NOUV. BIOGR
jour
DNIVERS.
échappé du palais où son père était gardé par les cortès , vint le rejoindre, précédé d'une proclamation qui appelait les Portugais à la délivrance de leur -roi. Les personnages les plus importants s'empressèrent d'aller à Santarem offrir leurs services à l'infant don Miguel. Le succès prompt et inespéré dont cette entreprise fut suivie a fait supposer, non sans raison , que la reine, retenue aussi dans un de ses châteaux, sous la surveillance active des cortès, avait, à travers les embarras de sa captivité , organisé et dirigé ce mouvement décisif. En effet, quelques jours s'étaient à peine écoulés , que le général Sépulvéda, gouverneur de Lisbonne, avait rejoint l'infant, et que le roi lui-même, entraîné par les soldats et par la populace , avait été se réfugier à Villafranca, tandis que les membres des cortès cherchaient un asile, avec toutes leurs familles et tous leurs biens , à bord des flottes étrangères. De ce jour ( 2 juin 1823 ) la conti-erévolution fut consommée , et le 5 le roi rentra dans Lisbonne suivi de l'infant don Miguel, qu'il nomma généralissùne de l'armée portugaise. Tous les partisans du nouvel ordre de choses furent largement récompensés; la famille des Silveyra ne fut pas oubliée dans la distribution des honneurs, et le comte d'Amarante, réintégré dans tous ses titres et émoluments', fut en outre nommé marquis de Chaves, en mémoire du lieu où la contre-révolution avait été proclamée pour la première fois ; ce titre fut accompagné d'une dotation en terres , de la valeur de 6,000 cruzades de rentes pour trois vies. Le nouveau marquis de Chaves fit son entrée triomphale danp Lisbonne à la tête de sa petite armée de 3,000 hommes , et pour elle fiït frappée , par ordre du roi , une médaille portant cette légende : Fidélité héroïque des Tra^ montanos.
Depuis cette époque jusqu'à la fin du règne de Jean VI , le marquis de Chaves ne paraît pas avoir pris une part directe aux affaires politiques du pays , ni même à la nouvelle révolution qui causa l'exil de l'infant donMiguel et la disgrâce de la reine (9 mai 1824). La promulgation de la constitution libérale de don Pedro fut le signal d'une seconde insurrection, plus redoutable encore que la première. Tandis que les Anglais débarquaient à Lisbonne pour prêter leur appui au parti constitutionnel , le marquis de Chaves , à la tête de 8 à 10,000 insurgés seulement, mais secondé par la population presque tout entière des provinces de Tras-os-Montès et de Beira, relevait l'étendard de l'absolutisme (9 janvier 1827). Mais le comte de Villaflor, envoyé contre lui avec une force d'environ 7,000 hommes , l'atta- , qua près de Couche de Beira, et, après une lutte acharnée , le força de chercher retraite sur le territoire espagnol. Un mois ne s'était pas écoulé que le marquis de Chaves , avec une petite armée forte d'environ 4,000 hommes d'infanterie, 500 chevaux et 10 pièces d'artil-