LACHE
kewcastlr ( William Cwekdish, baron Ocle, vicomte Mansfif.ld, comte, marquis et enfin duc de), général anglais, né en 1592, mort le 25 décembre 1676. Il était fils de sir Charles Cavendish , frère puîné dur premier comte de Devonshire, et de Catherine, fille de Cuthbert lord Ogle. Une excellente éducation, jointe à beaucoup de politesse et d'agrément, le firent distinguer de bonne heure à la cour savante et élégante de Jacques Ier. Créé chevalier du Bain en 1610, il fut nommé pair du royaume avec le titre de baron Ogle et vicomte Mansfield. Charles rr ne lui fut pas moins favorable que Jacques 1er, et l'éleva au titre de comte de Sewcaslle. Il le choisit, en 1638, pour gouverneur du jeune prince de Galles ( depuis Charles Il ). L'année suivante les troubles d'Écosse
éclatèrent. Charles 1er, en se rendant en Ecosse, s'arrêta à Walbeck, résidence de Newcastle, et fut reçu avec la plus grande magnificence. Le comte de Newcaatle trouva moyen de surpasser la fête qu'il avait donnée au roi dans une précédente visite et déploya un tel luxe que Clarendon en a fait mention dans son histoire, en ajoutant que personne depuis n'a osé imiter une si merveilleuse réception ( slupendous entertainment ). Ces fastueuses dépenses ne furent pas la seule marque de dévouement que Newcastle donna à Charles 1er. 11 fournit au trésor royal 10,000 livres, et leva une troupe de deux cents cavaliers. Ces services excitèrent l'envie ; les mécontents, qui étaient nombreux, morne à la cour, blâmèrent le choix que l'on avait fait de lui pour gouverneur du prince de Galles. Newcastle se démit de sa charge , et n'en resta pas moins fidèle au roi. Dans la guerre civile qui éclata peu après, il joua un rôle important d'abord comme gouverneur de la ville de Newcastle et commandant des quatre comtés voi- 8in«,Norlhumberland, Cumbertand, Westmoreland et Durhatn, puis comme général de toutes les forces levées au nord de la Trent. Son exploit le plus brillant fut la victoire qu'il remporta^ 30 juin 1643, surFerdinand lordFairfax à Adderton-Hoath près de Bradford. Le roi l'en récompensa en l'élevant à la dignité de marquis. L'année suivante il fut assiégé dans York par l'armée parlementaire. Le prince Rupert, accourant à son secours, lit lever le siège; mais non content de cet avantage, il attaqua les parlementaires, malgré l'avis de Newca6tle , à Marston-Moor, le 2 juillet 1644, et fut complètement défait. Le duc de Newcastle, regardant les affaires du roi comme perdue», passa sur le continent. Après un séjour de six mois à Hambourg, il se rendit à Amsterdam et de là à Paris, où il épousa, en secondes noces , Marguerite Lucas ( voy. ci après ), sœur d'un de ses compagnons d'armes. Il n'avait pu rien emporterde l'énorme fortune qu'il possédait dans son pays, et il se trouva dans une si grande détresse avec sa jeune femme qu'il fut réduit à mettre ses habits en gage. A Anvers, où il se retira ensuite, sa position fut à peine meilleure; mais il ne perdit pas courage-, et se consola par la culture des lettres de ses revers de fortune. Après la restauration il revint en Angleterre, fut nommé grand-juge (chief justice) des comtés au nord de la Trent, et créé en mars 1664 comte Ogle et duc de Newcastle. Il passa le reste de sa vie dans la retraite, «'occupant de littérature et réparant les brèches que la révolution avait faites a sa fortune. Il avait été deux fois marié ; mais il n'eut des enfants que de sa première femme. Soi; corps est placé à côté de celui de sa seconde, femme dans un splendide monument à l'entrée de l'abbaye de Westminster. Ses titres passèrent à son fils Henri, comte de Ogle, qui mourut le 26 juillet 1691. Avec Henri le titre de New-
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castle s'éteignit dans la famille Cavendish. On a du duc de Newcastle : La Méthode nouvelle de dresser les cfievaiu ■; Anvers, 1658, in-fol., avec 42 planches : l'original était en anglais, et fut traduit en français sons les yeux de l'auteur par un habitant du pays wallon. Le texte anglais n'a jamais paru; mais uue traduction anglaise du texte français a été publiée avec des additions; Londres, 1743, 2 vol. in-fol. ; — A new Method and extraordinary invention to dress horses, and work them according to nature; as also to perfect nature by the subtelely oj art; Londres, 1667, in-fol.; ce livre n'est pas une traduction du précédent, et n'en forme pas le complément obligé; il développe le même sujet à un autre point de vue ; traduit en français, Londres, 1671 , Paris, 1677, in-4°, il a été longtemps regardé comme un traité classique en hippiatrique. Les autres ouvrages de Newcastle sont cinq comédies, intitulées : The Exile; — The cqjuntry Captatn; Anvers, 164<J; — Variety, 1G49, in-12; — The humorotis lovers , 1677, in-4°; — The triumphant widow , 16"7, in-T; on ignore si la première de ces pièces a jamais été imprimée. Les poésies de Newcastle sont dispersées parmi celles de la duchesse sa femme. L. J.
Life of the duke of Nevcattle, par la duchaue de ISeweaMIc. — Cljrrndon, iilttor* of the rébellion. — H. Walpole, Honni and noblf authorf, t. III, edtf . de Park — ttionraphia Britannica. — Hioa. lhamatic*.
KEWCASTLK (Marguerite Lucas, duchesse de), femme du précédent et connue par de volumineux ouvrages, naquit à Saint John près de Colchester, dans le comté d'Essex, vers 1624, et mourut à Londres, en décembre 1673. Son père, sir Charles Lucas, mourut lorsqu'elle était encore tout enfant ; elle fut élevée par les soins de sa mère, qui lui fit donner une bonne éducation. La jeune Marguerite apprit la danse, la musique et le français; mais elle n'apprit ni le grec ni le latin , et ses biographes ont regretté cette lacune dans son instruction. En 1643 elle se rendit à Oxford, où résidait alors Charles 1er. Les affaires du roi d'Angleterre étaient dans un si triste état que paraître à sa cour était un acte de dévouement qui méritait récompense. La reine Henriette choisit Marguerite pour lille d'honneur, et l'emmena avec elle en France. A Paris Marguerite racontra le marquis de Newcastle, récemment arrivé d'Angleterre. Un mariage unit bientôt les deux nobles exilés, également chevaleresques, également passionnes pour lettres et également pauvres. Le marquis et la marquise de Newcastle se rendirent de Paris à Rotterdam, où ils passèrent six mois, et de là à Anvers, où ils s'établirent. La marquise alla en Angleterre, pour tâcher d'y recueillir quelques débris de la fortune de son mari, et grâce a la générosité de plusieurs membres des familles Cavendish et Lucas , elle rapporta une somme considérable, qui mit le marquis et elle à l'abri du besoin fondant le reste de leur long exil. De retour en An- '
gleterre après la restauration, elle s'occupa principalement à composer des lettres, despiéca <k théâtre, de* poèmes, des discours philosophiques, etc. Elle avait toujours près d'elle plusieurs jeunes filles qui lui servaieut de secrétaire!, et ne se relisait pas, de peur de troubler I* suite de ses conceptious. Il n'est pas étonnant qu'w cette méthode elle ait composé beaucoup d'ouvrages et que ces ouvrages aient peu de valeur On ne les recherche aujourd'hui que comme & curiosités bibliographiques ; en voici lestitres: Tkt World's Olio; Londres, 1655, in-fol.; - Mm Ptcture, drawn by foncy's pencil to the \\jt. Uans ce volume on trouve plusieurs rêciU tictifs, des descriptions naturelles, comique*, traçques et tragi-comiques, |>oétiques, romanesques, et historiques, en prose et en vers, qoelqotsuns tout en vers, quelques autres tout ea prosr. quelques-uns mêlés, en partie en prose et pvtie en vers. Il y a aussi quelques traités de morale, des dialogues, et à la (in une histoire rentable; Londres, 16^6, in-fol. A la fin de ai ouvrage on trouve un curieux récit de la i aisance, de l'éducation et de la vie de la duché*
— Orations of divers sorts , accommodalci te divers places ; Londres, 1 662, in-fol.;— Play. Londres, 1662;— Philosophical andphgsKal opinions; Londres, 1663, in-fol.;— Obiervatmt upon expérimental philosopha, to wktch uodded the description of a new World .Landry 1666, in-fol. Cbalmer* prétend que James Bnv tow avait commencé une traduction latine de ta ouvrage, mais qu'il y renonça, faute de pouvoir \t comprendre; — Philosophical letterstormodist refiections upon some opintons in natunl philosophy , maintained by several fanm and learned authors of this âge, tiprtssei by way of le t ter s ; Londres, f e»64. inW..
— Poems and phancies ; Londres, 1653, 166i, in-fol; — CCXI sociable letters; Londres. 1664, in-fol. ; — The Life ofthe thnee *Wf. high, and puissant prince William. Caw dishe, duke, marquiss and earl of .S avertie; Londres, 1667, in-fol.; cette Vie a ««traduite en latin ; Londres, 1668, in fol.; — never be/are prin/ed; Londres, 1668 En I6"' parut un volume in-fol., contenant dei lettre^ poèmes en l'honneur de l'incomparable pf* cesse Marguerite, duchesse de Newcastle remarque que tout le monde s'était réuni p«r combler la duchesse d'éloges de|>ois le rttitf magnifions de Leyde et le recteur de Cambrer jusqu'àTom Shadwell , et qu'il y avait ta de q<" • tourner une téte déjà atteinte de la manie décrire (scribendi caccethes). L J-
moaraphia brltannica. - II. Walr-olr, Rot*i bte authors. *diL de Park. - HlchoU, Poems. - M* phia dramatlcu.
newcastlk ( Thomas Peliia» Houb,** b£ ), homme politique anglais, n»1 en 165*3, le 17 novembre 1768. Voici un homrn* dtw qui, au dernier siècle, a été longues
nistre, et a joue en Angleterre un rôle très-considérable , grâce non pas à ses talents, non pas à ses qualités et à ses connaissances, mais presque uniquement à une immense fortune , a sa naissance, à ses relations de famille, et a des liaisons intimes avec le parti whig , autaut qu'à une ambition dévorante. Il était 61s aîné de sir Thomas Pelham, représentant d'une des familles les plus anciennes et les plus influentes de la qentry dans le comté de Sussex. Son père, qui siégea longtemps au parlement, avait concouru à la révoiutiou de 1688» il transmit a ses deux lils ses principes politiques. L'alné fit de bonnes études à l'université de Cambridge, et en 171!, à la mort de son oncle maternel le duc de Newcastle, il recueillit la plus grande partie de sa vaste fortune, et peu après celle de son père. A l'avènement de Georges Ier, il gaizna la faveur du roi et de la famille royale par le zèle extrême qu'il montra pour les intérêts de la maison de Brunswick, et fut successivement nommé comte de Clare , une des dignités de la famille de sa mère, puis marquis , et duc de Sewcastle, avec réversibilité de ces titres sur son frère Henri Pelham et sa postérité mâle ( 1715 ). Ses grandeurs de cour furent complétées par son mariage avec lady Henriette, fille du comte de Godolpbin et petite-fille du grand duc de Marlborough, le titre de lordchambellan de la maison du roi et de membre du conseil privé ( avril 1717 ), et enfin par l'ordre de la Jarretière ( mars 1718 ). L'ambition de tout autre eût été satisfaite ; mais il aspirait ardemment à la distinction et à l'influence politiques. Quelques fonctions passagères ne tirent qu'enflammer ses désirs. Ainsi, en 1718, il fut l'un des commissaires anglais qui signèrent le traité d'alliance entre le roi d'Angleterre, l'empereur et le roi de France, et les deux années suivantes un des lords justiciers chargés de l'administration du royaume pendant l'absence du roi Georges en Allemagne. Enfin, son beau- Ifere Charles Townshend et Robert Walpole étant parvenus à renverser lord Carteret, et devetius les chefs du ministère, Newcastle fut nommé par leur influence un des principaux secrétaires d'État, et son frère Pelham ( voir ce nom ), qui occupait depuis deux ans un poste secondaire, appelé au département de la guerre ( 1724 ). Georges 11 continua Newcastle dans les fonctions de secrétaire d'Etat, bien moins à cause de ses talents, dont il n'avait pas une haute idée, qu'à cause de son dévouement à sa maison et à cause du grand crédit dont il jouissait dans le parlement ( 1727 ). Le royaume jouissait d'une profonde paix. Seulement, dans la sphère politique , les ministres se livraient aux intrigues et aux rivalités que nourrit l'amour du pouvoir. Walpole exerçait sur eux une prépondérance qu'il devait surtout a ses talents. Newcastle et son frère, qui en étaient jaloux, fomentèrent, pour se délivrer de lui, les
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discordes qui divisaient la famille royale, et <;ri avaient jeté le prince de Galles dans le pat ti de l'opposition. Les deux Pelham restèrent dans le cabinet à la chute de Walpole. L'in va-ion du prétendant , en 1745, amena une crise dans le ministère ; le roi voulait mettre à sa tôte lord Carleret, devenu comtede Granville, qui avait de grands talents et pour qui il avait beaucoup d'affection. Les Pelham se hâtèrent de donner leur démission, et telle était l'influence qu'ils exerçaient par leurs relations de famille et autres sur les principaux personnages politiques et au parlement, que le roi ne put former un ministère, et fut obligé d'inviter les Pelham à reprendre leurs fonctions, ils revinrent triomphants, plus puissants que jamais. « Le roi était à leur discrétion, et tout ce qu'il pouvait faire, dit Macaulay, c'était de murmurer entre ses dents qu'il était bien dur que Newcastle, qui était au plus ca pable d'être chambellan du plus petit prince d'Allemagne, imposât ses conditions au roi d'Angleterre (1). » Huitannées de tranquillité suivirent, années où la minorité, faible depuis la défaite de lord Granville, ne cessa de s'afiail lir, au point de s'effacer presque entièrement. La paix fut faite avec la France et l'Espagne eu 1 748 Le prince de Galles Frédéric mourut en 175 1 , et avec lui s'éteignit même l'apparence d'opposition. Tous les survivants distingués du parti qui avait soutenu Walpole et du |«rti qui l'avait combattu étaient unis sous son successeur. Au commencement de mars 1754, Henri Pelham mourut presque subitement. « Maintenant je n'aurai plus de repos , > s'écria le vieux roi quand il apprit cette nouvelle. Il avait bien jugé. Pelham, sans être un homme d'Etat supérieur, avait un excellent jugement et une parfaite droiture. Il était parvenu à réunir et à maintenir ensemble les premiers talents du royaume, et à diriger, sans qu'il s'en doutât, la conduite de son frère, très-porté aux inconséquences de tous genres Cette mort laissait vacant le poste le plus élevé auquel puisse aspirer un sujet anglais, et en même temps l'influence qui avait contenu tant d'esprits ambitieux et turbulents était détruite. Cinq jours après, Newcastle fut nommé premier lord de la trésorerie. Il eut assez de présomption et d'audace |iour penser qu'il pouvait remplacer son frère ; mais il était si léger, si inconséquent, et en même temps si ambitieux d'accaparer tous les |x>uvoirs, que les deux ans de sa direction suprême furent marqués à l'intérieur par d'innombrables et misérables intrigues. A l'extérieur, la guerre de Sept Ans commença par des événements aussi désastreux que honteux pour l'Angleterre ( 1756). Port-Mahon tut pris par le mareclial de Richelieu, « vieux fat, dit Macaulay, qui avait passé sa vie, de seize à soixante ans, à séduire des femmes dont il ne se souciait pas
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Je moins «lu monde. » L'amiral Byng. envoyé de Gibraltar pour secourir Port-Mahon, ne jugea pas à propos d'engager une action avec l'escadre française, et revint sans avoir rien fait. L'orgueil national indigné fit explosion dans les villes, dans les comtés, et la ville de Londres demanda hautement la punition des ministres. Ceux-ci rejetèrent la faute sur l'amiral Byng, et le sacrifièrent. Cette concession ne calma pas le patriotisme irrité, et Newcastle et ses collègues furent forcés de se démettre de leurs emplois (novembre 17ô6). Pitt devint secrétaire d'Éta . avec la direction de la chambre des communes. Cette nouvelle administration dura à peine cinq mois. Le roi avait de l'antipathie pour Pitt, et la chambre des Communes, remplie des créatures des Pclham, n'était pas trèsmaniable. Pitt sentit la nécessité de désarmer Newcastle , qui bien que méprisable par ses manières, son caractère et sa médiocrité, n'en était pas moins un ennemi dangereux , avec le-
de l'aimer, il prenait tous les moyens d'eidl» leur haine, en usant de tout son pouvoir pour les ruiner. Il aimait avec passion les affaires, mettait la main à tout, et ne faisait rien. S* discours au conseil et au parlement coulaient facilement, avec abondance de mots, mais san* pensée et sans portée. D'une curiosité UMtiaNe à savoir ce qu'on disait de lui, il gaspillait a s'informer le temps qu'il aurait pu employer.: mériter des éloses. Il prétendait à tout, et nVn Reprenait rien sérieusement. Il se laissait dominer par une crainte étrange : il eût hasarde b sûreté du gouvernement, sa rie, sa forlow, plutôt que d'ouvrir une lettre qui pouvait lui découvrir une conspiration. Ce fut un secrétaire d'Etat sans esprit, un duc sans argent, ai homme intrigant à l'excès, incapable de gank un secret , un ministre méprisé et haï par un maître, par tous les partis et par ses collègue;, sans être renvoyé par aucun d'entre eux. .Maca»lay (1) a tracé une esquisse piquante du earao
quel il fallait compter. L'ambition de ce dernier . tère, des ridicules et de l'ignorance de ce dw le disposait à des concessions pour son retour au pouvoir. Ces deux hommes, si différents de caractère, et naguère ennemis mortels, étaient nécessaires l'un à l'autre. Ncwcastle apportait au ministère l'influence de son rang, de sa richesse, surtout do ses relations politiques ; Pitt, l'influence de son incomparable éloquence, de sa haute réputation, de son ardent patriotisme, de se3 grands talents. L'accord fut enfin accompli après bien des négociations (juin 1757 ). Ne wcastle prit le trésor, et Pitt devint secrétaire d'Etat, avec la direction «le la chambre des communes, et une autorité suprême pour la guerre et les affaires étrangères. La mort de Georges H ne changea rien a cet état de choses (octobre 1760 ). Une série de brillants succès au deho.'s avait satisfait l'orgueil national. Ne.wcastle subissait, un peu à contre-cœur, l'ascendant de son collègue, qui avait relevé la gloire de l'administration-, mais quand lord Bute, homme médiocre, mais favori de Georges III, prétendit tout dominer et tout décider, le vieux politique se révolta et se retira volontairement ( 1762). Il rentra cependant dans les affaires en 1763, et fut revelu de l'emploi de garde du sceau privé, qu'il résigna l'année suivante en faveur de Pitt. Il mourut peu après, sans laisser d'enfants. Son titre principal passa à la postérité féminine de son frère, Henry Pelham. Horace Walpole, qui ne l'aimait pas, a tracé de lui ce portrait, qui est assez impartial pour être ressemblant : « Le duc de Newcastle n'avait point d'orgueil, et pourtant une vanité extrême. La jalousie a été la grande source de tous ses défauts. Il caressait toujours ses ennemis, pour les enrôler contre ses amis. Il n'y a point de services qu'il ne rendit aux uns et aux autres, jusqu'à ce qu'ils fussent an dessus de ces services ; alors il les soupçonnait de ne pas l'aimer assez, car au moment où ils avaient tout motif
de Newaslle. J. Chaux
Lodffe, Portraitt qf Ulustriout ptrtonaçts, l VII.- Maraulay, Estait, Hittor» of Chalam, tSJi. I*W • - Taytfir, iïational portrait gallerp. — Cyclop*Ato,t*çlislt Biographe . — Chalmer* , Moçrapkical nary.
"kkwcastle {Henry Pelham Clistov, cinquième duc de ) , homme politique anglais, né 1 Londres, le 1 1 mai 181 1 . Il porta jusqu'à la mort de son père, en 1851, le titre de comte de Lincoln. En 1832 il représenta à la chambre bas» le comté de Noltingham et fut successivement réélu par le même comté jusqu'en 1*46. l> 1834 à 183 » il remplit les fonctions de lord de la trésorerie et celles de premier commissaire des bois et forêts de 184 1 à 1846. A cette époque il se sépara de sir Bobert Peel au sujet de la question des céréales ; cette défection fit rfjeter sa candidature par le comté de Nottingharn ; mais il fut élu presque aussitôt par le tour: de Falkirk. Nommé premier secrétaire pour l'Irlande, il donna sa démission en même teroj* que Bobert Peel (1846), mais ne cessa paide prendre une part active aux discussions do parlement, et demanda la dotation du clergé «tliolique irlandais. En 1851 il remplaça «on per? à la chambre haute, et prit rang parmi le* H*raux modérés; en décembre 1852 il fit partie du ministère A herdeen, comme secrétaire d'État des colonies. En juin 1854, quand les hostilités furent commencées contre les Busses, il reçut le serr-'tariat de la guerre. Apre* le fatal hiver de 183>- 1855, il fut rendu responsable de l'extrême ion rie dans laquelleon avait laissé les troupes d.< Crimée; attaqué avec violence dans le parlement, il se défendit avec autant d'adresse que de n£ dération ; mais le cabinet ne put s'empêcher * le sacrifier à l'animosité de la multitude «J» mettait sur le compte de son incapacité tooil*
(1. Esiays, ff'atpalc's IttUn.