CHARREL -^ CHARRIER
nationale; il vota la mort de Louis XVI. Il passa au Conseil des Cinq-Cents , et en sortit en mai 1797. Réélu eu 1799, il entra au Corps législatif formé par Bonaparte, et y siégea jusqu'en 1803. Rentré dans la vie privée, la loi contre les régicides le força en 1816 de se réfugier en Suisse, où il mourut, dans l'indigence.
Petite] biographie conventionnelle. — Biographie moderne. — Galerie des contemporains.
CHARRi (Jacques Prévost, seigneur de) gentilhomme languedocien , assassiné à Paris, le 30 décembre 1563. Jl s'était distingué par sa valeur dans les armées françaises dès les premières guerres de François T"^. Le maréchal Biaise de Montluc l'aimait beaucoup, et le regardait comme un des meilleurs officiers de son temps. Il en était aussi un des plus sévères, à ce que rapporte Boivin de Villars. Dans un combat où ChaiTi défit avec quelques hommes trois cents Allemands de la garnison de Crescentino , il abattit d'un revers d'épée le bras du capitaine de cette troupe , quoiqu'il fût couvert d'un brassard et d'une manche de mailles ; ce bras fut porté tout armé à l'amiral Bonnivet, qui admira la force de ce coup. En 1563, la reine Catherine de Médicis forma pour la garde du roi Charles IX un régiment de dix enseignes de gens de pied français, et en donna le commandement à Charri, qui fut le premier maître de camp des gardes françaises, dont l'institution remonte à cette époque. Charri , enflé d'orgueil, commença dès lors à braver Dandelot, colonel général de l'infanterie française, et à ne plus vouloir le reconnaître pour son supérieur, prétendant ne recevoir d'ordres que du roi directement. Ils eurent une querelle assez vive à ce sujet sur l'escalier du Louvre. Brantôme avertit dès lors , à ce qu'il affirme , Charri qu'il se perdait, « les grands étant en effet toujours entourés de gens empressés à embrasser leurs querelles et exercer leurs vengeances ■». Un gentilhomme protestant du Poitou, attaché à Dandelot , Chastelier-Pourtaut , se souvint tout à coup qu'il devait venger son frère , tué en duel par Charri quatorze ans auparavant, à La Mirandole. )1 se cacha dans la boutique d'un armurier, sur le pont Saint-Michel, avec le brave de Mourans, un soldat aux gages de Dandelot , nommé Constantin et onze autres. Au moment où Charri entra sur le pont, accompagné par deux de ses officiers , Chastelier s'élança sur lui avec ses satellites , en lui criant : ^ Souviens-toi, Charri , du tort que tu m'as fait ; » et lui plongeant son épée dans le corps , il la tourna par deux fois pour rendre la plaie mortelle. Un des compagnons de Charri fut aussi tué; après quoi, les meurtriers se retirèrent lentement par le quai des Augustins au faubourg Saint-Germain, où des chevaux les attendaient pour les mettre en sûreté. » — « Le roi et la reine et la plupart de la cour, ajoute Brantôme , ne doutoient nullement que M. Dandelot n'eust suscité et persuadé
le coup, dont plusieurs l'excùsoient pour ne pouvoir être patient des bravades et insolences du dit Charri. Toutefois, cette cause demeura indécise, et aussi que rien ne put vérifier ni prouver, et ne fut autre chose de ce meurtre. » Montluc, Commentaires. — Boivin du Villars, Histoire des guerres du Piémont. — Brantôme, des Colonels de l'infanterie française, IV, 279. — D'Aubigné, Histoire universelle, IV, ch. 3, p. 202. — La Poplinière, Histoire de France, liv. X, fol. 375. — De Thouj Histoire, liv. XXXV, p. 429. i
CHARRIER ( Marc-Antoine ) , homme politique français, né à Nabinals (Gévaudan), en 1753, exécuté à Rhodez, le 17 août 1793. n était fils d'un notaire de Mende, fut reçu avocat à Toulouse, s'engagea dans le régiment de Bourbonnais , et fit trois ans la guerre en Corse. Il reprit ensuite la charge de son père. En 1789 il fut élu député aux états généraux par le tiers état du Gévaudan , et signa les protestations des
12 et 15 septembre 1791. Entraîné par les agents des princes émigrés , il souleva quelques bandes de royalistes dans la Lozère. Décrété d'accusation le 12 avril 1792 , il se réfugia dans les montagnes jusqu'en mars 1793, époque à laquelle il prit l'offensive, défit les troupes républicaines en ti'ois rencontres , s'empara de Marvejols , puis de Mende, et fit insurger toute la Lozère. Ces troubles furent rapidement arrêtés : cerné de toutes parts , vendu par un de ses parents, Charrier tomba aux mains des républicains. On le conduisit devant le tribunal criminel de l'Aveyron, qui le condamna à mort, le 16 août 1793. L'exécution eut lieu le lendemain.
Biographie moderne.
CHARRIER DE LAROCHE (Zk)MW), prélat
français, de la famille du précédent, né à Lyon, le 17 mai 1738, mort le 17 mars 1827. Reçu docteur le 15 mars 1764, il ne tarda pas à être nommé grand-vicaire de Lyon et vice-gérant de l'officialité. Charrier passait pour être attaché au parti janséniste, ainsi que MS*" de Muntozet, archevêque de Lyon, dont il était le grand-vicaire. M?" de Marbeuf, ayant pris possession du siège de Lyon, ne continua point Charrier dans les fonctions que celui-ci remplissait auprès de W^ de Montozet. Élu député aux états généraux par le clergé de Lyon,- Charrier commença à se 'montrer lors des protestations et réclamations contre le décret du
13 avril 1790, concernant la religion d'État. Dans cette circonstance, il se sépara de la majorité de ses collègues, et publia une petite lettre, qm fut attaquée parMauthot, dans sou Examen de VVitimatum de Bertholio. Cette polémique produisit une nouvelle brochure de Charrier, sur le Culte public de la religion nationale catholique en France; l'auteur, partisan de réformes modérées, exhorte le clergé à ne point les repousser. En 1791 il prêta le serment à la constitution civile du clergé, et M nommé évêque constitutionnel dans le département de la Seine-Inférieure. H
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jniblia en cette qualité plusieurs pastorales sur le nouvel ordre de choses , sur la nécessité de la conciliation entie les partis, etc., ainsi qu'une circulaire, approuvée par Gobeî et autres évoques constitutionnels, ayant pour but de prémunir les curés de son diocèse contre les brefs du pape. Le 26 octobre 1791 Cliarrier adressa sa démission aux électeurs du département; et il écrivit en même temps une letti'e à plusieurs de ses confrères pour les inviter à suivre son exemple. Rentré dans son paj's, Charrier publia im Examen du décret du 27 aoîU 1791, qui considérait le mariage comme un contrat civil , où l'on trouve de bonnes réflexions sur le célibat ecclésiastique et contre le divorce. Après la Terreur, il se réconcilia avec le saint-siége, et depuis ce moment ses rapports avec les constitutionnels cessèrent entièrement. Nommé évêque de Versailles en 1802 , puis premier aumônier de Bonaparte en 1 804 , M?"" Charrier assista au concile de Paris qui eut lieu en 1811. Outre les publications signalées dans le cours de cette notice, on a de lui : Réfutation de l'instruction pastorale de Vévêque de Boulogne sur l'autorité spirituelle, 1791, in-8°; — Questions sur les affaires présentes de l'Église de France, 1792, in-8°. A. R.
.4nii de la religion
*CHAKRiER (M°^(^ Edouard), née Boblet, née à Paris, en mars 1797, institutrice française. Élève de RlÎM. Lemare et Biajoli, elle a fondé, en 1820, les cours d'émulation pour les jeunes personnes. Ses principaux ouviages sont : — Analyses grammaticales , avec de nombreux exercices; Paris, 1833, in-12; — Cours complet d'orthographe; Paris, 1846 et suiv. T.
Quéraril, Biographie des contemporains.
'CHAKRiÈRE (Emcst), littérateur français, né à Grenoble, en 1805. lia complété ses études par des voyages, et a publié : Sainte-Hélène, ou souvenir dhm voyage aux Grandes- Indes , poème lyrique ; Paris , 1826 , iu-4" ; — la Chute de V empire, drame-épopée, précédée de Considérations sur l'avenir de l'Europe; Paris; 1836; — Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, complétée par
E. Charrière, au moyen d'une chronique bretonne de Guillaume de Saint- André ; Paris ,
F. Didot, 1839, 2 vol. in-4*; — Description des hordes et des steppes des Kii-ghiz-Kazaks ou Kirghiz-KaissaJis, trad. du russe d'Alexis de Lcvchine; Paris, Imprimerie royale , 1840, grand in-8°, avec planches et cartes : c'est une monographie complète et tiès-curieuse des Kirguises; — la Politique de l'histoire; Paris, 1841-42, 2 Yol. in-8» : ce livre contient d'intéressants détails sur les peuples slaves ; — Négociations diplomatiques entre la France et le Levant: cet ouvrage, en cours de publication, a obtenu le prix Gobert, décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1853. Il fait partie , ainsi que la chronique de du Quescliu , de
CHARRIERE
la Collection des doe^cments inédits relatifs à l'histoire de France publiés, à partir de 1834, sous les auspices du gouvernement.
Dubeux, Tartarie, dans YVnivcrs pittoresque, p. It9. — Quérard, la France littéraire. — Louandre et Bourquelot, la Littérature française contemporaine.
CHARRIÈRE (Joseph DE la), médecin français. Voyez La Charrière.
CHARRIÈRES (Mme SaINT-HyACIKTHE DE ) ,
romancière, née en Hollande, vers 1740, morte le 27 décembre 1805, près de Neuchàtel, en Suisse. Elle sortait d'une famille noble , mais sans fortune. Jeime encore , elle écrivait déjà en français avec une netteté et un naturel remarquables ; elle lisait avec avidité les meilleurs auteurs et les appréciait avec tiucsse. Au retour d'un voyage qu'elle fît en Angleterre, en 1766, elle épousa M. de Charrières , gentilhomme vaudois, et elle le suivit dans la Suisse française. Établie à Colombin, à une lieue de Neuchâtel , elle observa les mœurs du pays; et elle les peignit avec bonheur et avec une douce sensibilité dans des écrits auxquels elle ne songea d'abord que pour occuper ses loisirs. Son premier roman, les Lettres Neuchâteloises, parurent en 1784. Nous renvoyons pour cet ouvrage à la longue analyse qu'en a donnée M. Sainte- Beuve. Cet ingénieux critique regarde ces lettres (qui 'ne forment qu'ime centaine de pages) comme une petite perle dans le genre naturel : « A défaut, dit-il, de passion proprement dite, un pathétique discret et doucement profond s'y mêle à la vérité railleuse, à la vie familière prise sur le fait. Quelque chose du détail hollandais, mais sans l'application ni la minutie, et avec une rapidité bien française. » Deux ans après, en 1786, parut Caliste, ou lettres écrites de Lausanne. « Pas de drame, des citations très-smiples et un intérêt attachant. » Divers ouvrages suivirent ; de petites comédies, des contes , des diminutifs de roman. M'^e de Charrières composait pour elle et ses amis , au jour le jour et sans prétention. On distingue dans tout ceci son roman des Trois Femmes, « bien remarquable philosophiquement, bien agréable; c'est un roman du Directoire, mais qui se peut avouer et relire, même après toutes les restaurations ». — Cette femme spirituelle eut une vieillesse assez triste; mais elle renferma stoïquement sa plainte. Elle était liée avec Benjamin Constant, alors fort jeune, et de 1787 à 1795 une cori-espondance pleine d'intérêt, de révélations piquantes, de vues parfois amères et toujours justes sur la société, s'échangea entre eux. Madame do Charrières connut aussi madame de Staël : les lettres qu'elles s'écrivirent sont restées dans l'ombre. Il faut reconnaître cliez cette personne, qui a longtemps et injustement été oubliée , une des femmes les plus distinguées du "dix-huitième siècle, parfaitement originale de grâce , de pensée et*de destinée; née en Hollande et vivant en Suisse, elle