale; on voit cependant, par une lettre de lui à Solon, conservée par Diogène Laerce, et peut-être apocryphe, que Lindes avait un gouvernement démocratique. On peut concilier ces diverses assertions en supposant que l'autorité souveraine avait été déléguée à Cléobule par le peuple. Ce philosophe emprunta une grande partie de sa doctrine aux Égyptiens. Il composa des poèmes lyriques et des énigmes (ypîcpoi) en vers. C'est à lui, selon Diogène Laerce, qu'appartiennent l'épitaphe de Midas, attribuée à Homère, et l'énigme sur l'année, attribuée à Cléobuline, fille de Cléobule.

Diogène Laerce. — Suidas, au mot KXéoPûuXoç. — Clément d'Alexandrie, Strotnata, i, 14. — Fabrlciiis, Bîbliotheca grœca, U.

CLÉOBULINE ( KXsoêouXi'vY]), fille de Cléobule de Lindes, vivait dans le sixième siècle avant J.-C. Selon Plutarque elle était née à Corinthe, et s'appelait Eumetis. Aussi remarquable par ses qualités morales que par son talent poétique, elle composa des énigmes (ypiçotl), qui jouirent chez les anciens d'une grande célébrité. Athénée cite une comédie de Cratinus intitulée KXEoêou- Xïvai , dans laquelle il était probablement question de la fille de Cléobtile.

Plutarque, ds Pyth. orac, 14; Conviv.,y\\; Sap., 3. — DioRùne I.acrce, I. — Clément d'Alexandrie, Stromata, IV. — Suidas, au mot KXeoêouXtvï). — Aristote, Bhe-

tor., m. — Athénée; IV. — Melneke, Hist. crit. corn, grœc.

* G LÉOCH ARES (KXeoxopïiç), orateur grec,'né à Myriela, dans la Bithynie, jivait vers 300 avant J.-C. Il était contemporain de Démocharès et d'Arcésilas, et Rutilius Lupus nous a conservé une liste de ses discours. Il écrivit aussi sur la rhétorique un traité, dans lequel il comparait Isocrate et Demosthène, appelant le premier un athlète , le second un soldat. Il ne reste plus rien des ouvrages de Cléocharès.

Strabon, XII. — Dlogène Laerce, IV. — Rutilius Lupus, de Figuris sentent. — Ruhnken, Hist. crit. orat. grœc. — WestermanD, Gesch. der Beredtsamheit in Griech.

*CLÉOCRiTE (KXeoxpiToç), Athénien, hérault des mystères (iiuo-rtôv x^puÇ), vivait en 404 avant J.-C. Banni d'Athènes par les trente tyrans , il se mêla aux exilés qui , sous la conduite de Thrasybule, renversèrent le gouvernement oligarchique de Critias et de ses collègues. Après la bataille de Munychie, les deux partis firent une trêve pour ensevelir les morts , et les conversations s'engagèrent entre les soldats des deux camps. Cléocrite, qui avait une voix éclatante ([làX' sOçwvoç <î)v), adressa aux Athéniens, soldats des tyrans, un discours dont Xénophon nous a transmis les pensées, sinon les expressions. Cléocrite était fort ridicule de sa personne, si l'on en croit les plaisanteries d'Aristophane; mais on sait que le grand poète s'inquiétait peu de la vérité et des convenances, lorsqu'il s'agissait de tourner en ridicule un membre du parti démocratique.

Xénophon, Hellen,, II, 4. — Aristophane, Rame, 14S3 ; Aves, 876.

*CLÉODÈME MALCHCS {Kkz6Sr\\LOC, Mà^xoç)»

historien d'une date incertaine. Il écrivit une Histoire des Juifs, citée par Alexandre Polyhistor. On prétend que Malchus avait en syriaque la même signification que Cléodème en grec.i

Joseph, Antiquit. jud., I, 15.

*CLÉoi»ÈME (KX£65yi[j.o?), médecin grec, vivait dans le premier siècle après J.-C. Plutarque, qui l'a placé dans son Banquet des sept sages, prétend que Cléodème employait plus souvent les ventouses qu'aucun médecm de son temps, et qu'il mit ce remède à la mode.

Plutarque, Septem sapieiitum convivium.

CLÉODÈME, ingénieur grec, vivait vers 260 de l'ère chrétienne. Il fut chargé avec l'architecte Athénée de fortifier les villes de l'empire menacées par les Goths. Selon Gibbon , ce personnage est le même que Cléodème d'Athènes qui;, en 267, chassa les Goths de cette ville.

Zonaras, Annales. —1 Gibbon, the Décline and faîl ofthe Roman Empire.

CLEon.KCS (KXEoSaio;), fils de l'Héraclide Hyllus , essaya aussi vainement que son père de s'emparer du Péloponnèse. On peut placer vers le treizième siècle avant J.-C. l'existence de ce personnage , peut-être fabuleux.

Apollodore, II. — Pausaoias, III.

CLÉCETAS(KX£otxai;), sculpteur et architecte grec, vivait vers 450 avant J.-C. H eut un fils

CLÊOBULINE — CLÉOMBROTE 800

nommé Aristoclès. Visconti ( dans la Biographie universelle), confondant cet Aristoclès avec un artiste sicyonien du même nom, Aristoclès frère de Canachus, a présumé que Cléœtas était né à Sicyone, et, par suite de la même confusion, Thiersch a cru que cet artiste vivait vevs la 61® olympiade (552 avant J.-C); ce sont là des erreurs manifestes , comme on peut le voir ea comparant deux passages de Pausanias (VI, 3, § 4 ; VI, 9, § 1 ), et il est très-probable que Cléœtas était Athénien. Une inscription grecque de b' 86*^ olympiade (452 avant J.-C.) nous apprend qu'il était disciple de Phidias, qu'il suivit soa maître à Olympie, et qu'il y dirigea la construction de la fameuse barrière ( àçeaiç ) située aa bout du stade. On cite encore parmi les ouvrages de Cléœtas line statue de gueriier placée dans l'Acropolis d'Athènes.

Viseonti, OEuvres diverses, vol. III.— Museo Pio-Clementino. — Thierscti, Epochen D. Bild. kunst. — Millier, de Pfiidia, I,'13.|— Bôckh, Corp. inscript grœc, vol. i*', p. 39 , 237, 884. — Schultz , dans Jahn's Jahrbiicker jfur Philologie; 1829, p. 73. — Brunn, Artific. Uberse Grœciœ tempora.

CLÉOMBROTE I (EXeofiêpoToç), fils de Pausanias, et vingt-troisième roi Spartiate de la famille des Agides, régna de 380 avant J.-C. à 371. Il succéda à son frère Agésipolis. Envoyé dans le printemps de 378 contre les Thébains, qui venaient de chasser la garnison lacédémonienne, il ne fit rien d'important, et rentra à Sparte après avoir laissé Sphodrias à Thespies, en qualité d'harmoste. Cette conduite fut vivement désapprouvée par les Spartiates, qui confièrent à Agésilas II le commandement des forces envoyées contre les Thébains. En 376 il fallut, à cause de la mauvaise santé d'Agésiias, rendre le commandement àCléombrote, quvfat plus malheureux encore que la première fois. Après cinq ans d'une lutte peu décisive, il rencontra l'armée thébaine dans la plaine de Leuc- Ires. La bataille s'engagea bientôt, et Cléombrote fut tué ; sa mort fut le signal de la défaite des Spartiates. II eut pour successeur son fils Agésipolis.

Xénophon, Hellenica, V, 1, VI. — PlntarqUc, Pelopidas, 13, 20-23 ; Agesilas, S8. — DIodore, XV. — Pausanias, i, III, rx.

CLÉOMBROTE it, trentième rx)' .Spartiate iîe la famille des Agides , régna de 243 avant J.-C. à 240. 11 fut élu roi après !a déchéance de son beau-père Léonidas. Déposé à son tour à la rentrée de celui-ci , il fut exilé à Tégée. Il ne dut la vie qu'à l'intercession de sa femme Cliilonis, qui donna un exemple d'affection conjugale souvent cité par les anciens. Cléombrote laissa deux fils, Agésipolis et Cléomène.

Plutarque, Agis, 11,16-18^ - Pansanias, III, e. — Polybe, IV, 35.

CLÉOMBROTE, un des fils d'Anaxand ride, roi de Sparte, vivait vers 480 avant J.-C. Après la mortde son frère Léonidas, il devint tuteur de Plistarque, fils de ce prince, et fut mis à la tête des troupes qui au moment de la bataille de Sa-

lamine étaient occupées à fortifier l'isthine de Coiinthe. Malgré la victoire des Grecs, ce travail de fortification fut repris le printemps suivant, et ne fut abandonné que vers le commencement de la campagne de Platée. Aii rapport d'Hérodote , Cléombrote mourut peu de temps après avoir, à la suite d'une éclipse de soleil , ramené ses troupes de l'Isthme à Sparte. On peut fixer la date de sa mort à 479 avant J.-C. II laissa deux fils, Nicomède et Pausauias, qui lui succéda en qualité de régent.

Hérodote, V, 41!; VIH, 71; IX, 10. —Clinton, Fasti hellenici. — Thirlwall, Mist. of Greece.

CLÉ09IBRUTE, philosophe académique d'Ambracie, d'une époque incertaine. Il se précipita dans la mer, après une lecture du Phédon de Platon , non pour échapper à un malheur présent, mais pour arriver plus tôt à la vie meilleur qu annonçait le dialogue du grand philosophe athénien. Dans ce dialogue même du Phédon, il est parié d'un certain Cléombrote, disciple de Socrate, et qui se trouvait à Égine au moment de la mort de son maître. C'est peut-être le même personnage que Cléombrote d'Ambracie.

Callimache, Epigram. — Lucien, Philop. — Cicéron, pro Scauro ; TusciiL, I, 34. — Augustin, de Civ. Déi, ï, 22. — Fabricius, Bibliot. grœc, 111.

CLËOMÈDE (KX£o[).TiûYii;), athlètegrec, né dans l'île d'Astypalée, vivait vers 490 avant J.-C. Voicil d'après Pausanias et Plutarque l'histoire ou plutôt la légende de Cléomède. Aux jeux olympiques, dans la lutte du pugilat, il tua Iccus, son adversaire , fut jugé coupable de ne s'être pas battu selon les règles , et fut privé du prix. Cette sentence égara la raison du malheureux athlète. De rétour dans sa patrie, il renversa nne colonne qui soutenait le faite d'une école publique, et causa la mort de soixante = enfants environ. Poursuivi par les Astypaléens, qui voulaient le lapider, il se réfugia dans le temple de Minerve, et s'enferma dans un coffre que ceux qui le poursuivaient s'efforcèrent vainement d'ouvrir; ils prirent alors le parti de le briser, mais on ne retrouva pas l'athlète. Les Astypaléens envoyèrent consulter l'oracle de Delphes, qui leur répondit : « Cléomède d'Astypalée est le dernier des héros ; honorez-le par des sacrifices comme un immortel. »

Pausanias, VI, 9. — Plutarque, i?omMto, 28. CLÉOMÈUE (KXeofAvîSyi;), astronome grec, vivait probablement au second siècle de J.-C. (1). Cette époque cependant est loin d'être certaine ; car les uns (2) le font vivre vers l'an 427 de J.-C, les autres bien antérieurement (3).

(1) C'est l'opinion de Sax, Onomast., t. I, p..294, et de Sainte-Croix, Mém. de l'Acad. des inscriptions, t. XLIV, p. 463.

(2) Peucêr, \n Elementis «sfron. ; Vosslus, de Scient, mat/iemat., III, 34.

(3! Balfour ( Comment, in Cleom. ), pour défendre cette opinion, s'appuie principalement sur ce que Cléomède ne cite pas une seule fois Ptolémée, tandis qu'il cite souvent Ératosthène, Hipparque, et surtout Posidonius, contemporain de Cicéron ; enfin, parce qu'il ne mentionne ancune des doctrines sur les moavements des planètes, '

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