CHAUVIN — CHAUX
de Toulouse. Il se réftigia également en Hollande, après la révocation de l'édit de Nantes, et il fut pasteur de l'église française de Norwich. On a de lui ; de Beligione natwali liber in très partes divisus , ubi falsa repellantur, vera probantur et orthodoxarum ecclesiarum Jratres ad concordiam vocantur ; 'Roiterdam, 1G93, in-S". Cet ouvrage, destiné à établir que la religion révélée a son fondement dans la religion naturelle, et à inviter à la tolérance les aigres théologiens de cette époque , souleva une vive opposition et fit accuser son auteur de naturalisme. Il se défendit dans un écrit intitulé : Éclaircissements sur un livre de la religion naturelle; Rotterdam, 1693, in-8". Parmi ceux qui l'attaquèrent, soit avant soit après la publication de ce dernier ouvrage, il faut citer de 'Vrigny, Winkler, J.-F. Buddens et Schoer.
Un autre Pierre Chauvin, médecin à Lyon, dans la seconde moitié du dix-septième siècle, n'est connu que par une Lettre à madame de Senozan , sur les onoyens dont on s'est servi pour découvrir les complices d'un assassinat commis à Lyon le 5 juillet 1692 ; Lyon, 1693, in-12, lettre i'eproduite et réfutée par le P. Pierre Lebrun, dans son Histoire critique des pratiques superstitieuses; Paris , 1750, t. m, p. 1-49 et 191-288.
Michel Nicolas.
Acta eruditornm, 1693, p. 499-SOB, 1694, p. 412-423, et 4^3-429. — Walch, Uibiioth. theolog. selecta, t. I, p. 7S8, 759, 788. — MM. Haas, ^ France protestante.
*CHAUviXEAU ou CHAViNEAU {André), théologien français, de l'ordre des Franciscains, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. On a de lui : le Tableau de la mort peint sur l'heureuse fin du P. Ange de Joyeuse; Tours, 1608, in-8°; — la Mort d'un prince chrétien, tirée sur les deimières actions et paroles de Louis de Lorraine, cardinal de Guise ; Vav'is, 1623, ia-12; — Lettre d'un soiitaire au roi, princes et seigneurs , faisant la guerre aux rebelles ; Poitiers, 1628, in-8".
Lclong, moi. hist. de la France, éd. Fonlette.
■ * CHAUX {Pierre), homme politique français , né à Nantes , le T'' juillet 1755 , mort le 26 novembre 1817, à La Roche, commune de Doulon (Loire-Inférieure). Fils d'un négociant, il se fit d'abord connaître désavantageusement par deux banqueroutes en 1784 et 1789, ce qui ne l'empêcha pas d'être élu, en 1792, capitaine de la compagnie de la garde nationale de Nantes dite de Cincinnatus. L'année suivante il se battit bravement dans les rangs du bataillon de Meuris, à la défense héroïque de Nort. Nommé, au mois d'avril 1793 , membre de la première commission de surveillance instituée à Nantes par Fouché et Villars, il fit ensuite partie du comité révolutionnaire qui succéda à cette commission. L'un des exécuteurs des ordres sanguinaires de Carrier, à qui il n'opposa aucune résistance , il concourut avec lui à l'enrôlement des brigands organisés sous le nom de Compagnie Marat,
et facilita les meurfjes , noyades et spoliations ou atrocités de tous genres qui ont marqué le passage du sinistre proconsul à Nantes. Traduit devant le tribunal criminel révolutionnaire de la Seine , au mois de vendémiaire an m , il rejeta la responsabilité de lous ces crimes sur Carrier et ses infâmes satellites, sous les poignards desquels le comité nantais avait dû, disait-il, délibérer et agir. Il fit triompher ce système de défense, qu'il produisit très-souvent et avec une grande véhémence pendant les débats. Le tribunal le déclara , il est vrai , convaincu d'être auteur ou complice d'avoir donné au concierge de la maison d'arrêt de Sainte-Claire l'ordre d'en extraire et de faire transporter à une galiote tous les prisonniers qu'il jugerait en état d'être transférés ; d'avoir imposé des taxes vexatoires, comprimé l'énergie des citoyens, ordonné et signé des arrestations arbitraires , et violé les droits de propriété j mais comme le tribunal déclara en même temps (]u'en se rendant coupable de tous ces faits, il n'avait ni abusé de ses fonctions ni agi avec des intentions criminelles et contre-révolutionnaires , il fut acquitté. L'histoire ne peut certainement se dispenser de protester contre ce scandaleux acquittement; toutefois, s'il lui est ùu possible d'absoudre ou même d'excuser Chaux , l'impartialité lui fait un devoir de ne pas le confondre en tous points avec ses collègues Goullin , Grandmaison , etc. Elle doit surtout mettre en regard des actes hideux énumérés plus haut d'autres actes de Chaux , qui le montrent sous des faces bien différentes, et donnent à penser que cet homme, dont le ressentiment était excité par les -affronts que lui avaient fait essuyer ses deux banqueroutes , s'est ainsi trouvé préparé à seconder Carrier ; tant il est vrai que le fanatisme politique, alors surtout qu'il est doublé de la peur et de la haine, détermine les actes les plus pervers. Chaux , en 1789 , avait fait un rempart de son corps à un noble poursuivi par la populace, qui allait le mettre en pièces; il avait élargi ou évité de faire arrêter certaines personnes; il avait acheté à bas prix , et cédé sans bénéfice, aux fenniers qui craignaient de ne pas les conserver, six métairies de la commune d"Orvault, vendues nationalement; il s'était chargé de deux orphelins vendéens, et avait nourri une femme et deux enfants pendant la détention du chef de cette famille; enfin, il semble, d'après une lettre de sa mère , qu'il était bon fils , bon mari et bon père. Il paraît qu'il sentit plus tard raiguillon du remords : c'est du moins ce qu'on peut inférer de sa réponse à un jeune homme qui essayait de le ramener sur son passé : « Jeune homme , puissiez-vous ne jamais vous trouver, jeune et ardent, dans ces terribles journées où nul n'est maître de soi!... Dieu vous garde de vous livrer à cette épreuve ! » X'n profond soupir avait seul été ajouté à ces