‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 17 sur 206 · MUSSO · texte numérisé non relu

MUSSO

1574, à Rome. Dès l'âge de neuf ans, il entra chez les Conleliers conventuels. Il étudia avec succès la philosophie et les langues anciennes, professa la métaphysique à Pavie et à Bologne, et fht reçu docteur en théologie à Padoue. Son éloquence le rendit célèbre par toute l'Italie ; il consacra sa vie entière à la prédication , et parut avec éclat au concile de Trente Cependant ses discours, quoique fort applaudis, ne s'élèvent guère au-dessus de ceux de Maillard et de Menot ; il y cite pèle-mête la fable, l'histoire, Homère, Virgile, l'Écriture et les Pères. Par exemple, dans la harangue qu'il prononça à l'ouverture du concile de Trente , il dit que les assemblées sont nécessaires, parce que dans L'Enéide Jupiter réunit le conseil des dieux et qu'à la création de l'homme et à la tour de Babel Dieu s'y prit en forme de concile; que tous les prélats doivent se rendre à Trente, comme les Grecs dans le cheval de Troie, etc. Appelé à Rome par le pape Paul III, Musso fut pourvu de Pévèché de Rertinoro, dans la Romagne, «J'où il passa à celui de Bitonto, Sous Pie IV, il fut envoyé en Allemagne. On a de lui : des Sermons, en latin et en italien; Venise, 1582- 1590, 4 vol. in-4*; — De Visilatione et de Modo risitandi site Synodus Bitontina; Venise, 1579, In-fol.; — De Hisloria divlna lib. V ; Venise, 1587, et d'antres ouvrages. P.

Gldftrppe Mu*ao, Fita di CorntHo Mutto, à la téte An Prédictif quaJrageUmaU (IS8«| — Ughf III, Italia sacra, II, SU, et VII, e«9. — Ghillnl, Theatro dhuomini letterati,i" part. — Impérial! , Mutxum kist. — Bayle, Dict. crU.

MrssoT. Voy. Ar^oclo.

MCBTACCHt (Le). Voy. Revf.llo.

MUSTAPHA 1er, sultan ottoman, né à Constantinople, en 1591, mort en 1639, dans cette ville. Second fils de Mahomet III , il succéda, le 24 novembre 1617, à son frère aîné, Achmot I«\ Pendant toute la durée du règne de ce dernier, Mustapha avait vécu enfermé dans l'intérieur du harem ; cette captivité avait affaibli ses facultés intellectuelles, au point que, une fois monté sur le tronc , il passait son temps à jeter des pièces d'or aux poissons du Bosphore, ou à poursuivre, le sabre à la main, les jeunes pages du sérail , dont il voyait couler le sang avec un sourire stupide. Un de ses amusements favoris était , de faire amener devant lui des gens du peuple ou «les enfants , et de leur conférer les plus hautes dignités de l'empire : les marques de profond étonnement qu'ils donnaient, en se voyant revêtus , d'une manière si inattendue, d'emplois importants, causaient à Mustapha des accès d'une joie insensée. Malgré ces actes d'imbécillité, il trouva des défenseurs dans le corps des chéiks qui , espérant s'emparer de l'autorité sous ce simulacre de souverain, essayèrent de faire passer son idiotisme pour un signe de sainteté et pour la préoccupation d'un esprit ahlmé dans les choses célestes. Mais, à la suite de la révolte des janissaires et des sipahis, le kislar

( aga chef des eunuques) s 'étant entendu avec hmoufti et le kaïrnakam, Mustapha I r, après trois mois de règne, fut relégué, le 26 février 1618, dans le harem, où t'était déjà écoute une partie «le sa vie. Pendant cette première période de son règne, il avait fait éprouver en Itaitement injurieux à M. de Sancy, ambassadeur de France à Conslantinople. Sous le prétexte que le diplomate français avait été complice de l'évasion d'un officier polonais captif, Mustapha le fit arracher «le son hôtel, et amener «levant le cadi , où M. de Sancy faillit être mis à la question. Le sultan fut déposé, du reste , avant que cette affaire ne pût être arrangée. Chassé par une révolte de janissaires, l'imbécile Mustapha t'rfut, par un jeu bizarre du sort, rétabli sur le trône quatre ans après, le 19 mai 1622, à la suite d'une autre révolte de la même milice, qui traita Osman II comme elle avait traité son oncle Mustapha. Ce dernier, croyant que ceux qui allaient le tirer de sa prison venaient pour l'assassiner tendit docilement le cou aux soldats : il se plaignit ensuite de la soif et «le la faim , car depuis trois jours il était privé de toute nourriture- Pendant les scènes horribles de cette journée, parmi lesquelles figure l'exécution d'Osman II, premier exemple de l'assassinat d'un sultan ottoman régnant, Mustapha I«r, assis sur le rnihrab de la mosquée des janissaires, tressaillait à chaque explosion «le l'orage populaire , et n'était rassuré qu'avec peine par la sultane Validé, qui lui disait : « Viens, viens, mon lion! » Du reste, rétabli sur le trône, ce fantôme «le souverain ne gouvernait pas plus par lui-même que dans la première période de son règne. Après avoir assisté une seule fois à la prière publique du vendredi ou khothbah, il fut dès lors empêché d'y paraître, par les officiers «lu sérail, qui voulaient dérober à la nation l'étal moral du sultan. Car la démence de ce prince avait pris, depuis son second emprisonnement , on caractère encore plus prononcé. Tantôt, parcourant avec inquiétude le sérail et frappant à toutes les portes, il appelait son infortuné neveu, dont il avait oublié la fin tragique, et le demandait à tous ceux qu'il rencontrait ; tantôt il mettait en morceaux les meubles les plus précieux du palais ; parfois il passait des journées en-

. tières sans faire un seul mouvement, et les jeux tournés vers le ciel. Après la deslitution «le Daoud-Pacha, meurtrier d'Osman II, et accusé de divers autres assassiuats, le sultan nomma grand-vizir le cuisinier Merrè Houcéin, mari «le >a nourrice, qui tenta de refréner les janissaire.;. Ceux-ci, au bout d'un mois, ayant demandé si destitution, le sultan leur laissa le choix enln* trois candidats qu'il proposa pour ce poste. Il en fut de même du quatrième vizir, Khn.lim (ïurdjï Mohammed -Pacha, qui entra en fondi«i;ir» le 14 octobre 1622, et qui lit d'importantes réformes administratives , en même temps qu'il

, releva la marine.

Après avoir dû souscrire, le 9 janvier 1623, à l'exécution des meurtriers d'Osman II , parmi lesquels était en première ligne l'ancien grand vizir Daoud-Pacha, qui avait accusé le sultan lui-même d'avoir assassiné son prédécesseur, Mustapha I*r dut sacrifier aux janissaires encore le vaillant Gurdji Mohammed. Sur leur demande , il réintégra Mené Houcéin dan» ses anciennes fonctions. Le nouveau grand vizir inaugura sa seconde administration par la conclusion d'une paix avantageuse avec la Pologne, qui dut céder l'importante forteresse de Cboczvm, le 18 février 1623. En même temps il reçut la soumission du prince de Transjl varie , Bethlen Gabor, ce qui le rendit assez fort pour éluder les demandes de l'empereur d'Allemagne , qui réclamait la reddition des places de Lippa, de Waîtzcnet d'Arad en Hongrie. Il tint tête également à l'Angleterre et aux Vénitiens, et n'accorda à l'ambassadeur de France que la destitution du patriarche grec de Constantioople , Cyrille Lascaris, accusé de tendances calvinistes et de relations étroites avec les protestants d'Allemagne. Mustapha 1er dans tout cela laissait faire ses ministres et ses agents. Il s'occupait seulement à faire revivre les anciennes mœurs ; il exhuma les vieux édits contre l'usage du vin, et fit enlever leurs enfants aux chrétiens et aux juifs , pour les enrôler parmi les janissaires. Pour le reste, les événements marchèrent sans lui, et même malgré lui.

Après les avoir gorgés de butin et d'argent, le grand vizir, Merrè Houcéin ne parvint pas encore à satisfaire les janissaires , qui continuèrent à manifester leur mécontentement par des révoltes et des incendies. D'un autre côté , par sa partialité pour ce corps, il s'était aliéné tous tes pachas de provinces, parmi lesquels Abaza, gouverneur dtrzeroum, souleva toute l'Asie Mineure, et s'avança jusqu'à Brousse. A la même époque le compatriote d'Abaza, le Turcoman Séifëddin Oghlou Yousouf, s'était déclaré indépendant à Tripoli de Syrie. Le bruit s'étant répandu que la sultane Keucem avait formé le projet de mettre sur le trône son fils Arourath , et qu'elle était soutenue par Gurdji Mohammed, Merrè Houcéin, aidé des janissaires, la força d'envoyer à la monnaie toute la vaisselle d'or et d'argent du sérail. Ce sanguinaire vizir, après avoir étouffé encore dans le sang une ré voile des spahis, une insurrection des oulémas, qui avaient demandé la déposition de Mustapha I", fut destitué, le 20 août 162o. Le nouveau grand vizir, Kemankech Ali- Pacha, n'eut pas plus tôt le pouvoir en main, qu'il s'empressa de convoquer les principaux dignitaires, pour concerter avec eux la déposition du sultan. Sa nullité complète ayant été constatée, Mustapha 1er fut renvoyé, avec la sultane Validé, au fond du sérail, où il resta enfermé jusqu'en 1639. Dans cette année, Amurath IV, son successeur, ayant conçu de l'om-

brage du malheureux prisonnier I» fit Etrangler- Mustapha I«" est le seul de tous les sultans ottomans auquel les historiens nationaux n'accordent pas les éloges dont ils sont si prodigues envers leurs maîtres. Sous son règne déplorable , les revenus de la couronne diminuèrent de plus de 48 millions; dix-neuf sandjaks, composant les provinces de Géorgie, Ghendjé, Érivan , Bdfcdad et Bassora , tombèrent entre les mains des Persans; tandis que toute l'Asie Mineure et la Syrie étaient au pouvoir de pachas rebelles. Les soldats s'étaient adjugé la perception des impôts , élevés à un taux inconnu jusqu'alors , ?i la population avait décru d'une manière effroyable. De cinq cent cinquante-trois mille , qui était leur nombre en 1610, les communes se trouvaient en 1623 réduites au chiffre de soixante-quinze mille. Quant à l'armée, les troupes régulières commençaient à abandonner le service. Et cependant, au milieu de cette décadence générale des institutions civiles et militaires , la littérature et la jurisprudence étaient arrivées à un haut degré de culture, grâce à l'influence du corps des oulémas, qui joua un si grand rôle pendant le règne de Mustapha Ier. Ch. R.

IferkesJude, Annalet ottomanet. - Abrtl-Ptehi, id.— Nalma, idem. — Hammer. Histoire de l'Empire otto-

mustapha ii, sultan ottoman, né le 2 juin 1664, à Constantinople, mort dans la même ville, le 31 décembre 1703. Fils du sultan Mahomet IV, il succéda à son oncle Achmed II, le 6 février 1695. Mustapha, dès le début de son règne, annonça, contrairement à ses prédécesseurs, la volonté ferme de gouverner par lui-même, volonté qu'il exprima dans Un hatti-chérif , oh il blâma l'indolence de Souléiman III et d'Achmet IL « Je persiste à marcher », fut sa réponse aux vizirs, qui voulaient le détourner de se mettre lui-même à la tête de ses armées. Après avoir apaisé une émeute des janissaires , et fait exécuter le grand vizir Sourméli Ali-Pacha, comme coupable de cette émeute, Mustapha II éleva au grand vizirat Mohammed Elmas-Pacha, et conféra le titre de capitanpacha au célèbre pirate algérien Houcéin Mezzomorto. Victorieux dans deux batailles navales, livrées aux Vénitiens, le 8 et le 18 février 1695, dans le canal de Chio, Houcéin reprit cette lie à ses adversaires, tandis que le khan de Crimée ravagea en même temps toute la Pologne et la Gallicie jusqu'à Lembcrg(ou Léopol). Les Vénitiens furent encore battus, en avril 1695, par Lfberius Gueratzari , bey de la Maina, ainsi que par Haçan- Pacha, chef des Yurnks ou Turcomans; ils n'étaient pas plus heureux dans l'Herzegowioe contre Siawouch , gouverneur de Perzerin, en juin dê la même année.

Mustapha se porta ensuite au-devant des Impériaux sur la Theiss, oii il les rencontra, le 22 septembre 1695, entre Lippa et Lugo«. Le sultan attaqua en personne le centre de l'armée

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