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chrétienne, tandis que le khau des Tarlares la surprenait par derrière. Apre* avoir, à l'aide de cette habile man.euvre, battu les Impériaux et fait traneber la tôle, sur le champ de bataille même, à leur brave, général , Frédéric Veterani, dTrbin, Mustapha lit sou entrée triomphale à Constantiuople, le 10 novembre. Dans cet intervalle llouceiii Mczzotnorto avait de nouveau défait, dans deux batailles navales, pré* de Cbio, le 18 et le 21 septembre lG9j, le* Vénitiens, qui y perdirent leur aoutal Giovauni Zeno. Le sultan semblait avoir ramené la victoire sous les drapeaux ottomans; car il força encore le czar Pierre le Grand de lever, après trois mois d'attaques infructueuse», le siège d'Azoff, le 13 octobre 169 j. Pendant l'hiver suivant, Mustapha ordonna plusieurs mesures administratives imfwtautes : il soumit à U capilation tous les Bohémiens , tant musulmans que chrétiens , racheta les impôts et fermages à vie, pour ne les louer dorénavant qu'à un temps indéterminé; enfin il abolit les milices irrégulières. Bientôt il se mit de nouveau en campagne contre les Impériaux, commandés cette fois par le fameux électeur de Saxe, Frédéric-Auguste le Fort, appelé par les Ottomans Briseur de fers à cheval. Il les battit à Olasch, prés de Temeswar, le 20 aoôt 1696 ; mais en revanche il eut la douleur de voir tomber entre les mains de Pierre le Grand l'importante forteresse d'Azoff. Pour obvier aux inconvénients de celte perte, Mustapha fit bàlir un château Tort à l'embouchure du Kouban, et renforça les flottes de la mer Noire et du Danube. Une fouderie de canons fut établie à Piraouschla. Après a voir forcé lesgrandsde l'empire à fournir dea soldats, créé cinq nouveaux hôtels de monnaie, où les anciennes pièces furent refondues, et rempli le trésor par divers impôts frappés sur des articles de luxe, le sultan ouvrit lui-même la nouvelle campagne de 1697. Ajant remporté de légers avantages sur le général autrichien, comte d'Auersperg devant Bihac? el Karansebès en liosnie, Mustapha se trouva tout a coup, avec son grand visir , fclmas. Mohammed-Pacha, en face du prince Eugène de Savoie, campé devant Pétervaradin. A la Buite de diverses marches et contre-mai clies, les Turcs commencèrent à effectuer près de Zenta, au moyen d'un pont jeté sur la Theiss, le passage de cette rivière. Mais avant que ce mouvement lût enti. rement terminé, une portion de l'année impériale, se plaçant entre le pont et l'aile droite des Ottomans, leur coupa la retraite, tandis que le prince Eugène les attaqua de front; cette mamvuvre décida la victoire en faveur des chrétiens. Le Grand Seigneur, placé sur l'autre rive de la Theiss, s'enfuit à Terne* war, laissant entre les mains des Impériaux son riche trésor, son harem, ses voitures, le sceau de l'empire, toute l'artillerie, les bagages et les caisses de l'année, et quatre cents étendards.
Arrivé à Temeswar. Mustapha s'occupa de remplacer les hauus dignitaires qui avaient péri dans
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/ la bataille de Zenta, et parmi lesquels se trouvât le grand vizir Elmas Mohammed-Pacha; eu même temps il remplit les cadres de l'armée, qui veuait de perdre trente mille hommes , et donna les sceaux de l'empire à Houcéin Kiouprili-Paclta , d'une famille qui avait déjà fourni cinq grands dignitaires à la monarchie. A c * moment il reçut la nouvelle de la dernière victoire navale remportée par Houcéin Mezxomorto, près de Ténédos, sur les Vénitiens, qui sur un autre poiut avaient aussi diï abandonner le siège de Dolcigno, dans l'Albanie. Une autre et plus belle compensation de ses revers lui vint de la limite la plus orientale de son empire : le cltùh Houcéin de Perse lui envoja les clefs de Bassora, ville qui avec ses environs avait été soustraite à la domination turque par le fameux chéik Marai et par deux autres rebelles, Abbas Anouni et Séitnan. Dans l'intervalle, le grand vizir avait pris de nouvelles mesures fiscales pour se procurer de l'argent, tandis que le séraskier Mustapha Ualtaban repoussa au delà «le la Save les Autrichiens, qui avaient envahi la Bosnie. Mais le sultan, vu le délabrement «les finances ottomanes et la supériorité numérique du prince Eugène, accepta la médiation oflrrte par l'ambassadeur anglais pour arriver à conclure la paix entre la Turquie et l'Autriche.
Daltaban Musta|>ha - Pacha remporta divers avantages, en même temps que les Tarlares surprirent les Allemands dans Teraeswar ; les chances semblaient donc assez avantageuses à la Turquie pour qu'on pût arrêter des bases futures, tant pour l'Autriche que pour Venise, le 22 juillet 1698, peu de jours après une bataille navale livrée près de Mitylène, où cette répubhque avait pris sa revanche sur les Ottomans. Après que Pierre le Gtand eut conclu, pour deux au» seulement, un armistice selon lequel il oouserva la ville d'Azolï, le 24 janvier 1699, Mustapha fil signer, le 2 G janvier 1099, le traité de paix avec l'Autriche, la Pologne et Venise, par le reis effendi Rami et le drogman Maurocordalo. Le sultan resta maître du banal de Tentes *ar, mais céda à l'empereur Léopold la Transylvanie et tont le pays appelé Baczka, situé entre le Danube et la Theiss, et renonça à toutes les sommes payées annuellement, à quelque titre que ce fût, par l'Allemagne. Mustapha fit inaérer dans le traité avec cette puissance, représentée par un ancêtre du comte Schlick, la clause que les Hongrois révoltés obtiendraient leur grâce ou la faculté de passer, s'ils le préféraient, sur le territoire de U Porte Ottomane. Parmi ces derniers se trouva le fameux Éméric TrekeJy, qui mourut peu après , à Pera, dans un état voisin de l'indigence.
Les Vénitiens restituèrent les conquêtes qu'ils avaient faites au nord des golfes de Corinthe et d'Égine, et retinrent la Morée jusqu'à rilexamilon, presque toute la Dalmatie, Sainte- Maure et les Iles voisines; la république acquit de plus les villes de tastdnuovoet de Cattaro, et fut u-
bèrée de la rente à
mise jusqu'alors pour la possession de Zante : il fol stipulé en outre que les fortifications de Prévésa et de Lépante, ainsi qnecellcs du château de* Dardanelles sur la eôtedc. Roumilie, seraient détruites par les Vénitiens, et que les Ottomans en resteraient possesseurs , ainsi que des lies de l'Archipel. La Pologne enfin, représentée par le père du roi Stanislas Leczynski , recouvra Kantiniez, la Podolie et l'Ukraine, contre la restitution <le Soczava, Nerooz et Soroka aux Ottomans, et elle fnt affranchie du tribut honteux qu'elle payait au khan des Tartares.
Dépouillé de son prestige militaire, par la paix de Carlowitz, qui pour la première fois affranchit moralement les puissances chrétiennes de la terreur inspirée jusqu'alors par les redoutables Ottomans, Mustapha tourna son attention vers tes améliorations intérieures et vers la soumission des gouverneurs rebelles. A la place d'un moofm à poudre qui avait sautéà Constanlinople, et de tous les magasins qui avaient été détruits à Belgrade, le sultan, puissamment secondé par le grand vizir Kiouprili Houcéin , en fit construire <f autre* , en dehors de ces villes et à l'abri de dani^rs semblables. Puis, il restaura les forteresses de Cbehrezour, d'Amasia, de Gallipoli,de
MUSTAPHA 54 elle avait été son- i voltes en Crimée, où G nazi Gbcraï et Kaplan
Ghéni avaient successivement, à l'aide des Noghaïs, aiiMiré l'étendard <le la révolte contre leur frère, le khan IKwUt-Ghéraï. Après avoir encore pacilié le Kourdislan et la Ti i|>o)itaiue d'Afrique , où il essaya d'imposer son autorité jusqu'au chérif de Maroc, le fameux Mu!ey 1smaîl, et restauré le canal du Nil à Alexandrie, le Grand Seigneur fut privé, dans le courant de la même année, de ses eerv rieurs les plus fidèles et les plus éclairés. Houcéin Mezzomorto mourut en septembre 1701 , et le grand vizir Kiouprili, compromis par un de ses neveux, qu'on accusait d'aimer une sultane, dut demander sa retraite, qui fut suivie presque immédiatement de sa mort, le 22 septembre J7o'2.
A partir de ce moment , Mustapha entra dans la troisième période de son règne, la période des revers et des troubles. Nous le voyons d'abord conférer la dignité de grand vizir au vieux Mustapha Daltahan, qui s'était signalé par ses succès guerriers contre les Autrichiens et les Aral>cs de Bassora. Mustapha abandonna les n'nes du gouvernement à son nouveau vizir, qui, à côté d'ordonnances ridicules sur le costume des raias, en rendit aussi qoelques unes de bonnes, touchant les douanes et les économies à faire sur les
Belgrade, Hissa, Temeswar, et les châteaux des i troupes en congé. Cependant, le sultan montra Dardanelles; il établit l'académie militaire Tachlik I du mécontentement quand Daltahan commença à Omstantmople, construisit des fontaines , des ! les persécutions contre les jésuites, dont il supaqoeducs, des écoles, des abattoirs, des mos- prima les écoles àErzerourn, au profit des Armé* qvées , des casernes dans différentes villes de niens schismatiqnes : circonstance qui ajouta à l'empire, et par diverses ordonnances il apporta . l'aigreur des relations entre la Turquie et la un adoucissement à la position des sujets chré- France, dont Mustapha, par suite d'une querelle tiens. Conseillé par son capitan-pacha Houcéin d'éth|uette , refusait depuis quatre ans de rece- Mezzomorto, il fait aussi réformer la législation voir l'ambassadeur, M. de Ferréol. Mais le sultan maritime, en promulguant nu code de marine, se fâcha sérieusement lorsqu'il vit les tentatives encore en vigueur aujourd'hui. Après avoir ' de son grand vizir pour annuler le traité de Carreçu le tribut arriéré de la république de fta* ! lowitz, et se débarrasser par le poison des gnee, ainsi que celui du dadian deGouriel,en : principaux instigateurs de ce traité, le réis 1700, et augmenté de 4,000 piastres la rétribution effendi Rami et le moufti Saïd Féîzoullali : Musqpe payait l'Egypte, le sultan régla les affaires, tapha signa l'arrêt de mort de Daltahan, qu'il si longtemps pendantes, des villes saintes. Ayant fit étrangler à la porte du sérail. Il conféra en-
reconnu, par politique, un rebelle, Saad ben- Saad, comme chérif de La Mecque, et détaché la ville de Djedda de ses possessions, pour la soumettre immédiatement à la Turquie , Mustapha assura la sûreté des caravanes des pèlerins et le payement exact de la sourre, ou tribut pour les peuplades environnantes saintes, et les aumônes aux pauvres «te ces deux cités. De cette manière il rattacha de nouveau à l'empire tous les Arabes dn désert, qu'il gagna encore par deux nouvelle» felo instituées en l'honneur de la naissance et de b première apparition du prophète Mahomet, de ruèine que par la restauration de la Caaba et de la fontaine de Zemzein. En 1701 le sultan fit remettre sons l'obéissance le district de Bassora, ou le sériasker Daltahan Mustapha éleva sur le champ de bataille une pyramide de quinze mille
arabes. En môme temps il étouffa deux ré- ' la dissipation par la mollesse à laquelle il se
suite les sceaux de l'empire à l'ancien ennemi de Daltahan, Rami Mohammed-Pacha, qui, après avoir abattu les turbulents Noghais et les Géorgiens révoltés, et réglé la délimitation définitive des frontières du côté de l'Autriche et des Vénitiens, continua les réformes administratives de Houcéin Kiouprili. Parmi ces réformes figurent les subventions données aux fabrique* de drap de Sélanik et aux manufactures de soie de Brousse, pour relever ces deux branches d'industrie et affranchir la Turquie du tribut qu'elle payait à l'étranger pour ces articles. Rami-Pacha s'attira des liaines violentes en faisant rentrer au trésor des sommes détournées par de liants fonctionnaires, et en infligeant à plusieurs d'entre eux la peine ignominieuse de la bastonnade. Mais la vie de Mustapha lui-même contrastait avee ces mesures financières : il donnait l'exemple de
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livrait, depuis la paix de Carlowitz, dans sa villa de Kariclitiran, entre Constantinople et Adrinople, par le luxe déployé au mariage de ses trois filles , et par les dépenses faites pour son propre harem. Comme les djebedjis ou cavaliers, dont la solde itait arriérée, refusaient de partir pour la Géorgie, on leur sacrifia le kaïmakam de Constantinople. Mais son successeur, le jeune Abdoullah Kiouprili, et le moufti, son beau-père, résistèrent aux troupes , qui à leur tour tentèrent une nouvelle révolte. Mustapha , sur les conseils de la sultane validé , destitua ces divers fonctionnaires. Comme les mutins, malgré ces concessions, s'étaient établis, au nombre de quatre- vingt mille, dans la plaine de Tcherpoodji, le grand vizir rassembla près d'Andrinople, une année de quatre- vingt mille hommes, qui, sous le commandement de Hacan- Pacha, aurait facilement écrasé les rebelles si Rami n'avait ordonné à Haçan de se retirer devant eux. Mustapha, averti par Haçan , s'était rendu à l'armée -. il vit, au moment du combat, tous les janissaires passer dans les rangs des rebelles. Se voyant ainsi trahi , le sultan retourna ^précipitamment à Andrinople, se rendit au sérail, et annonça lui-même a son frère Achtned que les soldats l'avaient désigné pour leur padichah, le 22 août 1703. Il fut enfermé dans la litière, ou le kafèss , avec ses quatre fils , et y mourut quatre mois après.
Le règne du sultan Mustapha II, malgré sa courte durée de huit ans, est un des plus remarquables, non-seulement par les événements militaires terminés à la paix de Carlowitz, mais par l'essor que prit la littérature ottomane. Sous son règne les Turcs commencèrent à traduire des ouvrages de littérature étrangère (1). C'est depuis Mustapha 11 que se fait sentir l'influence des relations fréquentes avec les plénipotentiaires chrétiens, qui apportent au peuple ottoman le germe fécond delà civilisation européenne. Depuis la même époque, on remarque aussi l'importance croissante des drogmans, pris pour la plupart dans les familles des princes valaques et moldaves; les Canterair, les Brancovan, les Maurocordato, s'imposaient en quelque sorte naturellement au choix des sultans pour les nominaUons aux hospodarals de Rou-
(i) On cite ttodostmdc-r/fendi, qui traduisit en turc ta Rlograpbie arabe d'Ibn-Khalllkan. et IVitaml. qui traduisit de même {'Histoire naturelle, di» Pline arabe Mohammed Kazvlnl. On norom» une f<-»me savante, Ommet et DJebbar. qui écrivit un des mealteun commentaires dn Coran. Il est bon au**! «le rappeler que depuis le régne de Mustapha nous avons été Inities a une connaissait» plus esacte <\- U Turquie. L'ambassadeur de France, M. de Fen dol, publia son Traité des Coutume» de l Empire Ottoman, qui Ht autorité Jusqu'à l'apparition de l'ouvrage de Mouredqca d'Oh'.wwj. tjr comte Marslgll, gouverneur autrichien do Banal, rédige.» la première Statistique de la Turquie. Noos possédons , enfin, de Dtmetrius Cantrmir, frère de l'hospodar Moldavie «on traite lalm, De la Décadence de lymphe Ottoman, a cote d'autres ouvrages sur la même matière, es russe, en grec el en roumain.
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manie, et garantissaient ainsi à ces provinces un semblant d'indépendance. Quant à Mustapha 1 1 lui-même, il avait fondé à Constantinople jusqu'à huit nouvelles inedressehs ou académies.
mcstapba ni , sultan ottoman , né à Constantinople, en juin 1 7 1 7 . mort le 2 1 janvier 1774, dans la même ville. Filsaloé du sultan Aclimet 11 J, il succéda, le 29 octobre 1757, à son cousin Osman III. Pendant vingt-sept ans, depuis le détrOuement de son père jusqu'à la mort de son prédécesseur, Mustapha avait vécu enfermé dans le sérail, sans cesse tourmenté par la crainte d'être empoisonné. A l'avènement d'Osman III, il n'avait échappé à la mort qu'en forçant, le poignard à la main, le djerrah-baschi (chirurgien en chef), qui lui présentait un breuvage empoisonné, à le boire lui-même : événement qui coûta la vie au grand-vizir, accusé par Osman III d'entretenir des intelligences avec les princes prisonniers. Aussitôt monté sur le trône , le sultan Mustapha se rendit à la mosquée d'Aïoub, pour ceindre le cimeterre d'Osman ; durant le trajet il s'arrêta devant la caserne des janissaires, qui, suivant l'usage établi par Souléiman II, lui présentent, par les mains de leur aga , la coupe de chtrbH (sorbet ) : « Camarades, leur dit-il, j'espère, au printemps prochain, vider cette coupe a\ec vous sous les murs de Bender. » Cependant les troubles intérieurs et la situation des affaires politiques calmèrent pour quelques années cette ardeur guerrière du nouveau padichab. Aidé des conseils et de l'expérience de Mohammed Ragbib-Pacha , qui avait déjà été grand-vi/ir sous Osman U]r Mustapha rétablit l'ordre dans les finances, réprima les abus, onéreux surtout au peuple, remit en vigueur les lois somptuaires, et chercha à faire revivre parmi les musulmans ces antique* vertus qui avaient fait la force de l'empire. 11 dépouilla les kislar-agas ( chefs des eunuques), dont il fit même exécuter le dernier, Abmed I Aboukouf, de l'influence pernicieuse qui, par les intrigues secrètes du sérail , entravait la marche du gouvernement, et replaça ainsi toute l'autorité entre les mains de Raghib- Pacha, que M. Hammer appelle le dernier grand Tizir remarquable de l'ancien empire. Ce fut à son instigation que Mustapha conclut des traités d'amitié avec flapies, avec le Dauemark, U Suède, la Toscane, et avec la Prusse, sans cependant «e laisser engager par Raghib à changer le traité avec cette dernière puissance en une alliance défensive et offensive. Le graud vizir penchait pour la guerre avec l'Autriche , et aurait voulu dénoncer le traité de Belgrade , conclu avec cette puissance, aussitôt que le terme de vingt-sept ans fut écoulé. Dans cette intention, Raghib décida la question des lieux saints dans l'intérêt des Grecs, contre les catholiques, représentés par l'Autriche. Mustapha, au contraire, en voulait surtout à la Russie. Mais, de 1757 à 1763, année de la mort de Raghib, le sultan était trop occupé des affaires intérieures de l'empire pour songer
sérieusement à la guerre. Unedisette ayant ravagé f tourné de cette résolution par les membre» Constant inople et les villes environnantes, Musta- : du divan et par l'ambassadeur français, qui pha, selon les conseils de son vizir, reprit, en 1759, I ne croyaient pas que l'armée ottomane fût en un vieux projet, discuté déjà par Pline le jeune, état d'entrer en campagne. Les janissaires et de relier Nicomédie à la mer Noire par le lac Sa- les spahis , amollis par l'oisiveté et le luxe, {mndja(le Sophon des anciens) et par le fleuve \ n'avaient plus l'ancienne ardeur guerrière; Ali- Saiaria ( le Sangarius des anciens ). Après i Bey, chef mamlouk, s'emparait de l'Égyptc et avoir lait traduire en turc les lettres de Pline qui la dérobait à la domination du grand-seigneur, s'y rapportent , et appelé à sa coor le fameux et les Wababites menaçaient La Mecque. Dans haroo de Tott, gendre de l'ambassadeur français , ces pénibles conjonctures , le sultan , obligé ALdeVergennes, le sultan fit attaquer le canal par de céder à l'avis pacifique de ses conseillers, un bon ingénieur, le renégat grec Ahmed deCrèle, se contenta de l'assurance que lui donna Calheaidé d'hydrographes et d'ingénieurs européens, rine de retirer ses troupes de la Pologne et de Mais les habitants des environs de Nicomédie respecter les libertés de ce royaume. Le brave ayant été incommodés par quelques inondations khan de Crimée, Krim Ghéraï , qui, poussé par pa&sagères, le sultan donna contre-ordre. son bouillant courage, voulait, malgré la décision Après avoir facilement réprimé des troubles du divan , commencer les hostilités , fut destitué à Belgrade, Mustapha vit son autorité mé- et exilé. Néanmoins, le sultan Mustapha, qui avait connue à Bagdad , où le gouverneur Ahmed-Pa- \ consenti à regret à la déposition du khan, l'accha enfreignit ouvertement les ordres de la , cueillit avec faveur à son passage à Conslanti- Porte et poussa l'insolence jusqu'à envoyer à i nople, et aux nobles paroles de Krim Ghéraï, Constantinople la tète du kapoudjibachi, chargé qui cherchait à lui communiquer son énergie , par le grand -seigneur de lui notifier sa destitu* il répondit par des plaintes sur la mollesse et la lion. Le sultan essuya la même résistance de corruption de tout ce qui l'entourait, et sur le li part d'Ali-Pacha , successeur d'Ahmed. Il ter- ' peu de bonne volonté qu'il trouvait dans les mina plus avantageusement l'affaire des cara- ! grands de l'empire. Cependant la czarine s'étant ' «ses des pèlerins, en excitant les diverses tribus ' emparée peu à peu de tous les droits constituarabes, les Sakkars, les Honaîze, etc., les unes j tionnels de la Pologne, où, contre sa promesse contre les autres, et les dominant ainsi toutes. : formelle, elle entretenait toujours des troupes, Il rétablit de même son autorité à La Mecque, en le sultan fut, en 1768, sollicité par les mem- ) instituant un nouveau chérif. Les cités de bres de la confédération de Bar à intervenir. Saida, d' Alep et de Damas ayant été à moitié ren. Mais , quoiqu'il vit avec peine la conduite des versées par un tremblement de terre, Mustapha i Russes , il ne voulait pas déclarer la guerre tant les fit reconstruire, en même temps qu'il y fonda qu'ils respecteraient le territoire ottoman. Il se de nouvelles mosquées, médresselis (universités) i borna à prendre des mesures de précaution, enet bibliothèques. Parmi les villes dotées par lui voyant un corps de six mille janissaires à Chocde semblables institutions figurent aussi celles Zym , et autant à Bender et Oczakow. Il résista d'Aroasie ( dans le Pont ) , et d'Akhiska ou d'A- même aux instances des confédérés de Bar, qui khalzik (aujourd'hui soumise à la Russie). En suppliaient le sultan de les aider à repousser outre, il restaura l'aqueduc qui porte les eaux de |es Russes , et lui offraient , en retour de ce ser- Yainbo à La Mecque. Raghib- Pacha étant mort vice, la possession de la Podolie. Mais un corps en 1763, sans avoir pu faire aboutir son projet de cavaliers moscovites ayant pénétré, à la suite d'alliance avec la Prusse, Mustapha III, privé de quelques Polonais fugitifs, dans la ville dès lors d'un guide éclairé, fut assez malheureux turque de Baltaj où ils massacrèrent sans disdans le choix de ses nouveaux fonctionnaires, (i net ion chrétiens et musulmans, le Grand Sei- II eut d'abord pour grand vizir, pendant six mois, gneur déclara la guerre à la czarine. Il rappela Hamza Hamid, qui ne fit, selon l'expression de des exil Krim Ghéraï, en le réintégrant dans M. de Hammer, rien de bon ni de mauvais; la sa dignité, et en le chargeant d'ouvrir la camméme chose pouvait se dire du capitan-pacha , pagne. A peine le khan se fut-il signalé, en janvier Koatchouk Mohammed, appelé, à cause de sa |769, par sa rapide incursion sur le territoire complète nullité, Sine* ou la Mouche : le grand- russe, d'où, après la victoirede Khandépé, il raseignéor leur donna pour successeur Bahir mena trente-cinq mille prisonniers à (Vender, qu'il Mustapha-Pacha. Celui-ci, après avoir fait exé- mourut subitement, empoisonné, dit on, par le cuter on certain nombre de pachas rebelles, subit grand vizir Mohammed Émin-Pacha Yakhildjia son tour le dernier supplice, le 25 avril 1765. zadé La czarine envoya de nouvelles troupes en Pendant cette époque critique, l'impératrice Ca- Bessarabie, qui, sous leur général, le prince Galiherine II de Russie avait fait monter sur le , litzin, investirent Choczym. Mais la garnison trône de Pologne son amant Stanislas-Auguste ' turque de cette ville fit une résistance si vigou- Poniatowski, en 1764. Le sultan Mustapha, d'à- ; reuse, que le général russe, désespérant d^ près les conseils de la France et de la Prusse, se ' vaincre , rentra en Pologne , poursuivi par un Tnontri hoftUle au nouveau roi; il allait même ; corps de troupes ottomanes, qui, d'un autre coté, d^larer la guerre à la czarine. Mais il fut dé- [ vinrent au secours de la place. Le sultan Mus.
taplia, auquel ce léger triomphe avait, uu peu prématurément, fait décerner le surnom de Ghazi ( vainqueur ), lança Ho nouvelles troupes en avant. Cependant le grand vizir Mohammed Emin, ayant, par ses réquisitions, affamé la Moldavie, ce qui excita des murmures dans le camp et fit nattre l'indiscipline , aggrava encore la position de ses troupes par la lenteur avec laquelle il conduisit ses opérations. Les manœuvres des Russes furent si rapides, que ni la vigueur de Potocki, chef des confédérés polonais, ni l'ardeur du khan de Crimée ne prévalurent contre elles. Mohammed Émin-Pacha pava de sa léte son inhabileté. Le nouveau grand vizir, Moldovandji Ali-Pacha, attaqua impétueusement le camp relram hé de Galitzin ; il était sur le point d'taraser le* Russes , quand une crue subite du Dniester isola ses divers corps d'armée sur les deux rives du fleuve. Anéantis en détail, les Turcs fuient vers le Danube, tandis que les Russes, après avoir pris Choczym , inondent la Moldavie et la Valachie. Ainsi se termina la campagne de 1769. Mustapha II!, dont la capitale avait été éprouvée l>ar un incendie à Péra, n'eut plus le temps de s'occuper ni des affaires de la Géorgie, que les Russes commençaient à disputer aux Turcs et aux Persans, ni des affaires de Syrie, où Dhaher se rendit indépendant à Saint- Joan-d 'Acre, ni de l'Egypte, ni de l'Arabie. It apaisa les révoltés di's Grecs de Khors et des Latins de Chypre, par des concessions faites dans l'intérêt de leurs cultes respectifs
L'impératrice Catherine , selon les conseils de Munnich, ayant résolu de soulever les divers peuples chrétiens soumis aux Ottomans, fit partir de la Néva,en septembre 1769, une escadre de sept vaisseaux de ligne et d'une dizaine de frégates. A la nouvelle de cet armement naval, dont aucune puissance ne connaissait la destination , le sultan , dont toute l'attention se portait vers le Danube, se contenta de renforcer les places de guerre qui bordent ce fleuve et d'envoyer quarante mille hommes pour protéger, en cas d'attaques, les forteresses de Bender et d'Oczakow. Après avoir fait soulever les Monténégrins, les Albanais, lesÉpirotes et les Thessaliens, l'amiral i usseatteignitSpiridowen novembre 1769, le golfe de Coron, dan* le Péloponnèse, où, malgré les menées de Papas-Oglou, aventurier renégat, et de Benaki, primat de Calamata , les Russes ne purent prendre possession que de Misitra, de Cal unata et do Navarin. Après un léger avantage remporté sur un détachement de la flotte ottomane dans le port de Napoli di Romania , par l'amiral anglais Klphinstone, les Turcs reprirent hienmt toute la Morée, où ils égorgèrent sans distinction Moréotes et Russe?. Mais, dans la nuit du 6 au 7 juillet 1770, le capitan -pacha, atteint par l'escadre russe dans le canal dt; Khio, dut accepter un nouveau combat. Les deux vaisseaux amiraux , russe et turc , ayant sauté en l'air à la fois, Djafer-Bey, qui commandait
une partie de la flotte ottomane , gagna la petite haie dcTchesmé, et y fut suivi par le reste de l'escadre, maigre les représentations d'Baçan-Bey, convaincu «le tout le danger «le se serrer dana un espace si étroit. Les Russe* ne tardèrent pas a profiter de cette faute : des brûlots, lancés pendant l'obêcurité, mirent te (eu aux vaisseaux entassés dam» le port dV Tchesmé,où toute la flotte ottomane fui anéantie : les secousses causées par l'explosion des navire* qui sautaient, et les boulets que lançaient les canons atteints par les flammes, renversèrent les édifices et les fortifications de Tcuesmé. Cet épouvantable fracas fut entendu, assure-t-on, jusqu'à Athènes, éloignée, de cinquante lieues du théâtre de la catastrophe. Un seul vaisseau ottoman, échappé aux flammes, tomba aa pouvoir des Russes. Le sultan ayant fait fortifier à la hâte, par le barou de Tott, le détroit des Darda nelles, l'amiral anglais, qui n'était pas secondé par les Russes, dut renoncer à l'espoir de prendre Constantinople. Après avoir pénétré jusque sous les batteries des châteaux , il rejoignit l'escadre russe et se rendit avec elle devant l'Ile de Lemnoa. dont le siège fut entrepris. Ce siège durait lepui* trois mots, et on espérait affamer la forteresse, lorsque l'intrépide Haçan-Bey, appelé le Crocodile de la mer des batailles , part des Dardanelles avec quinze cents hommes, débarque sur la plage de Lemnos , et afin que ses soldats ne cherchent plus leur salut que dans la victoire , il repousse au large les bateau,x qui les ont apj>or tés. Il surprend les assiégeants qui> saisis d'effroi, ne songent qu'à fuir, gagnent leurs vaisseaux et appareillent en toute hâte. Après ce hardi coup de main, Haçan-Bey, ravitaille la place, et revient en triomphe aux Dardanelles. Le sultan Mustapha, qui recompensa par la dignité de capitan-pacha l'auteur de cette action, reprit courage, malgré les revers qui avaient accablé son armée de terre dans le courant de cette année. Car les généraux russes Romanjoff et Panin, après avoir vaincu le nouveau grand ?hir Khalil, soutenu par les Tartares de Crimée, près de Kakoul , où cinquante mille morts musulmans couvrirent le champ de bataille , avaient rapidement occupé les forteresses de Bender, d'Akermanetd'lsmad. Dans ces circonstances critiques, aggravées par la reddition d'Azoff, par l'insurrection de Géorgie , par ks velléitft <riod*pendance des gouverneurs de Palestine, d'Egypte et de Bagdad, le sultan Mustapha convoqua un divan; il y rendit compte de sa position et des offres amicales que lui faisaient , en qualité île médiatrices, les cours de Vienne et de Berlin. Le conseil tout entier ayant opiné pour la paix, le sultan, pourfendre les négociations plus fructueuses, continua les préparatifs de guerre. Ce fut alors que Mustapha III inaugura le premier, en Turquie, le svstème des armées européennes, enchantant le baron de Tott de l'organisation de^ artilleurs, des bombardiers et des pontonniers. Le
sultan rît ses efforts couronnés de succès dans . sérieuses : il lit traduire Le Prince de Machiavel,
h campagne de 1771, oii le nouveau grand vizir, ainsi que V Anti-Machiavel du roi de Prusse. Il
Silîhdar Mohammed- Pacha, tenait le* Russes en fonda à Constantinople trois ou quatre académies»
échec sur les bords du Danube, tandis que d'au- dont une porte son nom, tandis que la prin-
tres généraux firent échouer leurs tentatives sur cipale des trois autres est appelée par le
la Géorgie et sur Trébizonde. Mais pendant ce peuple Laleli-Medresseh ( medresseh des tu-
temps toute la Crimée avait été occupée par le lipes). Il construisit dans la même ville des laza-
jîfw-ral russe Dolgorouki, aii(|uel cette conquête valut le surnom de Knmsfii. L'Autriche et la Prusse, auxquelles Mustapha venait de proposer le démembrement de la Pologne, (loussant à la p»i\, te Grain I Seigneur conclut avec les Russes, a Gîourgewo, le lojnin 1772, un armistice qui fut prolongé le î) novembre de la même année. L'n
rets, des aqueducs, des bibliothèques, dont la plu» importante est une dépendance de la mosquée du sultan Mahomet Ier. Nous avons parlé de semblables fondations faites à Amasie , à Akbaizik, à Damas, etc.
Dans son zèle infatigable , Mustapha voulait tout connaître par lui-même et travaillait sans
contre-., ouvert à Fokchany.et dont les derniers cesse pour suppléer à l'incapacité de ses minispourparlers eurent lieu à Boukarest, n'ayant amené tn s ; mais si I on excepte Raghib-Pacha, le grand
aucun résultat, Mu-taplia III, qui trouva exagérées les demandes russes, recommença la guerre. Fort de l'assistance de l'Autriche, avec laquelle il avait conclu un traité de subsides, le 6 juillet 1771, te sultan vil, dans cette campagne de J773, la victoire revenir a ses drapeaux. Après avoir battu les Russes à Routchouk et à Karasou, Ali-bey les força à lever les sièges de Silistrie et de Varna. Le général RomaoxoJT ayant dû rentrer en Yalachie , tes Ottomans reprirent à leur tour l'<>ffensive. Le capitan-pacha Haçan , vainqueur de Lemnos , qui n'avait plus de Hotte a commander, et dont la bouillante valeur ne pouvait souffrir l'inaction, se mit à la tête d'un corps de sipabis, avec lequel il repoussa les Russes au delà do Danube, s'empara de leur artillerie et de leurs rntmi lions, et termina la campagne par un brillant fait d'armes, près de Kaùtardjé.
C'est au milieu de ces triomphes, qui consolaient le* derniers instants du sultan Mustapha, que ce prince mourut, le 2t janvier 1774. Avant d'expirer, il exposa a son frère et successeur Abdul fiamid la situation critique de l'État, en l'engageant , an moment des nouvelles victoires remportées par les Ottomans, à conclure la paix aux conditions les plus avantageuses possibles. Mustapha 111, dont la figure, d'une pâleur effrayante, avait gardé la trace des criminelles tentatives auxquelles il avait été en butte, conserva de ces pénibles souvenirs de jeunesse une teinte de mélancolie. Km même temps qu'il avait l'âme d'une trempe peu commune, il était porté à la réflexion et aimait le travail. Son étude de prédilection lui la médecine; et on prétend que ses connaissances dans eut art avaient préservé sa vie de l'effet des poisons (1). Comme tous les princes orientaux, il avait un goût marque pour r**trotogie,et deman la, dit on, à Frédéric II de Prusse de lui envoyer des maîtres en cette science. >Jais il ne négligeait pas pour cela les sciences
{V Non-seulement II fit traduire le» Aphori*met de £<wr*a« parSoahhl et Herbert, mal* M accord» taule «a confiance surtout » de* médecin* européens, Jusqu'à en laîrt de* agent* politiques. Ain»! le* docteur» Matio cl Ciro avaient 6% |H| ménager le» bonne* grBces de la cour de Naples, Unaw ,«« le médecin ai tenu ad Ohobl» lui wr- **»t d-toiermcdulre pré» des cour» de Vienne et de Berlin.
vizir, et Hacau, le dernier capitan-pacha, ce sultan fut mal secondé par ses agents. Ajoutons «•ncore que la mort subite «le son Itère Bajazet, en 177t, a fait planer sur lui de> soupçons d'empoisonnement. Le règne de Mustapha III fut une l>ériode de splendeur pour la littérature turque ( I).
Ch. RtHEMX.
Dtlaweriade Omar-BIfendl, Biographie des CnpUanspackeu.— Perldoun et Sari tbdoulLb, Destarat lndjuhr ou Rtgle$ de style erisiotalre ( contenant le» missives de» vlslrs;. — Talikdjlzailc et Houkmi, Livre des lie rot turct. — AU Tachk<rprlzadc, Encyclopédie turque. — llalina, Histoire ottoman* (en turc|. — Mouradfea d'Ohsson, Tableau de f Empire Ottoman. — Mémoire» du Baron de Tott. — Uuwlcckl. Histoire du Traite de Carlowicz. — Andreossy, Constantinople et le Bosphore. - Langle*. Nttsets et Extrait* dut manuscrite orientaux de Paru, ton. V. - Uanuner, Histoire de F Empire Mtoman. - ZlnkeUen, idem. — Hamtner, Histoire de ta Poésie turque.
mcktapha iv, sultan ottoman , né à Constantinople, en 1779, mort le 15 novembre 1808, dans la même ville. Fils aîné d'Abdoul-Hamid , il avait été élevé dans le sérail, jusqu'au moment où il fut appelé à succéder à son cousin Sélim III, le 29 mai 1807. À peine sur le trône, Mustapha s'empressa de supprimer les nizamdjèdids, ou nouvelles troupes organisées à l'européenne, et de rétablir les yamaks et les ja-
(I) A rote d'un certain nombre de bons patte*, oa remarque surtout des biographes et de* traducteur* des chcls-d'cruvre de la liluitany étrangère. A leur tclc se lrou»e le grand vlttr Raghlb- Pacha , qui a traduit ea tare Y Histoire universelle *<- Wrkho.id et ftlbitoire des Tarlares pur le ministre woghnl AbaurrUak. Outre une anthologie de poètes arabes, mtUtilee Le Navire, Qagtub a donne un divan on recueil de poésie* turques, puis des Banegs/rfqars, cl surtout de* rtipporls dln4oDialic|ucs et historiques sur les etcnemenis de son temps. Ha*. mUade traduisit V Histoire des Moyhots par Wassaf, appHik par H. de llammer le Rosxiel orrsan. tandis» que les Prolégomènes et Histoire* <lu «iehre Ibn-Khaldon» . si Importantes pour l'Afrique du nord, tr«««*reuZ dr ts»mbreui Interprète» dans la personne d'tuoubekr le l'ersan. du vl/ir ibdnuMah Narzl, et de. PirUade . Lr «rand «ia«T»Ke atbik»gnipbtq:<e c( ene.) cl i>e4 mur •>>• HarfU. Khal/a fut, sous Mustapha Itl , continue par Kl Had) Ibrahim Manif tff< n.ll On puhlla ilors les biographie» de* poètes, des montfis, sl/lrs. rapitau» -paehas, chanteur» et eakll|(ra plies Un donna des uV.crtpttona des villes de La Mecque, de Médim*. Hamas Jen»alem, etc.. Une, histoire littéraire completr.de- Ar. bes, tvrs.insrl Turcs fut redire? pir Kschref Ahdrrrahmjn-Efrendi. Sou* le nom de KuHtet, on lit une cuUtfctlon des œurre* des pol y graphes.
€3 MUSTAPHA nissaires. Mais comme H n'en maintint pas moins les taxes établies pour l'entretien des nizam-djédids, te peuple ne gagna aucune diminution d'impôts. Dans son zèle malhabile, Mustapha alla jusqu'à détruire l'imprimerie de Scutari. Puis il recommença la guerre avec la Russie. Après avoir balancé les revers que les Russes lui avaient Tait essuyer sur terre , notamment en Yalachie par la victoire qu'il avait remportée sur eux à Ténédos , il obtint , le 24 août , un armistice qui lui laissa la main libre contre les Serbes révoltés. Il fut plus heureux contre les Anglais , qui, battus en Egypte par Méhémet Ali, alors kaïmakam ( voy. Mkjiémet Ali ), échouèrent encore dans leurs négociations diplomatiques à Constanti-
tan captif, Baîrakdar, après un combat opiniâtre, accablé par ses adversaires, qui, au milieu do vociférations, le sommaient de leur livrer Mustapha, leur jeta le corps sanglant de ce prince, et ce ne fut qu'après cet assassinat que Je nouveau grand vizir se ht sauter en l'air. D'après une autre version, plus accréditée, ce fut lors des cris de mort lancés contre Mahmoud II, que le nouveau sultan ( qui la veille, avait noblement résisté aux instances et ses ministres lui conseillant de faire périr son frère), céda enlin, à regret, à la nécessité de pourvoir à sa propre sûreté. L'ordre fatal lai fut arraché, et Mustapha IV livré aux bourreaux. Sa mort n'excita, du reste, aucun regret, et parut juste,
nople, par suite de l'influence toute-puissante , même aux yeux de ses partisans, car son caalors de la France ( voy. Sebastiani).
Dans les parties éloignées de l'empire, Mustapha ne fut pas aussi heureux. Les pachas de Hagdad, de Damas, de Tripoli se rendirent presque indépendants , en même temps que les Wahabites continuaient leurs progrès sur la frontière de la Syrie et du côté de l'Enphrate. Mais ce fut à Constantinople même que le Grand Seigneur vit son autorité presque annulée par les hommes qui l'avaient porté au trône. Après l'assassinat du grand vizir, de l'aga des janissaires, puis du kaïmakam et du moufli, qui avaient été successivement à la têle des affaires, Mustapha dut laisser toute l'influence à Kabaktchi Oghlou, commandant des forts du Bosphore et chef des yamaks. Pendant ce temps, le sultan était circonvenu , sans s'en douter, par les menées du fameux pacha de Roncbtcbouk Mustapha Baîrakdar ( voy. Bajrakoaji ),qui s'était entendu avec-tous les amis du sultan déposé. Après le meurtre de Kabaktchi Oghlou, le sultan Mustapha dut céder aux demandes de Baîrakdar, qui, avec une armée de seize mille hommes, s'était avancé jusque sous les murs de Constantinople. Mustapha licencia les yamaks , destitua le moufti et tous les ministres opposés a Baîrakdar, et confisqua leurs biens. Mais le 28 juillet 1808, le sultan, qui croyait avoir satisfait l'ambitieux pacha, fut surpris de nouveau par Baîrakdar,
ractère, changeant et cruel à la fois, n'avait inspiré à son peuple ni affection ni estime.
Ch. R.
Aa»iai-Kh>ndl, Annales (Htomancs. - Salrf-Effcndl , Histoire du du^huiUtme siècle jusquà la mort de Mustapha IV. — Comte Racayoïkt, Voyage pittoresque de Constantinople. — Comte AnUrtotaj . Comtanttnople , te Bosphore de Thrace, etc. — Mémoires de Pertmter. — Wittroana, Reisen in die Europatsches Turkey, Klrinasicn , etc. — M a rien», Recueil* des Traites. — f eliï Menglo , Histoire dt CEutjpte sous Méhemet Ali. — Alfred K renier, Gesehichte von Mit- UUtrien. - iouannln, la Turquie ( dans l'Univers pUtoresque].
Mustapha mocrulissi, prince et littérateur ottoman, né à Constantinople, en 1520, mort le 22 septembre 1553, à Erekli ( Héracléc dans l'Asie Mineure). Fils atné de Soliman II, et d'une esclave , nommée Bosphorone , il était l'héritier présomptif de l'empire. Mais la sullane Khasseki Kourrera, plus connue sous le nom de Roxelane ( la Russe) , voulant préparer la voie du trône à un de ses fils, Mustapha, qui possédait l'affection du peuple et celle des soldats , .se vit en butte à l'espionnage et à la calomnie. La guerre ayant éclaté entre la Perse et la Turquie , le prince, alors gouverneur d'Amasie, fut chargé par son père d'assister le grand vizir Rouatem-Pacha, qui était chargé du commandement en chef. Ce dernier, favori de Roxelane , se servit d'an eunuque , nommé Chamsi- Pacha Kisilahmedlu , qui avait cette foi* forcé l'entrée de Constan- I ancien précepteur de Mustapha, mais vendu à la tinople et envahi le sérail lui-même. Ayant sultane, pour suggérer à Soliman que le prince demandé qu'on lui délivrât Sélim III, le sultan montrait des dispositions à la révolte et écou- M nsta pha lui fit dire d'attendre un instant, et tait avec complaisance les propos séditieux des donna immédiatement l'ordre d'étrangler son janissaires. Le Grand Seigneur, devenu jaloux et malheureux cousin. Puis il fit jeter aux conjurés ombrageux avec l'âge, se rendit à Scutari, le le cadavre défiguré de Sélim. Pleins de fureur, 28 août 1553, après s'être fait donner par le les soldats s'élancent, conduits par Baîrakdar; le moufti un fetva de mort contre Mustapha, accusé d'intelligence avec le sofi de Perse. Le prince accourut en toute hâte, au-devant de son père, sans se douter de rien. En entrant sous la tente impériale , il fut reçu par sept muets , armés du fatal cordon. Mustapha expiiv , en appelant vainement son père, qui, caché derrière un rideau de soie , assistait à cette horrible
sultan Mustapha est arrêté et conduit à l'instant dans l'appartement où sa victime venait d'expirer. Quatre mois après, le 14 novembre 1808, éclata une révolte d*>s janissaires contre le nouveau sultan Mahmoud II: révolte qui occasionna la mort de Mustapha IV.
Il y a sur cette mort deux versionsdifférentes. D'après les uns , au moment où les janissaires scène. Sous le pseudonyme de Monhhlissi (ou le marchèrent sur le sérail, pour délivrer le sul- i Stmère), le prince a laissé quelques poésies,