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et la duchesse de Bourgogne, qui la traitaient comme une belle-mère, et devant lesquels elle sut toujours conserver sa dignité, quoique son union ne fût pas avouée. Louis XIV, qui dans les dernières années de sa vie, et dominé par madame de Maintenon, se montrait fort sévère sur le chapitre des mœurs , manifesta d'abord du mécontentement ; mais il finit par offrir à son fils de recevoir mademoiselle de Choin, et même de lui donner un appartement à Versailles, ce qu'elle refusa. La simplicité de ses goûts la porta sans doute à ce refus ; car après la mort du dauphin elle vécut dans la retraite, contente d'une modique fortune, et sans paraître regrette!' jamais sa grandeur passée. Elle eut une heureuse influence sur le dauphin, homme faible et médiocre, ((u'elle domina constamment. Saint-Simon fait de ce prince un portrait qui ne paraît que trop ressemblant.
S-jiat-S]mon, Mém.tV, et passim. — Sismondi, H ist. de fr., XXVI, XXVIl. — Le Bas, Dict. encycl. de la France.
CHOiNE {Pierre-François) , poëte français, né à Alençon, le 19 février 1681, mort vers 1742. Il exerça la profession d'avocat dans sa ville natale. Ennemi déclaré des jésuites, il les attaqua dans des écrits en prose et en vers : On a de lui : Chanson d'un inconnu; etc. ; Turin, 1737 ;-réimprimée sous ce titre : Mœurs des jésuites, avec des remarques critiques et historiques ; ibid., 1 vol. in-12.
Feller, Biog. universelle.
*caoiSEL ( Claude ), apothicaire français, vivait vers le milieu du dix-huitième siècle. Il appartenait à l'ordre des Jésuites. Envoyé dans les Indes orientales, il y séjourna cinquante ans, et tint une officine à Pondichéry. On a de lui : Nouvelle méthode sûre pour le traitement des personnes attaquées de la rage; Paris, 1756, in-S", ti'aduit en anglais; Londres, 1757, in-8°.
Carrère, Bibliothèque de la médecine.
CHOISEUL, ancienne famille française, qui tire son nom delà terre de Choiseul, en Champagne. Au rapport de Jacques Viguier, elle descendait' d'un Hugues comte [de Bassigny et de Bouiognesur-mer, qui vivait vers 937, et selon Le Laboureur, dont l'opinion est plus vraisemblable, elle était issue des anciens comtes de Langi'es. Di-, visée en plusieurs branches, dont les plus célèbres furent les Choiseul-Beaupré, les Choiseul- Gouffier, les Choiseul-Praslin , et surtout les Choiseul-Stainville , les principaux personnages fournis par ces diverses branches sont :
CHOISEUL {Charles de), comte du Plessis- Praslin , maréchal de France (connu sous le nom ' de maréchal de Praslin), né vers 1563, mor^ h Troyes, le l*' février 1626. Après s'être signalé sous les drapeaux de Mayenne, il fut assez heureux pour écarter les fureurs de la Ligue des provinces de Bassigny, de Champagne et d'une partie de la Bourgogne. Il fut un des premiers à faire sa soumission à Henri IV, qui
le nomma capitaine de la première compagnie française des gardes, gouverneur de Troyes, où, dans les troubles suscités en 1611 au sujet des jésuites , il prit parti contre ces derniers , et rétablit le calme en expulsant de la ville le père Coton et les autres religieux de la société. Après la mort du roi, il continua de servir la régente, puis Louis XIII , qui le fit maréchal de France en 1619, et qui au siège de Boyan lui adressa ces paroles : « C'est à vous de m'instruire de ce que je dois faire ; c'est pour la première fois que je me trouve à pareille fête. « Il mourut ayant le titre de gouverneur de la Saintonge, de l'Angoumois et de l'Aunis. [Encycl. des g. du m.]
Bazin, Hist. du règne de Louis XIII. — Lantreccy, Oraison funèbre prononcée aux obsèques de Ch. de Choiseul, — Hénault, Abrégé chronologique de l'hist. de France. — Turpln, F'ie de Charles Choiseul; dans les Hommes illustres de France., de D'Auvigny.
CHOISEUL {César, duc de), sieur du Plessis- Prasiin, maréchal de France ( connu sous le nom de maréchal du Plessis), neveu du précédent, né à Paris, le 12 février 1598, mort le 23 décembre 1675. Il commença à se distinguer aui siège de La Bochelle , où il commandait un régiment. Il défendit ensuite les îles d'Oléron et de Bé contre les Anglais. Plus tard, il contribua à la prise de Pignerol, et gagna la confiance du cardinal de Bichelieu, qui l'employa à diverses négociations, où il eut l'habileté de détacher de l'alliance des Espagnols les ducs de Savoie, de Parme et de Mantoue. Depuis 1636 jusqu'en 1645, il servit dans le Piémont, et commanda plus d'une fois en chef l'armée française. Il conquit toutes les places de ce pays, et vainquit constamment les Espagnols ; en 1645, il alla assiéger, en Catalogne, la forteresse de Boses, dont la prise lui valut le bâton de maréchal. lire tourna ensuite en Italie, où, tour à tour général et négociateur, il vainquit le pape Innocent X, et le força à traiter. En 1648 il remporta sur les Espagnols la victoire de Traucheron, qui lui assura la conquête du Milanais ; mais manquant de tout, et ayant; dépensé 450,000 francs de sa fortune , il ne put pousser plus avant ses succès. Les troubles de la Fronde avaient éclaté ; h cour le rappela , lui donna des éloges, et le chargea de défendre, avec 4,000 hommes, Saint- Denis et le pays qui s'étend depuis cette ville jusqu'à Charenton. Le maréchal s'acquitta de cette mission avec succès, battit les Parisiens , et força les Espagnols qui venaient à leur secours à battre en retraite; puis il soumit Bordeaux ; et lorsque Turenne leva, à Stenay, l'étendard de la révolte, Mazarin le chargea d'aller réduire'le grand capitaine. Du Plessis arrêta Turenne, l'empêcha de venir délivrer les princes détenus à Vincennes , et le vainquit à Bethel. Il suivit ensuite Louis XIV à plusieurs sièges, où ses conseils et ses leçons formèrent ce prince à l'art de la guerre; plus tard, il dirigea la construction des fortifications de Perpignan, et donna ainsi à la France un de ses plus redoutables
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lulevards. En 1663 il fut créé duc et pair, employé à diverses négociations , et il ménagea le traité d'alliance qui fut conclu entre Charles n ■it Louis XIV contre la Hollande.
Bazin, Bisf. dii règne de Louis XIII. — Le Bas, Dict. rncyd. de la France.
CHOiSEtrt, {Gilbert de), prélat français, ïère du précédent, né vers 1613, mort à Paris, e 31 décembre 1689. Nommé, en 1664, àl'évê- ;hé de Comminges , il fit changer de face à ce liocèse, établit des séminaires, réforma le clergé lar ses leçons et ses exemples, nourrit les paures dans les années de misère, et assista luinème les pestiférés dans un temps de conta- :ion. Député de son ordre à l'assemblée du lergé en 1650, il y prononça une harangue. )epui3, il prit part aux négociations entamées nur ramener la paix dans l'Église, troublée par e livre de Jansénius sur la grâce, fut transféré, n 1670, au siège de Tournai, et concourut à t Déclaration du clergé de 1682. Ses princiau\ ouvrages sont : Oraison funèbre d'Arlond de Bourbon, prince de Conti ; Paris, 666, in-4° ; — Oraison funèbre de Charles- 'aris d'Orléans, fils de Henri II, duc de oncjueville; ibid,, 1672, in-4°; — Éclaircis- ^ment touchant le sacrement de pénitence ; ille, 1679, in- 12; — Mémoires touchant ! religion; Paris, 1681-1685, 3 vol. in-12; — s Psaumes, cantiques et hymnes de l'Église, ■aduit en françois ; — Lettre pastorale sur
culte de la Vierge, imprimée en tête des vis salutaires de la Vierge à ses dévots in- 'screfs, par Baillet; Tournay, 1711, in-12; — apport sur la déclaration du clergé de ■rance, en 1682; dans l'édition donnée par ibbé Dinouart du Traité de la puissance ecésiastique et temporelle, ^^ax Dupin, Paris, 68, 3 vol. in-12, et dans le Recueil sur les bertés de l'Église gallicane ,.ihid., 1811, -S" ; — la Rédaction des Mémoires de son ère, César de Choiseul.
Liupin, Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques du i-septième siècle. — Langlci, Méthode pour étudier istoire. — Anselme, Hist. généalogique. — Lelong, b'dolh. hist- de la France, édit. Fontette. — Journal s sauants de 1690, 9^ numéro.
CHOiSECL-BEACPRÉ (Gobriel-Florent de), i Vélat français, né à Dinant, en juin 1685, mort 1 1767. Sacré évêque de Saint-Papoul, le 17 ' 'illet 1718, il fut appelé à l'évêché de Mende i 1723. On a de lui : Statuts synodaux ; ende, 1739, in-8°.
Quérard, la France littéraire.
, CHOISECL. ( Claude, marquis de Francières, .)mteDE ), maréchal de France (connu sous le ■)ra de maréchat de Choiseul), né à Langres , 1"' janvier 1632, mort le 15 mars 1711. Il issa pour l'un des plus grands capitaines du x-septième siècle. Il fit ses premières armes 1 1649, au combat de Vitry-sur-Seine, et fut an de ceux qui se distinguèrent le plus dans la ympagne de Hongrie, en 1664 ; on lui attribua
NO'JV. BIOGR. OMVERS. — T. X.
le gain de la victoire de Saint-Gothard. Nommé maréchal de camp en 1669, il alla la même année défendre Candie, assiégée par les Turcs. De retour de cette campagne, il suivit Louis XIV en Hollande, en 1672, se distingua au combat de Senef (1674), prit Deux-Ponts (1676), et força, en 1689, l'électeur de Bavière à la retraite sur le haut Rhin. Ses services furent récompensés., en 1693, par le bâton de maréchal. Il mourut sans laisser de postérité.
Le P. Desterne, Oraison funèbre de Cl. Choiseul. — Sismondi, Hist. des Fr., ;XXV1. — Mém. de Killavs. — Mém. de BerwicK.
CHOISEUL -BEAUPRÉ ( François -Joseph, comte de ), mort en 1711. Il assista au bombardement d'Alger. Fait prisonnier dans cette occurrence, en 1682, et par suite exposé à la décharge des canons français , il fut tiré de ce danger par un corsaire algérien appelé Hali, qu'il avait luimême sauvé dans une autre occasion. Le comte de Choiseul-Beaupré fut gouverneur de Saint- Domingue. A son retour en France, en 1711, il périt dans une rencontre du vaisseau qui le portait avec un vaisseau ennemi. C'est de son mariage avec Nicole de Stainville, sa cousine germaine, qu'est issue la branche de Choiseul- Stainville, qui a fourni à l'histoire plusieurs guerriers , prélats et ministres célèbres.
Moréri, Dict. hist.
CHOISEUL ( Etienne- François, duc de ), célèbre homme d'État français , né le 28 juin 1719, mort en mai 1785. Il entra dans la carrière des armes, obtint un avancement rapide et mérité, et parcourut successivement , sous le nom de comte de Stainville, les grades de colonel (1743), de maréchal de camp (1748), et de heutenant générai (1759). Le rang qu'il occupait dans le monde joint à son mérite personnel et à son originalité mirent le comte de Stainville en réputation, et lui valurent d'abord un fort riche mariage , avec une fille du financier Crozat, puis la protection de M™® de Pompadour, qui vouhit bien recevoir de lui d'autres soins que ceux de la reconnaissance, n se forma entre la favorite et son protégé une espèce d'alliance offensive et défensive. Sous une telle égide le crédit de l'un et de l'autre était àd'abri de toute atteinte; car tous deux îis s'élevaient au-dessus de la tourbe des courtisans, tant par la pénétration de leur esprit que par l'énergie de leur caractère ou leur puissance de volonté.
C'est comme ambassadeur à Rome que M. de Choiseul débuta dansj?la carrière politique, et, s'il faut en croire les détails rapportés par le baron de Besenval dans ses Mémoires , le nouvel ambassadeur, par l'inQexibilité d'humeur qu'il affecta de prime abord , sur des questions fort minces d'étiquette, dut étonner les princes de l'Église autant qu'effrayer le bon goût des dames romaines. Mais il rempht le but principal de sa mission, en obtenant de Benoit XIV la lettre encyclique sur les billets de confession et le
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refus des sacrements au sujet de la bulle Vnigenitus, ainsi que la promesse du chapeau pour l'abbé comte de Bernis. Il rentrait d'une autre ambassade à Vienne, lorsque , sur la démission donnée par ce dernier, il le remplaça au ministère des affaires étrangères (nov. 1758). A peu d'intervalle de là il fut créé duc et pair ; il eut le portefeuille de la guerre, à la mort du maréchal de Belle-Ile (1761), en remettant celui des affaires étrangères à son cousin , depuis duc, de Praslin , et y réunit la même année le ministère de la marine. En 1766 il reprit le département des affaires étrangères, en permutant avec M. de Praslin.
Voici le tableau flatteur, mais vrai , qu'on a tracé de son administration : " Ministre de la guerre après sept ans de revers , il changea l'organisation de l'armée. La révolution opérée dans la tactique par le grand Frédéric en imposait la nécessité; mais les hommes ne renoncent pas sans peine à de longues habitudes , à de vieux préjugés. La nouvelle ordonnance du 10 décembre 1762 excita le mécontentement et amena la retraite d'un grand nombre d'anciens officiers : ils furent remplacés par une jeunesse active et belliqueuse , qui adopta avec zèle le nouveau système et reconnut son utilité. Le trésor royal fut, il est vrai, chargé de nombreuses pensions généreusement accordées aux anciens services ; mais ce surcroit momentané de dépenses fut compensé par des économies bien entendues, et bientôt il n'y eut aucun militaire qui n'applaudit à cette réforme. Le corps de l'artillerie prit aussi en même temps une forme nouvelle; d'excellentes écoles furent établies... Le corps du génie reçut les mêmes encouragements, et ne se distingua pas moins. Les Antilles , seules possessions qui restassent au-x Français en Amérique depuis la perte du Canada et la cession de la Louisiane, furent l'objet d'un intérêt particulier; la Martinique fut de nouveau fortifiée. Enfin, lorsque les ducs de Choiseul et de Praslin sortirent du ministère, en 1770, les pertes de la marine , en moins de sept ans , avaient été réparées : elle comptait 74 vaisseaux de ligne , d'une construction supérieure à celle des vaisseaux anglais , et 50 frégates ou corvettes. Les magasins étaient abondamment pourvus , et l'on pouvait commencer la guerre avec avantage... Ministre des affaires étrangères, il est auteur du pacte de famille... Il fait la conquête de la Corse sans que l'Angleterre ose s'y opposer; il force sa fierté à plier et à ne donner que des secours clandestins et inutiles. Le gouvernement britannique forme des prétentions sur quelques possessions espagnoles : les troupes sont aussitôt dirigées vers la côte et les vaisseaux en armement. )) — Pour compléter cet aperçu, bornonsnous à rappeler les efforts qu'il fit pour maintenir l'indépendance de la Pologne. N'ayant pu suggérer quelque unité de vues aux membres influents de la confédération de Bar, du moins
pour traverser les projets ambitieux de la Russie, il lui fit déclarer la guerre par la Porte-Othomane , que son intention était d'appuyer énergiquement. Enfin, il nous reste à parler de l'édit fameux du mois de novembre 1764, qui supprima les jésuites en France, ne leur permettant d'y séjourner qu'en se fondant avec le clergé séculier, et en tous cas avec défense à ses membres de se fixer à une moindre distance de Paris que dix lieues. Il est vrai que , dans les Mémoires qui portent son nom, le duc de Choiseul se défend d'avoir en aucune façon provoqué cet édit , et il paraît constant qu'il était pur des menées qu'on avait supposées dans le Mémoire présenté au roi par le dauphin ; mais l'abolition de cet ordre fameux n'en a pas moins été généralement attribuée à l'ascendant de ce ministn sur Louis XV et à la complaisance du roi poui j^jme ^g pompadûur.
Les détails abondent partout sur l'inti-igm ourdie par le duc d'Aiguillon, l'abbé Terray e le chancelier Maupeou , pour renverser le diK de Choiseul , à qui la mort de M™^ de Pompa dour avait enlevé son plus ferme appui ; mais c qui est moins connu , c'est qu'il ne tint qu'ai duc de Choiseul de faire tourner cette machina tion contre ses auteurs eux-mêmes : il n'aurai eu pour cela qu'à entrer dans une intrigue ave la nouvelle favorite , qui lui fit toutes les avance d'une alliance pareille à celle qu'il avait eue ave M™° de Pompadour. 11 rejeta ses offres ave tant de mépris , qu'il est impossible de ne pa voir dans cette détermination de sa part un trace de l'influence qu'exerça toujours sur li sa sœur, la duchesse de Grammont. La coteri à la tête de laquelle était cette femme ambi tieuse publiait hautement que, par l'effet de s précédente condition, tout commerce avec 1 comtesse du Barry pouvait être dangereux. A premier rang des grâces que le duc de Cho seul devait à la bonté du roi ( nous nous sei vons des expressions de l'époque), se troi vait la charge de colonel général des Suisseï dont il avait été revêtu le 4 mars 1762. Il ne fi pas plus tôt exilé à sa terre de Chanteloup ( di grâce qui fut pour lui l'occasion d'ovations pli éclatantes que n'en ait jamais reçu aucun m nisti'e à l'apogée de sa puissance ) qu'il y e pour lui ravir cette charge des brigues dans le quelles on engagea les princes du sang eu: mêmes.
Le duc de Choiseul mourut sans postérif Sa veuve, qui l'avait constamment comblé A marques de la tendresse la plus touchante, s crifia le reste de sa fortune pour honorer mémoire; car cet homme, qui avait toujoO) continué de vivre en représentation, comme r petit monarque au n\ilieu de sa cour, ne laissj après lui, avec d'immenses dett£s , aucun moy de remplir les clauses d'un testament par leqi< il avait légué d'excessifs bienfaits à tous ceux « vers lesquels il se croyait obligé à la munifii
Cette pieuse épouse, retirée, avec une seule femme de service, dans l'un des plus pauvres couvents de Paris, y vécut assez longtemps pour être témoin des malheurs de la révolution, que son mari avait entrevue , et que peut-être ses derniers conseils auraient pu détourner en grande partie. [Enc. des g. du m.]
Besenvai, Mémoires. — Duclos, Mémoires. — Mém. .ieM. le duc E.-F. de Choiseul, écrits par lui-même, etc. '~ Slsmondi, Hist. des Fr., XXVIH-XXX. — Soul»vie, ■Mém. de M. le duc E.-F .de Choiseul.— Voltaire, Siècle ie Louis XV. —A. de Toccjueville, Hist.phil. du régne îe Louis Af .
CHOISEUL- STAïKViLiiE {Léopold- Charges de), prélat français, frère du précédent, né ;ju château de Lunéville, le 6 décembre 1724', nort en 1781. 11 fut successivement évêque d'Éaeux , archevêque d'Alby et de Cambray. On a le lui : Statuts synodaux du diocèse d'Alby ; 7C3, in-8°.
Mcmoire pour Mgr, l'archevêque de Cambray ..-('■ de Choiseul, contre le prévôt et les échevins de etic cille-
CHOISEUL {Claude-Antoine-Gabriel de), uc et pair de France, aide de camp du roi et ouverneur du Louvre, né le 26 août 1760, mort Paris, le 2 décembre 1838. Il appartenait à ne branche cadette de la maison de Choiseul, et as?a presque toute son enfance à Chanteloup , il le célèbre ministre du même nom, qui avait :'jr lui une tendresse toute paternelle , s'occupa eaiicoup de son éducation, commencée par les jins et sous la direction de l'abbé Barthélémy. n i 726, le titre et la pairie de ce ministre, dont caait épousé la nièce, fille du maréchal de iaiiiville , furent rétablis en sa faveur. Son début dans la carrière politique remonte l'époque des orageuses séances du parlement , 1 i7S7, à la suite desquelles furent arrêtés ;m. d'Espréménil et de Montsabert. La noble anchise des opinions que le jeune pair de larice exprima dans cette occasion mémorable ianifestait déjà les principes qui devaient faire . i egle de sa vie politique.
Colonel du régiment royal-dragons en 1789, fut choisi en 1791, avec MM. de Fersen et de ou il lé, pour préparer la fuite de Louis XVI et .surer son voyage jusqu'à Montmédy. Le roi a famille furent arrêtés à Varennes ; les Mé- -s du temps ont suffisamment prouvé que . le Choiseul, à qui le poste de Varennes avait pas été confié, ne pouvait être responilile d'un événement dont seul il affronta les iiinents périls : ^DI. de Fersen et de Bouille aient parvenus à sortir de France.
Emprisonné à Verdun et de là transféré à Orans pour y être jugé par la haute cour natio- =ilc, M. de Choiseul recouvra sa liberté par lite de l'amnistie proclamée lors de l'acceptation i la constitution par le roi. Plus il était con- '.incu des nouveaux dangers qui le menaçaient jprès d'un trône dont il était déjà si facile de évoir la chute, plus il mit d'empressement à en rapprocher. Le duc de Choiseul, qui avait
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été nommé chevalier d'honneur de la reine en 1792, n'abandonna pas im seul moment la famille royale jusqu'à sa translation au Temple, et ne se décida à quitter la France qu'après avoir entendu proclamer le décret qui mettait sa tête à prix. Dans le dénûraent total où il se voyait réduit, sans autre ressource au monde que son épée , il leva un régiment de hussards , dans lequel il ouvrit un asile à des Français proscrits , sous des étendards qui n'étaient maUieiu-eusement pas ceux de la France. Fait prisonnier en mars 1795, il s'échappe des prisons de Dunkerque, où il avait été conduit, va rejoindre son régiment dans le Hanovre, et signe avec le gouvernement anglais une capitulation en vertu de laquelle il doit conduire aux Indes orientales la légion qu'il avait formée, avec stipulation de ne pas servir contre la France. Il s'embarque à Stade cinq jours après ; trois de ses vaisseaux de transport, sur l'un desquels il se trouvait, se brisent sur la.côte de Calais. Beaucoup d'hommes périssent; il est du petit nombre de ceux qui se sauvent à la nage ; et cet événement ouvre devant lui une nouvelle carrière d'infortunes , où son rare courage lutte contre des périls qui se renouvellent sans cesse, et dont la mort semble toujours l'inévitable terme. M. de Choiseul, arrêté au moment où il toucha la terre natale, sur laquelle l'avait jeté la tempête , est traduit comme émigré devant une commission militaire, qui jugeait sans appel. L'arrêt qui l'acquitte n'en est pas moins attaqué au tribunal de cassation et devant le corps législatif,' par le Directoire, dont les ordres réitérés pressaient le supplice des naufragés de Calais, en attendant la décision légale qu'il avait sollicitée. Cet ordre injuste aurait infailliblement reçu son exécution si ICj général Landremont, qui commandait alors l'armée du Nord, n'eût pris sur lui de suspendre l'arrêt de mort que le Directoire avait arbitrairement prononcé. Le 18 brumaire mit enfin un terme à cette procédure inique, interrompue et reprise à différents intervalles. A la suite d'une enquête ordonnée par le premier consul Bonaparte, M. de Choiseul fut déporté en pays neutre, le l^'' janvier 1800. Il obtint la permission de rentrer en France l'année suivante : de nouvelles persécutions l'y attendaient. On ignore sur quelle dénonciation, quelques mois après son retour, il fut mis au Temple et ensuite envoyé en exil ; mais on sait qu'il en fut rappelé dix-huit mois après par l'empereur, et qu'il rentra à Paris le jour même de l'arrestation du général Moreau. Cette circonstance permet de croire que son exil n'avait pas eu pour motif ( comme l'ont publié la plupart des biographes ) le soupçon d'avoir entretenu des relations avec Pichegra et Moreau. Le décret généreux du premier consul qui rendit une patrie à M. de Choiseul, en le rayant de la hste des émigrés , donna dès lors une auti'e direction à sa vie. A l'époque de la Restauration, M. de Choiseul
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rentra à la chambre des pairs avec les anciens ducs et pairs du royaume, au nombre de vingthuit. Il y fonda cette réunion connue alternativement sous son nom et sous celui de M. de Marbois, laquelle joua un si grand rôle dans les discussions de cette chambre, par la fermeté des principes constitutionnels qu'elle ne cessa d'y manifester. Cette opposition nationale ne pouvait se concilier avec l'esprit du gouvernement d'alors : aussi M. de Choi&eul ne tarda-t-il pas à se voir exclu de ce qu'on appelait alors les grâces de la cour. Son refus des propositions que lui fit le duc de Feltrç, de quitter le parti constitutionnel pour être employé dans son grade de lieutenant général, éveiUa contre lui l'aniraosité du pouvoir, et sa conduite courageuse dans l'affaire du maréchal Ney vint y mettre le comble. Le même sentiment qui dicta son vote à la chambre des pairs, dans le procès de l'illustre maréchal , lui fit prendre la parole dans le procès de la conspiration du 9 août, en faveur d'un accusé dont le père n'était pas resté étranger aux longues persécutions que les naufragés de Calais avaient eu à souffrir. Major général de la garde nationale à l'époque du ministère du marquis Dessoles, sous celui de M. de Villèle, il donna sa démission de cette place dans une letti'e au roi Louis XVin , que l'histoire a recueillie comme un monument de franchise et de patriotisme.
Jusqu'à la révolution de Juillet, M. de Choiseul se livra exclusivement à ses travaux législatifs dans la chambre des pairs, et les nombreux discours qu'il y prononça attestent la part honorable qu'il prit à tous les événements de cette mémorable époque. Telle était la confiance publique dont ses opinions et ses sentiments bien connus l'avaient entouré, que son nom se trouva inscrit avec celui du maréchal Gérard et du général Lafayette au bas de la proclamation municipale qui l'avait désigné comme membre d'un gouvernement provisoire. M. de Choiseul n'avait point été consulté sur l'honneur périlleux qu'on lui rendait; tant que la victoire fut douteuse, il abandonna sa tête aux chances du combat engagé ; le jour où la victoire fut remportée, quand il ne s'agissait plus que d'en recueillir le prix , M. de Choiseul fit connaître la vérité par une lettre qu'il adressa aux habitants de Paris, le l*"" août 1830.
M. de Choiseul, devenu aide de camp du roi Louis-Philippe, remplit aussi les fonctions de gouverneur du Louvre, et reprit sa place dans la nouvelle chambre des pairs. A sa mort, sa fortune et son titre passèrent au marquis de Marmier, son gendre. [M. de Jouy, dans VEne. des g. du m. ]
Vaulabelle. Hist. de la nest.— Lamartine, Hist. de la Kcst. ;— Louis Blanc; liist. de dix ans.
CHOisECL-MEUSB (Le marquis Henri-Louis
de), général français, né le 22 juillet 1689, mort à Paris, le 11 avril 1754. Tl fit, en 1704, la cam-
pagne de Flandre , assista aux batailles de Ramillies , d'Oudenarde et de Denain , où il fut grièvement blessé , devint lieutenant général et gouverneur du Fort-Louis, puis de Sâint-Malo, et accompagna, en qualité d'aide de camp, Louis XV aux sièges deMenin, de Fribourg, de Tournay , aux batailles de Fontenoy et de Lawfeld.
Voltaire , Siècle de Louis XIV ; Siècle de Louis XF.
c\\o\SEX!V,-MECSE.(Jean-Baptiste-Armand de) , général français, petit-fils du précédent, né en 1735, mort à Paris, le 10 décembre 1815. 11 fit la guerre de sept ans en Allemagne , devint colonel aux grenadiers de France, aide-major général en 1759, puis gouverneur de la Martinique. En 1789 il passa en Allemagne avec le prince de Condé , dont il fut le capitaine des gardes , et ne renti'a en France qu'en 1814. Choiseul- Meuse cultiva les lettres, et fit imprimer deux volumes de poésies, parmi lesquelles une traduction de VAminte du Tasse.
Desessarts, les Siècles liit. — Quérard, la France litt,
CHOisEUL-iUEVSE ( Félicité comtesse, de ), romancière française , vivait au commencement de ce siècle ; elle était de la famille du précédent. Elle a publié un grand nombre de romans, parmi lesquels nous citerons : Aline et Ermance; Paris, 1810, 3vol. in-12; — les Amants de Charenton; Paris, 1818, 4 vol. in-12; — la Famille allemande; — Cécile,ou l'élève de Vhospicede la Pitié; 1816, 2 vol.; — Paoto; 1812, 4 vol. in-12; — l'Héritier de mon oncle l'abbé; Paris, 1822, 2 vol. in-12 ; — Camille , ou la télé de mort; Paris, 1822, 4 vol. in-12. On lui attribua aussi deux romans licencieux, intitulés ; Julie, ou j'ai sauvé ma rose, et Amélie de Saint-Far. On sait aujourd'hui qu'ils sont l'œuvre de Mme Guyot. Guyot de Fère.
Quérard, la France litt. — Pigoreau, Petite biog. romancière, 1821. — Aruauld, etc., Biog. nouv. des contem' porains.
CHOISEUL - LA. - BAV31E {Claude- Antoine ^ comte DE ) , général français , né le 5 octobre 1733 , mort le 4 mai 1794. Après avoir servi dans l'année d'Italie , il s'attacha au roi de PolO' gne Stanislas, et devint successivement capitaine des gardes et chambellan de ce prince. Plus tard^ il fit la campagne de 1757 en Allemagne, sa> trouva à la prise de Cassel et de la Hesse , auxi combats de Lutzelberg, de Minden, de Corback , de Warbourg , de Clostercamps , de Filinghausen et de Johannisberg , et obtint le grade de lieutenant général au mois de décembre 1781. Arrêté comme suspect, en 1794, il fol traduit devant le tribunal révolutionnaire et envoyé à l'échafaud.
Biographie moderne.
CHOISEUL - GOVFFiER ( Marie - Gabriel- Florent- Auguste, comte de), né à Paris, le 27 septembre 1752, mort le 20 juin 1817. Lt rang et la fortune de M. de Choiseul, au liei d'être pour lui des moyens de dissipation favorisèrent son goût pour l'étude; il acquit ai
CHOISEUL
collège d'Harcourt une instruction solide. Les souvenirs de l'ancienne Grèce le préoccupaient, et dès l'âge le plus tendre il conçut le projet de visiter ce sol classique de la gloire. Son mariage avec l'héritière de la maison de Gouffier, son titre de colonel, ne furent à l'accomplissement de son projet que des obstacles momentanés. Préparé à son voyage par les leçons de 'l'abbé Barthélémy, il partit au mois de mars ' 1776, suTl'Atalante, commandée par le marquis de Chabert, qui lui-même faisait une expédition scientifique dans la vue de dresser une carte réduite de la Méditerranée. Pendant son séjour en Grèce, le comte de Choiseul fouilla tous les débris de l'antiquité, recueilUt toutes les traditions, s'enquit de tous les usages, de tous les mots qui pouvaient avoir survécu à la destruction; et de retour en France, il publia, en 1782, le premier volume de son Voyage pittoresque en Grèce. Tous ses récits sont clairs , sans sécheresse comme sans emphase. Peu de temps auparavant l'Académie des inscriptions , qui avait pris connaissance des manuscrits et des matériaux réunis par M. de Choiseul, le nomma l'un de ses membres , à la place de Foncemagne, et l'Académie française imita cet exemple en le donnant pour successeur à D'AIerabert, qu'elle perdit en 1783. Le discours du récipiendaire fut remarquable par le meilleur goût et la correction du style. Bientôt il repartit pour la Grèce , non plus en simple voyageur, mais comme ambassadeur, et rendit de grands services aux Hellènes par la confiance qu'avaient en lui le grand-visjr Halil-Pacha et le prince Mauro-Cordato, premier drogman de la Porte. Par les conseils du comte de Choiseul, des ingénieurs français furent appelés à Constantinople pour y enseigner la théorie et la pratique de l'art de la guerre. Lorsque les hostilités eurent commencé entre la Russie et la Porte , il joua le rôle de conciliateur {voir les Blémoires de Ségur, t. H), et parvint à faire rendre la liberté à l'ambassadeur •de Piussie, détenu aux Sept-Tours ; il empêcha ■aussi que l'internonce d'Autriche ne fût arrêté, : quand cette puissance se déclara pour la Russie; 'enfin, il adoucit constamment la position des prisonniers, et en racheta plusieurs de ses propres 'deniers. A ses frais aussi des artistes habiles l>arcoururent la Syrie et l'Egypte, pour en dessiner les monuments.
■ A l'époque de la révolution, le comte de Choiseul éprouva de grandes difficultés diploma- ! tiques en Turquie, et fut nommé ambassadeur ! en Angleterre (1791), mission qu'il n'accepta point, n resta donc à Constantinople, où il se considérait toujours comme l'ambassadeur du I roi, ne voulant correspondre qu'avec les princes ; h Coblentz. Des pièces saisies en Champagne le firent décréter d'arrestation, le 22 novembre ' 1792. Ne pouvant rentrer en France ni rester à '■ Constantinople, il se retira en Russie, et fut admis dans l'intimité de Catherine II. Paul l" le
nomma conseiller privé, et le fit directeur de l'Académie des beaux-arts et de tontes les bibliothèques impériales, M. de Choiseul avait éprouvé un instant de disgrâce par suite de ses liaisons avec le comte de Cobentzel : il s'était même éloigné de la cour ; mais l'empereur le rappela, et le traita avec plus d'égards que jamais. Ces vicissitudes néanmoins inspirèrent à M. de Choiseul le plus vif désir de rentrer dans sa patrie, et il y revint en 1802, n'ayant plus d'autre fortune que son nom et ne voulant pas se ranger parmi les courtisans du premier consul. L'Académie s'ouvrit de nouveau pour lui ; il ne voulait appartenir qu'à elle. Son premier volume, publié depuis si longtemps , attendait une suite, et cette suite était devenue difficile à faire , à raison de cette foule de voyageurs qui avaient depuis vingt ans pubhé leurs relations. D lui fallut donc, selon l'heureuse expression de M. Dacier, rajeunir ses anciens travaux ; il fit entreprendre de nouvelles recherches, leva des plans, etc., et ces soins remplirent sa vie entière. En 1809 pai'ut la première partie du second volume. II y a moins d'enthousiasme et plus de science, surtout plus d'observation. Homère devient pour lui l'historien , le géographe , plus encore que le poète. La Troade , objet de la seconde partie de ce second volume, avait été mise sous presse par l'auteur, mais elle ne parut point de son vivant.
M. de Choiseul écrivit plusieurs savantes dissertations pour les Mémoires de l'Académie, tels que cq\x\ Sur l'hippodrome d^Olympie,Sur le Bosphore de Thrace, Sur l'existence d'Homère, qu'il maintint contre les sceptiques. Au retour des Bourbons, il fut nommé mmistre d'État et pair de France. Frappé tout à coup d'apoplexie, il se rendit aux eaux d'Aix-la-Chapelle en 1817, avec la princesse Hélène de Beaufremont (auteur d'un poëme de Jeanne d'Arc), qu'il'avait épousée en secondes noces; mais sa santé ne put se rétablir. Sa précieuse collection d'antiquités a été déposée dans le Musée du Louvre; elle est exposée aux regards du public. [ M. DE GoLBÉRY, daus l'Enc. des g. du m. ]
Dacier, Notice hist. sur la vie et les ouvrages de M. G.-F.-A. de Choiseul-G ouf fier; dans le.sy>/em. de l'Ac. des inscript, et belles-lettres, séance du 23 juillet 1819.
* CHOISEUL-D'AILLECOCRT ( Anne-Maxime-Urbain, comte de), neveu du précédent, né 1782 ou 1783, mort en 1854. (Auditeur au conseil d'État, il fut nommé sous-préfet en 1810, aJliéra à la déchéance de Napoléon , et fut appelé en 1814 à la préfecture de l'Eure par Monsieur, lieutenant général du royaume. Destitué au retour de l'empereur, il fut sous la seconde restauration préfet de la Côte-d'Or, de l'Oise et du Loiret, et cessa en 1823 d'appartenir à l'administration. En 1817 il fut élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, en remplacement de M. Choiseul-Gouffier. On a de lui : De l'Influence des croisades sur Vétat