‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 38 sur 200 · CH A VIGNY · texte numérisé non relu

CH A VIGNY

plus considérable encore , et fut obligé d'entrer comme prote dans l'imprimerie musicale Olivier et Godefroy, où il composa le Rudiment de musique, par demandes et par réponses ; Paris, in-4", sans date, quelques sonates et des romances. Il perdit de nouveau au jeu le produit de ces publications, et se noya de désespoir. Fétis, Biog. univ. des musiciens.

*CHAViGNAUD (Pierre- Léon), pédagogue français, né à Saintes (Charente-Inférieure), en 1791, mort en avril 1833. Il fut professeur de grammaire et de mathématiques aux collèges de Châteauroux, de Saintes, etc. Il publia : Principes gradués de lecture; 1820; — Histoire de France, envers lyriques, 1824; — Grammaire française , en vers, 1825; — Arithmétique, en vers , 1830; ~ Charte envers; 1831.

Rainguet, Biographie Saintongeaise. — Quérard, la France littéraire. — Documents inédits.

cHAYiGNY (Jean- Aimé de), asti-ologue français , né à Beaune, vers 1524, mort vers 1604. 11 cultiva l'astrologie judiciaire, vaine science dont il avait reçu des leçons du célèbre Nostradamus. Ses principaux ouvrages sont : les Larmes et soupirs sur le trépas très-regretté de M. Antoine Fionée Bisontin; Paris, 1582, in-8°; — La première face du Janus français , contenant les troubles de France depuis \bM jusqu'en 1589; — Fin de la maison Valésienne, extraite et colligée des centuries et commentaires de Michel Nostradamus ; en latin et en français; Lyon, 1594, in- 8° ; nouvelle édition, augmentée, sous ce titre : Commentaires sur les Centuries et pronostications de Michel Nostradamus; Paris, 1596, in-8''; — les Pléiades, divisées en sept livres, prinses des anciennes prophéties et conférées avec les oracles de Nostradamus; Lyon, 1603-1606, in-8°.

Papillon, Biblioth. des auteurs de Bourgogne. — Goujet, Bibl. poétique. — La Croix du Maine, Bibl. franc. — Lelong, Biblioth. hist. de la France, édit. Fontette. — Teissipr, Catalogus auctor. et bibl.

CHAViGNY OU CHAVïGNARD ( Théodore de), diplomate français, né à Beaune, mort à Paris, le 26 février 1771. Ce fut, au rapport de ses contemporains, un des grands et des plus habiles politiques du dix-huitième siècle, réputation méritée, qu'il avait aussi à l'étranger. Il fut successivement envoyé extraordinaire en Italie, en Espagne et en Angleterre , puis ministre plénipotentiaire à la diète de l'Empire à Ratisbonne, ministre auprès du roi d'Angleterre en 1731 , envoyé extraordinaire en Danemark, ambassadeur en Portugal, à Venise et en Suisse en 1751. Lors du renvoi d'Amelot, en 1744 , tout le détail des affaires étrangères retomba sur lui. Ce fut par ses soins que se négocia à Francfort le traité d'alliarice défensive entre l'empereur Charles Yll, le roi de Prusse, l'Électeur Palatin et larégence.de Hesse- Cassel, pour contraindre la reine de Hongrie à reconnaître l'empereur et à lui rerfdre ses États héréditaires. Le ministre Vergenne lut le neveu et l'élève de Chavigny.

Le Bas, Dict. encycl. de la Franee.

ICÔ

CHAVIGWY — CHAYER

IGO

CIIAVÎfiNY. VOIJ. ÎjOUTHILLIER.

CHATiv (Moïse), vabbin portugais, Yivait dans la seconde moitié du quinzième siècle. On a de lui divers ouvrages de grammaire , de philosophie et de théologie. U publia aussi le commentaire d'Aben Hezra sur le Pentateuque ;

De Rossl, Dizzionario degli autori ehrei.

CHAViv {Jacob-Ben), rabbin de Zamora, vivait dans la seconde moitié du quinzième siècle. Obligé de quitter l'Espagne , en 1492, il se retira à Salonique, en Macédoine. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Ham Israël (Fontaine d'Israël); ce livre, fort estimé des Hébreux, et souvent réimprimé avec des commentaires, parut pour la première fois à Constantiuople, en 1 51 1 .

Genebrard, Collectanea de rébus Christi reg., dans la Chronica minor, du même auteur; Paris, 1S72,

CHAViv (Hévi-Ben), rabbin, fils du précédent, mort vers 1550. Il se fit remarquer dans Jos écoles de Salet et de Jérusalem. On a de lui : Consultations légales, en hébreu|; Venise, 1 565, in-fol. Il acheva le Haïn Israël de son père. Rossi, Dizzion. degli aut. ebrei.

CHAWER, OU CHAOUER, OU SANAR, OU

S AOCAU(i), vizir égyptien, mort vers 11 69. D'une famille arabe très-ancienne, il fut nommé gouverneur du pays supérieur par Thélaï , surnommé Saieh, fils de Rozzyk, qui s'aperçut trop tard de l'excessive ambition de Chavrer, tout en rei'ommandaut à son fils de ménager cet homme ; mais Adel destitua Chawer, qui passa en Syrie, et implora le secours de l'atabek Noureddyn pour reconquérir le pouvoir dont il avait été dépouillé. ^;oa^eddyn profita de cette occasion pour s'immiscer dans les affaires d'Egypte. Il chargea un de ses émirs, Chyrkoueh, de reconduire en Egypte le vizir, afin de le rétabhr dans ?a dignité. Dargham, qui avait remplacé Chawer dans le vizirat, s'adressa aux Francs, et leur offrit le double du tribut qu'il leur payait auparavant ; mais il n'eut pas le temps de voir venir le secours qu'il attendait : battu par Chyrkoueh, il fut tué dans le faubourg du Caire, auprès de la mosquée de Sitteh Nefysseh, et Chawer fut rétabli dans toutes ses dignités. Mais, comme cela se rencontre si souvent dans l'histoire d'Orient, il voulut se débarrasser de ses protecteurs, dont il pénétra d'ailleurs les desseins. Chyrkoueh, campé près du Caire, répondit à la sommation qu'il reçut du vizir de retourner en Syrie , par l'envoi d'un corps de troupes qui s'empara de Belbéys et de toute la province de Chargyeh. Chawer s'a<lr«s.sa alors aux chrétiens, et leur proposa de s'unir à lui pour chasser de l'Egypte l'ennemi commun. A cet appel le roi de Jérusalem Amaury vint joindre son armée à celle de Chawer; après cette jonction, l'armée franco-égyptienne porta le siège devant Belbéys, où Chyrkoueh s'était retranché, et resta plus de deux mois devant cette place. Puis, apprenant que Moureddyn s'avançait

.1] C'est le nom qnc lui donne Guill. rJeTyr.

au secours de son lieutenant, qui l'ignorait encore, elle offrit à Chyrkoueh de lui laisser quitter l'Egypte, à la condition de rendre ses prisonniers : Chyrkoueh accepta. En Syrie, où il se rendit ensuite, il rencontra Noureddyn partout victorieux, et lui indiqua les moyens de conquérir l'Egypte. Il y rentra lui-même, au Imois de Raby-el-Aouel, 562 de l'hégire ( 1166 de l'ère chrétienne). Quand Chawer vit Chyrkoueh sur le point de s'emparer du Caire , il prit le parti d'y faire entrer les croisés, qui exigèrent de lui le renouvellement des traités et l'augmentation du tribut annuel promis à Amaury. Un à-compte de 200,000 dynars (3,000,000 fr. de notre monnaie) fut payé immédiatement, et le vizir promit un payement pareil sous un court délai. Après des rencontres où le succès s'était trouvé balancé, l'armée des croisés et des Égyptiens en vint aux mains avec les Syriens , dans une bataille qui dura un jour, et cette armée, quoique supérieure en nombre, fut entièrement défaite. Déjà maître de la haute Egypte, Chyrkoueh alla soumettre la basse, et se fit ouvrir les portes d'Alexandrie. Quant aux Francs, ils étaient retournés au Caire. Les hostihtés furent terminées par un traité, en vertu duquel les croisés devaient évacuer l'Egypte et Alexandrie rentrer au pouvoir de Chawer. Après s'être fait payer de nouveau 100,000 dynars ( 1,500,000 francs de notre monnaie ) pour sortir du Caire, et en se réservant d'y laisser une garnison, les Francs rentrèrent cependant en Egypte , sous la conduite d'Amaury, qui prit Belbéys et en massacra les habitants. Chawer implora de nouveau le secours de Noureddyn, qui lui envoya une seconde fois Chyrkoueh. Déjà Amaury campait aux portes du Caire; le vizir le fit consentir alors moyennant 1,100,000 dynars, à s'éloigner. Mais pendant que Chawer traitait ainsi avec les croisés, le khalife, fatigué de la domination de son vizir, offrit à Noureddyn, pour en être délivré, le tiers des revenus de l'Egypte et le remplacement de Chawei" par Chyrkoueh. Celui-ci vainquit les croisés, entra au Caire au milieu de l'allégresse des habitants, et présenta ses hommages au khalyfe El-Adiled, qui le ' revêtit d'un manteau d'honneur et lui fit de riches présents. Chawer, jaloux du succès de Chyrkoueh, songeait à attirer ce dernier dans un guet-apens ; mais il fut prévenu par les Syriens, qui le saisirent dans leur camp et le chargèrent déchaînes. Le khalyfe, instruit de cette arrestation, demanda la tête du vizir, et les Syriens la lui portèrent. Le palais de Chawer fut pillé par la populace, et sa dignité passa à Chyrkoueh, qui lui-même mourut bientôt après.

Guill. de; Tyr. — L'Egypte moderne, dans l'Un, pitt.

CHAYER ( Christophe), littérateur français, né à Villeneuve-le-Roi , le 26 janvier 1723. Il fut curé dans le diocèse de Sens. On a de lui : le Commentateur amusant, ou anecdotes très-curieuses , commentées par Vécrivain le plus célèbre de notre sàècle; 1759, in-12; —

CHAYER -^ CHAZAN

les Vues et entreprises des citoyens charitables ; 1759, in-12; — l'Amour décent et délicat; 1760, m-12; — le Chansonnier agréable ; 1760, in-12; — les doux et paisibles Délassements de Vamour; 1760, in-12; — Journal de la Charité ; 1760 ; — le Théâtre du monde; 1760, in-12; — Paraphrase en vers du Stabat mater, in-12.

Quérard, la France littéraire.

CHAZiiL {Jean-Pierre), conventionnel français, né au Pont-Saint-Esprit, le 1^"^ mars 1766, mort le 23 avril 1840. Avocat à Toulouse au commencement de la révolution, puis représentant du département du Gard à la Convention, il vota dans cette assemblée la mort du roi, mais avec sursis. Il fit ensuite cause commune avec les Girondins, vota le décret d'accusation contre Marat, et signa avec Rahaud-Pomier une adresse des habitants du Gard contre la révolution des 31 mai, 1^' et 2 juin 1793. Quoique poursuivi par Barère, son ennemi personnel, il réussit à échapper à la proscription. Après la chute de Robespierre , il poursuivit à son tour les' jacobins de son département, qui l'avaient porté à la Convention, et devint membre du comité de salut pubhc. Entré au Conseil des Cinq- Cents, il s'associa à la politique de Sieyès, et contribua au coup d'État du 18 fructidor an v. Dans la journée du 19 brumaire, il remplaça le président Lucien Bonaparte au fauteuil. Nommé ensuite membre de la commission intermédiaire, il prit part à la rédaction de la constitution consulaire, et passa ensuite au Tribunat. Il s'y fit remarquer par une certaine opposition, proposa de faire succéder l'État à la place des collatéraux du troisième degré, combattit en 1801 la réduction des justices de paix, et attaqua le projet de création de tribunaux spéciaux. Au mois de décembre de la même année, il vota contre le Code civil; et en 1802 U fit partie du Tribunat, et en fut éliminé à raison de son opposition systématique. Cependant en 1802 il fut api)elé à la préfecture des Hautes-Pyrénées. Destitué à la chute de Napoléon, en 1814, il fut nommé préfet du Finistère au retour de l'empereur, et destitué de nouveau à la seconde restauration. Atteint en même temps par la loi du 12 janvier 1816, il se retira en Belgique. Il revint en France en 1830, et mourut lors d'un voyage à Bruxelles. On ade lui : J.-P. Chazal à ses anciens collègues les membres du Tribunat ; Paris, 1802, in-8°.

Moniteur universel. — Biographie moderne ou galerie historique. — Petite biographie conv.

î CHAZAL ( Antoine ), peintre et dessinateur français, né à Paris, en 1793. Il est élève de Misbach pour la figure, de Bridault pour le paysage, et de Van Spaendonck pour les fleurs* On lui doit les belles planches du Traité des accouchements par Maygrier, de l'ouvrage Sur les veines par Breschet, de VOvologie humaine par Velpeau, deV Embryogénie comparée parCoste,

de VAnatomie pathologique par Cruveilher, les dessins historiques du Voyage de Duperrey, les '.dessins de la Monographie des crocus par Gay ( inédits ) , les dessins de la Flore des Canaries par Webb, quarante études de plantes médicinales ( aquarelles ) pour l'école de médecine de Lexington (États-Unis), les planches de la Flore pittoresque, etc., etc. Outre ces ouvrages , qui suffiraient pour valoir à leur auteur une réputation méritée , on doit encore à M. Chazal des tableaux d'idstoh-e, des tableaux de fleurs et de fruits, diverses gravures, et des peintures sur porcelaine et sur émaU. Nous citerons parmi ses tableaux d'histoire Saint Joseph et Notre-Dame de Bonne Mort, dans l'église de Saint- Amable de Riom : un Saint Nicolas et une Sainte Catherine, ^powc la chapelle d'un château près d'Abbeville, et parmi ses tatableaux de fleurs nous signalerons le Tombeau de Van Spaendonck , orné de fleurs , expose en 1831. Parmi les gravures de M. Chazal, on remarque le Portrait du cardinal de La Fare et plusieurs planches de fleurs. M. Chazal est un des peintres les plus distingués du Muséum d'histoire naturelle à Paris. Sa femme s'est fait connaître dans les lettres sous le nom de Flora Tristan. ( Voy. ce nom.)

Le Bas, Dictionnaire encyc. de la France. — Nagler, N'eues Allgemeines Kûnstler-Lexicon.

CHAZAL ( N., baron), général belge, né en 1808, dans le nord de la France. Il avait sept ans lorsque sa famifle , à la chute de Napoléon, alla s'établir en Belgique. Destiné à la carrière commerciale , il reçut une éducation conforme à la profession qu'il devait embrasser, et devin marchand de drap à BruxeUes. Entraîné et favorisé par les événements de 1830, il fut nommé successivement intendant général de l'armée, commaadant d'un régiment d'infanterie, général de brigade et général de division. Grâce à ses connaissances spéciales, grâce surtout à ses tendances libérales, il obtint, en 1847 , le portefeuille de la guerre, se montra supérieur à tous les dangers de la terrible crise de 1848 , et donna sa démission en 1850. Cette démission fut sans doute le résultat du mécontentement de la garde nationale , qu'avait indisposée la tolérance du ministre envers un Français , auteur d'une brochure injurieuse à ce corps. Chazal quitta même le service militaire, par suite d'une provocation qu'il avait adressée à un député; mais ce fut pour peu de temps ; car il est aujourd'hui commandant de la 4* division militaire, à Mons, et jouit de toute l'estime du roi Léopold.

Conversations-Lexicon.

* CHAZAN (...), auteur dramatique français de la première moitié du dix-septième siècle. Il n'est connu que par une pièce en cinq actes et en prose : la Supercherie d'amour, publiée à Paris, en 1627. C'est un imbroglio qîii ne manque pas d'une certaine verve; un Espagnol fanfaron y est livré à la risée du publie, genre

CBAZAN — CHAZELLES

de plaisanterie alors- fort en vogue. Telle est la rareté de cette comédie, que M. de Soleinne, qui pendant plus de quarante années n'avait épargné ni peines ni argent pour réunir une bibliothèque dramatique complète, avait été forcé de l'inscrire parmi ses desiderata.

Bibliothèque du Théâtre- Français, 1768, 1, SS8.

CHAZELLES {Jean-Matthieu de), astronome français , né à Lyon, le 24 juillet 1657 , mort le 16 janvier 1710. Dès l'âge de dix-huit ans il travailla, sous la direction de J.-D. Cassini, au prolongement de la méridienne et à la grande carte géograpliique , en forme de planisphère , de l'Observatoire. Nommé professeur d'hydrographie à Marseille, en 1685, il prouva, dans les campagnes de 1686, 1687 et 1688, qu'il était aussi habile dans la pratique que savant dans la théorie de son art, dressa une nouvelle carte des côtes de Provence, et donna pour la première fois, en 1690, le spectacle de quinze galères qui naviguèrent sm' l'Océan et allèrent jusqu'à Torbay en Angleterre. Après avoir recueilli un grand nombre d'observations sur les côtes du Ponant, il visita la Grèce , la ïui-quie et l'Egypte, mesura les pyramides dans le but de constater l'invariabilité des méridiennes, et crut reconnaître, suivant Fontenelle, « que les quatre côtés de la plus grande étaient exposés aux quatre régions du monde ; » mais des mesures récentes et plus exactes prouvent que l'alignement des cotés de cette pyramide décline vers l'ouest de 0" 19' 58". Chazelles avait été reçu à l'Académie des sciences en 1695. Les fonctions du professorat, les travaux académiques et le projet d'un ouvrage qui devait présenter une description générale des cotes de la Méditerranée, occupèrent les neuf dernières années de sa vie. On a de lui un grand nombre de Cartes , dans le Neptune français ; et quelques Mémoires, dans les Mémoires de l'Académie des sciences.

Fontenelle , Éloge de J.-M. Càszeiies, dans les jtfotnoires de l' .icarlémie. 1710. — Histoire des Lyonnais dignes de mémoire. — Lelong, Bibliothèque historique de la France, édit. Fontette.

CHAZELLES ( Lotirent (1) ) , magistrat et horticulteur français , naquit à Metz , le 28 juillet 1724 , et mourut dans la même ville, le 28 mai 1808. Son père, secrétaire de la chancellerie établie près le parlement de Metz, et receveur des finances, le destina à la magistrature. Il fallut passer par le barreau pour y arriver, et le jeune Chazelles fut d'abord avocat. En 1752 il fut pourvu d'une charge de conseiller au même parlement , et deux ans après il fut élevé au rang de président à mortier.

(i) Il ne portait qae ce seul prénom. C'est par erreur que MM. Teissier et Bégin lui ont donné ceux de Laurent-Marié. M. du Petit-Thouars, rédacteur de l'article Chazelles de Prisv de la Biographie universelle (tome Vlll, p. 316), a confondu sous ce nom deux personnages différents. Chazelles de Prlsy est entièrement étranger à la publication du Dictionnaire des jardiniers.

Partagé entre les devoirs de son état , l'étude des plantes et le soin de leur culture, il fit construire dans sa terre de Lorry-devant-le-Pont , près de Metz , un château et des serres magnifiques, qu'il peupla de végétaux les plus rares, et qui attirèrent pendant quarante ans , dit M. Teissier, « les étrangers qui visitèrent avec « un égal intérêt le domaine de Colombon , « planté par un autre Messin, le baron de « Tschudy ». Dom Pierron, dans son poëme intitulé : Templum Metensibus sacrum, 1779, in-8°, p. 185, célèbre les jardins de Lorry , en ces termes :

Ditius hprtis

Lorriacis quidquani vix magna Lutetia cernit.

On doit au président de Chazelles la traduction du Dictionnaire des jardiniers de Miller ; Paris, Guillot, 1789 et suivantes, 8 vol. in-4°, avec des notes. Lui-même se fit le continuateur du Prince des jardiniers (c'est le titre qu'en Angleterre on donnait à Miller ), en mettant au jour, en 1790 (Metz , 2 vol. in-4° ), un supplément au dictionnaire, qui comprenait surtout la description et le mode de cultme des plantes découvertes depuis la publication de l'ouvrage de Miller ou omises par lui. Il avait gravé les planches dont il l'accompagna, afin de donner la figure des espèces les plus rares qui avaient fleuri sous ses yeux. Un frontispice gravé, à la tête du neuvième volume , représentait la vue du château, des jardins et des serres de Lorrydevant-le-Pont. H poussa l'amour des plantes jusqu'à enluminer lui-même les planches de plusieurs exemplaires. Il avait profité des loisirs que lui avait laissés la suppression du parlement de Metz, de 1771 àl775, pour mettre la dernière main à sa traduction de Miller. Il célébra par une fête splendide, donnée dans son château , le rétablissement de cette compagnie. Il fît partie , dès sa création, de la Société royale des sciences et arts de Metz, établie en 1760, et en fut plusieurs fois le directeur. Pendant nos discordes civiles, il ne quitta pas sa retraite de Lorry, et dut sa tranquillité à l'estime générale qu'il inspirait, et à l'étude paisible de la nature, qui servit de sauve-garde à plus d'un personnage éminent. Après le 18 brumaire , il fut nommé membre du conseil général du département de la Moselle, dont il présida les cinq premières sessions. Il termina à l'âge de quatrevingt-quatre ans une carrière aussi honorablement remplie. J. Lamourebx.

Teissier, Essai philologique sur les commencements de la typographie à Metz. — Pégin, Biographie d^ la Moselle. — Michel, Histoire du parlement de Metz. — Documents particuliers. \

CHAZELLES DE PRISY ( ...), magistrat français, mort dans la nuit du 9 au 10 août 1792 (1). Doyen des présidents à mortier du parlement de Metz, il fut nommé en 1790 président de la

(1) 11 a 'longtemps été confondu avec Laurent de Chazelles , erreur que nous avons rectifiée à l'article de ce dernier. < J. L. )

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