‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 75 sur 200 · CHOISY · texte numérisé non relu

CHOISY

plus sérieuses pour le faire sortir cette nature frivole de sa vie désordonnée. La fin précipitée de Marie-Thérèse avait déjà singulièrement frappé son imagination impressionnable ; une fièvi'e violente dont il fut pris, et qui le mit dans le plus grand danger, opéra ce miracle. Il avait entendu les médecins dire : « il ne sera pas en vie dans deux heures. » Il forma donc la résolution, s'il revenait à la santé , de laisser là cette existence déréglée et de se convertir. Le péril disparu, il n'oubUa pas ce solennel engagement. Il rompit avec le passé, et ne songea plus qu'à expier ses fautes par la pénitence. Il fut aidé dans son louable projet par l'abbé de Dangeau, avec lequel il composa des dialogues sur l'immortalité de l'âme, sur l'existence de Dieu , sur la Providence et sur la religion. Un jour il apprend , au séminaire des INIissions étrangères, où il s'était retiré, qu'il était arrivé des mandarins indiens , et qu'il était question d'envoyer une ambassade au roi de Siam. L'idée lui vint de demander ce poste apostolique. Il était appuyé par le cardinal de Bouillon , et sans doute qu'il eût réussi dans ses prétentions si le choix de l'ambassadeur n'eût déjà été fait. Faute de mieux, l'abbé de Choisy, en cela fort prévoyant, fit observer que le chevalier de Chaumont pouvait mourir en chemin, et réclama la coadjutorerie du chevalier et de plus l'ambassade ordinaire dans l'hypothèse où sa majesté siamoise consentirait à se convertir au christianisme. « Je>n'avais pas encore ouï parler , dit Louis XIV, d'un coadjuteur d'ambassade. Mais il a raison, à cause de la longueur et du péril d'un pareil voyage. » L'on s'embarqua à Brest, le 3 mars 1685. L'abbé de Choisy fait un long récit de cette ambassade, récit enthousiaste et dans lequel toute chose est tant soit peu exagérée. Au reste , comme le chevalier de Chaumont etle père Tachard, qui étaient du voyage, ont écrit chacun leur l'elation, ces trois ouvrages se complètent et se corrigent l'un par l'auti'e. C'est durant la traversée que Choisy reçut les ordres et la prêtrise , et c'est en pleine mer qu'il dit sa première messe. Cette ambassade, entreprise fort â la légère , ne devait aboutir à rien. Le roi de Siam ne répondit pas aux ouvertures qui lui furent faites , et renvoya tout le monde avec de belles paroles et de beaux présents. L'on était de retour à Brest le 18 juin 1686. LfrchevaUer de Chaumont et Choisy furent à Versailles l'objet d'une inconcevable curiosité. « On nous entourait comme des ours », dit ce dernier plaisamment. Le roi fut plein de caresses pom* l'abbé, qui se crut au faite des grandeurs ; mais cet éblouissement passa vite. Parmi les présents que le roi de Siam envoyait en France, il y en avait de considérables avec une lettre d'envoi pour le cardinal de Bouillon. Choisy avait, sans consulter l'ambassadeur, sollicité ces distinctions pour son ami le grand-aumônier, qu'il avait quitté en possession apparente d'une pleine faveur, et qu'il retrouvait disgracié et exilé. Louis Xiv parut irrité de ce coup de tête du pauvre abbé,

CHOISY — CHOLEX

et il n'en fallut pas davantage potu' gâter ses affaires. Mais Choisy prit cela en esprit de pénitence; il retourna à son séminaire des Missions étrangères, où une demi-heure d'oraison devant le saint-sacrement, nous dit-il, lui fit oublier cette petite disgrâce.] Cependant, l'arrivée des ambassadeurs siamois , un mois après, en le rendant utile, luirouvrit la cour, oîi il reparut comme introducteur et interprèle naturel des envoyés de Siam. Six mois encore après , il faisait sa paix avec le roi, auquel il présenta la Vie de David et la traduction des Psaumes. Il obtint même d'aller voir le cardinal de Bouillon , qui était malade à Tarascon. L'abbé de Choisy fut élu en 1687 membre de l'Académie française, en remplacement du duc de Saint-Aignan. Cette année même il écrivit une Vie de Salomon , qui est une perpétuelle allusion à Louis XIV. L'année suivante, en 1688, il composa une histoire de Philippe de Valois, une autre du roi Jean , celles enfin de Charles V et de Charles VI. Le duc de Bourgogne lui demanda comment il s'y prendrait pour dire que Charles VI était fou. « Monseigneur, répondit l'abbé de Choisy, je dirai qu'il était fou. » L'histoire de saint Louis est de 1689. Quelques années après, U donnait une traduction de l'Imitation de Jésus-Christ. « Il dédia, raconte l'abbé de Voisenon, son Imitation de Jésus-Christ à madame de Maintenon. La première édition en est remarquable, par deux versets du psaume 44, qui sont au bas d'une taille douce, où cette dame est représentée à genoux aux pieds du crucifix , avec ces paroles : Écoutez, mes filles, soyez attentives ; oubliez la maison de votre père, et le roi désirera votre beauté. On a]retranché cette instruction salutaire (1). » SonHistoire de l'Église, entreprise par le conseil detBossuet, qui trouvait avec raison que celle de l'abbé Fleury n'était pas abordable pour tous, fit dire à quelqu'un «quela plus ancienne de ces deux histoires était un ouvrage Fleury, et l'autre un ouvrage Choisy ». L'abbé de Choisy poussa sa carrière jusqu'à un âge fort avancé, et mourut, un an après son ami l'abbé de Dangeau, dans sa quatre-vingt-et-unième année.

n a laissé : Dialogues (quatre) siir l'immortalité de Vâme, la Providence, V existence de Dieu et la religion; Paris, 1764-1768, ( le quatrième est de l'abbé de Dangeau ) ; — Histoire de France sous les règnes de saint Louis, de Philippe de Valois, du roi Jean, de Charles V, de Charles VI; Paris, 1750, 4 vol. in-12 ( ces différents règnes avaient été d'abord publiés séparément); — Histoire de la vie de David, in-4°; — Histoire de V Église; Paris, 1727, U vol. in-4° ; — Histoire de madame la comtesse des Barres; Anvers, 1735; —Histoires de piété et de morale, tirées de l'Écriture Sainte et des auteurs profanes ; Paris, 171 1 ; — Journal du voyage de Siam fait en 1685 et 1686, par

(l)Ge tait a (ité contesté. Voyez le Dictionnaire des anonymes, 1. 1. p. 391. —

M. L. D. C. ; Paris, 1741, in-12; — Mémoire pour servir à l'histoire de Louis XIV; Utreclil 1727, 3 vol. in-12; —{la) Nouvelle Astrée dédiéeàS. A. R. Madame; Paris, 1713, in-12

— le prince Kouchimen , histoire tartare, c don Alvar del Sol, histoire napolitaine; Paris 1710, in-12; — Viede madame de Miramion 1706, in-4°;— Vie de Salomon; in-12, 1687

Gustave Desnoiresterres.

L'abbé de Choisy, ses Mémoires; Histoire de la corn tesse des Barres ; ses Dialogues ; Journal du voyage d Siam. — L'abbé d'Ollvet, la f^ie de M. l'abbé de Choiy

— D'Alembert, Éloge de l'abbé de Choisi/. — L'abbc c; Voisenon, Jnecdotes littéraires, OEuvres complétes,t,l^

— Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. 111. — Airu Champollion, Notice sur l'abbé de Choisy {Jilicbiail < Poujoulat).

CHOKIER. Voy. SURLET.

CHOLET, OU COLETI, OU CIOLETI, OU encoi

CARLET (Jean), dit de Nointel, cardinal fran çais, natif de Nointel , en Beauvoisis , mort 1 2 août 1291. Après avoir été chanoine de la ca thédrale de Beauvais, et peut-être même évêqu de cette ville, il fut créé cardinal en 1281, e chargé de diverses missions par les papes Mai tin IV et Nicolas IV. Le premier de ces deu: pontifes lui donna l'ordre de se rendre en Sicile pour empêcher, sous peine d'excommunication Charles I^"^ d'Anjou et don Pèdre d'Aragon d'ci venir à un combat singulier. Martin IV envoyi aussi Cholet auprès de Philippe IQ, le Hardi, ro de France, pour offrir à ce prince, qu'il devai décider à se croiser contre don Pèdre, les royaumes de Valence et d'Aragon avec le comté di Barcelone. Le 17 août 1284, le cardinal-léga tint à Paris un concile où Philippe III et ses deuî fils aînés prirent en effet la croix. Atteint d'une maladie épidémique qui régnait dans son armée. Philippe le Hardi mourut à Perpignan, le 5 octobre 1285, et le cardinal Cholet, revenu à Paris avec Philippe le Bel, célébra les obsèques du fet roi à Saint-Denis ; puis il fit consentir Philipot le Bel à la continuation de la croisade. A la vue de ces préparatifs du roi de France, Alphonse lUj successeur de don Pèdre au trône d'Aragon, sfl hâta de traiter avec Charles H, fils et successeut de Charles P" d'Anjou, roi des Deux-Siciles.- Cholet fit conclure ensuite entre le roi de France et Sanche IV, roi de Castille, letraité du 13 juillet 1289. La même année le cardmal fit son testament ; les legs con'sid érables qu'il institua supposent une fortune immense. Il fonda le collège des Cliolets sur la montagne de Sainte- Geneviève,

Hist. littéraire de la France, t. XX, p. 113.

CHOLEX {Roger-Gaspard-Jérôme, comte), homme d'État sarde, né en 1771, à Bonneville,i dans le Faucigny, mort le 24 juillet 1828. LorS' de l'invasion de la Savoie et du Piémont par les' Français, il se prononça contre les projets des révolutionnaires. Obligé de s'expatrier, il se réfugia à Genève, où il exerça avec- distinction la profession d'avocat. A la rentrée du roi de Sardaigne, après avoir été peu de temps intendant de la Maurienne, il se rendit à Paris pour y suivre

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les intérôts de ce pays auprès de la commislion de liquidation. De retour à Turin , il fut ionnné intendant général de la Sardaigne, poste (ue l'intempérie du climat le contraignit d'aîandonner. En 1821 il devint ministre de l'inérieur, et déploya toutes les qualités d'un ad- .linistrateur actif et habile.

;San-Tonamaso, Elogio del conte Rog. Gasp. ■» Jer. iholex. — Lesur, Annuaire hist. univ,

j *CHOLGI. Voy. GOLGIUS.

! CHOLiÈRES (Nicolas), littérateur français , ^vait dans la seconde moitié du seizième siècle, i fut avocat au parlement de Grenoble. On a de W : les Neuf matinées du Seigneur de Cholères, dédiées à monseigneur de Vendôme; aris, 1585, in-8" ; — les Après-dînées du ^igtieur de Cholières; ibid., 1587, in-12. Ces ibux ouvrages ont été réunis sous ce titre : ^nies et discours bigarrez, déduits en ne%ij jatinécs et après-dînées du carnaval; ibid., pli et 1613, 2 vol. in-12; — la Guerre des \asles contre les femelles, en trois dialogues, yec les mélanges politiques du sieur de Choères ; ibid., 1588, in-12 : « la rareté de ce li- •e, dit Desessarts, en fait le seul mérite » ; — la orêt nuptiale ; 1600, in-12.

Desessarts, les Siècles litt. — Siblioth. des romans.

euoLLET ou CHOLET (François- Augustc, »MTE ), homme politique français, né à Bordeaux, 1 1747, mort le 5 novembre 1820. Procureur du ^i à l'amirauté de Guienne avant la révolution, jetait administrateur du département de la Giinde lorsqu'il fut appelé, en septembre 1795, à éger au Conseil des Cinq-Cents, où il débuta, le ; novembre 1796, en s'opposant au rétablisseent de la loterie. Il embrassa ensuite avec ariur la défense des naufragés de Calais. Le 20 ai 1797 il fit rappeler les 198 conventionnels tnnis de Paris en vertu de la loi du 21 floréal i IV ( 10 mai 1796), et fit rapporter cetteloi. En ème temps il soutint la proposition tendant exiger, des prêtres ime déclaration nouvelle, vota le maintien des ventes de presbytères déjà lérées, etdemanda la suspension des ventes non icore consommées. Le 27 août il proposa l'aurnement du projet relatif à la violation du cret des lettres. Le 2 septembre, avant-veille du up d'État du 18 fructidor an v, il voulut l'on écartât les propositions de Thibaudeau latives à la marche des troupes. Le 9 du ème mois il s'opposa à l'exclusion des nobles s emplois publics. Le 4 décembre il proisa la déportation des ecclésiastiques qui ne soumettraient pas aux lois, et le 19 mars 98 il demanda, avec le Directoire, la révision isjagements rendus de mai à septembre contre 3 .représentants et les acquéreurs des biens itionaux. Le 27 novembre 1794 il combattit, mme entaché de rétroactivité, le projet de iiplantier de la Gironde, relatif aux biens des Tes et mères des émigrés. Réélu membre du wseil des Cinq-Cents, en mai 1799, il s'opposa

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