‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 105 sur 206 · NAUNDORFF · texte numérisé non relu

NAUNDORFF

1833 il arriva à Paris. Voici maintenant la suite de son histoire : il ne savait pas un mot de français et n'avait aucune ressource. Un homme, touché de sa misère, le conduisit à une ancienne femme de chambre du fils de Louis XVI. L'étranger lui déclara être Charles- Louis, duc de Normandie, filsde Louis XVI et de Marie- Antoinette. Cette dame crut le reconnaître ; elle lui fit quelques questions qui la confirmèrent dans sa croyance , et lui offrit de rester chez, elle, ce qu'il accepta Elle parla de son hôte à quelques amis ; quelques royalistes s'émurent, et formèrent une cour au prince. Un noble personnage proposa de partir pour Prague, et ne doutait pas que Louis- Philippe ne s'empressât de reconnaître les droits du revenant. Un évoque l'engagea à entrer dans les ordres ; mais le prince était marié. II prit un maître de français, et fit en peu de temps des progrès assez sensibles. Il avait quelque ressemblance avec Louis XVI et Marie-Antoinette; il avait assez de tenue, une certaine aisance, beaucoup d'affabilité, et une expansion peut-être trop vive. Mais il avait gardé un accent germanique caractérisé. Bientôt on fit Intervenir l'illuminé Martin (voy. ce nom ), qui, sans jamais avoir vu le prince, le reconnut. La petite secte des martinistes devint donc un petit parti politique ; le curé de Saint-Arnould faisait des quêtes pour ce roi miraculeusement retrouvé. Naundorff monta une maison, et créa un journal pour défendre ses droits. Ce journal, n'ayant pu faire son cautionnement, dut cesser de paraître ; le gérant, Thomas, poursuivit en escroquerie le prince, qui le laissait dans" l'embarras ; mais le tribunal mit Naundorff hors de cause. Au sortir de l'audience le gérant, arrêté par ses créanciers, fut conduit à la prison de la dette. Le 28 janvier 1834, Naundorff avait failli périr victime d'un attentat. Comme il traversait le soir le guichet du Carrousel qui conduit au quai, un homme s'approche de lui, lui pose la main gauche sur l'épaule et de la main droite lui porte cinq coups de poignard dans la poitrine ea lui disant : « Meurs, Capet ». Par bonheur Capet portait sur lui une petite médaille de la sainte Vierge, qui lui venait de sa mère, et qui amortit les coups, et il ne mourut pas. La confiance des fidèles ne fit que s'accroître. Ce n'est pas qu'il expliquât bien clairement les mystères de sa vie, mais il sortit admirablement de certaines épreuves qui peuvent du reste s'expliquer de bien des façons. Il écrivait à la duchesse d'Angoulême pour l'amener à une entrevue ; il écrivait à la duchesse de Berry, qui selon lui, était disposée à reconnaître ses droits ; il lui offrit même, dit-on, de l'épouser et d'adopter M. le duc de Bordeaux , oubliant que cette princesse était remariée et que lui-même avait une femme en Allemagne. Il prétendait que le duc de Berry lui avait écrit, et que c'était pour lui avoir été favorable que ce prince avait été assassiné. Les alïidés de Naundorff publièrent

NAUNDORFF — NAUSEA

diverses biographies de lui ; dans l'une on racontait que le dauphin avait été enlevé du Temple par deux inconnus, qui avaient apporté un enfant mort , dans une malle , et l'avaient substitué à l'héritier du trône, lequel était sorti vivant de la même malle et avait été confié à une vieille Allemande; enlevé de chez cette femme par d'autres inconnus, il avait été conduit, dans une voiture fermée, en différents endroits, puis transporté en Amérique, où il avait été confié à une Allemande qui avait épousé un horloger. Il portait malheur à tous ceux à qui il était confié ; car deux partis s'arrachaient sa possession, et ses gardiens succombèrent successivement sous le fer et le poison du parti contraire. Enfin, il fut varoené en Europe, traversa la France et arriva en Allemagne. Son gardien fut encore assassiné; il rencontra sur la roote un nommé Naundorff qui le mena dans sa voiture a Berlin . C'était en 1810. Le prétendu roi do F rauce chercha à entrer dans les hussards du roi de Prusse ; mais il fut repoussé comme étranger. Alors il s'établit horloger. Son ami Naundorff lui proposa une de ses maîtresses, qui était veuve d'un horloger, comme femme de ménage, à condition qu'elle passerait pour sa femme légitime ; et le prince horloger accepta cette proposition. Le bourgmestre de Berlin lui ayant demandé ses papiers, il confia ce qui lui en restait au préfet de police de cette ville, qui les garda et le força à s'éloigner de la capitale. Il alla alors s'établir à Spandau. Sa femme de ménage mourut en 1816, et en 1818 il épousa la belle- fil le d'un sous-officier des cuirassiers de Brandebourg, nommée Jeanne Tuiers. Dans la nuit du 15 sep* tembre 1824, il entend crier au feu ; il sort de chez lui : on le vole et on l'accuse d'être l'auteur de l'incendie du théâtre ; il est arrêté, et la veille de Noël, sur le faux témoignage d'un receveur des finances, il est condamné à trois ans de prison comme coupable de fausse monnaie, les motifs du jugement portant qu'on ne peut pas croire ses dénégations parce qu'il se donne les fausses qualités de fils de prince A peu près ii l'époque où devait finir sa détention, il est gracié, sous promesse de quitter Brandebourg. C'est alors qu'il se rendit à Crossen. Si on l'en croit, il avait écrit à Louis XVIII, à Charles X, à Louis-Philippe sans jamais recevoir de réponse. En juillet- 1832, il se décida à partir pour la France. Croyant qu'on le poursuit, il se réfugie en Suisse, où il est arrêté ; enfin, il arrive à Paris, le 26 mai 1833, où il loge dans un cbétif hôtel ; mais des amis lui assurent le nécessaire. Du reste, par une fatalité inouïe, toutes les personnes que cite NaundorfT, et qui pourraient témoigner de ce qu'il raconte, sont mortes ; tous ses papiers sont perdus ou lui ont été enlevés. En décembre 1833, la duchesse d'Angouléme avait dô répondre à un protecteur de Naundorff : « J'ai trop la triste certitude de la mort de mon frère pour pouvoir le reconnaître dans

1 celui qui se présente ; les preuves qu'il m'en donne ne sont pas assez claires ; je n'ai aucun souvenir des faits qu'il me rappelle ; donc je ne puis accepter l'entrevue qu'il me propose. Je ne me laisse pas effrayer par les menaces qu'il use prononcer. Qu'il me donne des preuves plus positives s'il les a. « Un jour NaUndorff fit paraître dans son journal, qui avait pour titre | La Justice, une lettre adressée au roi Louis- | Philippe, qu'il appellait : « Mon cousin », dans I laquelle il parlait d'un trésor qui avait été caché par Louis XVI aux Tuileries au 10 Aortt, et qu'il j se faisait fort de retrouver. On fut fort étonné ! à cette époque de voir un aide de camp du roi aller faire une longue visite au prétendant, qui d'ailleurs était bon prince et voulait bien reconnaître les droits du peuple, « ne réclamant, disait-il, que son état civil » Naundorff poussa même les choses si loin, dans ce sens, que le 13 juin 1836 il ne craignit pas d'assigner la famille royale devant les tribunaux pour se voir confirmé dans sa possession d'état; ce qui l'aurait constitué le chef légal de la maison de Bourbon. La police se fatigua enfin. Deux jours après on saisit les papiers du prétendu Louis XVII ; on l'arrêta, et après vingt -cinq jours de détention, on l'expulsa de France, comme étranger. Le parquet était las, disait-on, de poursuivre des fous. Naundorff fut d'abord conduit en Angleterre. Forcé de quitter ce pays, il se retira à Delft, où il mourut Toute sa vie il s'était occupé de recherches pyrotechniques sur l'art militaire. Il lui arriva plusieurs accidents, et ses amis y voyaient des complots. Un de ses avocats nous a décrit la famille de Naundorff qui se composait en 1836 de six enfants: sa femme était restée avec eux en Allemagne. Cela n'empêcha pas le prince de se mettre à Paris sous la dépendance d'une dame qui ne le quittait pas et paraissait commander pour lui. Un Allemand qui avait connu Naundorff en 1829 le donnait comme très-adroit dans la mécanique, et se flattait de l'avoir ramené à quelques idées religieuses. L. Loi-ver.

La Vie du véritable JU$ de Louis XVI, due de Normandie, écrite par lut même. — Gruau et Laprade, Motifs de conviction sur i existence du due de Normandie. — tja Justice, ISIS. — Abrégé de thist. du dauphin. (Us de louis Xf'l. - A -F.-V.' Thomas . Naundorf, ou Mémoire a consulter sur C intrigue du dernier des faux Louis X* II. — Illustration du 30 aoni IBM. — Thibaut, dao* le DM. de la Conversât.

R A use A (l) ( Frédéric), théologien allemand, né vers 1480, à Bleichfeld ou à Weissenfeld, villages près de Wurtzbourg, mort à Trente, le 6 février 1550. Après avoir enseigné le droit canon, il devint en 1526 prédicateur à la cathédrale de Mayence , et peu île temps après secrétaire du cardinal Campeggio; il fut en 1534 appelé à Vienne comme prédicateur de la cour impériale , et promu en 1 54 1 à Pévêché de cette ville. Il assUta au colloque de Spire,

(i] Son vrai nom «tait Vnratk, ou selon d'antres Eckek

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et fut envoyé au concile de Trente comme ambassadeur do roi de» Romains. Quoique adversaire déclaré des protestants, il conseillait de ne |»as employer contre eux ta violence, mais d'avoir recours il la discussion, où il excellait. Il était renommé comme un des premiers prédicateurs de son temps. On a de lui : Oratto ad Erasmum ut is proximo m Spira statuum content ut interstt ; Vienne, 1524, in 4"; — Ad Carolum I pro sedamto plebeio in Ger mania tumtUtu ; Vienne, 1025, in-8";

— Miscellaneorum libri //, prior pro horis canonteis, aller pro missa apoiogetteus ; Mayence, 1527, in-4u; — Homiliarum cenluriit 1res; Cologne, 1530 ; ibid., Ià32: augmenté d'une quatrième centaine; — Ltbrt mirabilimn VU; Mayence, 1531, et Cologne, 1532, in-4° : contient îles détails sur plusieurs événements extraordinaires de l'époque; — Prediyten ùber aile Evangeltm des Jahres ( Sermon s su r tous les Évangiles de l'année); Mayence, 153j, m -fol.; — Ser moues quadragesithaUs ; Cologne. 1535, in- fol ; — lu Erusmum monodm; Cologne, 1536, in-8"; — De puero lilens instttaendo concilia; Cologne, 1536; — Ad Puulum lll rerum cvnctlianum libri V ; Leipzig, 1538, in fol. ; — Liber I resf>onsorum ad altqwd germante*; nattonis adctrsui sedem a pot lot team gravamina ; Cologne, 1538, iu-fol. ; — De Anttcfiruslo; Vienne, 1550, in-4Jj

— Dr novusttna mortuorutn resuri etttone ; Vienne, 1561, in-4°; < ologue, 1555. in 8*; — De consummaltone hujus sxcult; Cologne, 1555, in 8°; — Ltàri lll methodi de rutione concionandi , imprimé plusieurs foi* ; — des sennona, des oraisons funèbres, des ouvrages de controverse, etc.; .Vausea avait lui-même donne, en 1547, un catalogua de ses écrits imprimés et manuscrits, lequel se trouve à la suite de» Epistolx miscellaneje ad Fr. Sauseam : plusiears de ces derniers ont péri dans l'incendie «le Vienne en (526 ( vog. Ilummel , JS'eue Bibliolhek ivow seltenen Biichejn, cinquième partie). Les Œuvres complètes de Nausea oui été réunies en un vol. in-fol. ; Cologne, 1616 O.

Pania!<-o, P rrr< npoq raphia. — Sa!»*, HWorie Tridei}tlnt$chryi twita. — Ptttrhrichtm ran (irlekrbn des H&liftijts ff ertibumt ||.H] zi*. — [Hi na,

Mbl. des auteurs erclesia.<tt*qnrs ; Wl* «lèHe '.

ivacsicratès ou kai-cwats-s { n^txpittj; ou Naux^â-nr,;). poète comique grec, vivait dans le quatrième siècle avant J -C. On ne con naît que |> s litres ei de courts fragments de deux de s- s pièces, Nauxy^poi et Depiic D'après ces faibles débris, on suppose que Nausicratès était un poëte de la coine lie moyenne ; et s'ils ne donnent aucune idée du plan et des caractères de ses pièces, ils montrent que son style était pittoresque, animé et ne manquait pas d'acrément comique. Les Fragments de Nausicratèsontélé recueillis par Memeke, Fragmenta comica, vol. 1, p. 49.>, vol. IV, p. 575, etc., et par BoUie, Fragmenta corn, grzcorum. Y.

— NAVÀGERO

sa:

Athénée, Vil, p »9«, 3S5. 330. IX, p. JW; - Fabrfel*.

Bithothera <jr;tra, vol. Il, p. 471.

SATSIPH ANF.S ( Navxri^vr,; ) , philosopha grec, né à Téos vivait vers 300 avant J.-C. Il adopta les principes philosophiques de Drmocrile et suivit les leçons de Pyrrhon. lin: un grand nombre d'e lève.*, et fut part culièremrtî' fameux comme professeur de rhétorique. Êpkurr assista quelque temps aux leçons de Nausiphanés; mais loin de reconnaître qu'il lui avait de-, obligations, il affectait en toute occasion <le (tire qu'il n'avait rien appris de lui. Y.

Oc^ron , Dr nat. dcohim, I, M, SS. — Dlogenr \ *tnr IX. f9, tôt; X, 8, 1*. — Srilm Empirkn», Ait. JtfsrA, I, p il».

NAITZE (ta). Vog. La Nane.

NAVA (Luiz w ), peintre espagnol, né m 1723, mort en 1783 Cadet d'une ancienne u mille, il entra dans Tordre religieux etnwïitairf de Santiago. Il devint lieutenant des gaidesdu roi Ferdinand VI. Ses fonctions ne l'empechèr»; point de se livrer à son goût pour les arU, iurtout pour la peinture. Il fut l'un des fondate»r> de l'Académie de San-Fernando, dont il remparli le grand prix en 1753 Kava se fit renar<fufr pai- son excellent coloria. Quoique apparteaarA a l'école de Madrid, la plupart de ses laUejsv ornent les principaux monuments religieux <fr Valence : on y remarque un Christ dans l'rçlB- San Juan-del NW-rcaJo. A Madrid, douNava.) décoré le couvent des Capucins de la F*tieo«; on cite aussi de lut quelques portraits. A. at L.

lM Act»s Ht la JciiArmi* de san-Ftnêaiù. - Qullllct, Dictionnaire dn penitn s etpaynult

NAVAGKHO { André ). connu aussi soi» l nom latinisé de Aaugerius , homme politique vénitien et un des meilleurs poete> Uliiii> nw dénies, né a Venise, en 1 483 , mort à Bloi> k 8 mai 1579. Il (it ses études d'abord à V<w*f, sous Marc Antoine Sabellus, puis à Pa<lwusous Marcus Musurus et Pierre Vo«\àtuc*. Dans la première partie de sa carrière, les l«Hre> anciennes l'oa uiièreut presque uniqueiThnL 0« voit par les préfaces que Aide ranci naili* éditions de Quinlilien, de Virgile et de Lucrèce, et par les préfaces d'André Assolan en tête J' l'Ovide, de l'Horace et du Terence publies p* le même imprimeur, avec quel soin Naragm avait recueilli «tes variantes pour toutes œ> éditions et avec quelle sagacité il avait eboai le* meilleures leçons. L'édition des> Ducanrt Je Ckérun publiée par Aide t>t de Navagero, ao en a dédié les trois volume* u Léon X, à Bewl» et à Sadolet « par des c pitres dont le style, «àvant Ginguené, est di^ne «le Cicéron même >. Ces belles dédicaces lui valurent une telle réputation qu'il fut chargé de pri»nonoerle-.or<ti»aJ funèbres du gwral Bartuélemi d'Att**1** (10 novembre 1515), du doge Loredan* 25 j«w» 1621), et de Catherine Cornnro, reine de Cypre. Cette dernière harangue n'existe plus. « D*1 les deux autres discours, dit Giapuené, If i*0" ga^,e a autant de digailt que les pensées Ton*

NAVAf.ERO

ce qui honore le sénat vénitien est éloquemment ^ édition, plus commode,i>lus complète, <A qui disrappelé. Ces litres iVunperalor, de p> inceps, ] pense des précédentes, parut a Venise, 1754,

de pâtre* opium, donnés au général, au doge, aux sénateurs, les puissances supérieures invoquées *ous le nom antique de Dii intmor taies, tout fait illusion, et l'on croit assister à deux harangues prononcées dans le sénat romain. » Après la mort de Sabellico, le sénat lui donna Ravagera pour successeur <lans la place de garde de la bibliothèque Saint-Marc; et chargea en même temps cet éloquent écrivain de continuer l'histoire de Venise commencée par Sabellico. Les missions diplomatiques et la mort prématurée de Ravagera l'empêchèrent d'achever cet ouvrage. Il fut nommé, en (523, ambassadeur de la répub ique auprès de l'empereur Charks- Quint. Il no partit pas immédiatement, parce que le sénat attendit l'issue de la campagne de François Ier en Italie. Lorsque le roi de France eut été vaincu et fait prisonnier à Pavie, Ravagero alla en toute hâte porter à Cliarles-Quint les propositions pacifiques de la république. 11 passa quatre aus à la cour d'Espagne sjjps parvenir à conclure la paix ; mais si sa mission fut politiquement stérile, elle eut un résultat littéraire imprévu. C'est aux conseils et à l'influence de Ravagera que fut due l'introduction en Espagne d'une nouvelle école de poésie modelée sur la poésie italienne (1). Il quitta la cour de Char'es-Quint lois du renouvellement des hostilités entre ce prince et François Ier. A peine de retour à Venise, il fut chargé d'une mission auprès du roi de France. Il reçut de François Fr un excellent accueil ; mais il mourut peu après son arrivée à Rlois, à l'âge de quarante-six ans. Avant d'expirer, il ordonna de jeter au feu, comme trop imparfaits pour être publiés, l'ébauche de sa continuation de Sabellico, son Oraison funèbre de Catherine ( omaro et deux poèmes De Venattone et De Situ orbis dans le genre des Sylves de Stace. Les Œuvres de Ravagera furent publiées à Venise, 1530, in fol. Cette édition est belle et rare. Une seconde édition, faite par les soins de Joseph Comino et aux frais des Vol pi, parut sous ce titre : Andrex Savagcriit patrtcii Venati, oratoris et pnetse clarissimi, Opéra omnia; Padoue, 1718, in-4°; une autre

(1) Ce fait -si si Important dans l'hUloIrr de In poésie «papnclc qn'll wéntr d'être raconte en détail. Portant un »éJour «le *U mou quM fit a Grcunle en us:, Na*afrero, ajninl «mi ncca*|nn de causer de littérature nvec Bwnw demanda ponrqnol II nVwayarf pa* .le tram p«»rter dans Im laneue espagnole le «nonet et es autres forme* de versification employées par le» bon* auteur* ltiliem,ct le pressa vivement défaire cette tentative. Bft'Can se latsvi persuader, et quelques Jour* plu* tard Il se mit A t'eravre; il y prit bientôt plaMr, et employa le- rnesuna f.tvorlies de U poésie Itallenae av<r autant de li irdle^e q0e .le viccêv I.e août public restait d'aboni h cette tnilative; ma h fiarrllaso vint an secours fie Boscan . et la réforme littéraire ^aceompift; ime réforme qui roo l.fla sensiblement te rarfeter* et le* destinées de U p.>é»W- eopajtnole. « Il e*t rare, dit Tlckntir, qu'un horonve xott capable d'e terrer «tir une littérature étrangère «ne lafluruce au*«t ft>rte qne celle exerça sur la iltiéralurc espagnole. •

in- 12. l'Ile contient outre les Dédicaces et Oraisons j'unèbrejs en prose latine dont il a été question plus haut, des Varia lectmnes in omnia opéra P. Qvtdu Xasouii, et des Carmina ou Lu s us. Ces poésies latines, composées de quarante-sept pièces, la plupart très-courtes, sont le chef-d'œuvre de Ravagera. Le poêle sVst inspiré de la manière forte et large de Catulle, et a évité avec soin les subtilités et les pointes de Martial. Il condamnait si sévèrement ce dernier poète que chaque année il en brillait un exemplaire en l'honneur des Muses et de Catulle. Les Lusus de Ravagera eurent un grand succès; Joachim Du Bellay en donna de char' mante* imitations françaises. K.-T. Simon en a traduit quelques uns dans son Choix de poésies érotiques; Paris, I7SC, 2 vol. in-18. Un grand nombre de ces Lusus ont été insérés dan» le recueil des Carmina iUmlrium porta ru m Ualoruw, imprimé à Venisr, en 1558, et a Florence, en 1562. A Ja suite des Curuuna, on trouve des Mme, ou vers italiens^ qui valent moins, mais qui sont d'un goût pur. On a encore de Ravagera, en italien, cinq lettres écrites d'Espagne à Bannusio, un Voyage en Espagne et un Voyage, en France ; ces deux Voyages ne sont que des notes courtes-, sèches, mais judicieuses et intéressantes. Il Viaagio /alto in Spagna, publié à Venise, 1563, in- 1 2, a été inséré ainsi que les Lt tires à Ramusio et le Voyage en France dans les éditions des Opéra omnia. L. J.

Glan.Vi.lpl, Milice lur Ifaruuero, avec le* Selrcta doctor rlrarum de .tnrtrta Plnwjerin e}nstrue scriptit tnJ triumia, en téte des Opéra omnia. — Tlnboschi, Sl'*ria délia leUrrulura Uatiana, t. VII, part. III, p. îî8, — Ro«can, lutter to the Duqwsa d> ïowia, en letc du ffeennil livre des f'mnie» de Bosc.m. — r.lrnruené, /lister* littéraire iVttalie, t. VII, p. m. - Tieknor, HUtorg ot tpunif/i lUtratmre, vol. t, p. m.

NAVAtieno ( Bernard), parent du précédent, cardinal , né à Venise, en 1507 , mort à Vérone, le 27 mai 15A5. Appelé aux charges les plus importantes de la republique, il fut successivement ambassadeur en Dalmatie, à Constantinople, en France, à Rome et à la cour de l'empereur. Le «loge Pierre L.tndo brigua sonalliance et lui fit épouser Istriana Laudo, sa petite fille, qui mourut quelques années après son mariage avec Bernard. Celui ci chercha des consolations dans l'étude et dans la religion, et embrassa la carrière ecclésiastique. Le pape Pie IV, jugeant que la place d'un homme si distingué était marquée dans le sacré-col lége, le créa cardinal, Ie261évrier 156), et lui donna l'évéché de Vérone. 11 l'envoya ensuite en qualité de légat à Trente, où il assista à la clôture du concile. On a de ce cardinal des Harangues, la l ie du pape Paul IV. Augustin Valerioa donné la vie de Bernard Ravagera, dans son livre intitulé : De cantione adhibenda in. edendïs Hbris; Padoue, 1719, ui-4*(p. Gl à 98). H. F.

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