‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 151 sur 206 · NERVA · texte numérisé non relu

NERVA

sassins de Domitien. L'empereur, quoique af- r faibli par l'âge et les infirmités, rcsiata avec courage , et présentant m tète aux soldais ii dé- I Clara qu'il mourrait plutôt que de céder. Sa résistance fut inutile. Les soldats se saisirent de Petronius Secundus et de Partheaius, et les massacrèrent. Cas|«rtus poussa I insolence jusqu'à remercier, au nom de l'empereur, les prétoriens de ce qu'ils avaient fait. Nerva se résigna à ce* violences pour éviter la guerre civile; mais il comprit qu'il n'avait plus la force de gonverner seul l'empire, et quoiqu'il eût des proches parent*, il chercha hors de sa famille l'homme le plus capable de remplir cette tàclie difficile 11 se rendit au Capitole, et proclama que pour le bien de l'empire , du peuple el pour le sien propre, il adoptait Marcus Ulpius Nerva Trajan, qui coinman<lait l'armée de basse Germanie. Avec cette adoption coïncida la nouvelle d'une victoire en Pannonie. Nerva prit à cette occasion le nom de Germanicus, el le douna à Trajan avec le titre de césar et la puissance tri boni tienne. L'adoption de Trajan rétablit la tranquillité à Rome, et le reste du règne de Nerva n'olTril plus d'événement remarquable, Ln 98, Nerva et Trajan furent consuls; l'empereur mourut subitement, dans le premier mois de l'année à l'âge de soixante-treize an*, suivant Aurelius Victor, à l'âge de soixante-quinze ans dix mois et dix jours d'après Dion Cassius. Aurehus Victor fait coïncider une éclipse de soleil avec la jour de la mort de l'empereur ; mais l'éclipsé n'arriva que le 21 mars.

Le corps de Nerva fut porté au bûcher sur les épaules des sénateurs comme l'avait été celui d'Auguste, et ses restes prirent place dans le sépulcre du fondateur de l'empire. Soo successeur lui décerna les honneurs de l'apothéose. Tacite et Pline le louèrent, et la postérité a confirmé leurs éloges en reconnaissant dans Nerva un prince excellent, qui prépara le règne de Traian et ouvrit le siècle des Antonins. L. J.

Dl ifi <:a»«uii, I. I.XVUI avec 1rs notre de RHuarui. — AurHIu* Vieior, Ëpiloi*' . «'dit. dr Arl/cniii». — E»itrope, tlrev , V||i, i. — Pline, PuneyprU-m, édlt. de Sfli*<er — Ta « lté. Àgrirota. { Le» rrnsHRneiiirnM *ur Krr»a »ont pt u minibn m, et »e reduUvnt à de cuiirlei lartte liions, Tillrraont le» a n lc*ea avec «oln ; H a me.i.c fait u«aj<e de la *'w djpollomut par Plu OMrale, aqto rllr bien rtontente, inaU m>n . nhrrrmrni meiimable \. - Tllkin-'nl Histoire des euptrrurs, t II. - Kckhr), /*>ctrina yiimnrum — Valois, flbservatlmt sur quelques médaille de Aerna ; dans le Ht eue il de rjeadeau* des Inscriptions, t XIV.

ABhva (Cocee'nu). Voif. Coccr.ms.

Mkuvai. (Gérard tx). Voy. Gérard.

RKttvr.SA (G'ispero), peintre de l'école vénitienne, né dans le Frioul, vivait en 1540. Ii fut élève du Titien, ce qui ne justifie pas le nom de Gaspard Titien, sous lequel l'a désigné le rédacteur du catalogue du musée de Dresde. Ce musée possède de lui une sorte de caricature : Va l'nntrc faisant tin portrait d'après na Une. Nervesa a longtemps travaillé à Spilembergo,daus la délégation d'Cdine, etàTrévisc,où

KERVET 7C6 il a laissé un tableau qui n'est pas indigne de l'école du gr.md maître vénitien. E. R — n.

RiJoIA, t tte drpt' Ultstri putore Veneti e délit* Statu — OrUndl, yfbbteednrio. - Lanzl, itoria pUtor»io. - Ticout. Diitxhario. — Caltlouu* du muter de Dresde.

xkkybt (Jean), prélat français, né en 1442, à Évreux, moitié 2 novembre 1525. H appartenait à l'ordre de Saint- Augustin. Louis XI, lui avant trouvé de l'esprit, l'attacha à sa personne en qualité d'aumônier (1474;, et le choisit ensuite pour confesseur. Ses vertus et sa raie prudence lui attirèrent beaucoup de considération à la cour, où il demeura jusqu'à l'avènement de Charles VIII. 11 devint successivement prieur de Sainte-Cal herine-la-Coutiire à Paris, conseiller d'État, abbé de Juilly et évéque de M égare in partions. Il avait fait de bonnes éludes à l'université de Paris, et il cultivait les lettres; il fut un des protecteurs de l'helléniste Chéradame. On l'inhuma dans le cloître de Juilly P. L.

OralonUuuei, Juoem sur lu écrits xouvetrux, v|||, - Arch->n, Hist eccles. de ta chapelle de* rois de tranc, II. ll« - l>)in Toussaint «I INi*m», Catalogue des abbés de JuiUe. - Oatlta Christiana, IV, 787, et VIII. 1677.

kervet (Mich'l), médecin et commentateur français, né à Évreux, le 1 1 novembre 1663, mort dans la même ville, le 10 décembre 1729. Comme le précédent, il appartenait a l'une des plus anciennes familles bourgeoises de Normandie. Élevé citer les jésuites, dans sa ville natale, ii se lit recevoir docteur à Paris, devint m grand physicien », et exerça la médecine avec distinction. L'élude des langues grecque et hébraïque -remplissait ses lothirs. Il se livra à une appréciation particulière du Nouveau Testament, et releva un grand nombre de fautes dans toutes les versions françaisesconnues jusqu'alors; malheureusement lamortl'einpèchaile faire imprimer sa traduction. Il a laisse un grand nombre de notes manuscrites sur les livres sacrés et quatre Explications sur autant de passages du Nouveau Testament, qui ont été insérées dans les Mémoires de littérature et d'histoire du P. Desmolets ( Paris, 1726 - 1731, Il vol. in- 12), t. III, part. Fr, p. 162 et suiv. Quoique s'écartant de l'explication commune, le commentateur se rapproche davantage du texte et du sens de l'Écriture.

Nervet avait quatre frères qui se sont tous distingués parleur érudition. L'ainé, Guillaume , né à Évreux. le 5 juin 1655, est mort dans la même ville, curé de Saint-Aquillin et promoteur du diocèse, le l'r novembre 1690. I! avait fait ses études à Paris, était licencié en Sorhonne, savait trèsbien le grec, l'hébreu et le syriaque. Il a laissé quelques écrits sur la tliéologie et l'Écriture sainte.

Le second, Jean, né à Évreux, le ?t août 1658, mort le i janvier 1725», fut l'un de* plus célèbres avocats de sa province II avait lait ses études à Paris et avait particulièrement approfondi les dispositions si épineuses alors de la coutume de Normandie ; aussi \ euait on le consulter de t «utes

767 NERVET parts; le duc de Bouillon le plaça à la tête de sou conseil. Il a laissé beaucoup de Notes et de Mémoires sur les affaires bénéficiâtes, qu'il entendait très-bien ; plusieurs Jactums sur des procès importants ; un commentaire en forme de conférences coutumièrea» etc., etc.

Le troisième, Jacques, né à Évreux, le 28 septembre 1669, mort curé de la Trinité près cette ville, le 4 février 1756. Très- versé dans le grec et l'hébreu, il a critiqué beaucoup d'étymologies adoptées par Ménage et autres savants. Il a laissé inachevé un Dicttonnuire étymologique.

Le quatrième, Nicolas, né à Évreux, le 2C octobre 1677, mort curédeGauville près Évreux, le 20 janvier 1742. Il s'était particulièrement appliqué aux belles-lettres. Il a laissé des Mémoires de littérature achevés, mais non imprimés.

Journal des Savant* (table). — Le Braweur, Hist. d' Evreux. p. I. - fiich.ird etGiraud. Bibliothèque sacrée -Mortrl, U grand Dictionnaire historique.

kertèxb (A. (1) de), littérateur français, né vers 1 370 ; la date de sa mort est ignorée. On ne sait s'il est originaire d'Angers ou de Poitiers; ce fut dans cette dernière ville qu'il passa une partie de sa jeunesse et qu'il se lia d'amitié avecScévole de Sainte- Marthe. Après avoir été secrétaire de la chambre du roi Henri IV, il s'attacha, après la mort de ce prince, au service d'Henri de Condé. Il vivait encore en 1622. On a de lui : Les Amours de Filandre et de Marizée; Lyon, 1603, in- 10; — Us Amours diverses en sept histoires; Paris, 1605, in-12; — Us Amours d'Olympe et de Byrène; Lyon, 1605, in- 12, faits à l imitation de l'Ariostc; — Essais poétiques; Poilicrs, 1605, in-I6; outre 135 sonnets « pleins de fadeurs amoureuses » , dit Goujet , on y trouve des chansons , des stances , des épltres, des élégies, des ballets, des tombeaux ou épitaphes, etc. ; s'il faut en croire l'auteur, il aurait d'abord voulu anéantir ces œuvres de sa jeunesse, les jugeant « conçues d'une trop grande promptitude d'esprit », et propres a laisser de mauvaises impressions • tant pour la variété du sujet que pour l'ignorance du style » ;

— Les Poèmes spirituels ; Paris, 1606, in-12;

— Us Aventures guerrières et amoureuses de Léandre; Paris, 1608, 2 part.; Lyon, 1610, in-12; — Us Aventura de Lidior ; Lyon, 1610, in-12; — Le Songe de Luc i do r, ou Regrets sur la mort de Théophile; Paris, 1610, in-12 : sous le nom de Théophile , Nervèxe a voulu désigner, non le poète mort en 1627, mais le roi Henri IV; — Discours funèbre sur le trépas de Henri IV; Pari», 1610, in-12; — Oraison funèbre du duc de Mayenne; Paris, I6U, in-12; Lyon, 1618, in-12, sous le titre d Histoire de la vie, etc.; — Ultre écrite au prince de Condé; Paris, ici 4, in-S0. P.

M) Gou|et loi donne le* prénom* de CuiUaume- Bernard l>';,ulre* blosr«Pl.( a priant q.,e l'initiale A. dont » fabait précéder aoo nom, doit elre celle à' Antoine.

— NIvSLE

Goujet, Mbttoth. française, XIV. su. frem d» Radier, Herrtations historiques, I. - PhUlpon ùtel A** pottes fronçait. v ' "** m

NR* (Jan van), peintre hollandais, né i Delft, en 1588, mort en 1650, dans la même ville, H fut un des meilleurs élèves de Michel Mirevdt, qu'il égala pour le portrait. Il voyagea plu&ieurt années en France et en Italie. De retour dm sa patrie, il y succomba bientôt à une affection de poitrine. Suivant Descamps,» il se distingué autant par son esprit et son caractère que par ses talents. Il dessinait correctement , coloriait bien et excellait pour faire ressembler. La Hul* lande admire encore ses ouvrages ». A. de L.

J. C Weyennan, De Schildertonst du Sedertonirn t. Il, p. S40. - beoramp«, Layie des peintres koLaadais. etc., t. II, p. JOS-IW.

NESAWT ( Mohammed ben - Ahmed al Monschy, al), historien arabe, né à Ne», dans le Khoraçan, au commencement du treizième siècle de notre ère, mort vers le milieu du mène siècle. Il fut d'abord gouverneur de sa ville mtaie, puis secrétaire du sultan kbarizn.ien Djetaleddin Mankberny. Sous le titre Seirat tl Djelaleddin Mankberny, Ncsawy a compose une histoire de ce prince et de la deslroctioo de son empire par le fameux Dginkim-KluD. Dans cette histoire, citée avec éloge par Saadî dans son Gulistan, il flétrit le conquérant moghol du nom de Fléau de l'humanité. Soa ouvrage se trouve en manuscrit dans la Bibliothèque impériale de Paris. Ch. R.

H.d|l Khalfa. Lericon BiblsoarapMeum. - Noandfti d*Oha«.u, Histoire des Moghols. - Hamwer, UuMn de la littérature arabe.

NES bit (Alexander), héraldiste anglais, né en 1672, à Édimbourg, mort en 1 725, à Dirltoo. Il délaissa l'étude du droit pour s'adonner à celte des antiquités, du blason et des généalogies. L'ouvrage qu'il a écrit sur ces matières n'a pas encore été dépassé en Angleterre (On htraldry; Édimbourg, 1722-1742, 2 vol. in-fol.). Oo a encore de lui : Heraldical essay on addittonal àgures and marks of cadency; l"0?, in-8°; — An essay on the ancient and modem use of armories; Londres, 1718, in-*'; — A Vindicatton ofScottish antiquités, manuscriL K.

Clialmrrs, General bioçraph. Dictionarf.

rbslb, nom d'une branche issoe de M lustre maison de Clermonl, et dont voici le* personnages les plus remarquables :

Simon ne Nesle, mort en 1288. Fils aîné de Raoul de Clermont et de Gertrude de Nesle ou Neelle, il épousa en 1242 Alix de Montfort, qui lui apporta en mariage le comté de Ponthic*. C'était un des chevaliers auxquels Louis IX coofiait le plus volontiers le soin d'affaires importantes. Aussi lorsqu'il partit pour l'expédition de Tunis l'adjoignit-il à Matthieu, abbé de Saint- Denis, pour adminislrcr le royaume en qua"* de régent (1270). Simon figura encore dans od« assemblée des barons et des prélats conroqi>« le 20 février 1284 à Paris : il y porta la parole

76fr NESLE —

au nom des barons pour engager le rot Philippe III à accepter la couronne d'Aragon, que lui offrait le pape Martin IV par l'entremise du cardinal Chollct. On trouve quelque» lettres de lui dans le Spîciiegium de Luc d'Achery.

Raoul de Nesle, connétable de France, fils aîné du précédent, mort le 11 juillet 1302, à Court rai. Après avoir pris part à la seconde croisade de saint Louis, il obtint en 1285 la charge de connétable à la mort de Hutnbcrt de Beaujeu. Dans la même année il servit en Aragon avec Jean de Harcourt, et livra, sous les murs de Girone, au roi don Pedro, un combat acharné, dont l'issue resta indécise (14 avril). En 1287 il fut chargé de repousser les Aragonais du Languedoc; en même temps il fit restituer les biens usurpés sur les seigneurs ecclésiastiques et laïcs depuis la réunion du comté de Toulouse au domaine royal. La guerre ayant été déclarée aux Anglais , il fut investi des plus grands pouvoirs dans la province où il commandait pour le roi (129.1), leva une année, et prit possession de l'Aquitaine. Puis, secondé par le comte de Foix, il envahit la Guienne au mois de janvier 1295, s'empara de Podensac , de La Réole et de Saint- Sever, et livra à Charles de Valois, qui les fit pendre , tous les Gascons qui avaient concouru à la défense de ces places. Rappelé en 1297 a l'armée de Philippe IV, il rencontra les Flamands près de Comines, et les mit en pleine déroute. Il conserva le commandement de la Flandre. Raoul se trouva à la fameuse bataille de Courtrai ( Il juillet 1302), qui fut livrée contre son avis. Robert, d'Artois parut même le soupçonner d'intelligence avec les ennemis. « Est-ce que vous avez peur de ces lapins , lui dit -il en raillant, ou bien vous-même avez-vous de leur poil? — Si vous venez où j'irai, s'écria le connétable, indigné, vous viendrez bien avant. » Ne prenant alors conseil que de son désespoir, il commanda la charge avec impétuosité, et'inourut au plus fort de la mêlée, sans avoir voulu de quartier. Toute la fleur de la noblesse française périt avec lui. De ses deux femmes, Alix de Dreux et Isabelle de Hainaut, il ne laissa que des filles.

Gui Ier de Nesle, frère puîné du précédent, fut nommé maréchal de France avant 1296, accompagna son frère en Languedoc et en Flandre, et fut tué avec lui à Court rai. Il devint chef de la branche des seigneurs de Neale , d'OfTemont et de Mello.

Gui II de Nesle, petit-fils du précédent, mort le 13 août 1352, à Moron, fut élevé, le 22 août 1348, à la dignité de maréchal de France, à la place de Robert de Saint- Venant. Nommé en 1349 capitaine général de la Saintonge, il fut battu et pris par les Anglais dans cette province (1351). Le 22 mai 1352, il passa en Bretagne en qualité de gouverneur, et livra aux Anglais près du château de Moron un combat funeste , où iJ perdit la vie avec cent quarante chevaliers.

Gui III de Nesle, petit-fils du précédent,

KOUY. ftlOCR. VÉNÉR. — T. XXXVII.

Page 1