‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 4 sur 200 · CHARRIÈRE — CHARRON · texte numérisé non relu

CHARRIÈRE — CHARRON

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fut , par l'esprit et par le ton , de la plus pure littérature française. G. Brdnet.

Sainte-heave, Revue'des Deux Mondes, m mars 1839, et Portraits de femmes, 1844, p. 381-428 ; Notice sur la correspondance entre M™<= de Charrières et Benjamin Constant, même Revue, 15 avril 1844, et dans l'édUion de Caliste ; Paris, 1845.

«CHAHRiN (Pierre-Joseph), publiciste et auteur dramatique français, né à Lyon, le 2 février 1784. Depuis 1819 il a été successivement attaché à la rédaction des journaux le Mémorial dramatique ; la Renommée ; le Mentor; la France commerciale; le Constitutionnel ; le Galignanis Messenger, etc. Ses principaux ouvrages sont : la Forteresse de Riotercero, ou les Espagnols au Paraguay, mélodrame en trois actes ; Paris, 1805 ; — le Roi de trèfle et le roi de pique, folie, un acte; ibid., avec Alexandre Bernos; — Abenhamet et Zoraïde, ou les amants de Grenade; mélodrame en trois actes, 1806, in-8°; — Vivaldi, ou le neveu criminel, mélodrame en'trois actes, 1806, in-8° ;I — Elle est à moi, comédie en un acte, 1807, in-8° ; — la Jardinière de Fincewnes ," vaudeville , id.; — mes Loisirs, recueil de poésies ; 1807, in-18 ; — le Cimetière de villaye , élégie imitée de l'anglais de Gray, suivie de poésies diverses; 1808, Jn-8°; — Chansons et Poésies ; 1808 et 1828, jn-8° , 5 gravures ; — Tobie, ou les Captifs de Ninive, poëme couronné à l'Académie de Niort ; 1810, in-12; — le Mémorial dramatique; 1810-1819, 13 vol. in-24; — le Savant de société, ou petite encyclopédie des, jeux familiers; 1816 et 1823, 2 vol. in-12, 6 fig.; — le Passe-Temps dj'un Momtisien, chansons et poésies ; 1817, in-18 ; — les Soirées de famillè\; recueil philosophique; 1817, 3 vol. in-12; — Mahomet II, ou les captifs vénitiens ; mélodrame, en trois actes , avec Joseph du Saulchoy; — le Conteur des Dames, ou les soirées parisiennes; 1822 et 1824, 2 vol. in-12, fig. et musique; — l'ff ermite rôdeur, ou observations sur les mœurs et usages des Anglais . et des Français au commencement du dixneuvième siècle, imité de l'anglais de Thomas Skinner Surr; 1823, 2 vol. in-12; — Album poétique, ou recueil de romances et de chansons , etc.; 1824, in-18; — Confessions d'un homme de cour, contemporain de Louis XV, révélations historiques sur le dix-huitième siècle; 1830, 5 vol. in-12 ; — le Savetier et V Apothicaire , folie-vaudeville à spectacle, avec Tournemine et E. Decour; 1833, in-8°.

Biographie portative des contemporains. — Quérard, la France littéraire. — Ch. Leuandre et Bourquelot, la Littérature française contemporaine.

CHARRON {Pierre), philosophe français, né à Paris, en 1541, mort dans la même ville, le 16 novembre 1603. Il était fils d'un libraire, père de vingt-cinq enfants. Il étudia le droit à Orléans, et fut reçu docteur à Bourges, ou il se fixa, dans le but d'exercer la profession d'avopt, Mais il s'en trouva dégoûté au bout de six

ans, et embrassa l'état ecclésiastique. 11 fit, à la suite de l'évêque de Bazas, Arnaud de Pontac, plusieurs missions dans la Gascogne et le Languedoc, avec un succès qui le fit nommer théologal à Agen, à Bordeaux, à Cahors et à Condom, et lui valut la place de prédicateur ordinaire de la reine Marguerite. La célébrité qui commençait à s'attacher à son nom ne put le distraire de l'accomplissement d'un ancien vœu, celui d'entrer dans un ordre religieux. La vie monastique eût offert un asile convenable à ses spéculations philosophiques : ses quarante-cinq ans lui en fermèrent l'entrée. Refusé pour ce motif par les Charti'eux, puis par les Célestins, il reprit ses prédications à Angers d'abord, puis à Bordeaux. Ce fut dans cette dernière ville qu'il se lia avec Montaigne, qui y remplissait alors les fonctions de maire. Leur amitiédevint étroite, et ne sedéraentit jamais. Le livre de la Sagesse est bien de l'école de Montaigne, quoiqu'il n'ait pas le même charme de style que les Essais. La mort seule put séparer les deux amis. Montaigne, en expirant dans les bras de Charron, le pria de porter désormais les armes de sa famille ; et Charron , dans son testament , légua tous ses biens au beau-frère de Montaigne. Il mourut d'une attaque d'apoplexie. Charron varia souvent dans ses goûts et dans ses idées : avocat d'abord, puis théologien, nous l'avons vu aspirer ensuite à l'état monastique, et enfin devenir exclusivement philosophe. Les ouvrages que nous avons de lui nous donnent, par leurs dates , l'histoire chronologique de ces variations. En 1594 il publie son livre de trois Vérités, ouvrage où il prouve contre les athées qu'il y a une religion; contre les païens, les juifs, etc., que de toutes les religions, la chrétienne est la seule véritable; contre les hérétiques, qu'il n'y a de salut que dans l'Église catholique; et dès l'année suivante il fait paraître un ouvrage purement pliilosophique, le Traité de la Sagesse. Cette fois c'était si bien le libre penseur qui avait parlé plutôt que le théologien, et il y avait dans ce livre tant de passages où se trouvaient exprimées des pensées peu orthodoxes, que Charron fut en butte à de violentes attaques. En vain corrigea-t-il quelques chapitres; en vain publia-t-il, en 1600, sa Réfu- tation des hérétiques , avec un recueil de ses anciens discours chrétiens sur la divinité, la création, la rédemption et l'eucharistie; en vain la mort, qui vint le frapper tout à coup en 1 603 , sembla-t-elle devoir désarmer ses ennemis, l'auteur et son ouvrage furent potn-suivis par l'université , par le parlement et les jésuites. Le P. Garasse, jésuite, appela Charron le patriarche des esprits forts, et voulut le faire passer pour athée. L'abbé de Saint-Cyran réleva ce que ces attaques pouvaient avoir d'injuste et d'outré. Lors de la mort de Charron, le parlement, de concert avec la faculté de théologie, se disposait à supprimer le Traité de la Sagesse, quand le pré-

sicientJeannin, chargé par le chancelier de le réviser, y lit des corrections, au moyeu desquelles il fut réimprimé en 1604, avec la vie de l'auteur. Cet ouvrage e^t le plus célèbre de ceux qu'a publiés Charron. C'est un traité assez complet de morale , écrit avec une grande Uberté et un vif amour de la vérité. On reconnaît chez l'auteur de l'élévation dans l'esprit, de la hardiesse dans la pensée, de la passion pour le bien et le vrai; mais on doit blâmer dans son ouvrage une sobriété exagérée de toute espèce d'ornement ; sa sagesse est trop nue : quelques ornements simples ne feraient qu'en relever la giàce naturelle. 11 y a lom de la recherche à l'élégance : celle-ci convient partout. On reg;rette plus d'une fois en lisant Charron qu'il n'ait pas emprunté aux épîtres de Sénèque, qu'il déclare avoir été son guide, quelque chose de leur vivacité, de leur originahté, de leur parure même ; on regrette qu'il n'ait pas suivi de plus près un autre modèle, qu'il ne nomme pas, mais qu'il a sans cesse devant les yeux : nous voulons parler de Montaigne. Autant le style de celui-ci est rapide , brillant, original, autant celui de son ami est uniforme et triste. ' Malgré la fermeté, la clarté, le nombre et la précision, qui sont les qnahtés] distinctives des écrits de Charron, nulle part la philosophie de cet auteur n'a cette forme gaie, tibre, joyeuse, relevée, enjouée même, dont il nous parle imprudemment quelque part. Il croit avoir se- | coué le joug de la scolastiquc ; oui, pour la hberté d'examen ; mais, du reste, il rappelle sans cesse cette école, dont il avait reçu les leçons dans sa jeunesse. Que de divisions dans son ouvrage ! que de subdivisions ! Ses arguments, ses définitions , ses distinctions sont innombrables. L'esprit s'embarrasse dans ce dédale de compartiments inutiles; il se fatigue à suivre ces mille petites avenues par où le promène l'auteur, au lieu de lui marquer mie voie large et directe pour le conduire au but. Quoi qu'il en soit, à en juger par le Traité de la Sagesse, Charron semble au fond n'avoir eu d'autre religion que celle de la conscience et de la nature; et on trouve chez lui des propositions qui font voir que si cet ecclésiastique se conformait, dans la conduite de sa vie, aux croyances humaines, il portait dans la vie spéculative une grande indépendance d'esprit. 11 dit quelque part : « La religion n'est tenue que par moyens humains, et est toute bâtie de pièces maladives. » Il dit encore : <( Bien que l'humortaUté de l'âme soit la chose la plus universellement reçue, elle est la plus faiblement prouvée, ce qui porte les esi)rits à douter de beaucoup de choses. » Avant que Rousseau n'eût présenté la vie sauvage comme la condition légitime et regi-ettable de l'humanité, Charron s'étaît plaint de ce que les hommes n'allaient pas nus et qu'ils s'embarrassaient de la pudeur. On voit que ce naturalisme, préconisé plus tard par d'Holbach et Rousseau, se {rouve en gerine ainsi que bien d'autres idées

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