CHÉZY
de Sussex, Auteur de plusieurs ouvrages qui attestent une vaste lecture, Cheynell n'est guère connu aujourd'hui que par sa conduite à l'égard de Chillingworth. En 1643, tandis que Laud était prisonnier à la tour, Cheynell publia un livre intitulé itheRise, growth and danger of socinianism (l'Origine, les progrès et le danger du socinianisrae ) , dans lequel il accusait de socinianisme plusieurs théologiens éminents de son temps, entre antres Laud, Haies d'Étoa, Chillingworth , et attaquait surtout le livre que ce dernier avait donné six ans auparavant, sous le titre de : the Religion of protestants, a safe way to salvation. En 1644, il raconta les derniers moments de Chillingworth dans un ouvrage intitulé : Chillingworthi novissima, or the sickness, heresy, death and burial of William Chillingworth. Chargé par le parti presbytérien de convertir ce célèbre théologien anglican, Cheynell s'acquitta de cette commission avec ime brutale et ridicule intolérance. Non content d'avoir hâté par d'intempestives exhortations la fia de Chillingworth, il refusa de l'enterrer, et résolut, en revanche, d'enterrer the Religion of protestants. Il se rendit aux funérailles ce livre à la main, et le jeta dans la fosse en prononçant quelques paroles d'anathème. Chassé de son rectorat à l'époque de la Restauration, Cheynell alla mourir, presque fou, dans un obscur village du comte de Sussex.
Rose, New biog. dict.
CHÈZE [René de La). Voyez. La. Chèze.
CHÉZY {Antoi7ie), ingénieur français, né à Chalons-sur-Marne, en 1718, mort en 1798. Admis à l'école des ponts et chaussées en 1757, il fut nommé sous-ingéniem- en 1761 et ingénieur en chef en 1763. Il dirigea les travaux de nivellement pour le canal de Bourgogne , d'après ses plana, et contribua, avec Pêronnet, à la consti-uction, si remarquable, des ponts de Neuilly, de Mantes et de Tréport. Chézy écrivit plusieurs mémoires, dont, par un excès de modestie, il refusa l'impression; un seul, sur les minéraux, a paru dans le t. V du Recueil des savants étrangers de l'Académie des sciences. Prony a publié de lui la Méthode pour la construction des équations indéterminées relatives aux sections coniques; 1798, in-4°.
GUYOT DE FÈRE
Chaudon et Delandine , Nouveau dict. /tist.
CHÉZY (Antoine-Léonard de), célèbre orientahste français, fils du précédent, né à Neuilly, en 1773, mort à Paris, en 1832. Son père le destinait à suivre la carrière d'ingénieur, et déjà même le jeune Chézy y avait fait quelques progrès, quand son goût l'entraîna vers l'étude des belles-lettres et particulièrement vers les langues orientales. En peu de temps il acquit, sous les auspices de MM. de Sacy et Langlès , une connaissance parfaite de l'arabe et du persan , à laquelle il joignit des notions étendues sur la littérature grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, et
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un sentiment exquis des délicatesses de la langue française, qu'il écrivait avec élégance. A cette heureuse réunion de connaissances il ajouta encore la botanique et la physique, réminiscences utiles de ses premières études, qui lui fournirent mille applications ingénieuses, dont la trace se retrouve dans tous ses ouvrages. En 1798 M. de Chézy, déjà attaché au ministère des relations étrangères, fut reçu dans la savante cohorte qui devait accompagner Napoléon en Égypto; mais, atteint à Toulon d'une fièvre maligne, il fut obligé de revenir à Paris , où sa santé se rétablit lentement, tandis qu'il apprenait sans jalousie , mais non sans regret, les brillants succès que ses jeimes amis obtenaient chaque jour en Egypte. Attaché en 1799 au cabinet des manuscrits orientaux de la Bibhothèque nationale , il déploya un zèle éclairé dans le classement des manuscrits arabes et persans dont les victoires de nos armées venaient d'enrichir la France ; et l'arrivée de M. A. Hamilton, membre de l'Académie de Calcutta , qui obtint en 1803 la permission d'examiner les manuscrits indiens, éveilla dans l'âme de Chézy la première idée d'étudier le sanscrit. Cette idée , une fois conçue, fut suivie avec une ardeur infatigable, et ni l'exiguïté des moyens ( il n'avait en mains ni dictionnaire ni grammaire ) , ni les obstacles suscités par la guerre, qui fermait l'Inde à tout vaisseau français, ni l'affaibhssement graduel de sa santé, altérée par une vie trop sédentaire, ne pm'ent l'arrêter dans sa nouvelle étude.
Redoublant de courage à chaque difficulté, et s'élevant constamment d'un résultat à l'autre , il devina l'indien avec moins de ressources encore que M. A. Rémusat, son illustre émule, n'en avait eu pour deviner le chinois. Enfin, leurs nobles efforts reçurent leur récompense , et une ordonnance du roi Louis XVIII créa, en janvier 1815, deux chaires au collège de France destinées à l'enseignement du sanscrit et du chinois. Nommés chevahers de la Légion d'honneur, élus membres de l'Institut , MM. de Chézy et Rémusat paraissaient devoir vivre heureux et unis, entourés de l'amitié de leurs collègues et des respects de leurs élèves , quand la mort de M. Langlès , conservateur des manuscrits de la Bibliothèque royale, nécessita entre eux un choix dont les suites furent funestes à M. de Chézy. Ses droits , qui étaient les plus anciens , ayant été méconnus , il en conçut un chagrin profond, qu'augmentaient encercles legrets d'une imion dont les commencements seuls avaient été heureux. Déjà à cette époque M""= Helmina de Chézy {voy. l'art, suivant), connue en Allemagne par ses ouvrages littéraires, ne se trouvait plus avec son mari, qui, resté seul, attristé, languissant, ne sentit cependant pas s'éteindre dans son cœur le feu sacré dont il hcûlait pour la science. S'éloignant dejla Bibliothèque royale , mais continuant avec zèle ses cours de sanscrit et de persan , il composa de-
puis 1824 jusqu'en 1832, époque de sa mort, la plupart des ouvrages qui , en charmant ses loisirs , ont contribué à illustrer son nom et à le placer au premier rang parmi les orientalistes de notre siècle. On a de lui ; Extrait du livre des Merveilles de la nature, par Mohammed; Paris, 1805, in-8° ; — Medjouin et Léila, traduit du persan de Djani; Paris, 1807, 2 vol. in-8° ; — Yadja^nodutta BadJta , ou la mort d'Yadjafiadatta, épisode traduit du Ramayana, poëme sanscrit de Valmiki; Paris, 1814, in-8°; nouvelle édition, avec le texte gravé, une analyse grammaticale, très-détaillée, suivie d'une traduction latine littérale ï»ar J.-L. Bufnouf; Paris, Didot, 1827, in-i"; — Discours prononcé au Collège royal detFrance, à l'ouverture du cours de langue et de littérature sanscrites; Paris, 1815, in-S"; — Théorie du sloka,oumètre héroïque sanscrit ; Paris, 1827, in-8®; — la Reconnaissance de Sacountala, drame sanscrit et pracritde Calidasa, publié pour la première fois, en original, sur un manuscrit unique de la Bibliothèque du roi, accompagné d'une traduction française; Paris, 1830, in-4°. M. de Chézy a laissé en manuscrit une Chrestomathie persane, une Chrestomathie sanscrite, une Grammaire sanscrite, im Vocabulaire sanscrit, pracrit et finançais; une traduction de l'épisode persan de Rusthem et Sôhras, et celle de l'Ermitage de Candou, une analyse du Ramayana, et des Mémoires. En 1831 il avait publié, sous le pseudonyme d'Apudy, une traduction de V Anthologie erotique d'Amrou. Son chef d 'œuvre est sa traduction de Sakountala, imprimée aux frais de la Société asiatique de Paris. Les qualités distinctives de M. de Chézy sont , dans cet ouvrage comme dans tous les autres , une connaissance profonde de la langue indienne , qu'il possédait au point d'y composer lui-môme des vers pleins d'élégance et d'harmonie, une exactitude scrupuleuse dans la comparaison des textes , un tact exquis dans le choix des leçons, et surtout un instinct poétique qui lui faisait comprendre et souvent deviner, dans les auteurs qu'il entreprenait de traduire, les intentions les plus délicates, les images les plus suaves et les plus légèrement dessinées, ^et qui communiquait à s'en style un coloris toujours gracieux et pur.
M. de Chézy, homme de bien , savant consciencieux, ami bienveillant et fidèle, succomba en 1 832 à une attaque de choléra ; il a partagé latembe des Champollion, des Rémusat, des Cuvier, et comme eux il sera toujours nomme comme une des gloires scientifiques de la France. [ EiCHOFF, dans YEnc. des g. du m.]
Sylvestre de Sacy, Notice biographique sur M, do Chézy, dans les Mémoires de VAcadejnie des inscriptions et belles-lettres, nouvelle série, t. XII. — Journal des savants, 1832. — Quérard, la France littéraire. — Ch. Louandre et F. Bourquelot, les Littérateurs français contemporains.
CHÉZY — CHIABRER4
I JCHÉZY ( Wilkelmine-Christ'me de ), veuve ■ dn célèbre orientaliste «le ce nom , a pris, sou3 le nom de Helmina von Chezy, une place distinguée dans la littérature allemande contempo- ' raine. Née à Berlin , le 26 janvier 1783 , du bairon Charles-Frédéric de Klencke, officier au i service du Danemark, et de Caroline-Louise Karsch, elle ne tarda pas à suivre les traces Ide sa mère et de son aïeule, si connue en Alle- I magne sous \e nom de Karschin. Élevée cepenidant sous les yeux de sa mère, dans la retraite la plus profonde, elle resta étrangère aux usages 'du monde, et ne reçut qu'une instruction fort imparfaite; mais, douée d'une âme vive et im- Ipressionnable , qui n'avait pu se développer dans la solitude de la maison paternelle, la jeune fille Contracta une tendance mélancolique. Mariée à J'âge de seize ans au baron de Hastfer, elle fut bientôt légalement autorisée à s'en séparer. Le (ong et ruineux procès de son divorce l'ayant laissée seule et sans fortune, elle rejoignit à Paris, en 1802, la comtesse de Genlis, qui l'avait connue dans son enfance et qui lui offrait dans ses lettres « un asile et des soins maternels ». Ce fut alors que la jeune Helmina confia ses premiers essais à YEunomia, sous le titre de Emp- Undungen und Erfahrungen einer jimgen Beutschen in Paris (Impressions et souvenirs Tune jeune Allemande vivant à Paris). Comme })le ne se sentit pas heureuse auprès de sa proectrice,larédactiondes Mélanges français, puîliés par Cotta, lui procura une honorable indélendance. Elle fit en 1803 la connaissance de »I. (le Chezy, et contracta bientôt de nouveaux iens. Mais M"^ de Chézy n'y trouva pas encore le bonheur qu'elle cherchait; elle quitta on mari en 1811, et retourna en Allemagne avec .es deux fils. La campagne de 1813 lui fournit 'occasion de déployer un grand dévouement. Asùstée de plusieurs familles de Darmstadt, elle Hiisna pendant une grande partie de l'hiver plus le six cents Français et autres soldats blessés ;t attaqués du typhus. Son zèle philanthropique ui suscita un procès avec l'administration des In- , alides prussiens , parce qu'elle lui avait reprohé d'indignes procédés envers les braves qui s'éaient fait mutiler pour leur patrie ; mais elle fut H.inorablement acquittée par la commission, dont •e célèbre Hoffman avait dirigé l'instruction. Dejiiis lors elle vécut d'abord à Beriin et à Dresde, 3nis à Vienne et dans les environs. Chargée en tS26, par l'impératrice d'Autriche, de distiibuer les secours aux pauvres habitants des montajnes de la haute Auh'iche , elle consacra quatre innées à cette belle mission , dont elle a consigné es intéressants détails dans Norika, une de ses lernières publications , prohibée depuis peu par e gouvernement autrichien.
Les poésies lyriques et les romances de M"'" de Chézy ont obtenu dans tout le Nord un i rai succès. Son poème A'Euryanthe ( Vienne, 1823) fut immortalisé |»ar l'adinirahle niiisique
NOUV. BIOGR. ONIVERS. — T. X,
de Weber, et plusieurs de ses romances ont inspiré à Joseph Dessauer des airs gracieux. La vie et les arts sous Napoléon I" ( Weimar, 2 vol. in-8°, 1816 ) fut prohibé à Paris, on ne sait trop pourquoi. En 1808 elle commença à publier à Rudolstadt sa Thalle et Melpomène françaises. Plusieurs Poésies orientales et son Recueil de poésies lyriques et d'imitations dn persan, Heidelberg, 1812, 2 vol. in-8'', précédèrent ses Œuvres choisies ; Heidelberg, 1817, 2 vol. in-8'', qui contiennent, sous le titre d'Emma, un roman du temps de l'émigration et des invasions ennemies. Ses Novellen (Chemnitz, 1820-1821, 2 vol. in-8°), sa légende de Sainte Cécile et ses Trois roses blanches surtout, ont révélé en M""^ de Chézy un talent poétique très-remarquable. Sa Rosamunde, drame, avec chœurs et musique de François Schubart , a été représentée à Vienne et à Munich, en 1824, avec un véritable succès. Dans ses AuriJceln, Berlin, 1817, 1 vol. in-8", et dans les Stundenhlumen , Vienne, 1824, 4 vol. in-12, apparaissent une série de romans et de nouvelles , tous frappés au cachet de leur spirituel auteur. Les compositions lyriques et erotiques de M™^ de Chézy , semées dans tous ces keepsakes de l'Allemagne, témoignent d'ailleurs de la verve brillante et facile de sa plume. Ses deux derniers ouvrages sont Norika, manuel des voyageurs dans les Alpes de la haute Autriche; Munich, 1833, 1 vol. in-8°, et Herzenstoehne au} Pilgerivegen, Sulzbach, 1833, 2 vol. in-8°,qui, outre les poésies de l'album du voyage de M™^ de Chézy , contient une nouvelle édition des Trois roses blanches et de la Sainte Cécile. [{Encyc. des g. du m. ]
Conx'ersations-Lexicon.
^ CHÉZY {G^iillaume de), fils des précédents, littérateur et romancier allemand, né le 21 mars 1806. Ses premières années s'écoulèrent à Heidelberg , Darmstadt et Aschaffenbourg. De 1815 à 1823 il séjourna à Cologne, Berlin et Dresde, et de 1823 à 1829 il se fixa à Vienne. II étudia le droit à Munich, et en 1847 il alla habiter Fribourg en Brisgau. En 1850 il concourut à Vienne à la rédaction de la Gazette autrichienne ( Œstreichischen Reichszeitung ). Ses principaux ouvrages sont : Wanda Wielopolska, roman; Stuttgard, 1831 ; — Der Fahrende Schiller ( l'Étudiant en voyage); Zurich, 1835; — Der fromme Jude ( le Pieux israélite ) ; Stuttgard, 1845, 4 vol. ; — Bas Ritterthum in Bild und Wort (la Chevalerie dépeinte et racontée) ; Stuttgard, 1848; — Camoens, ti-agédie ; Baireuth, 1832; — Petrarca, drame ;ibid., 1832.
ConversaUons-Lexicon.'
CHiABRERA ( Gabriel ), célèbre poète italien, né à Savone , dans l'État de Gênes, le 8 juin 1552, mort dans la même ville, le 14 octobre 1637. Envoyé à l'âge de neuf ans à Rome, où il commença ses études , sous la direction d'un de ses oncles, il suivit les leçons de Muret, se
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lia avec Paul Manuce et Sperone Speroni , et fit quelque temps partie de la maison du cardinal Cornaro. Contraint par une querelle avec un gentilhomme romain de quitter Rome , il rentra dans sa patrie , et mit à profit les loisirs de sa retraite forcée en cultivant la poésie. Chiabrera raconte lui-même qu'insulté, il se vengea de sa propre main, fut proscrit pendant plusieurs mois , parvint ensuite à apaiser toute inimitié et jouit d'un long repos ( la sua mano fece sue vendette, e molti mesi ebbe a stare in bando: quietossi poi ogni nimistà , ed ei si godette lungo riposo). A l'âge de cinquante ans, il épousa LeliaPavese, et n'eut pas d'enfants de ce mariage. Ferdinand l", grand-duc de Toscane, le duc de Savoie Charles-Emmanuel, Vincent de Gonzague, duc de Mantoue, le pape Urbain VIII, comblèrent le poète d'honneurs , sans pouvoir le décider à quitter sa paisible retraite.
Chiabrera disait de lui-même : « Je suis l'exemple de mon compatriote Christophe Colomb ; je veux trouver un nouveau monde ou périr. « S'il ne réalisa pas cette ambitieuse prétention, il eut du moins l'honneur d'être le premier poète lyriq-UB de son temps. Admirateur enthousiaste des anciens, il imita Pindare et Anacréon mieux peut-être qu'aucun autre poète moderne. Moins heureux dans ses imitations d'Homère et de Virgile, il publia quelques poèmes épiques, aujourd'hui oubliés, tandis que ses poésies lyriques sont encore justement appréciées. On a de lui : Poésie liriche; Gênes, 1586, 1587, 1588, in-4°. Les meilleures éditions de ce recueil sont celles de Rome, 1718, 3 vol. in-S"; de Venise, 1731, 4 vol. in-8°; Livourne, 1781, 5 vol.in-12;
— la Gotiade, o délie' guerre de' Goti, canti 15, m ottova rima; Venise, 1582, in-12; Naples, 1604, in-4°; Venise, 1608, in-12; — la Firenze, canti XV, in verso sciolto; Florence, 1615, in-4° et in-8° ; — VAlmedeida, canti X, in ottavarima; Gènes, 1620, in-4" ; — IlRuggiei'o, canti XXIII, in verso sciolto; Gênes, 1653, in-12 ; — Poemetti; Florence, 1598, in-4° ; — des comédies pastorales {Favole boscareccie ) , savoir, Alcippo; Gênes, 1604, in-12 ; — Gelopea ; Venise, 1607; — Maganira; Florence, 1608, in-8°;
— Erminia, tragédie; Gênes, 1622, in-12. Tiraboschi, Storia délia letterat. italiana, viii. —
Ghllini, Teatro d'uomini letterat. — Larcher, Lives of literary und scientiflc men of Italy , t. Il, p. €3. — Zirardini, l'italia, p. 163.
CHIARAMONTI (Jean-Baptiste), littérateur italien, né à Brescia, le 2 mars 1731, mort dans la même ville, le- 22 octobre 1796. Élève du savant biographe Mazzuchelli, il se fit connaître dès sa jeunesse par une érudition variée. On a (le lui : Cicalata in Iode dei Fichi ; Venise , 1757, in-S° ; — Opérette e lettere delcanonico Paulo Gagliardi; Brescia, 1757;— I sette salmi penitentiali transportati alla volgar poesia; Trente, 1759, in-8°; — Disserta-iione sul paterno impero degli antichi Romani, imprimée dans le t. 5 de la Nuova Raccolta
— CHIARELLI 292
d'opuscoli scientifici etfdosofici ; Venise, 1769;
— Sopra il commercio, suite Accademie let' terarie Bresciane, et quelques autres dissertations dans les Dissertazioni istoriche, scienti' fiche ed erudite, recitate nelV adunanza del i Mazzuchelli; Brescia,1765 ; des notices biogr»- 1 phiques sur Luigi Marcello, Jean Pierre Bergau» tini , François Lana.
Adelung, suppl. à Jôclier, Mlgem- Celehrien-hexico^. i
CHiARAMONTi (^Scipion), astronome italien, né à Césène, dans la Romagne, le 22 juin 1566, mort le 6 octobre 1652. Il fit ses études à Pérouse et à Ferrare, et se rendit habile dans la philosophie et les mathématiques. Il enseigna même quelque temps la première de ces sciences à Pise. Il exerça aussi des fonctions publiques dans sa ville natale. A l'âge de quatre-vingts ans , ayant perdu sa femme Virginie de Abbatibus, il embras.sa l'état ecclésiastique, et se retira dans la congrégation de l'Oratoire. Il écrivit beaucoup sur l'astronomie, la philosophie et l'histoire. Ses principaux ouvrages sont : Anti-Tycho, inquo contra Ty^ chonem Brahe, et nonnullos alios, ratiunibus eorum ex[opticis et geometricis principiis solutis, demonstratur cometas esse sublimares, non cœlestes ; Venise, 1621,in-4°: cette attaque contre Tyclio-Brahe fut refutée par Kepler et Galilée; — Anti-Philolaiis, in quo Philolaiis redivivus de terres motu et salis uc fixarum quiète impugnatur, necnon positio eadem de re Copernici confutatur et Galilxi defensiones rejiciuntur ; Césène, 1643, in-4°;
— Cœsenee historia, libris XVI, ab initio civitatis ad hsec tempora, in qua totius tnterdiim Italise status describitur; Césène, 1641, in-4''; — Commentaria in Aristotelem de iride, de'corona, de parheliis et virgis; Césène, 1654, in-4°.
Nicéron, Mémoires. — G. Libri, Histoire des sciencu math, en Italie,
CHiARANTAKO {Paul), antiquaire italien, né à Piazza, en Sicile, en 1613, mort le 22 janvier 1701. Il entra dans l'ordre des Jésuites, devini professeur de philosophie et de théologie , et se fit remarquer par ses connaissances étendues dans les mathématiques elles langues orientales, On a de lui : Piazza, città de SiciUa, nova ci antiqua; Messine, 1654, in-4", réimprimé^e dans le 10® vol. du Thésaurus antiqiiitntum de Grsevius ; quelques écrits sont restés inédits.
Chaudon et Delandine, Nouv. dict. universel.
* CKiARELLi {Benoit), théologien italien, vivait dans la première moitié du dix-huitlèmei siècle. On a de lui : Rijlessi moraU, sopra tragici, avvenimenti ; Messine, 1688, in-8°; — Chemica filosofica, ovvero problemi natural sciolti imisu ?norali; iUô., 1696, in-4°; — Panegirici sacri ; MA., 1701, in-4''; — Mémorie sacre délia città di Messina;\hià., \lQh, ^-4° ; — la Bellezza délia divina giïistizia, Palerme, 1709, in-12; —VAmabiltàdi Bio; ibid., 1713, in-12.
Adelung, suppl. à Jocher, Mlgem, Gelehrten-Lexieon.
CHIARI — CHIARINI
CHIARI (François - Raimer), littérateur italien, natif de Pise, mort à Venise, en 1750. On a de lui : Pratica dcl calendario; Venise, 1710, in-8°; — Lettere scelte volgarizzate; ibid., 1731, in-12; — le Pistole jamigliari dt Cicérone tradotte; ibid., 1740, 2 vol. in-S"; — la Medicina statica di Santorio, cd comentarj di Marti Lister aggiuntevi gli aforismi d'Ippocrate; ibid., 1743, in-12; — Instituzioni di Giustiniano imperatore, tradotte; ibid., 1745, in-12 ; — délia Medicina di Aur. Corn. Celso lïbriotto tradotti;MA., 1747, 2 vol. in-8".
Paitoni. Bibl. degli volgarizz,
* CHIARI (Giuseppe), sculpteur italien, né à Crémone, vivait à la fin du dix-septième siècle. Les ouvrages de cet habile artiste sont presque tous restés dans sa patrie ; ainsi à l'oratoire de Saint -Giovanni JSuovo on conserve de lui ;deux statues de bois, et trois autres se voient dans la chapelle de Jésus à Saint-Dominique. Chiari travailla aussi le marbre, et on lui attribue le buste de l'évêque Alessandro Litta, placé dans la chapelle de la Madonna del Popolo, dans la cathédrale. E. B — n.
Ticozzi. Dizionario
* CHIARI (Giuseppe), peinti-e italien, né à Rome, en 1654, mort en 1727. Il fut élève de Carlo Maratta, dont il se montra toujours le fidèle irai-
I tateur. Après la mort de son maître et celle du I Berettoni, il teiinina les ouvrages qu'ils avaient ! laissés inachevés. Ce fut aussi à lui que furent ! confiés tous les travaux dont ces maîtres eussent i été chargés. Chiari a peint un grand nombre de j tableaux de chevalet répartis dans les galeries ^d'Italie et d'Angleterre. Parmi ses tableaux d'égHse [on cite une Adoration des Mages, à Santa-Maria del Suffragio; parmi ses fresques , celles du palais Barberini et de la galerie Colonna, ouvrages dans lesquels il s'est montré ' sage, exact et judicieux, qualités rares chez les peintres à fresque. E. B — n.
LaDzi, Storia pitiorica. — Ticozzi, Dizionario.
CHIARI (L'abbé Pierre), poëtc italien, né à Brescia , au commencement du dix-huitième siècle, mort dans la même ville, en 1788. Sa vie n'offre point d'incident remarquable ; elle fut toute littéraire, et rien n'en troubla la tranquillité, si ce n'est quelques rivalités avec Goldoni et Gozzi. Quoique revêtu du titre de poète du duc de Modènë, c'est à Venise que l'abbé Chiari avait fixé son séjour, et c'est là qu'il fit jouer en dix ou douze ans plus de soixante comédies. Si son talent avait égalé sa fécondité, sa place serait marquée parmi les premiers écrivains de son pays; mais tout en sachant répandre de l'intérêt dans ses pièces et trouver des plans assez neufs , il est trop dépourvu de verve et de mouvement pour mériter d'être placé si haut. Nous ne l'égalerons pas même à Goldoni, ce rival avec lequel il lutta plus d'une fois corps à corps. Comme lui, il avait adopté pour ses pièces
le vers de quatorze syllabes appelé wiar^e^Zien; comme lui , il fit paraître Molière sur la scène. L'un ayant donné la Sposa persiana, l'autre composa la Schiava chinese , puis le Sorelle chinese. L'abbé Chiari prétend , dans ses préfaces , qu'il ne compte pas moins de partisans que son rival, et que leurs pièces à tous deux ont im égal succès ; cependant il nous semble qu'on ne peut faire la comparaison de leurs œuvres sans que la foi en cette assertion ne soit un peu ébranlée. Les pièces de Goldoni se jouent encore ; celles de Chiari sont presque tombées dans l'oubh. Il s'essaya aussi dans le genre tragique; mais les quatre tragédies qu'il composa ne purent se soutenir auJthéâtre. Enfin, on a de lui quelqaes romans assez jolis , dont les plus connus sont : la Giuocatrice di lotto et la Cantatrice per disgrazia; sa Bella pellegrina est tirée de VÉcossaise de Voltaire; il a ISit sur le même sujet une pièce qui est la dernière de son recueil. Le théâtre de l'abbé Chiari a été publié à la fois à Venise et à Bologne, de 1759 à 1762, 14 vol. in-8°. Sa Cantatrice per disgrazia a été traduite en français par de Lagrange, sous le titre de : Adrienne, ou les aventures de la marquise de N.-N.; Paris, 1768, 2 vol. iu-12. On a en outre de Chiari : VVomo, lettere filosofiche; Venise, 1755, in-4°; — la Filosofia, per tutte lettere scientifiche, in versi; ibid., 1756, in-8". [Louise OzENNE, £nc. des g. du m., avec add. ]
Tipaldo Biografla degli Ital. illustri, VU. — Conversations-lxxicon. — Ersch et Gruber, 'Allgem. Encyclopddie.
CHIARINI (h'àbhé Louis), philologue italien, né dans le district de Montepulciano, en Toscane, le 26 avril 1789, mort à Varsovie, le 28 février 1832- Après avoir achevé à Pise son éducation, commencée au séminaire de Montepulciano , et débuté dans la camère littéraire par quelques poésies itahennes, il fut appelé en Pologne par son compatriote Ciampi , et dut à la protection du ministre de l'instruction pubhque Stanislas Potocki une chaire de langues et d'antiquités orientales à l'université de Varsovie. Profitant des précieux documents que lui fournissait l'érudition allemande, il dirigea principalement ses études du côté de l'archéologie hébraïque, et résolut de traduire le Talmud en français. L'annonce de cette traduction, qui devait paraître sous les auspices de l'empereur Nicolas, souleva de vives réclamations parmi les catholiques et les juifs. La Revue encyclopédique de Paris, qui avait d'abord applaudi à l'intention de Chiarini , la désapprouva ensuite, dans uu savant et sévère article de M. Arthur Beugnot. Forcé par la révolution polonaise de renoncer à son projet de, traduction, Chiarini mourut en prodiguant ses soins aux cholériques et aux blessés entassés dans les hôpitaux de Varsovie. On a de lui : Observations sur un article de la Revue encyclopédique , dans lequel on examine le projet de traduire le Talmud de Babylone;
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Paris, 1829, in-S"; — Théorie du judaïsme appliquée à la réforme des Israélites de tous les pays de l'Europe, et servant en même temps d'introduction à la'version du Talmud de Babylone; Paris, 2 vol; in-8°.
Capei, Notice sur Chiarini, dans V^énthologie de Florence. — Tipaido, Biog. degli Ital. illustri, VII. — Bévue encyclopédique, t. XXX, XXXVIII, XLIII.
;;;CHiAROMONTE (Jérôme), médecin empirique italien, vivait au dix-septième siècle. Il inventa une drogue connue sous le nom de poudre de Baida, qu'il donna comme un spécifique contre toutes sortes de maladies, et s'enrichit en la débitant dans les principales villes d'Italie. Pour faire valoir sa découverte, il écrivit les opuscules suivants : la Fenice délia medicina'; discorso fisico - naturale circa la polvere magistrale ;T\oTence, 1620, in-4°; — Dichiarazioni contro il sommario metodo di don Gio.-Antonio Bianchi et contro il discorso di Piet.-Francesco Giraldini sopra la sua ritrovata polvere, che fa stimata belzuar minérale; Gênes, 1627, in-4°; — Compendiodel suo elixir vitae, ridotto in polvere; Gênes, 1628, in-4°; — Osservazioni e brieve discorso del contagiose maie di Canna; Naples, 1637, in-4".
CiDelli, Bibl. volante, t. II.
cHiARUGi {Vincent), médecin italien, né dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mort vers 1822. Attaché à l'hôpital Saint-Boniface à Florence , il s'occupa spécialement des maladies mentales et cutanées. On a de lui : Trattato medico delta pazzia, in génère ed in specie , Hrattato medico-analitico, con una centuria di osservazioni; Florence, 1793-1794, 3 vol., in-8°; — Nuovo metodo di somministrare l'opio esternamente per frizioni ; Florence, 1798, in-8";— Saggio teoretico-pratico sulle malattie cutanée sordide, osservatenel R. Spedale di Saint-Bonifacio di Firenze; Florence, 1799, 2 vol. in-8°; — Saggio di ricerche sulla pellagra; Florence, 1814, in-8".
Callisen, Medicinisches Schriftsteller-Lexicon.
*CHiAVERiîîi (Louis), médecin italien, né à Palène, dans l'Abruzze citérieure, le 3 mai 1777, mort à Naples, le 26 mars 1834. Après avoir étudié la médecine à Naples, il vint à Paris compléter ses connaissances médicales , et passa trois ans dans cette ville. Rappelé dans sa patrie en 1815, il fut nommé professeur de nosologie générale, de thérapeutique, et de matière médicale à l'École royale vétérinaire. Son principal ouvrage est intitulé : Saggio d'istoria filosofica delV origine, de' progressa et dello stato attuale délia medicina; Naples, 1825, in-S".
Tipaido, Biogrnfla degli Italiani illustri, III.
*CHiAViSTELLi (Jacopo), peintre italien, né à Florence, en 1618, mort en 1698. Élève du Colonna, il fut l'inventeur d'un genre de décoration d'un goût plus sévère et plus pur que celui adopté par la peinture à fresque de son temps. On conserve de lui à Florence quelques beaux ouvra-