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I mourir esclaves ! - Ce peu de mots réduit les soldats au silence.et ils retournent vers Smolensk, suivant le maréchal , qui cherchait à gagner le pont de Doubrowna, par la me droite du Dniéper. Arrivé là, Ney trouva le pont détruit, et fut contraint de chercher un autre passage, au mij lieu de la nuit, entre Sirokrodnia et Gusinoïé. I Mats le fleuve n'était pas entièrement gelé, et avant d'arriver au milieu, il fallut abandonner ; l'artillerie et les bagages. Réduit à trois mille | combattants , il rejoignit enfin à Orcba l'armée I française, qui depuis plusieurs jours le croyait, : avec ses braves, captif ou enseveli sous la neige. Leurs compagnons les accueillirent avec ! des transports de joie, et Napoléon pressa le ma- ; réchal dans ses bras. On raconte que quelques , heures auparavant on avait entendu l'empereur ! s'écrier en parlant de Ney : « Je donnerais dix I millions pour le racheter. • Et l'on ajoute qu'en le ' revoyant il dit qu'il ne regrettait nullement ses troupes, puisqu'il revoyait le duc d'Elchingen. : Au passage de la Béresina, sa fermeté énerj gique devint encore la sauvegarde de l'armée. Au .milieu des scènes de douleur, d'anéantissement et de mort qui se renouvelaient à chaque pas, Ney trouva des forces pour les opposer à tant d'infortunes : six mois aupara- , vaut, il s'était avancé à la tête de ccut mille hommes , et maintenant il était redevenu soldat, j « Il traverse, dit le comte de Ségur, Kowno et le Niémen, toujours combattant, reculant et ne ' fuyant pas, marchant toujours après les autres , i et pour la centième fois, depuis quarante jours et quarante nuits, sacrifiant sa vie et sa liberté 1 pour ramener quelques Français de plus; il sort ! enfin le dernier de cette fatale Russie, montrant I au inonde l'impuissance de la fortune contre les ! grands courages, et que pour les héros tout tourne en gloire, même les plus grands dé- 1 sastres. »
Lorsque Napoléon eut réorganisé l'armée, 1 Ney, toujours à la tête du troisième corps, passa la Saale (avril 1813), et se mit en bataille au ! delà de Naumbourg. Il se porta ensuite sur Weissenfels, et après s'être frayé un passage à travers les défilés de Poserna ( 1er mai), arriva le lendemain devant Lulzen, où son corps soutint le choc de cent vingt mille hommes et décida la victoire. La bataille de Rautzen (20 et 21 mai) suit de près cette journée, mais là , si par malheur, au lieu d'avancer sut la gauche, dans la direction d'Hochkirch , Ney n'avait gravi sur la droite des hauteurs qui dominent Klein- Bautzen, la retraite de l'armée coalisée serait devenue une pleine déroute. « Sans cette fâcheuse erreur, dit de Norvins , toute l'armée prussienne et une partie de l'armé russe, celle de Barclay, tombaient au pouvoir du vainqueur. • 1^3 juin, le maré:l»al entrait à Bre<- I law, ou un armistice, conclu le 29 mai à Pleswitz, J lui permit de soigner une blessure qu'il avait ! reçue à Lutzen A peine l'armistice fut-il expiré
<-r- Napoléon, qui n'a pu ajouter beaucoup à \ verains,au nom de la régente Marie-Louise, Ils is forces est ohli«é de résister à celles delà ! passèrent le 4 avril au quartier généwl d'Essonne,
et y virent Marmont, à qui ils dirent l'objet de leur message. Celui-ci comprit qu'il ne pouvait continuer de s'isoler en négociant de son côté,
et apprit aux plénipotentiaires ce qu'il avait eatamé, où il en était, et déclara qu'il ne ferait qu'un désormais avec eux. Ney engagea Mirmont à les accompagner à Paris, ce à quoi il consentit avec empressement. Arrivés à Petil-
coalitionqui s'étaient considérablement accrues. Dans ce moment , tomme les opérations qu'il méditait près de Dresde allaient exiger une attaque désormais vive et impétueuse, il appela à lui le prince de la Moskowa. « Mais, dit le général Sarrasin, si cette distinction fut flatteuse pour ce maréchal , elle Tut fatale à l'armée de Silosie, qui, privée de son chef, fut battue. »
Le 5 septembre, Nev eut le malheur de perdre Bourg dans la soirée, les maréchaux parle»*
la bataille de Dennewitz, où Bernadotte lui en- tèrent, puis se dirigèrent en toute hate vers Pi
leva dix mille hommes et vingt-cinq pièces de ris, où l'empereur Alexandre, qui tenait en su
canon. Cet échec fit sur lui une vive impression ; mains la balance des destinée» de la France, et
aussi lorsque Napoléon lui témoigna sa mauvaise semblait se plaire k prolonger l'incertitude, exigea
humeur de cet insuccès, Ney eut beaucoup de une a&dica/ionatao/ue.Ney et ses collègues, de
peine k se contenir, et reprocha vertement à retour à Fontainebleau, signifièrent a Napoieoo la
l'empereur ses nombreux sacrifices d'hommes, décision du vainqueur et se retirèrent ; mai* peu
son ambition insatiable Bientôt les succès de d'instants après l'empereur fit appeler le priât*
Lutzen et de Bautzen furent effacés sans retour de la Moskowa. « Ce qui se passa dans cette
dans les plaines de Leipzig, où Ney fut encore eutrevue,dit M. de Norvins, échappe a l'inves-
htessé : des trahisons sans nombre, des défec- tigation historique. « L'abdication fut signée le
tions imprévues, des fautes irréparables, préci- 11 avril, et le comte d'Artois faisait le lendeauw pilèrent notre armée dans une défensive mal- '■ son entrée à Paris. Comme tous les maréchaux,
heureuse dont les difficultés se multipliaient de le prince de la Moskowa se rallia au gouTtroe jour en jour. Le sol de la patrie, touché par les , ment nouveau, et fut nommé membre dn coaseu
troupes île la coalition, devint alors le théâtre de de la guerre (8 mai ), commandant en chef des la guerre. Ce n'étaient plus des conquêtes qu'il ! cuirassiers, des dragons, des chasseur» et de»
s'agissait de garder, c'étaient nos villes, nos chevau-légers lanciers de France (20 niai), cbe-
campagnes, notre patrie qu'il fallait disputera valier de Saint-Louis (Ier juin), gouverner*
l'ennemi; c'était l'empire, qu'un million d'hom- la 6e division militaire (2 juin) enfin pair de
mes venait, pour ainsi dire, saisir corps à France (i juin).
corps. Dans cette lutte, le maréchal Ney ne re- Cependant Ney, peu habitué aux loisirs « h
doubla pas d'intrépidité, car il était toujours paix, ne tarda pas à regretter l'activité <k* intrépide; mais il déploya une activité Incroyable. . camps ; son existence à la cour lui devint insup-
Sans commandement fixe, bien qu'il eût été portable; le faste et la représentation le W> nommé (6 janvier 1814) commandant de la ; guaient. Il partit pour sa terre de Coudrot.
première division des voltigeurs de la jeune
près
Chateaudun , où il put se livrer plus
garde impériale, sans but arrêté, pendant cette I i'aisc à son goût pour la solitude, et à son dotfatale campagne où rien n'était prév u, parce qu'il I gnement pour les usages puérils du grand monde
était impossible de rien prévoir, il courait à l'ennemi, s'efforçait de lui faire face partout , remportant presque toujours des avantages dont il regrettait de ne pouvoir tirer parti. A Brienne (21) janvier), à Champ- Aubert et à Montmirail (10 et tl février), à Yauxchamps (14 février), à Craonne (7 et 9 mars ), il fut constamment au
Il y reçut", le 6 mars 1815, l'ordre de se rendre en toute hâte à Besançon, chef-lieu de la C division militaire. Le soir même il partit pour Paris, où M. Batardy, son notaire, lui apprit» lendemain le débarquement de Napoléon. Cette nouvelle parut lui causer une vive inquielmk. H se rendit aussitôt chez le maréchal Soult>r>
milieu du feu, animant les soldats, et leur fai- i ministre de la guerre, pour lui demander ses mi-
sant retrouver, malgré leur petit nombre, cette confiance héroïque qui les avait inspirés au jour de la victoire. A peine avait-il cinquante-trois mille hommes, disséminés sur un grand espace, 5 opposer à une masse de trois cent mille ennemis rangés de front. Tant d'efforts devinrent inutiles, et tandis que Napoléon , après avoir traversé Nogent et Sens, arrive à Fontainebleau, les alliés entrent à Paris (31 mars), et le sénat déclare sa déchéance ( 2 avril ).
Les maréchaux réunis à Fontainebleau avaient arraché à l'empereur une abdication en faveur de son fils. Macdonald, Ney et le duc de Vicence furent chargés de la faire agréer aux sou-
tructions ; mais celui-ci lui répondit a*se* quement qu'on lui ferait savoir à Besançon ~ conduite qu'il aurait à tenir. Avant de quitta Paris, le maréchal crut de son devoir de presto congé du roi. Louis XVIII l'accueillit a«e«* paroles flatteuses et des témoignages de confiance, et le maréchal, protestant de son ^ devouement k la monarchie, exprima alors tu tement l'indignation que lui faisaient épro^cf l'attitude et l'entreprise de Bonaparte, q«". ajouta-t-il, mériterait qu'on le mil à Charwt™ ou qu'on le ramenât dans une cage de tfr- Paroles malheureuses qui devaient lui être reprochées, même par ceux qui le condamner^