‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 155 sur 200 · CLÉOPATRE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE

CLEOPATRE, reine d'Egypte, fille de la précédente, et dePtoléinée Épipliane,\ivait vers 150 avant J.-C. Elle épousa son frère Ptolémée VI, PhiJométor, 164 avant J.-C. Ce prince mourut en 147, laissant avec la reine Cléopâtre, sa veuve, deux filles et un fils encore en très-bas-âge. Enhardi par cette circonstance , Ptolémée Physcon ou Évergète II, frère de Ptolémée Philométor , s'empara de la couronne d'Egypte. Cléopâtre, incapable de résister, lui envoya des députés qui réglèrent avec lui qu'elle deviendrait sa femme , et qu'il prendrait la tutelle du roi. Il entra dans Alexandrie avec le titre de régent, épousa la reine mère, et le jour même du mariage il fit égorger le jeune héritier du trône. Il ne tarda pas à s'éprendre de Cléopâtre , fille de son frère et de sa nouvelle épouse, et répudia celle-ci pour épouser l'autre. Cléopâtre essaya de profiter des troubles de l'Egypte pour remonter sur le trône, vers 130. Elle demanda du secours au roi de Syrie, Démétrius, qui se préparait à envoydr une armée en Egypte , lorsqu'il en fut empêché par la révolte d'Antioche et de plusieurs autres villes de Syrie. N'espérant plus de secours en Egypte, Cléopâtre quitta ce pays, en emportant de grandes richesses, et se retira auprès de Démétrius. On ignore l'époque de sa mort; mais on sait qu'elle se réconcilia avec Ptolémée Physcon.

Justin, 39. — Josèçhe, Antii]. jiid.—T\le-LWe.

CLÉOPATHE, reine de Syrie, fille de la précédente et de Ptolémée VI, morte vers 121 avant J.-C. ï:ile épousa d'abord Alexandre Balas, usurpateur de la couronne de Syrie, et, après la mort de celui-ci, Démétrius Nicator. Apprenant que son second mari, captif chez les Parthes, avait pris pour femme Rodogune, princesse de cette nation, elle se maria avec Antiochus VU, Sidètes, frère de Démétrius ; et lorsque celui-ci revint dans ses États, il fut mis à mort par l'ofdîfi de C.léo'jâtrc. Cette reine ambitieuse fit subir le même sort à un de se." fils, Séleucus, qui avait osé s'emparer de la coinonne sans le consentement de sa mère. Elle plaça sur le trône son autre fils, Antiochus VILI, Giypus, en 125; mais, ne le trouvant pas assez soumis à ses volontés, elle essaya inutilement de l'empoisonner, et périt victime de son propre attentat. « Cette femme, dit Justin, qu'une soif ardente de dominer avait portée à trahir Démétrius son mari, et à tuer l'un de ses fils, regrettait îa victoire de l'autre, qui affaiblissait son autorité; un jour qu'il revenait d'un exercice militaire, elle lui présenta une boisson empoisonnée. Mais Grypus, déjà prévenu des desseins de sa mère, la presse, comme s'il eût voulu lui donner un témoignage do son respect filial , de boire la première. Elle refuse, il insiste. Alors, produisant le dénonciateur du crime, il en accuse sa mère, ajoutant « que le seul moyen de se justifier est déboire ce qu'elle offre à son fils ». La reine, poussée à bout, meurt victime de son crime, et périt par le poison qu'elle avait préparé pour un aatre. » C'«st h ce récit que Corneille a em-

prunté le sujet de sa tragédie de Rodogune.

Justin, XXXIX, i.!2. — Appicn, Syr., 68. — Josèphe, Anliquit. Jud., XIII.

CLÉOPATRE, reine d'Egypte, sœur de la précédente, morte en 89 avant J.-C. Elle épousa son oncle Ptolémée Physcon. Ce prince, en mourant, laissa la couronne à sa veuve et à celui de ses deux fils qu'elle choisirait pour régner avec elle. La reine eût préféré le plus jeune des deux, qu'elle croyait plus dévoué à ses volontés; mais les vœux du peuple d'Alexandrie la forcèrent de placer sur le trône son fils aîné, Ptolémée Lathyre. Cléopâtre le rappela de l'île do Chypre, où il commandait; elle exigea de lui qu'il répudiât sa sœur Cléopâtre, à laquelle il était uni depuis quelques années, et qu'il épousât son autre sœur, nommée Sélène. A ces conditions, le ■ fils aîné de Physcon monta sur le trône, et prit le surnom de Soter II, vers l'an 117 avant J.-C. Mécontente de ce fils, la reine Cléopâtre excita 1 contre lui la populace d'Alexandrie (109), le sépara de Sélène, dont il avait deux enfants, le- força da déposer la couronne, et la mit sur la tête de son second fils, qui prit le surnom d'Alexandre. Pendant la durée du règue de ce prince, des haines violentes se déclarèrent entre la mère et le fils. Celui-ci, épouvanté par les fureurs de sa mère, la quitta subitement, et se retira en Chypre. Elle le rappela ; mais la discorde continua entre eux. Elle méditait de le faire périr , lorsqu'il la prévint, en la faisant assassiner. •

Justin, XXXIX, 4. — Paiisanias, VIII, 7.

CLÉOPATRE, reine d'Egypte, puis de Syrie, fille de la précédente et de Ptolémée PhyscoHi morte vers 116 avant J.-C. Elle fut d'abord mariée avec son frère Ptolémée VIII, dit Lathyre, Forcée de divorcer, elle s'enfuit en Syrie, m elle épousa Antiochus IX, Cyzicène , qui disputait alors le trône de Syrie à son frère Antiochus Giypus. Elle porta pour dot à son nouvel époux une armée, qu'elle leva et qu'elle conduisit en Syrie. Antiochus Cyzicène fut complètement battu, et Cléopâtre se réfugia dans Antioche. Elle y fut assiégée et prise par GrypuS, qui la fit mourir sur la demande de sa femme Cléopâtre Tryphène, sœur de l'épouse de Cyzicène.

Justin, XXXIX, 3,

CLÉOPATRE TRYPHÈNE, reine de Syrie, sœur de la précédente, morte vers 115 avaat I J -C. Elle épousa Antiochus Grypus, et causa la i mort de sa propre sœur, femme de Cyzicène. Jus-i tin a raconté les horreurs qui ensanglantèrent la décrépitude des monarchies grecques de Syrie et d'Egypte : c'est à cet historien que nous empruntonsle récitdela mort de Cléopâtre Tryphèneetde sa sœur, qui s'égorgèrent pour ainsi dire mutuellement. « Après la prise d'Antioche par Grypus, Tryphène se hâta de faire chercher sa sasur Cléopâtre, non pour adoucir sa captivité, mais pour cmjiêcher qu'elle n'échappât. au châtiment. Elle l'accusa d'avoir amené des troupes pour mettre

aux prises les deux frères, et de s'être mariée contre la volonté de sa mère. Grypus, au contraire , supplia Tryphène de ne pas le forcer à comnaettre un crime abominable. D lui représenta qu'aucun de ses ancêtres, durant la longue série de leurs guerres étrangères ou domestiques, n'avait sévi, après la victoire, contrôles femmes, préservées par leur sexe des périls de la guerre et de la cruauté des vainqueurs ; qu'outre le droit'des gens, les droits de parenté plaidaient en faveur de Cléopâtre, qu'elle était la sœur germaine de celle qui la traitait si cruellement, et sa propre cousine, et la tante maternelle de leurs enfants. A tous ces liens du sang il ajoutait ia sainteté du temple où Cléopâtre s'était réfugiée, disant qu'il devait d'autant plus respecter les dieux, qu'il avait vaincu sous leurs auspices et avec leur appui ; que d'ailleurs la puissance de , Cyzicène ne serait ni affaiblie par la mort r de Cléopâtre ni sauvée par le pardon qu'on lui accorderait. Mais plus il la priait, plus elle persistait, avec une opiniâtreté toute féminine, pensant que toutes ces paroles n'étaient pas de la pitié, mais de l'amour. Elle appela ses soldats, et leur ordonna d'aller égorger sa sœur. Us entrèrent dans le temple, et, ne pouvant l'en arracher, lui coupèrent les mains lorsqu'elle embrassait la statue de la déesse. Cléopâtre expira en maudissant les parricides , et eu léguant aux dieuK outragés la vengeance de sa mort. Bientôt après, Cyzicène, vainqueur dans une seconde bataille, prit Tryphène, qui avait versé le sang de sa sœur, et l'immola aux mânes de sa femme. »

Justin, XXXI X.

CLÉOPÂTRE SÉLÉNÉ, reine d'Egypte, puis de Syi-ie, sœur de la précédente, morte vers 76 avant J.-C. Mariée d'abord à son frère Ptolémée Lathyre, elle resta en Egypte pendant l'exil de ce prince. Elle épousa ensuite Antiochus XI, Épiphane et, après la mort de celuici, Antiochus X, Eusèbe. Assiégée par Tigrane dans une ville de Syrie ou de Mésopotamie , elle tomba, selon Strabon , entre les mains de ce prince, et fut mise à mort. Joseph prétend, au contraire, qu'elle fut sauvée par l'invasion de Lucullus en Arménie. Cléopâtre Séléné fut la mère du dernier des Séleucides, Antiochus XIII, surnommé l'Asiatique.

strabon, XVi. — Josèphe, Antiquit. jud.

CLÉOPÂTRE, dernière reine d'Egypte, née en 69 avant J.-C, morte en 30 avant J.-C. Elle avaitpour père Ptolémée Aulète, chassé du trône par Bérénice, sa fille, et rétabli par Gabinius. Aulète , en mourant , laissa deux autres |filles et deux fils, et voulut que Cléopâtre , l'aînée , régnât avec l'aîné de ses enfants mâles (51 av. J.-C. ). Un mariage unit ces deux jeunes héritiers des Lagides; mais Ptolémée Denys (c'était le nom du roi ) n'avait que ti'eize ans et sa sœur en com])tait dix -huit. Ptolémée Denys était gouverné par l'eunuque Photin et par Achillas, commandant de toutes les troupes de la monarchie ;

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