‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 185 sur 206 · NE Y · texte numérisé non relu

NE Y

«« Courage, «lisaient-ils entre eux, le Lion rouge grogne, tout va se débrouiller, Pierre le Roux arrive. »

corps à Salamaoque, furent signalés par le siège et la prise de Ci udaid -Rodrigo ( 10 juillet 18I0J. Il livra ensuite un combat à Guarda ( 5-i juillet | ;

Des bords du Niémen, Napoléon transporta ! mais après une occupation inutile de plus de sd ses aigles sur les rives de l'Èbre et du Tage, et mois, la disette força l'armée française à Ney fut désigné pour prendre part à cette nou- en retraite. Ce lut alors qu'avec six mille velle guerre, qu'il n'approuvait pas cependant, mes, débris du sixième corps, il prouva qu'il Entré en Espagne à la tête du sixième corps, il joignait à ses autres qualités militaires une cous'empara de Logrono ( 25 octobre 1808), et éta- naissance profonde de l'art des retraites, auquel blit son quartier général à Guardia, à peu de il s'était formé sous Jourdan et sous Moreau. I.'ardistance des généraux Palafox et Castanos, qui mée anglaise, forte de quarante mille homme» occupaient les positions de l'Èbre aux environs et appuyée par d'innombrables bandes de guede Tudela. Le 22 novembre il se porta sur So- rillas, ne put jamais entamer I arrière- garde ria, désarma cette ville, où il constitua une junte que Ney commandait, et qui à Pornbal et à Re provinciale, et Gt marcher son avant-garde sur \ dinha ( tl et 12 mars 1811 ) l'obligea mêror Agreda, pendant que sa cavalerie légère, sta- deux fois de s'arrêter. C'est là, au dire des Antionnée à Medina-Cœli, battait la route de Sara- glaiseux-mêmes, l'un des plus célèbres» faits gosse à Madrid. Le 26 Borja et ses approvision- j d'armes de la vie militaire de Ney. Dans des nements considérables tombent en son pouvoir, opérations combinées les jours suivants , il eut et après quelques succès remportés sur l'armée le tort impardonnable de méconnaître la su* 'espagnole, il fait par d'habiles manopu vres avor- 1 périorité de Massena, à qui avait été confie le ter toutes les tentatives du général anglais Wel- ! commandement en chef. Ce dernier voulait se lington, pour opérer sa jonction avec le marquis \ retirer sur Placencia, et Ney, au contraire , sut de la Romana et attaquer simultanément l'armée Rodrigo. Tl refusa formellement, dans deui du maréchal Soult. Le 6 janvier 1809, il reçut I lettres, d'obéir aux ordres qui lui furent doun**, l'ordre d'organiser ta Galice; mais des difficultés et cet esprit de rivalité qui I animait, et dans led'une nature nouvelle, et qui ne ressemblaient en ' quel il était soutenu par les dispositons du rien à celles que sa bravoure et ses talents lui ; sixième corps, devint funeste à nos troupes «lanavaient fait surmonter dans les campagnes du 1 plus d'une circonstance. Le duc dT.lchingen le Nord, ne lui permirent pas de s'établir dans cette j poussa si loin que Massena ne put s'empêcher province. Harcelé par les guérillas, qui massa- de lui ôter son commandement et de hn fileraient ses soldats en grand nombre, il eut re- joindre de quitter l'armée. Il avait d'abord l'in-

tention de résister; mais son audacieuse fiert* dut enfin céder à l'inllexibilité de Massena. 11 revint à Paris, et Napoléon, sans se prononcer, réprimanda vivement les deux maréchaux.

Le 22 juin 1812, Napoléon, du quartier général de Wilkowiski, déclare la guerre à la Russie : l'armée impériale, la plus formidable qui! e*t

cours à des mesures violentes. Elles accrurent l'exaspération des habitants, et la Romana fut bientôt assez fort pour le contraindre d'abandonner le Bierzo, et pour couper toute communication entre lui et le maréchal Soult. Ce dernier, chassé du Portugal par Wellington, rentra dans la Galice et fut assez heureux pour secourir la

garnison de Lugo, où Ney avait concentré toutes encore mise sur pied , comptait cinq cent

ses forces, et pour faire sa jonction avec le ma- | combattants et deux mille deux cents booebes

réchal. Obligé cependant d'opérer sa retraite sur à feu. Ney reçut le commandement du troisième

la province de Léon, Ney concerta avec le gé- corps, et le premier combat qu'il livra fut o-ta

néral Kellermann l'invasion des Asruries. Il par- | de Lyadi, où il battit la 25* division ro*e

lit à cet effet de Lugo le 13 mai 1809, passa la j (n août 1812). L'armée, trois jours après, arri-

Navia, culbuta cinq jours après les troupes de vait sous les murs de Smolensk ; Barclay de

la Romana jointes à de nombreux paysans pour ! Tolly y avait jeté trente mille hommes , et fl «

défendre le pont et les hauteurs de Pennaflor, tenait en bataille sur les deux rives du Dwèper,

le 19 entra à Ovielo, et poursuivit l'ennemi communiquant avec la ville par des ponts. LeiT,

jusqu'à Gijon, après avoir jonché la route de après des efforts désespérés de résistance, les

cadavres. Kellermann était arrivé également à \ Russes abandonnent et incendient la ville, laissant

Oviedo. Ney arrêta avec lui les dispositions né- aux mains du vainqueur douze mille ltommes,

cessaires pour le maintien de la tranquillité, et se en tués, blessés ou prisonniers, deux cents

remit en marche contre la Galice (2! juin). Des pièces de canon et d'immenses magasins. Nev.

obstacles sans nombre entravèrent ses opéra- quoique atteint «l'une balle au cou, fut charje

tions ; mais le général Wilson éprouva à Barios ( 1 2 août ) tout ce que pouvait l'audace de Ney contre la mauvaise fortune.

Dans l'expédition de Portugal , Ney ne cessa pas de montrer les qualités héroïques qui le distinguaient à un si haut degré. Ses premiers pas dans ce pay*, après qu'il eut reformé le sixième

avec Murât de poursuivre l'ennemi , et Val( tina, où il fit des prodiges de valeur, donna son nom à une nouvelle victoire Ce fut alors que Napoléon réunit un conseil de pierre eù fat agitée la question de savoir s'il ne conviendrait pas d'établir ses quartiers d'hiver s«r la Duna et sur le Dniéper. Le

fut de cet aria, et ie motiva arec une sagacité et

une rectitude de vues que l'événement justifia depuis, et dont il faut faire honneur à sa mémoire. Malheureusement Napoléon, d'un air mécontent, repoussa l'avis de Ney par des considérations tirées deR intérêts de la gloire français»? et du caractère bouillant de l'armée, et se rangea de celui de Caulaincourt , qui demandait qu'on marchât sur Moscou. On raconte a ce sujet que Ney ne put alors s'empêcher de s'écrier : « Fasse le ciel qne la flagornerie de ce général d'ambassade ne soit pas plus nuisible à l'armée que la plus sanglante bataille! * Ce fut le 7 septembre que fut livrée celte fameuse bataille, eu face de Moscou, appelée par les Fran çais, de ta Moskowa, et par les Russes de Borodino, parce que l'action eut lieu sur le plateau qui domine ce village. Dans celte bataille , la plus terrible des temps modernes , le dur d'Elchingcn commandait le centre de l'armée; i] s'y surpassa, et ne fut jamais plus grand que dans cette journée. Aussi Napoléon lui décerna le soir même le titre de prince de la Moskown , dont les lettres patentes, expédiées le 8 février 1813, enregistrées le 25 mars suivant, portent que la princqiauté de ce nom et le duché d'Elchingen ne pourraient après sa mort être réunis sur la même tête. Jaloux de justifier cette nouvelle récompense, le maréchal poursuivit les Russes le lendemain, et contribua à leur défaite à Mojaisk. Après l'incendie de Moscou, il insista opiniâtrement pour une prompte retraite, et cette fois, mais trop tard encore, son avis prévalut.

Pendant cette retraite fatale, dont le seul souvenir afflige encore la France, et qui pour tant de guerriers fit un tombeau de leur conquête. Ney, chargé, le 2 novembre, du commandement de l'arrière-garde, soutint jusqu'à la fin l'honneur de nos armes , avec un courage pour ainsi dire surhumain. Sans cesse les cosaques le harcellent, et sans cesse il les disperse et le* épouvante. Le 7 novembre, commencent à Smolensk ces froids excessifs cent fois plus redoutables que les armes russes; le thermomètre centigrade desrend jusqu'au 22* degré; les routes disparaissent sous un linceul de neige, et le froid frappe de mort «les milliers d'hommes et de chevaux. Séparé du gros de l'armée, Ney se voit dans les plaines de Krasnôe (18 novembre) attaqué par des masses énormes, auxquelles il n'a à opposer que sept mille combattants. Ne pouvant les renverser, il se retire devant elles , et donne Tordre de rétrograder, c'est-à-dire de retourner sur cette ligne déserte etglacée, que le froid et le fer ont jonchée déjà de tant de cadavres. Ce commandement paraît aux soldats un arrêt de mort ; ils s'insurgent et murmurent : « Eh quoi , s'écrie Ney, en se jetant au milieu d'eux, ne vous ai-je pas toujours conduits à la victoire?.... Abandonnerez* vous votre général! Il va mourir libre et Français; vous allez

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