CHÉTARDIE — CHEVALIER
la demande d'Elisabeth elle-même, La Chétardie à Saint-Pétersbourg. Tout le monde crut à la disgrâce de Bestoujef, qui néanmoins parvint à se maintenir. La mission de l'ambassadeur avait pour objet principal de faire servir l'influence de la Russie à la pacification de l'Europe , partagée alors entre les intérêts de Charles VII et ceux de Marie-Thérèse. Déjà le diplomate français avait persuadé à l'impératrice d'accéder au traité de Varsovie en qualité de médiatrice, lorsque Bestoujef résolut de traverser ces négociations. Il fit assassiner un courrier de l'ambassadeur, et interpréta ses dépêches dans un sens si défavorable qu'Elisabeth renvoya sur-le-champ La Chétardie. Celui-ci fut exUé à son retour en France , en punition de son échec diplomatique. Cette disgrâce ne fut pas de longue durée. Après avoir servi quelque temps à l'armée d'Italie en qualité de lieutenant général, il fut envoyé | comme ambassadeur auprès du roi de Sardaigne j en 1749. Pendant la guerre de sept ans, La Clié- \ tardie obtint un commandement important , et mourut à Hanau.
l.évesque, Hist. de Russie. — Chopin, Russie, dans l'Univers pitt.
cisETWOOD ( Guillaume- Euf US ), auteur dramatique anglais, né au commencement du i dix-huitième siècle , mort en 1766. Après avoir 1 été quelque temps libraire à Covent-Garden, il fut pendant vingt ans souffleur au théâtre de Drury-Lane. A force de voir jouer des pièces , il devint, sinon acteur lui-même, du moins un assez bon professeur de déclamation. Il composa aussi quelques pièces de théâtre, savoir : the Stock-Jobbers , or the humours of Exchange '. alley; 1720, in-S" ; — South-Sea; 1720, in-8°; i — Lover's opera\; 1729, in-8°; — Generousfreemason; 1731, in-8°. On a encore de Chetwood une médiocre histoire du théâtie, sous le titre de A gênerai History of the stage.
Biographia dramatica.
CHETWOOD {Knighily), théologien anglais,, né à Coventry, en 1652, mort en 1720. Nommé prébeudierde Wells, recl:'-ur de Broad Rissington, . dans le comté de Glocester, archidiacre d'York, il fut appelé par Jacques II au siège épiscopal de Bristol en 1688. La révolution, qui survint presque aussitôt , lui enleva cette dignité avant qu'il eût été consacré évêque. Sous la jeine Anne, il fut fait doyen de Glocester, et il occu-j pait encore cette place lucrative lorsqu'il mourut. On a de lui : la Vie de Wentioorth, comù de Roscommon ; — la Vie de Virgile et la préface placée en tête des Bucoliques dans la tra-> duction de Virgile par Dryden; — la Vie dét Lycurgue, traduite de Plutarque, dans la tra- '■ duction générale de cet auteur publiée à Cambridge en 1683 ; — un discours à la chambre des communes et un gi'aud nombre de petits poèmes.
Gorton, General biographical dictioruiry.
CHEVALET (Antoijie). Foy. CnivALET.
* CHEVALIER (Etienne), ambassadeur et trésorier de France, né vers 1410, mort le
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CHEVALIER
: 3 septembre 1474. Il était fils de Jean Chevalier, secrétaire du roi en 1423. Etienne commença par servir en qualité de secrétaire et maître de la chambre aux deniers, parmi les officiers du I connétable Artus de Richemont. Nous le trou- ; vons revêtu de ce double titre, dans un compte (1) (authentique de 1434. Attaché jeune encore au ■ service du roi lui-même , il fut ensuite et sucjcessivement maître des comptes clerc (2), le 15 août 1449 ; contrôleur de la recette générale des finances du roi et trésorier de France, le 20 mars |1452. Etienne sut se concilier la confiance de ce sprince, qui l'admit dans son intimité et lui con- .serva jusqu'à son dernier jour une faveur parti culière. En 1445, Etienne Chevalier fit partie de l'ambassade qui se rendit en Angleterre pour négocier la paix , sous l'autorité du comte de Vendôme, prince du sang (3) et d'autres grands personnages du royaume. En 1450, Agnès Sorel en mourant désigna Etienne Chevalier, avec Jacques Cœur et Robert Poitevin, sous la surintendance du roi, comme exécuteurs de ses lernières volontés. Les ordonnances des rois le France et beaucoup d'actes inédits du trésor les chartes, de 1442 à 1461, principalement elatifs aux finances, portent le visa, la signaure ou la mention d'Etienne Chevalier, soit omme notaire du roi, soit comme trésorier de "rance, soit enfin comme membre du grand ;onseil. Charles vn en mourant lui donna un éiiioignage suprême de sa distinction, en le iommant à son tour parmi ses exécuteurs tesamentaires. Après lamort de Charles Vil, il vint i Paris ; et le 4|août 1464 il se dirigea vers le châeau de Mehun-sur-Yèvre, où se trouvait encore la lépouille mortelle du roi, afinde lui donner la sélui tare. Mais le gouverneur de Montargis l'arrêta, lai' ordre de Louis XI. Cependant, Etienne Chevaier fut du petit nombre des hommes de bien (ui, après avoir loyalement servi le père, trouèrent grâce auprès'du fils. Le roi le fit bientôt elàcher , lui rendit ses places, ses pensions, et
(1) Compte part'unuier de Hobin Denisot, receveur es ventes des bois des forêts de Prouvent et de Maiecent, pour très-haut et très-puissant prince monseileur le eomte de Richemont, etc., commençant à la
\aint-Jehan Baptiste l'an mil Iin<^ XXX;.. et flnismt à semblable /este... mil IIW^ XXX f^.
A Estienne chevalier, secrétaire et maistre de la lambrel aux deniers de mondit seigneur, par assigna- ^on à lui faicte par lettres de mondit seigneur.... pour 'onvertir au paiement des gaiges des officiers de monit seigneur,... la somme de cinq cens vingt livres ournois... pour un an seulement , commençant à Pas- |ues l"an rail nil<= XXX iiij... et finissant à semblable ;ste. » (Ms. de la Bibliotlièque impériale, supplément fançais, n° 1144, fol. 39. )
(2) La distinction des conseillers clercs et conseillers aïques était dès lors purement d'ordre et nominale. ifes lettres de provisions portent : « Nonobstant qu'il jOit lay. » (Voy. Godefroy, Hist. de Charles Vil, Jage 882. )
(3) La relation inédite et très-curieuse de cette am- •assade nous a été conservée dans le manuscrit da 1 Bibliothèque impériale de Paris, n° 9037,7 ( Baluze ), euillets 45 à S7. Cette relation paraît être écrite ou aniotée de la main de Guillaume CoTJSiHOr ( voy. ce lom ) et d'Élienne Chevalier.
ne tarda pas à l'employer dans ses propres affaires. Ce fut lui qui, en 1463, réunit et porta, comme trésorier de France , au duc de Bourgogne, au nom du roi et par les mains du comte d'Eu, les quatre cent mille écus, montant du rachat des villes de la Somme. Louis XI, en 1465, se servit encore d'Etienne Chevalier, lors de la ligue àabien public^ et lui témoigna sa satisfaction, en soupant chez son trésorier, dans un hôtel élégant que celui-ci avait fait construire à Paris , rue de la Verrerie, entre les rues du Renard et Barre-du-Bec. Etienne Chevalier fut également chargé par Louis XI d'une ambassade auprès du pape Paul II, en 1470. Il mourut, enfin, dans toute sa prospérité, après avoir obtenu la survivance de ses riches emplois en faveur de Jacques Chevalier, son fils, qui perpétua son opulence eu même temps que sa postérité.
Etienne Chevalier était originaire de Meluu; il posséda et porta le titre des seigneuries d'Éprunes , du Vignau et du Plessis-le-Comte, situées dans le^Melunois. Il avait épousé Catherine, fille de Dreux-Budé, garde du trésor des chartes et secrétaire audiencier de la chancellerie royale. Catherine mourut jeune, et le précéda dans le tombeau, le 24 août 1452. Etienne Chevalier s'aciiuit de son vivant une renommée durable et dont les traces sont encore sensibles , par la manière libérale dont il employa sa fortune et par les monuments des arts dont il avait le goût (1). Il fut honoré comme le bienfaiteur de Notre-Dame de Melun, qu'il enrichit d'une statue d'argent doré représentant la Vierge-mère et de beaucoup d'autres joyaux ' ou meubles sacrés. C'est à lui, selon toute vraisemblance, qu'il faut rapporter l'érection des monuments de Loches et de Jumièges consacrés à la sépulture d'Agnès Sorel et le monument funéraire de Charles Vn à Saint-Denis. L'église de Notre-Dame de Melun a possédé jusqu'à la révolution française un riche dyptique, peint sur bois , qui représentait d'un côté une Notre-Dame (2), et de l'autre Etienne Chevalier, agenouillé devant saint Etienne, son patron.
Suivant une tradition, fort inexacte sans doute , cette image de la Viei'ge aurait été peinte sous les traits et à la ressemblance d'Agnes Sorel (3). Lui-même fut inhumé dans cette église, et fut représenté, ainsi que sa femme, sur une
(1) Ce goût des arts paraît s'être transmis héréditairement, avec les charges financières , parmi les descendants de cette famille. J'ai vu au Mans, en 1848, dans le cabinet de M. d'Espauiard , un très-beau plat émaîllé du seizième siècle et signé Courtois, aux armes des Chevalier, dont le principal emblème était une licorne assise.
(2) Chromolithographiée dans le Moyen âge et la renaissance de Séré ; tome V, d'après une copie du musée Van-Erthorn à Anvers; a" 106 du livret de ce musée.
(3) Voy. l'ouvrage intitulé Portraits des personnages français les plus illustres du seizième siècle, par J. Niel; Paris, Lenoir, 1848 et années suivantes, in-fol.; tome II, article GouFFma (Artus), Digression sur quelques effigies d'' Agnès Sorel.
CHEVALIER
lame de enivre jairae. Son portrait avait été également peint dans un livre d'Heures fort précieux, qui contenait eu outre l'effigie du roi Charles VII (1). Quarante feuillets détachés et ornés, de ce manuscrit historique, sont aujourd'hui en la possession de M. G. Brentano La Roche, à Francfort-sur-le-Mein (2).
Vallet de VnUVILLE.
Godefroy ( Denys), Histoire de Charles VU, roy de France, etc. ; ;Pari8, Imprimerie royale, 1661, in-fol. : figures.— Grésy (Eugène), Recherclies sur les sépultures récemment découvertes en l'église Noire-Dame de Melun, suivies d'une dissertation sur les prétendues amours d'ignés Sorel et d'Etienne Chevalier, Melunois; Melun, Michelin, 1845, in-S», figures. — M. de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, 182S, tome VIII, pages
263 et 335.
* CHEVALIER (iV.), musicien français, vivait à la fin du seizième et au commencement du di.\.-septième siècle. Musicien de la chambre de Henri IV, et l'un des vingt-quatre violons de la bande de Louis XIU, il fut un des plus habiles compositeurs de son époque , pour la musique instrumentale, et surtout pour la musique de ballet. De 1587 à 1617 il composa trente-trois ballets pour les fêtes qui furent données au Louvi-e, à Fontainebleau et à Tours, par Henri IV, Louis XIII , la reine Marguerite et Marie de Médicis.
Le Bas , Dictionnaire encyclopédique de la France. — Félis, Biographie universelle des musiciens.
CHEVALIER (}Antoine - Rodolphe) , philologue français, né à Montchamps, près de Vire, en 1507;, mort en 1572. Il apprit l'hébreu sous Vatable, se fit protestant , et fut appelé en 1559 à l'Académie de Genève pour y en- .seigner cette langue. Nommé bourgeois de Genève , il fut rappelé .à Caen par ses compatriotes en 1564; revint à Genève en 1565, et ôtftint en 1567 un congé définitif pour retourner à Caen. Des persécutions religieuses l'empêchèrent de séjourner longtemps dans cette ville. Il passa en Angleterre, où il enseigna, dit-on, le français à la reine Elisabeth. Il professa quelque temps l'hébreu à Cambridge, retourna encore à Caen, qu'il quitta de nouveau à la suite de la Saint-Barthélémy, et alla mourir à Guernesey. On a de lui : Rudimenta linguae hebraicœ; Genève, 1567, 1590, 1592, in-S"; — Notée in Thesaurum linguee sanctee, de Pagnin. Ces notes estimées se trouvent avec celles de Jean Mercier et Corneille Bertram dans les éditions du Trésor de Pagnin faîtes à Lyon en 1575, in-fol.; Genève, 1614, in-fol. ; — Epistola divi Pauli ad Galatas, syriace litteris hebraicis cum versione Idtina Antonii Cevallerii , à la suite de
(1) Voy. Godefroy ,'ilecweiî de Charles VII, page 880-1; B. de Montfaucon , Monuments de la Monarchie française, tome m, planches XLVII, figure S, et LIV, figure 10 ; Grésy , Recherches sur les sépultures, etc., planches lithographiées i, 3, 4 et 6,
C2) Voy. La Renaissance des arts à la cour de France, etc., par le comte Léon de Laborde, Paris i850, in-8», page 168 ; et HeHner, Trachten des Chriestlichen mittel allers ; Mannheira, 1848 et années suivantes, in-4°, tome II, planche s et page s.
la grammaire hébraïque; — Targum hiei'oso' lymitanum in Pentateuchum , latine, ex versione Ant. Cevallerii, dans la Bible polyglotte d'Angleterre, dans l'an 1657; — Targum^ pseudo-Jonathanis in Pentateuchum latine , nunc primum editum, ex versione Antonii Cevallerii, dans la même Bible polyglotte ; — Targum Jonathanis in Josue, Judices , libros Regum, Isaiae , Hieremiœ, Ezechielis et XII minorum Prophetarum , latine, ex versione Alphonsi de Zamora, a Bénédicte Aria Montano recognita, et ab Antonio Cevallerio emendata; ibid. Chevalier a fait encore en vers hébraïques l'épitaphe de Calvin, qui se trouve avec les Poésies de Bèze, imprimées à Genève, en 1597.
Nicéron, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres. — Senebier, Hist, littéraire de Genève.
CHEVALIER { François - FéHx) , littérateur français, né à Poligny , en 1705, mort en 1800. Maître des comptes à Dôle et membre de l'Académie de Besançon, il consacra une grande partie de sa vie à l'étude des antiquités de sa ville natale, et publia le résultat de ses recherches sous le titre suivant : Mémoires historiques sur la ville de Poligny ; Lons-le-Saulnier, 1767-1769, 2 vol. in-4°.
Quérard, la France littéraire.
CHEVALIER {Guillaume hY.), poëte français, né dans la seconde moitié du seizième siècle, mort vers 1620. Attaché à la cour d'Henri IV, il publia quelques ouvrages médiocres et qui n'ont aujourd'hui d'autre prix que leur rareté, savoir : le Décès, ou la fin du monde, divisé en trois visions; Paris, 1584, in-8°; — la Renommée sur la naissance de monseigneur le dauphin ; Paris, 1601, in-4°; — la France sur l'accident arrivé à Leurs Majestés le 9 juin 1606; — Philis, tragédie en trois actes; 1609; — la Vertu sur la tombeau d'Uranie ; 1610; — les Ombres de défunts sieurs Villeaux et de Fontaine, où il est amplement traité des duels, et des moyens de les arracher entièrement ; et de la vaillance, où il est exactement montré en quoi elle consiste;
La Croix du Maine et Duverdier, Biblioth., II, 75. — Goujet, Bibl. française. — Colletet, Fies (manuscrites) des poètes français, à la bibliothèque du Louvre.
CHEVALIER ( Guillaume) , poëte français , né au commencement du dix-septième siècle, à Saint-Pierre-le-Moùtier, en Nivernais, mort vers 1670. Docteur en médecine, il cultiva la poésie avec peu de succès. On a de lui : Œuvres au mélanges poétiqttes, où les plus curieuses ra-i retés et diversités de la nature divine et hu-S^t i maine sont traitées en stances, rondeaux, sonnets et épigrammes; 1647,!in-8'' : le livre ne tient pas tout ce que promet le titre. « Une anagramme, dit Goujet, un acrostiche, grand nombre de petits vers, enfermés dans des fleurs de lis, à qui le poëte donne le nom bizarre de stance pyramidale, le tout à la
CHEVALIER
louange du roi, forment une bonne partie de ce volume » ; — la Poésie sacrée , ou mélanges poétiques, en vers latins et français, élégies, etc., traitant des mystères de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des panégyriques et vies des saints, des grands-jours tenuS à Clermonf en Auvergne; Paris, 1669, in-12.
Gonjet, Bibliothèque française, t. XVI, p. 83.
*CHEVAi.iER {Ignace ), historien français, mort vers la fin du dix-septième siècle, après l'année 1668. Il était sous-prieur de la communauté d'Évron, dans le bas Maine, quand il fut chargé de former un cartulaire avec les titres conservés dans le chartier de l'abbaye. Ce cartulaire est aujourd'hui à la bibliothèque du presbytère d'Évi'on. Ignace Chevalier rédigea lui-même, d'après les pièces qu'il avait recueillies, une Histoire de l'abbaye de N.-D. d'Évron, qui est demeurée manuscrite. On peut la consulter à la Bibliothèque impériale; Résidu de Saint-Germain, paquet m, n° 8. B. H.
Gërault, Notice historique sur Êvron. — B. Hauréau, Hist. litt. du Maine, t. III.
. CHEVALIER {Jean), httérateur français, né à Poligny,en 1587, mort à La Flèche, Je 4 décembre 1644. Préfet du collège des jésuites de La Flèche, il composa les ouvrages suivants, qui lui assurent une place distinguée paririi les poètes latins du dix-septième siècle : Lyrica in Patres Societatis Jesu in oram Canadensem transmittendos; La Flèche, 1635, in-4° ; — Prolusiopoetica, seu libri carminum heroicorum, lyricorum, vai'torum^uepoematum;\l,a.'Flèche, 1658, m-S"; réimprimé sous le titre de Polyhymnia, seu variorum carminum libri septem; La Flèche, 1C4 7, in-S^.
Lelong , mblioth. hist. de la France, édlt. Fontette. CHEVALIER (Jean), écrivain français, né en SiaiO, dans le Perche, mort à l'île Saint-Christophe, en 1649. Il était de l'ordre des Jésuites, et publia : Réponse d'un ecclésiastique à la lettre i'wie dame religieuse de Fontevrault, sur un libelle imprimé sous ce titre : Factumpour les ''eligieux de Fontevrault, touchant les diffé- ■•ends dudit ordre ; Paris, 1641, in-4''; — Vie ie Robert d'Arbrissel, fondateur de l'ordre de Fonievrauld ; La Flèche, 1647, in-8° : c'est une raduction de l'ouvrage latin écrit par Bauldru, iTôque deDol, sous le titre de : Fontis-Ebraldi Exordium,compleetens opuscula duo,cumno- 'ationibus de vita Roberti de Arbrisello.
Lelong, Bibl. hist. de la Fr., édlt. Fontette.
* CHEVALIER ( /. ), auteuT comique et acteur rrançais,mort en 1674. On manque de détails sur sa biographie ; il fit partie de la troupe qui jouait îu théâtre du Marais, et ses écrits ne donnent pas jne excellente opinion de la régularité de ses nœurs. n a composé diverses pièces de théâtre :iui ont été imprimées de 1661 à 1668 ; plusieurs i'entre elles, la Disgrâce des domestiques, le Cartel de Guillof, les Galants ridicules, le Soldat poltron, sont en vers de quatre pieds ; \'I»trigue des carrosses à cinq sous est cu-
ROUV. BIOGR. UNIVERS. — T. X,
rieuse , parce qu'elle rappelle l'entreprise du marquis de Roanez , qui en 1662 obtint un privilège pour l'exploitation de voitures à cinq sous, partant à heures fixes et allant d'un quartier de Paris à l'autre. C'étaient les Omnibus, qui depuis ont réussi avec éclat; mais au dix-septième siècle ils disparurent bientôt, ne laissant d'autre trace que la pièce de Chevalier, jouée avec un succès passager ; — les Amours de Calotin, 1664, renferment' quelques détails sur Molière. Le théâtre de Chevalier est d'ailleurs rempli de quolibets indécents, d'équivoques inconvenantes , de trivialités qu'on tolérerait à peine sur des tréteaux du dernier ordre; il montre combien le goût du public parisien était peu délicat au commencement du règne de Louis XTV.
Bibliothèque dramatique de M. de Soleinne, 1. 1, p. 317 .
CHEVALIER {Jean-Damien), médecin français, né à Angers, vers 1700, mort en 1770. Reçu docteur à la Faculté de médecine de Paris en 1718, il se fit connaître par ses démêlés avec Silva, au sujet de la saignée, et fut envoyé à Saint-Domingue avec le titre de médecin du roi. On a de lui ; Réflexions critiques sur le Traité de l'usage des différentes saignées, principalement celle du pied, par Silva; Paris, 1730, in-12; — Ergo a diversa causa moventur cerebrum et dura meninx; Paris, 1736, in-4°; — An vini potus salubris? dissertatio ; ilkb, in-S" ou in-4"; — Lettre à M. Desjean , sur les maladies de Saint-Domingue ; Paris, 1752, iu-12 ; — Lettres sur les plantes de Saint-Domingue; Paris, 1752, in-8°; — Chirurgie complète; Paris, 1752, 2 vol. in-12.
Éloy, Dictionnaire historique de la médecine. — Quérard, la France littéraire.
* CHEVALIER (Jacques-Louis-Vincent), ingénieur-opticien français, né ài'Paris, en 1770, mort vers 1840. H améliora considérablement les instruments :de mathématiques , et surtout les instruments d'optique. Il est le premier qui ait exécuté le microscope achromatique dont Enler avait-donné la théoiie, et oui soit parvenu à achromatiser le -microscope solaire à focus variable.
Le Bas, Dtét, encyc. de'Ja France.
* CHEVALIER { Jean-Gabriel- Auguste), ingénieur-opticien français, né à Mantes-sur-Seine, en 1778, mort en février 1848. Il succéda à son père et à son oncle, opticiens, établis depuis soixante ans à la tour de l'Horloge, à Paris. On lui doit, dans la fabrication des lunettes, du baromètre et du chronomètre, quelques inventions et perfectionnements, pour lesquels il reçut des mentions honorables aux expositions de l'industrie. Il a publié : Instruction sur l'usage des cadrans solaires horizontaux et universels', Paris, 1805, in-8°; — Instrîiction sur la manière de se servir de la chambre obscure ;
— le Conservateur de la wwe; Paris, 1810; — Essai sur l'art de l'ingénieur en instruments dephysique en verre; 1819, ibid., in-8°.
Gdyot de Fère.
Gnyot de Fère, Statist, des lettres et des sciences.
CHEVALIER
CHEVALlEa (Nicolas), antiquaire français, né à Sedan, dans la seconde moitié du dix-septième siècle, mort vers 1720. Ministre protestant, il fut forcé, par la révocation de l'édit de Nantes , d'aller vivre en Hollande. Ou a de lui : Histoire de Guillaume III, roi d'Angleterre, par médailles, inscriptions et autres monuments; Amsterdam, 1692, in-fol.; — Description d'une antique pièce de bronze, avec une description de la chambre des raretés de Vauteur;\b\A., 1694, in-12; — Dissertation sur les médailles frappées sur la paix de Eyswick; ibid., 1700, in-8°; — Lettre écrite à un ami d'Amsterdam, sur la question si l'an 1700 est le commencement du dix-huitième siècle, avec un almanach perpétuel, frappé en médailles; ibid., 1700, in-12; — Description de la pièce d'ambre gris que la chambre d'Amsterdam a reçue des Indes orientales, pesant 182 livres, avec un petit traité de son origine et de sa vertu; ibid., 1700, in-4'' ; — Explication de deux calendriers perpétuels, composés suivant le Vieux et le Nouveau Testament; ibid., 1700, in-8° ; — le Jubilé universel de l'an 1700, publié par la bulle d'Innocent XII , du28 mars 1699, ou considérations sur cette bulle pour montrer l'abus des jubilés qui se célèbrent depuis quatre cents ans dans l'Église romaine; ïbid., 1701, in-4°; — Description de la chambie des roj'etés de la ville d'Utrecht; 1707, in-fol., réimprimé sous le titre de Recherches curieuses d'antiquités reçues d'Italie, de Grèce et d'Egypte, et trouvées à Nimègue, à Santen, à Wittenbourg, à Britton et à Tongres, contenant aussi un grand nombre d'animaux, de minéraux, de plantes des Indes, qu'on voit dans la chambre des raretés d'Utrecht; Utrecht, 1709, in-fol.;
— Relation des campagnes de l'an 1708 et 1709; Utrecht, 1709, in-fol.; 1711, in-4°; — Relation des fêtes données par le duc d'Ossone en 1713, pour la naissance du prince Ferdinand de Castille; Utrecht, 1714, in- 8°.
Quérard, la France liltéraire, CHEVALIER {Paul\), théologien hollandais, mort le 7 mars 1796. Professeur de théologie et d'histoire ecclésiastique à l'université de Groningue, il a publié Six discours ecclésiastiques sur quelques vérités fondamentales de la morale, 1770.
Fe\lev,Wiographie universelle, édlt. de M. Weiss.
CHEVALIER ( Thomas) , chirurgien anglais , né dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mort en 1824. Professeur d'anatomie et de chirurgie au collège royal de médecine à ; Londres, il publia les ouvrages suivants : — Introduction to a Course of lectxires on the opérations of surgery ; Londres, 1801, in-S";
— a Treatise on gunshot-wounds ; ibid.,
Rose, Biographical dictiouary.
* CHEVALIER (N.), ingémeuT-mécanicieû à
Paris, mort le 24 décembre 1800, fut employé, en 1794, par le comité de salut public, à la fabrication des poudres. 11 offrit alors à la Convention un fusil portant huit charges, et se trouva compromis, après le 9 theiinidor, dans l'insurrection du 12 germinal. Ayant inventé une fusée inextinguible, il en fit publiquement l'essai le 30 novembre 1797. Ses opinions repu blicaines le firent, sous le consulat, jeter en pri son, où il était encore lorsque éclata le complot de la machine infernale. Quoique le mimstre de la police, Fouché, ne pût guère se tromper sur les véritables auteurs de l'attentat, il feignit de croire que le coup partait des jacobins , et Chevalier fut traduit devant une commission militaire, condamné et mis à mort comme complice d'un crime qui n'était ni le sien ni celui de son parti.
Le Bas, Dict. encyclop. de la France.
* CHEVALIER (Michel), célèbre économiste français, est né à Limoges, le 13 janvier 1806. A dix-huit ans il fut admis à l'École polytechnique , et en sortit deux ans après, pour entrer à l'École des mines. Il était attaché, comme ingénieur, au département du Nord, lorsque éclata la révolution de 1830. Doué d'une imagination vive et d'un cœur généreux , il se laissa, comme tant d'autres, séduire par la célèbre formule du saint-simonisme : A chacun selon sa capa^ cité ; Ci chaque capacité suivant ses œuvres. Il fit adhésion à la doctrine en adressant le 11 et le 25 septembre 1830, au journal le Globe, son organe officiel, deux articles, dont le pre» roier était intitulé : la Marseillaise ; le second, Dieu est l'architecte des nations. Quelque temps après il accepta la direction de ce journal!, renonçant ainsi à une carrière administrative aussi sûre qu'honorable. Nul à cette époque, parmi les adeptes, n'avait en effet au même degré les aptitudes diverses que réclamait une semblable position : chaleur du style, verve infatigable, puissance de travail peu commune, connaissances positives et variées , M. Chevalier avait toutes les qualités nécessaires pour donner un grand éclat à la prédication écrite} qu'il allait entreprendre. On sait quelle fut lai destinée du saint-simonisme : l'autorité , après avoir longtemps assisté inactive à ces attaques continuelles contre la religion, l'État, la société et la famille , après avoir toléré au delà de ce que permettait la liberté, même au lendemain ; d'une révolution faite en son nom, les éti anges | représentations de la rue Monsigny, qui devaient donner un avant-goût des destinées de la femme libre, l'autorité s'émut enfin devant une tentative d'emprunt qui s'adressait surtout aux petites bourses, à l'épargne de l'ouvrier. Les scellés furent apposés sur la maison de larue Monsigny^ et des poursuites dirigées contre les membres du sacré collège. Ainsi renvoyés de l'établissemait qu'ils avaient fondé au centre de Paris, et privés de leur moyen de propagande le plus efficace, les
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saint-simoniens se retirèrent dans une maison isolée au sommet de la rue Ménilmontant. Ils y continuaient leurs prédications et travaillaient en même temps à la rédaction d'une sorte de testament de la doctrine sousle titre àa Livre nouveau, lorsque, à la suite de dénonciations plus ou moins fondées sur des scènes d'une moralité douteuse dont leur nouvel asOe aurait été le théâtre, la justice, provoquée en outre par les théories de plus en plus étranges du Globe sur la famille, se décida à une mesure de rigueur qui devait être le coup de grâce de la secte. La maison de Ménilmontant fut fermée à son tour, et le père suprême dut comparaître, avec ses cardinaux, devant la cour d'assises, sous la double accusation 1° d'avoir commis , dans un certain nombre de numéros du Globe, le déUt d'attaque à la morale pubhque ; 2° d'avoir sans autorisation préalable, et en violation de l'art. 291 du Code pénal, formé une réunion permanente de plus de viugt personnes. Déclarés coupables par le jury, ils furent condamnés à une détention plus ou moins longue, et M. Michel Chevaher notamment à un an de prison, .comme auteur ou éditeur responsable des articles .incriminés. Cette condamnation acheva ce que la vive réaction du bon sens public, un instant surpris par la nouveauté de la doctrine et le rôle des apôtres, avait vigoureusement conomencé. Les m.embres de la famille se séparèrent pour rentrer dans le monde, où ils ont eu des fortunes diverses, et le saint-simonisme passa du domaine des faits dans le domaine de l'histoire. Après l'expiation de sa peine, dont le gouvernement avait abrégé la durée de'moitié, M. Chevalier, convaincu de la nécessité de se rattacher à cette société dont il avait été le plus véhément adversaire , eut la bonne idée de se ressouvenirde son ancien état et d'aller frapper à la porte du ministère des travaux publics, où le rédacteur en chef du Globe n'avait pu faire oublier le jeune et brillant ingénieur du département du Nord. Toutefois , comme l'administration ne pouvait, sans violer certaines convenances, le réintégrer immédiatement dans le service actif, M. Tliiers , sur la proposition de M. Legrand , sous-secrétaire d'État, le chargea d'aller étudier aux États-Unis les voies de communicatioa et surtout la question des ctxemins de fer, qui se levait alors, avec un certain éclat, à l'horizon du monde jndustriel. M. Chevalier partit vers la fin de 1832, Des diverses villes qu'il parcourut ^ans son voyage, il adressa au Journal des Débats une série de Lettres sur V Amérique du Nord, qui attirèrent vivement l'attention. C'était la première fois que la constitution , les mœurs , la vie politique , la vie industrielle de ce peuple aux grandes et mystérieuses destinées étaient étudiés avec cette sûreté de coup d'œil, avec cette sagacité pénétrante. A son retour, après une absence de deux ans , pendant lesquels il avait visité l'Amérique septentrionale , le Mexique et La Havane , il réunit ces lettres, et en composa
deux volumes, avec une introduction, qui furent publiés en 1836. Cette publication valut à son auteur les suffrages spontanés des hommes les plus éminents. M. Gallatin lui lit dire que c'était le tableau, le plus graphique et le plus vrai de Vétat social de. l'Amérique. M. de Humboldt lui écrivit que son livre pouvait être considéré « comme un traité de la civilisation des peuples de l'Occident ».
Les Lettres sur l'Amérique du Nord devaient être suivies de Lettres sur l'Amérique espagnole, dont le Journal des Débats avait publié des fragments ; mais elles sont restées jusqu'à ce jour dans le portefeuille de l'écrivain, peutêtre pour n'en jamais sortir. Cette même année (1836 ), il reçut du gouvernement la mission d'aller étudier en Angleterre les effets de la crise commerciale qui s'était déclarée aux États- Unis. Trois jours après son arrivée à Londres, il fit , en revenant la nuit d'une séance du parlement avec M. de Bourqueney, alors chargé d'affaires de France, une chute de voiture très-grave, qui mit pendant quelque temps sa vie en danger. Ce ne fut qu'après quelques mois de séjour dans le midi, et aux eaux des Pyrénées, qu'il put se rétablir complètement. En 1838 M. Chevalier publia, sous le titre des Intérêts matériels en France, un second ouvi-age, dont le succès égala, s'il ne le dépassa, le succès des lettres sur PAmérique du Nord. Ce livre, que l'on peut considérer comme le programme des grandes améliorations dans l'ordre des intérêts matériels dont le ministère de M. Mole voulait doter le pays, estune étude à grands traits, vivement empreinte de la riche imagination de l'auteur, des avantages que devaient assurer à la France l'achèvement de ses voies de communication fluviales, terrestres ainsi que l'ouverture d'un vaste réseau de chemins de fer . Ces deux publications avaient fait à M. Chevalier une réputation qu'il n'a peut-être pas accruv" depuis; aussi personne ne fat-il surpris lorsqu'en 1840 le gouvernement l'appela à la fois au conseil d'État , au conseil supérieur de l'agriculture et du commerce et à la chaire d'économie politique, laissée vacante au Collège de France par M. Rossi, noimné memJjre du conseil royal de l'université. Quelques mois après, il fut, en outre, promu au grade d'ingénieur en chef des mines.
M. Chevalier sembla vouloir reconnaître en quelque sorte ces diverses faveurs et confirmer les titres qu'il s'y était faits , en publiant , peu , de temps après, son grand ouvrage sur V Histoire et la description des voies de communication aux États-Unis. Ce vaste travail, qui s'adresse à la fois à l'ingénieur et à l'homme d'État, est l'exposé méthodique des recherches les plus détaillées, les plus minutieuses sur les routes, les canaux, les chemins de fer de l'Union- Américaine, sur leur histoire, les conditions techniques de leur établissement, leur prix de revient, leur produit net et brut, les droits, taxes,
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péages attachés à leur exploitation, leur influence sur l'industrie et le commerce , sur le développement des relations sociales, enfin sur les progrès de la civilisation morale et matérielle dans ce pays privilégié. Conciliant les soins qu'avait exigés une publication aussi considérable avec les exigences de son enseignement au Collège de France et de son concours aux délibérations du conseil d'État, M. Chevalier trouvait encore le temps de préparer pour le Journal des Débats, à la rédaction duquel il était attaché depuis la fin de 1835, pour les matières industrielles et d'économie sociale, de nombreux articles, qui le firent classer de bonne heure parmi nos publicistes les plus féconds et les plus substantiels. Le domaine de la politique pure ne lui restait pas pour cela étranger ; il en donna la preuve par la publication] de sa Lettre à M. Mole sur ou plutôt contre les fortifications de Paris. A notre sens, M. ChevaUer n'aurait peut-être pas dû intervenir dans une question étrangère à ses études, et qui ne pouvait être débattue utilement que par les hommes spécialement chargés des intérêts de la défense nationale. Ajoutons que l'opinion a décidément prononcé contre lui, et qu'aujourd'hui Paris place de guerre est plus que jamais l'un des titres les plus considérables de M. Thiers à l'estime du pays.
Le cours de M. Chevalier au Collège de France réunissait une jeunesseuombreuse , avide d'entendre le successeur de l'homme éminent qui , en acceptant la chaire de J.-B. Say, n'étaitpas resté inférieur aux glorieuses traditions de ce maître de la science en France. Le premier volume de son Cours d'économie politique parut en 1842, sous le nom de M. Broët, son collaborateur au Journal des Débats. Le professeur y développe les thè.ses suivantes : « La liberté est liée à l'industrie ; — L'élévation de toutes les classes de la société est liée au développement de la puissance productive; — Réfutation des objections élevées contre l'accroissement de la production; — Les machines; leur rôle dans les travaux industriels ; — Idem, réponse aux objections ; ^- Idem, leurs inconvénients; — Il faut accroîtie la production; — de la balance du commerce ; — Situation monétaire de la France; — Des voies de communication : routes, canaux, chemins de fer. » Le deuxième volume, publié en 1844, estconsacré à l'examen des questions ci-après : « Comparaison des voies de communication entre elles ; — De l'intervention d u gouvernement dans les travaux publics ; — De l'application de l'armée aux travaux publics; de la production ou de la concurrence et de! l'association. )) Le troisième, imprimé en 1850, sous le sous-titre la Monnaie, est le traité le plus complet qui existe sur la matière. Les renseignements historiques surtout y abondent, et sont habilement choisis. Peut-être seulement regrettera-t-on dans quelques chapitres de ce livre, si plein de faits et d'idées, l'absence de
ces séduisantes qualités de style qui distinguent les autres publications de l'auteur.
En 1845 M. Chevalier fut élu député, avec l'appui du gouvernement,'dans un des coUéiges de l'Aveyron. Sa conduite à la chambre fut réservée et modeste. On ne le vit point rechercher l'occasion de prendre la parole , et lorsqu'il fut amené à parler, ce fut toujours dans des discussions où ses études spéciales lui permettaient d'intervenir utilement. Mais les électeurs de l'Aveyron (où sont établies, comme on sait, les grandes forges deDecazeville), inquiets des doctrines de libre échange que leur représentant commençait à soutenir à cette époque dans le Journal des Débats, et lui attribuant, à tort dit-on, un article fort remarqué , par lequel cette feuille demandait une forte réduction des droits sur les fers, ne renouvelèrent pas son mandat en 1846. A partir de ce moment M. Chevalier n'hésita plus à arborer le drapeau du libre échange, et il entra dans cette nouvelle voie avec l'ardeur impétueuse qui caractérise toutes ses convictions. Activement mêlé à l'agitation dont les doctrines de liberté commerciale furent l'objet en France en 1847, il partagea avec M. Bastiat et M. Ch. Coquelin la direction du mouvement.
La révolution de Février vint tout à coup imposer silence aux économistes, pour susciter des orateurs et des discussions d'une autre nature. Pendant que la société politique, ébranlée dans sa base, se voyait imposer une forme de gouvernement pour laquelle, de l'aveu même des vauiqueurs, elle n'était point encore mûre , la société industrielle entendait avec effroi un membre influent du gouvernement renouveler contre elle, du haut d'une tribune officielle, en face d'un auditoire d'ouvriers sans ouvrage et sans pain, les mêmes anathèmes que, dix-huit ans auparavant , le saint-simonisrne lui avait lancées. M. Chevalier ( et c'est l'acte le plus honorable de sa vie publique) ne craignit pas d'entrer en lice avec un adversaire qui disposait des sympathies d'une foule aigrie et de toute la puissance d'un gouvernement dictatorial. Dans une série d'articles de la Revue des Deux Mondes, intitulés Question des travailleurs, il attaqua les doctrines du Luxembourg [sur l'organisation du travail avec l'autorité irrésistible de la science , de la raison et des faits , ne laissant aucun doute dans les esprits sur leur impossibilité pratique et sur les immenses dangers qu'elles faisaient courir à l'organisation sociale. Il continua cette savante et courageuse défense des droits du capital et du travail dans ses belles Lettres sur l'organisation du travail, adressées au Journal des Débats et publiées plus tard sons i la forme d'un volume qui eut rapidement plusieurs éditions. M. ChevaHer paya,.comrac il devait s'y attendre, de sa chaire au Collège de France cette libre manifestation de sa pensée sur la question la plus menaçante pour l'ordre,
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pour les intérêts delà production, pour lacivi-
i lisation tout entière, qui ait surgi après Février.
L'Institut (Académie des sciences morales et po-
■ litiques) en l'appelant, en 1851 , dans son sein commença l'œuvre de réparation d'une rigueur
( imméritée et impolitique. Elle fut achevée par 1 le prince-président, qui réintégra le savant économiste dans sa chaire du Collège de France et l'appelaau conseil d'État en 1852. AussiM. Chevalier se fit-il im devoir, lorsque le prince visita, en 1852, le midi de la France, d'aller le féliciter i à la tête du conseil général de l'Hérault, dont il était président, et nous devons dire que la frani chise et l'élévation du langage qu'il tint dans ! cette circonstance lui auraient valu, s'il ne l'avait
■ possédée déjà, l'estime du chef de l'Etat. Auj jourd'hui M. Chevalier se partage lentre les travaux, du conseil d'État et de Hnstitut , son en-
i seignement au Collège de France et sa tolla- I boration au Journal des Débats , à la Revue des Deux Mondes et au Journal des économistes. Parmi ses titres scientifiques les plus récents, nous citerons son Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteur , où il défend le principe du libre échange, principalement par des considérations tirées de la morale et de la liberté. Nous devons également mentionner sa savante polémique, dans les revues et à l'Institut , avec M. Léon Faucher, sur les conséquences probables de la baisse du prix de l'or par suite de l'affluence extraordinaire de ce métal précieux en Europe depuis
■ la découverte des mines californiennes et ausi traliennes. On sait que M. Chevalier soutenait j que cette baisse appelle un prompt remède dans I les États où l'or sert de monnaie ; et que M. Fau- I cher, au contraire, considérait cette baisse comme jun simple incident, dont l'effet doit diminuer pro- ! gressivement, sans apporter dans la circulation
un trouble sérieux.
Voici la liste exacte des publications de M. Chevalier : Lettres sur l'Amérique du Nord, avec une carte des États-Unis d'Amérique; Paris, Ch. Gosselin 2 vol. in-8°, 1836; 2" édition, 1837 ; 3^ édit., 1838 ; — des Intérêts matériels en France : travaux publics, routes, canaux, chemins de /er ; Paris, Ch. Gosselin, 4^ édition, 1839, in-18; — Histoire et description des voies de communication des États- Unis et des travaux qui en dépendent; Paris, Ch. Gosselin, 1840 , 2 vol. in-4°, avec un atlas in-folio et une table analytique et alphabétique des matières; publiée en 1851, chez Capelle ; — Coiirs d'économie politique fait au Collège de France; Paris, Capelle, 1842-1850, 3 vol. in-8°; — Lettre à M. Mole sur les fortifications de Paris; 1840, in-S"; — Essais de politique industrielle, souvenir de voyage : France, république d'Andorre, Belgique, Allemagne; Paris, Ch. Gosselin, 1848, in-8°; — V Isthme de Panama, suivi d'un aperçu sur l'isthme de Suez; ibid., 1844, in-S", avec une
carte; — de l'Industrie manufacturière en France; Paris, Capelle, br. in-18; — Lettres sur l'organisation du travail , ou études sur les principales causes de la misère et sur les moyens proposés pour y remédier ; Paris, Capelle, 1848, un fort vol, grand in-18; — Question des travailleurs : l'amélioration du sort des ouvriers, les salaires, l'organisation du travail; Paris, Guillaumin et comp., 1848, br. iu-16; — la Liberté aux États-Unis ; Paris, Capelle, 1849, in-S"; — Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteur; Paris, Guillaumin et comp., 1851, 1 vol. in-8°. A. Legoyt.
Documents particuliers.
CHEVALIER (Pierre). Voy. Thévenot ( Melchisédech).
CHEVALLIER. Voy. LeliÈVRE.
CUEVANES (Nicolas), écrivaùi français , né à Autun, dans la seconde moitié du seizième siècle, mort à Dijon, vers 1654. On a de lui : Mausolée dressé à la mémoire de M. César -Auguste de Bellegarde, baron de Termes; Lyon, 1621, in-4°; — AuÉôpafffia , sive de duplici unius episcopi in eadem diœcesi sede, disquisitio jwHdico-fiistorica, cité par delà Mare, dans son Conspectus histor. Burg. Le même de la Mare cite encore trois écrits composés par Ch^anes pour la défense des religieux de Cîteaux contre ceux qui voulaient introduire la réforme dans cette abbaye.
Papillon, Bibl. des auteurs de Bourgogne.
CHEVANES ({Jacques-Auguste) , jurisconsulte français, 'fils du précédent, né à Dijon, le 18 janvier 1624, mort le 29 novembre 1690. Reçu avocat en 1645, pourvu en 1648 d'une charge de secrétaire du roi en la- chancellerie près le parlement de Dijon , il se distingua au barreau , et s'occupa spécialement des affaires ecclésiastiques. Il voyagea en Italie , et se trouvait à Venise dans le temps du célèbre tremblement de terre arrivé à Raguse le jeudi saint de l'année 1667. On a de lui : Coutumes générales du pays et duché de Boïirgogne], avec les annotations de M. Bégat, président, et du sieur de Pringles, avocat audit parlement, revues, corrigées et augmentées de plusieurs arrêts, auxquels on a ajouté les notes de M. Charles du Moulin; 16i»5, in-4''; — des vers grecs et latins en tête des Dialogues de Charles Fevret de Claris Fori^Burgundici oratoribus: — une lettre latine, ibid.; d,'autres vers latins en tête du Traité de l'abus du même Fevret, I65i; — Relation (inédite) du tremblement de terre arrivé à Raguse en 1667. Le conseiller de la Mare, dans son Conspectus histor. Burg., attribue h Chevanes les ouvrages suivants. : Pietas, seu de vita et scriptis Nicolai Chevanei , /. C. divionensis, parentis sui, liber; — de Vita et scriptis Caroli Fevreti, J C. divionensis, commentarius; — de Joannis Menesterii , i7isignis nostra aetate apud nos antiquarii, vita.
CHEVANES
moribus et scriptis, eplstola ; — Joannis Lacurnse, rerum capitalium in Arneto Ducensi prcpfectura quxsitoris, vitx breviarium ; — Histoire de la Sainte 'Chapelle du roi à Dijon, de sa liberté, de ses prérogatives , justifiée par les titres tirés des archives de l'église , du trésor des Chartres de France , et de la chambre des comptes de Dijon.
Bouhier, Histoire des commentateurs de la' Coutume du duché de Bourgogne. —Papillon, Bibliothèque des auteurs de Bourgogne. '^
CBEVANES {Jacques), religieux français, frère du précédent, né à Autun, vers 1 608, mort en 1678. Il entra dans l'ordre des Capucins, et s'adonna aux travaux de la chaire. On a de lui : Les entretiens curieux d'Hermodore et d'un voyageur inconnu, divisés en deux parties , par le sieur de Saint-Agran ; Lyon, 1634 , in-4° : l'auteur n'était encore que novice lorsqu'il composa cet ouvrage, pour la défense de l'état religieux contre Camus, évêque de Belley, qui y répondit, en 1635, par les Éclaircissements de Mélitonsur les Entretiens; — Conduite des illustres , ou les maximes pour aspirer à la gloire d'une vie héroïque et chrétienne; Paris, 1657, 2 vol. in-4'' ; — les Justes espérances du salut, opposées au désespoir du siècle; Lyon, 1657, 2 vol. in-4°; — Harangue funèbre de Louis- Gaston- Charles deFoix'de la Valette, duc de Candale ; Dijon, 1658, in-4'' ;
— Oraison funèbre de Jean-Baptiste-Gaston de France, fils d'Henri le Grand; Lyon, 1660, in-4°; — L'amour eucharistique victorieux des impossibilités de la nature et de la moraie , contenant plusieurs discours pour l'octave du Saint-Sacrement ; Lyon, 1666, in-4<';
— l'Incrédulité savante et la crédulité ignorante , au, sujet des magiciens et des sorciers, avec la réponse à un livre intittilé : Apologie pour les grands personnages qui ont été faussement soupçonnés de magie; Lyon, 1671; in-4°.
Vie de saint François d'Assise; Dijon , 1676, in-4° : — Wading, Scriptor. ord. 3Iin. — Papillon, Bibliothèque ries auteurs de Bourgogne.
CHEVARD (....i),cn'chéologue français, né à Chartres, vers 1748, mort dans la même ville, le 9 mai 1826, Après avoir été longtemps notaire, il quitta cette profession pour s'appliquer à l'étude des antiquités de sa ville natale. On a de lui : Histoire de Chartres et du pays char train; 1802, 2 vol. in-8".
Fellcr, Biogr. univ., édit. de M.-Weiss.
«HEVASSIEU w'ACDEKERT , médecin français , vivait à Versailles au commencement de notre siècle. Il concourut à la rédaction des Éphémérides médicales, et publia les ouvrages suivants : Exposé des températures , ou les influences de l'air sur la constitution et les maladies de l'homme et des animaux et ses effets dans la végétation; Paris, 1803, en trois tableaux in-fol. ; — Exposé des températures, dans lequel on traite par aphorismes des di-