NICANDRE
moins; — 'F.Tspo-.wiieva ( Les Métamorphoses) , ouvrage mythologique; — EùptorAx ou ïliçà EuptÛCT); (L*Europte, ou Sur V Europe), ouvrage géographique, en cinq livres au moins ; — "Htfiap.- 6oi (Hémiambes), poésies dont le sujft est inconnu; — 0r46»txâ (Thébaïques), en trois livres au moins; — 'lâtreuv owoyo>ytî (Collection de remèdes ou de guérisons); — Nviasioi (Les Fiancés) ; — Ko>o?<maxâ,reeiieil de particularités historiques et géographiques sur Colophon; — MeÀiciaoypYixi (Sur r Éducation des abeilles); — Oltaixd (Œtaïques), poème hexamètre en deux livres au moins; — 'Oçictxôv (Du Serpent); — Ilepl «oiyjtûv (Sur les Poètes ) ; — une paraphrase en vers hexamètres des Pronostics d'Hippocrate; — £ixe).i (Sur la Sicile), qui avait au moins dix livres ; — TdxivOo; (Hyacinthe) ; — Trcvo; (Le Sommeil)-, — Ilepl Xpi)<rn}pUi>v *<xv- -rciiv (Sur tous les Oracles ).
Il nous reste de Nicandre deux poèmes; le plus long, intitulé ftr.piaxi, se compose de 958 vers. 11 traite, comme le titre l'indique, des blessures causées par différents animaux venimeux et des remèdes qui leur conviennent. Haller appelle les Thériaques* tonga, incondita et nullius fidei farrago ». Il est vrai que Nicandre n'est ni un naturaliste ni un critique; mais parmi beaucoup de fables absurdes, son poème contient des particularités zoologiques intéressantes. Il mentionne une espèce de serpent, appelé ort<S/ (seps), qui prend toujours la couleur du sol sur lequel il rampe ; il place le venin du serpent dans une membrane qui entoure ladent.ee qui n'est pas loin de la vérité ; il décrit richucumon et l'aspic ainsi que la manière dont le premier combat contre le le second et détruit ses œufs, détails qui se retrouvent presque textuellement dans Pline et qui sont en partie confirmés par les naturalistes modernes. En parlant de l'amphisbène il tombe dans l'erreur vulgaire qui attribue deux têtes à ce serpent. La même erreur est aussi dans Pline. Nicandre divise les scorpions en neuf espèces, les distinguant principalement par la couleur, et ce mode de division a été suivi par Élien. Il a décrit le premier les papillons qui volent le soir autour d'une lumière, et il les appelle ?«Xotivai. Il donne du basilic une description fabuleuse, qui a été adoptée par Pline et Élien ; mais l'animal dont il parle n'est pas celui que les naturalistes modernes appellent de ce nom, et qui ne se trouve qu'en Amérique. Il a parlé un des premiers de la propriété fabuleuse de la salamandre. Il prétend que les guêpes sont engendrées par la putréfaction d'une carcasse de cheval et les abeilles par la putréfaction d'une carcasse de bœuf.
L'autre poème encore subsistant de Nicandre est intitulé 'AXeÇtfàpftaxat, el contient 630 ver». Il traite des poisons et de leurs antidotes. Haller ne le juge pas moins sévèrement que le précédent : « Detcrlpttovixnlla, *\\\-\\,symptomata j fuse recensentur, et magna Jarrago et incon-
919 NICANDRE dita plantarum potissimum alexipharmacarum subjicitur. >• Les anciens au contraire semblent avoir beaucoup estiméce poème, el Dioscoride, Aétiusenont fait souvent usage; aujourd'hui encore on peut le consulter avec intérêt (I). En somme, malgré une foule «l'erreur» que la science moderne relève facilement, Nicandre semble pour les connaissances en histoire naturelle ne l'avoir cédé à aucun de ses contemporains , et il resta longtemps une autorité considérable. Plularque, Diphile et d'antres écrivains commentèrent ses Ttiér toques. Marianus les paraphrasa en vers ïamhiques; Eufecnius fit des deux poèmes une paraphrase en prose qui existe encore. Comme poète, Nicandre fut moins estimé par les anciens que comme médecin. Plutarque prétend que les Thériaques , de même que les poèmes d'Empédocle,de Parménideet deTheogonis n'ont rien de poétique, excepté le mètre. Les critiques modernes ne peuvent que souscrire à ce jugement, rn ajoutant que pour la diction Nicandre est bien inférieur aux trois autres poètes. Suivant la remarque de Bentley, il court après les mots vieillis et tombés en désuétude, et il devait être obscur et difficile même pour les lecteurs de son temps.
Les deux poèmes de Nicandre furent publiés pour la première fois» à la fin de Dioscoride; Venise, 141)9, in- fol., chez Aide Mauuce; et séparément, Venise, 1523. in 4°, che;t Aide; Henri Estienne le* inséra dans ses Poetx grxci principes heroiei carminis. Gorraeus et Euricius Cordus les traduisirent en latin. La paraphrase d'Eutecnius parut pour la première fois dans l'édition de Bandini; Florence, 1764, in-8°. La plus complète édition de Nicandre e*>t celle de Schneider, qui publia les deux poèmes séparément : Nkandri Alctipharmaca, seu de venenis In potu cibove. homini dafis cor unique remediis carmen ; cum scholiis grxcis et Euiecnii sophistx paraphrasi graca. Ex libris scriplis emendavit animadverstonibusque et paraphrasi latina illustrai if; J. - G. Sch., Halle, 1792, in-8°; — Mcandri Colophonit Theriaca, id est de bestiarum venems eorumque remediis carmen; cum scholiis grxcis auctioribus Euclenii metaphrasi graca et carminum perditorum fragmentis ,- Leipzig, in-8". Le texte grec, revu avec soin par F.-S. Lehrs, avec une traduction latine, a paru dans la Bibliothèque grecque de A.-F. Didot, à la suite de Ihéocrite et d'Oppicrr. Les Theriaca avec des
(t) Parmi let poison* du ri- une animal, Nicandre mentionne Ut ranlhartdc des Grec* , qui n'esl pas la lytta vesicatorio. mm la tnrtoe chicorii; la bupnstu ( cara'ius bucidou). le sang du taureau ; le lait rotule dans lVjtnmac d'un in.iipuillerc, une espèce de Mraudon ( tetraodon lavocrpha lus), la *anjr<oe \h%rudo teur„ata), el une espèce de salamandre Parmi les poisons végétaux nous y trouvons I aconit inconnu m l^eoctonum), la coriandre, la dirue", la colchique, le lotos dnrychmum, la jusquiame, l optinn . les champignons. En (ait de poisons minéraux. Il ne elfe que le M a m- de plomb | carbonate <U plomb |, et la litbarire ( oxyde de plomb ).
- NICANOR Mo
corrections de Bentley ont été publiés dans le ; Muséum criticum de Cambridge, t 1(1). L. J. ] Suida» et fcodocla, au mot N't'xatvcpoç. - Fée dr ,ri- ; candre, dans le» BtTvçafOt tic u i-tcrnuon. - CUnton, t'atti helleniri, vol. III. - r'aUlciut, Kibliothtcaqrt«i, I vol. IV, p. sis, etc., cd. Maries. - Hallcr, li-bttotk. bannira; tixbliathrea medien praetica. — Sprmgrl, Mitoire «V ta médecine. - ( boulant, Hltndb. dtr Meaerkundt fur die Af Itère Medicin. - Smilh, Mcttnutr, o/ gretk and roman biographe.
KiCAXOK (Nixivo>p), général grec de Syrie, tué en ICI avant J.-C. Ami de Demétrius 1", roi de Syrie , retenu avec lui à Home, il fut qd des compagnons de sa fuite. Démétrius, établi sur le trône de Syrie, le nomma clcphanlaique(\a\tre des éléphants ), une des plus hautes dignité* militaires, et l'envoya, avec une armée nombreuse, contre les Juifs insurgés sous ta conduite de Judas Macbabée. Nicanor, sous prétexte ie négocier la paix, essaya d'abord de se rendre maître, par trahison, de la personne de JuJai Ayant échoué dansce dessein, il livra bataille aux Juifs à Capharsalem, et fut défait avec une punk perte. Une seconde action, engagée près de Bethoron, tourna encore plus mal pour les Syrien* Nicanor périt sur le champ de bataille, et toute son armée fut taillée en pièces. ï.
Joséphe. AnUq. Jud., XII, 10.— DibLMac.,1 I,', L II, l«, |S. — Polype. XXXI. 2t.
XICAXOR, un des plus célèbres grammairien* grecs, vivait sous le règne de l'empereur Adrien, nu commencement du deuxième siècle après J.-C. Suivant Suidas, il était d'Alexandrie, et suivant Etienne de Byzame, il était d'Hierapolis. Il s'occupa particulièrement de ponctuation, « qui lui fit donner le surnom plaisant de Sw,jiotTta;; le mot prétait à l'équivoque, et pouvait venir également de <7-.iyjnrç, point, ponctuation, et de o-ctYoa , marque, flétrissure. Ses travaui sur Homère, dont il s'efforça d'éelalrer les écrits ac moyen de la ponctuation, lui valurent le nom, plus honorable, de nouvel Homère, o vw;'0j»v po;, comme l'appelle Etienne de Byzance. Nwanûi écrivit aussi sur la ponctuation de Callinii^r et un traité Sur la Ponctuation en général (Tltù nabôYoM cTrru.fi;). Les Scholies sur H» mère ont conservé beaucoup de fragments à Nicanor. Fabricius en donna quelques uns; x 8loison en publia de nouveaux et d'important Nicanor améliora le système de ponctuai»* établi par les critiques , mais il n'est pas facile d'indiquer avec précision quels furent se><l»angements et jusqu'à quel point ils furent beureov. Sur ces questions (te grammaire, qui démarraient beaucoup de détails pour être intelligible*» nous renvoyons à l'ouvrage publié par M. Frird-
,1) On cite encore plusieurs écrivains du nom candre; savoir i un philosophe pérlpateUck-n d'Alfas drle.qul écrivit un iraitc Sur le* Disciples d'drijtot*;- Nicandkb de C)»lcédolne.aiitrur d'un oiivngewrfr»1^ roi ae Bllhynle ; — NtCAtf DR* Ois d'Kothydeme, q«' w1"^ dans Ira SympotUica et le dialogue De toUrb* o»«*»fit/m,- — un sophiste mentionne par Phllnstrate . — prainmalrtrn de Tllvatlr», auteur d'un traite S»r « I Démet, et d'un autre Sur le Diutectt atUqut.
921 RICANOR laender sous ce titre : Nicanor, Htpi •Piaxr,; criYiMfc; Kœnigsberg, 1850, in-8°. L. J.
Soldas, au mot Nixdvwp. — ÉUenoe de Byzance, an mot *lfpdrcoXi<. — Fabrtclus. BibHotluca grseco, vol. I, p. S««. M7 ; vol III. p. «3; vol. VI, p. 34*. - VlUolson, Anec&ola, l. II.
NICASOR. Voy. DÉMÉTRIUS et SÉLEOCCS.
mcâhqur (Nîxapxoc)t poète épigrammatique, vivait au commencement du deuxième siècle après J.-C. Reiske, par une hypothèse peu fondée, le fait naître à Samoa, et Jacohs, par des raisons un peu meilleures, pense qu'il vivait à Rome. La date de sa vie est fixée par le caractère de ses écrits et par ce fait que, dans une de ses épigrammes, il se moque du médecin égyptien Zopyre, que Plutarque cite comme un contemporain. V Anthologie grecque contient sous son nom trente-huit épigrammes; mais il est douteux qu'il soit l'auteur de sept d'entre elles. Ces petites pièces sont plus remarquables par les personnalités injurieuses et la licence que par le talent poétique. Y.
Fabrtrtua. Bibtiotheca arieca, vol. IV. p. tsv. - Jacob*. Antkologla qrxctt, vol. III, p. 66; vol. X, p. 17; XIII, p. US.
xiccoLAi (Aifonso), littérateur italien, né le 31 décembre 1706, à Lucques,mort en 1784, à Florence. Admis en 1723 chez les Jésuites, il se consacra de bonne heure à la carrière de renseignement, professa l'Écriture sainte à Rome, et devint théologien impérial en Toscane sous les grands-ducs François et Léopold. 11 a laissé en italien des ouvrages estimés : Panégyriques et pièces en prose toscane; Florence. 1753, in-4'; — Mémoires historiques sur saint Biaise, éiéqueel martyr; Rome, 1762, in-4°; — Dissertations et Leçons sur l'Écriture sainte; ibid., 13 vol. in-4°, dont 7 sur la Genèse; — Pièces en prose toscane dans les genres oratoire y scientifique et historique; Florence, 3 vol. in-4*; — Entretiens sur la religion; Gènes, 1770, 8 vol. in-8°. P.
DiUonario Utorico Bas tant te.
kiccolai {Giambattista) , mathématicien italien, né en 1756, à Venise, mort en 1793, à Schio, dans le Vicentin. Après avoir occupé la chaire de mathématiques à l'université de Padouc, il entra dans les ordres, et devint archiprèlre de Padernello. La manie d'innover le jeta dans des observations singulières, notamment lorsqu'il s'avisa de démontrer que l'algèbre repose sur des bases incertaines. Outre un certain nombre de dissertations insérées dans les Saggi de l'académie de Padoue (t. I et II), et dans la JVuova raccolta Calogerana, on a de lui : Aova analyseos eletnenta; Padoue, 1791, 2 vol. in-4°. p.
Tlpaldo, Btoçrafla deoli nollant.tte.
kiccolai. Voy. NlCOLAI.
kiccoli (Niccolo db'), célèbre humaniste italien, né à Florence, en 1363, mort le 4 février 1437. Fils d'un négociant , il fut contraint pendant plusieurs années de s'adonner au corn-
— NICCOtl 022
merce ; ce n'est qu'après la mort de son père qu'il put se livrer à son goût prononcé pour l'étude; il apprit le latin, et se familiarisa aussi un peu avec le grec, sous la direction de Chrysoloras, de même qu'il s'initia à la philosophie et a la théologie en assistant aux réunions de l'académie de Santo-Spirito, dirigée par L. Marsigli. Il se rendit à Padoue pour y transcrire les œuvres latines de Pétrarque; il s'appliqua ensuite à copier de sa main, avec un soin extrême,, les principaux auteurs de l'antiquité. 11 forma ainsi une précieuse bibliothèque ; il l'augmenta encore par de nombreux achats que la faveur extrême dont il jouit bientôt auprès de Corne de Médicis lui rendit faciles; la banque de ce célèbre protecteur des lettres avait ordre de payer tout bon signé de Niccoli. Lié avec les principaux savants de l'Italie, il obtenait par eux des renseignements sur les manuscrits renfermés dans les divers couvents de l'Europe; d'autres fois c'était lui qui dirigeait leurs recherches et les mettait à même d'exhumer de dépôts négligés les ouvrages d'écrivains classiques. Afin de se vouer entièrement à propager le mouvement de la renaissance des lettres, il n'accepta aucun office, et ne voulut pas se marier, pour pouvoir appliquer sa fortune, qui n'était pas très-considérable, à l'acquisition de manuscrits ou d'objets d'antiquité. Il vivait avec une maltresse do nom de Benvenuta ; cela le brouilla avec toute sa famille. Il était d'une complaisance extrême pour tous ceux qui le consultaient sur des questions littéraires ou lui demandaient à profiter des trésors contenus dans sa bibliothèque. Sa maison devint le lieu de réunion de tous les beaux-esprits de Florence ; les artistes aussi le fréquentaient assidûment. Cependant son humeur sarcastique et irritable lui attira de nombreux ennemis, tels que Philelphe, Guarino, Chrysoloras et autres. Le cause de sa rupture avec son ami de jeunesse Leonardo Bruni vint de ce que celui-ci avait fait sur Henvenuto des plaisanteries déplacées. Le pape Eugène IV essaya en vain de les réconcilier ; ce ne fut qu'après bien des années que Francesco Barbara y réussit.
Niccoli vécut presque constamment à Florence ; il pas*a quelque temps à Venise, pour y fouiller dans les archives et dans les bibliothèques du couvent, et fit un court séjour à Rome. Doue d'une excellente mémoireet, en même temps, d'une compréhension rapide et facile , il fut le restaurateur de la critique; il comparait les divers manuscrits d'un auteur et les corrigeait les uns par les autres; d'autres fois il rétablissait des textes conformément à ses principes extrêmement sévères en matière de goût. Sur les écrivains grecs, il réclamait l'aide de son ami Traversari. Ce concours donne beaucoup de prix aux manuscrits qui, copiés de sa main, se trouvent en grande partie à la bibliothèque de Florence. Ses livres, qui au moment de sa mort étaient au nombre de huit cents , furent acquis
923 NICCOLI —
par Côme de Méritais, et devinrent le fondement de la bibliothèque Marcienne. Niccoli n'a publié qu'un petit Traité sur Vorthographe latine ; les quelques lettres que nous avons de lui sont en italien. Il évitait même de parler latin, non pas, comme l a ridiculement prétendu Bruni, qu'il ignorât les principes de cette laugue, mais parce que . connu par ses jugements sévères sur le style de ses contemporains, il ne voulait pas lui-même donner prise à la critique. Du reste il était plutôt apte a Taire naître (les idées chez les autres, à les exciter au travail et à les gui- «ier, qu'à produire lui-même une oeuvre capitale. La postérité n'eut pas moins une grande reconnaissance à Niccoli pour les efforts constants et désintéressés qu'il fit pour faire réOeurir l'étude des anciens. E. G.
Pogjrio, OraHo infunere Nieoli (dans •** Opéra et dans Y AmptUtima Coller lia de Martcne. t. III, où se trouvent encore d'autres documents sur Mrroli). — Ve^puitnno, Fila Nievti. - Rne-i* Sylviu*. De. ytrit elaris. — (I Ka- «•lu». De Firis Uluttribvs. - Menus ftta 4. Traversant cl fila !.. tJrmni. \p. /.etio, rhsterlaiione f otsiant. t. I. - T|rabo«ehi, Storta ûelia tetter. xlaluina. — t;. Volgt. Dte IFiederbelebung det clainitchtn lUtrtfiumt (Berlin, m», p. 1M).
; PilccoLl.M ( Giovanni* Jiattista), poëte italien, né le 31 décembre 1785, à San-Giuliano, près Pise. Il appartient à une famille patricienne de Florence et descend, par sa mère, «lu poète lyrique Filicaia. Dans sa jeunesse il connut Ugo Foscolo, obligé de quitter Milan en fugitif, et se > lia avec lui d'une vive amitié. Jamais il ne se mêla d'une manière active aux événements politiques qui bouleversèrent son pays; au lieu de 1 saluer tous les pouvoirs, comme le fit Monti, Use tint à l'écart, nourrissant dans son emurun sentiment de patriotisme élevé, qui devint en en quelque sorte le fondement de ses croyances 1 littéraire». Les seules fonctions qu'il ait remplies sont celles de professeur d'histoire et de mythologie à l'Académie des beaux-arts <ie I- lorence et de conservateur de la bibliothèque du mêrneéta- ! hlisseroent Le premier essai de Niccolini date de 1804 : c'est le poème de La Peste di Uvornn, écrit en tercets, el qui semble un écho de La Bassvilliana. Mais il se fit connaître avec plus d'éclat comme poëte tragique dans Polisse ne, drame qui fut avec justice couronné en 1810 par ( Académie de la Crusca Cette belle étude, empreinte d une couleur antique, fut suivie de Medta, Ino e Ternis to, Edipo, l sttte a Tebe, drames qui ont une moindre valeur. Dans Nabucco il mit en scène l'épopée napoléonienne, | hardiesse dont VAjax de Foscolo avait donné I l'éclatant exemple. Cette pièce singulière, im- • primée en 1819, à Londres, sous le voile de l'auonyme, et dans laquelle Catilaincourt . Carnot, Mari<>-Louise, Pie VII, figurent sous les noms assyriens d'Assené, d'Arsace, d'Amiti, de Mi- ; trane et de Nabucco, n'a pas été représentée. Après avoir donné sou premier drame moderne, Matilda (1815), où l'on. sent un pénible effort pour se rapprocher de l'école romantique, Nic-
MCCOLLM
colini renonça pendant quelques années aq théâtre, et prit part â la rénovation littéraire qui agitait alors toute l'Italie. Il écrivit ses discours en prose Sur la ressemblance de la j>oésie et de la peinture, Sur la formation des langues (1818), Sur le Sublime et Michel- Ange (1825), ses Éloges d'Andréa Orcagna et >ie J.-B. Albeiti, et fut un des rédacteurs de fiathologie, excellente revue que Vieusseut publia de 1819 à 1832, à Florence. Comme l'ont prouvé ses derniers ouvrages, il ne se roootre pas hostile aux théories modernes , s'il n'en a point assuré le triomphe; il les admet, ainsi (\w Casimir Delavignc, parce qu'elles ouvrent ta Jiamp plus vaste au développement do sa peasee; mais, dit M. de Mazade, « il s'en etois.e par une réserve qui ne l'abandonne jamais (toi? ses hardiesses , par un goût qui s'effraye arment de la licence littéraire, par ses visita affinités avec le dix huitième siècle, par m amour presque exclusif des gloires nationale, qu'il craint de voir désertées pour des modèles étrangers, pour Giethe ou Schiller ». Ses effort* pour concilier les réformes nouvelles avec l'a»cienne discipline théâtrale n'ont pas été usa éclat. Après dix années de silence, il donna i la scène le drame d'Antonio Foscorini (1*27), grave et sombre tableau de la politique occulie de Venise, joué dans toutes les villes d'Italie; amèrement attaque et vivement défendu, il n'es offre pas moins, dans sa simplicité, des effets puissants et des beautés vraiment neuves. 6<o* tv//i/t»daProctda,qui date de I830,est un ré*»** de toutes les Itaines patriotiques contre la domination étrangère. Effrayé des excès littéraires, Niccolini se réfugie parfois encore vers le pas* : après Lvdovico Sforza (1834), tiagédie n-gulière et froide, il écrit Rosmonda dlnçkUkrra (1839), où 1 histoire de la maltresse de Henri II est retracée avec autant de mouvement <jm d'ampleur; tantôt il ne recule devant auo"* hardiesse scénique, comme dans Béatrice Ctaa, tantôt il revient, dans Agamemnone, *oi études favorites de sa jeunesse. Enlin,il sV4 pleinement jeté dans la voie nouvelle avec dau drames du plus haut intérêt , Arnaldo da Brada (1845) et FUippo Strozzi (1847). « Te** sont les osuvres de ce poëte sérieox et fier, ajoute M. de Mazade Sans doute on peut concevoir une interprétation plus large el pin* profonde du co?ur humaiu, une vigueur de création plus spontanée el plus libre, des bâtais** de Myle moins souvent dépanes par featore; sans doute Niccolini n'a point foudé d'écok " ne pouvait en fonder : la mesure même de son génie efface en lui ces traits saillants par lesquels éclatent les grandes originalités poéfiqo* Cependant il occupe un illustre rang. ■
Niccolini a publié trois recueils de se> ouvrages : le premier (Florence, 1W3, »
•>t le troisième (Capolago, 1835 •>. vol. »-»•>» ne contiennent que des tragédies;. »»* * *
9lS MCC0L1M —
cond (Florence, 1831, 3 vol.), on trouve en ' outre plusieurs morceaux en prose et en vers; mais aucun des trois n'est complet. P.
Cn <:e Maude, JVtcenltui, dan* La Heine 'des Deux Mandet du 15 nofembre tais. — Jay, Jouy et de Nor»iu», Bio§ . (Us Contemp. — Conr.-ltrikon
Hiccolod'arkxzo, sculpteur et architecte italien, né à Arez/o, vers 1350, mort à Bologne, en 1417. On croit que son nom de famille était Selli. Il eut pour maître un médiocre sculpteur sienuois, le Moccio, qu'il ne tarda pas a surpasser, grâce à l'étude qu'il fit des ouvrages des habiles artistes de Sienne et de Pise. Il avait déjà evécuté quelques travaux de plastique ou de pierre lorsqu'il s'établit à Florence, où on lui confia deux statues destinées au campanile de la cathédrale. Ces ligures, bien réussies, avaient commencé à le faire connaître, quand la peste qui en 1383 désola Florence le décida à retourner dans sa patrie, où chargé par la confrérie de la Miséricorde de l'érection d'une façade pour leur établissement, il fit pour surmonter la porte un bas relief, gravé dans l'ouvrage de Cicognara (t. t, pl. XVIII). De chaque côté N'iccoiô plaça dans des niches les statues de Saint Grégoire et de Saint Donat. De retour à Florence, il exécuta , pour la cathédrale, un Évangéliste assis , qui est regardé comme son meilleur ouvrage. Appelé à Rome par le pape Boniface IX, Niccolô fut employé pendant quelque temps aux fortifications du château Saint Ange. A Florence, il lit pour les maîtres monnayetirs, sur un pilastre a l'angle de l'église d'Orsammichele, deux petites figures de marbre posées au-dessus de la niche qui contient le Satnl Matthieu de Ghiherti , et ces figures ne sont point «'«rasées par ce redoutable voisinage. Il était occupé à ces travaux quand il prit part au concours pour les |M)i'tcs «lu baptistère. Dans le modèle qu'il présenta, il lit preuve d'une grande connaissance du métier; mais ses figures furent trouvées lourdes et mal réparées. D'après Vasari, Niccolô alla ensuite à Milan, où il fut nommé directeur des travaux «le la cathédrale ; mais on ne trouve aucune trace de son passage dan* les registres «le la fabrique. En retournant à Ai c/7.o, il s'arrêta à Bologne pour exécuter, partie en marbre, partie en terre cuite , le tombeau et la statue du pape Alexandre V pour l'église des frères mineurs. E. H— n.
Vatarl, y Ue, - Cicognara. Sioria délia tcullura. — ltald.aucct Aotizir.— Ttcoz*i, Otzionario.
NICCOLO DEL CSV ALLO OU ISicColà BaROH-
cklli ou Niccolô dk Florenck , sculpteur cl fondeur italien, né à Florence, travaillait à Fer rare «lans la seconde moitié du quinzième siècle. Il fut « lève de Brunei lesco. En t'i43, il fondit la statue équestre du marquis Mcotasd'Es'e, et cefutec beau travail qui lui mérita le surnom de Siccoto del Cavallo, sous lequel seul il est conuu. Ce beau monument a été renversé «lans la révolution «le 1797. Niccolô fit ensuite la statue assise de Dorso d'Esté , qui existait sur la même
NICÊPHORE 926
place; et trois 6tatues, également de bronze, qui existent encore dans la cathédrale de Ferrare, le Christ sur la Croix, la Vierge et Saint! Jean; et cn 1492 un magnifique médaillon du rfric Alphonse l<ry avec un char de triomphe au revers. E. B — jc
«Jicopnara. Stortt délia tcullura. — Ttcoxtl, IHUonario. - Va*ar1, f tte.
niccolô oall' A RCA, sculpteur originaire «le Dalmatie, mort à Bologne, en 1494 . 11 était venu très-jeune habiter cette ville. Après avoir étudié sous Jaco;>o delta Quercia , il fut chargé d'achever le merveilleux tombeau de saiut Dominique commencé par Niccolô Pisano, travail qui lui valut le surnom de Mccotà daW Arca, sous lequel seul il est connu. En 1478, il sculpta pour la tacade du palais public une Vierge colossale de marbre. Enfin, Cicognara •lit que dans l'une des Iles des lagunes de Venise, celle de Santo-Spirito, on voit de lui une Crèche de terre cuite. E. B--N.
1 Vawrl, F Ut. — Cico«iura, Stona delta tculUra.
NIC( OI.O DA 1WODEXA. Voy. ABATI ( iYtC- COlo }.
NICCOLO PISANOUU l>A P1SA. Voy. PlSANO
(Xiccoto).
KICÉSÈTK (Nixat eTo;), poêle grec, vivait j dans le troisième siècle avant J.-C. Les renseii gnements à ce sujet sont assez contradictoires. ! Athénée parle de lui tantôt comme étant de Sanaos et tantôt comme étant d'Abdère. Etienne de ; Byzance compte |»armi les célèbres Abderitaius un Nicénèle poêle épique. D'après ces diverses I âHserlions,Ja( obs su|>pose que Nicéuète était né à ' Abdère, et qu'il s'était établi a Samos. Cet auteur composa entre autres ouvrages une liste des ! femmes illustres et des epigrammes dont six i sont insérées dans V Anthologia de Jatobs. Y.
Albrnce, XIII, XV - EUcncr <'r V.\t.micc. au mot j "AtTOTipa. — rabrlclut. ttibltot/teca <:r;et:n. *°t. IV, p. 18k. — Jjcobs, séntholQQia ..rarra, ml. I p. !*J, XIII, p. 9t1. - tl nto-i, /■«,« hdleni' î, wil. III, p. 518, M3.
NicÉPHORE (Saint), martyr syrien, né à An- I tioche, décapité dans la même ville, en 2C0. Il était fort lié avec un prêtre chrétien nommé Saprice; une querelle s'éleva i»ntre eux , et la haine en fut le fruit. Ils se débitèrent avec autant de force qu'ils s'étaient aimes. Lorsque la persécution de Yalérien vint frapper les chrétiens, Nicéphore, se rappelant les parties de saint Jean , que « qui hait sou frère est homicide » , et prévoyant une catastrophe, employa tous les moy«?ns pour se I réconcilie! av«c Saprice; il alla jusqu'à se je- ; ter à ses pieds et le conjura au nom «lu Christ de lui pardonner. Saprice, oubliant son devoir de prêtre et les préceptes contenus dans l'Oraison dominicale, demeura implacable. A quel«fue temps de là il fut arrêté et soumis à la qu<"stion. : Il répondit fermement qu'il était chrétien,et fut condamné à perdre la tête. Comme on le menait au supplice, Nicéphore vint enrore le supplier de lui pardonner; Saprice le repoussa ; mais, arrivé , au lieu du supplice , il Jéclara tout à coup qu'il
NICKPHOKE
était prêt à obéira l'empereur et à sacrifieraux faux dieux. Nicéphore l'invita à persévérer dans, sa foi, mais n'en fut pas écouté; alors il s'écria : « Faites-moi mourir à sa place, car je crois en Jésus-Christ! » Ce vœu fut exaucé presque aussitôt. Les actes de Nicéphore , quoique tirés de plusieurs manuscrits grecs et latins, ne portent pas un caractère complet d'authenticité. Les Églises grecque et latine honorent ce saint le 9 février. A. L.
Dom Thierry Rulnart. Bollandus, Tlllcraont, Balllct, V les des Saints. — Urouet de Maupertuy. Le Combat de F illustre Nicéphore, martyr dans le» / eritables Actes des martyr* (Paris. 173*. S vol. In-lî), t. Il, p. 368-38J.
KlcÉPHORK (Saint ), patriarche de Constantinople, né dans cette ville, en 758, mort le 2 juin 828. Il était fils de Théodore, notaire ou principal secrétaire de l'empereur Constantin Copronyme, et connu pour son attachement à la foi orthodoxe. Nicéphore atteignit comme son père les hautes dignités de l'État, et devint secrétaire de l'empereur Constantin, tils d'Irène. Il assista, en qualité de commissaire de l'empereur, au second concile de Nicée , et déploya beaucoup d'ardeur pour obtenir la condamnation des iconoclastes. Dégonté des intrigues de la cour, il se retira dans un monastère à l'extrémité du Bosphore, avec l'intention d'y terminer ses jours ; mais sa réputation de savoir et de piété le Ot choisir en 800 pour occuper le siège patriarcal de Constantinop'.c après la mort de saint Tarasius. Nicéphore, qui n'était encore que laïc, passa par tous les degrés des saints ordres , et fut sacré évéque, le jour de Pâques (12 avril 800). Pendant les premières années du patriarcat de saint Nicéphore, sous les empereurs Nicéphore et Michel , l'Église de Constan tinople fut tranquille, sauf un léger schisme causé par le rétablissement du prêtre Joseph, que saint Tarasius avait interdit; mais l'avénement de Léon l'Arménien fut le signal d'uue grave perturbation religieuse. Ce prince rendit un édit très-dur contre le culte des images. Nicéphore essaya vainement de ramener l'empereur à des sentiments plus humains et plus orthodoxes-, il ne fit qu'exciter sa colère. Déposé par l'ordre de Léon en 815, il se retira dans le couvent de Saint-Théodore, dans une des Iles de la Propont ide, où il mourut, après un exil de près de quatorze ans. Nicéphore, outre les vertus chrétiennes qui l'ont fait placer au nombre des saints, avait beaucoup de savoir et de talent. Il est le meilleur écrivain de son temps et un des meilleurs de la période byzantine.
Ses principaux ouvrages sont : Ka)v<rcavnvov>ttoXeojç 'loropta ffvvrojios ( Histoire abrégée de Constantinople), plus connue sous le titre de lireviarium historicum ou de Breviariuni; elle cornmenée au meurtre de l'empereur Maurice, en 002, et va jusqu'au mariage de l'empereur Léon IV et d'Irène, en 770; la première édition fut publiée par D. Pétau, avec une traduction latine et des notes, Paris, 1610, iu-8°, avec un fragment de
Nicéphore Grégoras, V Histoire de Ge^rses Pachymère, etc.; les autres éditions sont crite de Paris, 1648, in-fol. arec Théophylade; de Venise, 1729; de Bonn, avec Paul le Silratiaiw, 1837 : cette histoire a été traduite en francaispar Monterole, Paris, 1618, in- 8°, et par Mord, 1634, in-12; — Chronologxa compenduma, seu tripartita (Chronologie abrégée, en trou parties ) depuis Adam jusqu'au temps de l'autecr. Dès 872 elle fut traduite en latin par Aoadasc le Bibliothécaire; cette version est conteuuedaa> l'édition de l'///s/oire ecclésiastique d'Anwtase par Fabrot, Paris, 1649, in-fol.; le texte grer, inséré par Joseph Scaliger dans son Thésaurus Temporum, Leyde, 1606, in-fol., fut puM* en grec et en latin par J. Goarius, à la mit *■ la Chronique d'Eusèbe, Paris, 1652, in-fol ; Venise , 1729, in-fol.; G. Dindorf t'a publié avec Georges Syncellc, Bonn, 1829; — 'Avn#r.r.x»i Aéyo: , Discours de réfutation contre wiona (Constantin Copronyme) et contre te iconoclastes; on trouve les trois premier* daa> ses Antiqtue tectionesf t. IV, et dans la plupart des Bibliothèques des Pères; Comhffc a donné des fragments étendus des Anttrrktlica dans son Aucluarium i Paris, 1648, in-fol ; — ÏTixofJLexpt'a ( Index des livres sacres), le texte avec une traduction d'Anastase le bibliothécaire a été publié dans les Opéra posthvma de Pierre Pilhou, Paris, 1609, in-4#, et par Pcarson dans sa Critica sacra. Pearson dans les Vindicia Ignatti pense que la SUchometno a été écrite par un Nicéphore plus ancien q» le patriarche ; — Confession de foi au po? Léon III, traduite en latin dans les Aiiwki de Baronius, à Tannée 81 1 ; le texto grec a ett publié dans les Actes du syuode d'Épbese, H«delberg, 1591, in-fol. ; et avec Zonaras, Par*» 1620; — Canones breviculi XVII, en ff* d en latin, dans le troisième livre du Jus ?raroromanum de Leunclavius ; et dans le livre <w Jus orientale de Bonfinius; 1583, in*. - Canones XXXV l /, en grec et en latin, dau< * 3e vol. des Monumenta Ecclesix yraxardrO telier; — lettres contenant dix-sept iaterre galions sur les affaires canoniques acte w réponses. Banduri avait l'intention de publier^ Œuvres complètes de Nicéphore ; mais la l'empêcha d'exécuter ce projet, et il n'eut le temps de publier un Conspectus, Paris, la1in-8°, qui a été reproduit par Fabriciu», dans * bibliothèque. L.J.
Cavr, Hutoria liter. — Fabriclus, BM*oth'c*P*~* toI. VII, p. m, 603. «11. — llankint, Jerip <*" fini. — Richard et Girau 1, BMiotkique wcW.
HICÉPHORK 1er ( Nixtjjhxjo; ). empereur <iûrient de 802 à 811. ir était né à SrletideJ** la Pisidie (i).Il s'éteva par ses intrign<s al importante place de logothète ou ministre «* ■*
(H Selon Aboulfaradge [Chron. *»r , p. if. JJ Cappadocten de natua-ce, el de*cendaii * L,n Gatùla*, le dernier rot de» Arabe* de Olu»»n, 00 u même assertion dans lbn.ii.nhir.
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nanc» de l'impératrice Irène. Deux conspiralions conduites par des eunuques se formèrent à la fois contre cette princesse. D'un côté le premier ministre Aétius travaillait à mettre son frère Léon sur le trône. D'un autre côté, sept eunuques d'un rang patricien, Nicétas, commandant de la garde , ses deux frères , Sisinnius et Léon Clocas, le questeur Théotiste, Léon de Sinope, Grégoire et Pierre formèrent le projet de donner la couronne à Nicéphore. Le 31 octobre 802, à dix heures du soir, les conjurés conduisirent Nicéphore au palais, le proclamèrent empereur et arrêtèrent l'impératrice. Le patriarche ne refusa pas de couronner l'usurpateur, et les habitants de Constant! nople, quoique indignés, n'osèrent pas se révolter. Le premier acte de Nicéphore. fut de tromper l'impératrice. En l'assurant qu'elle recevrait de lui le traitement le plus bienveillant, il l'amena à lui révéler où étaient cachées ses richesses. Mais dès qu'il eut entre les mains les trésors d'Irène, il la relégua dans l'Ile de Lesbos, où elle mourut, de misère et de douleur. Nicéphore n'eut qu'une qualité qui lui a valu le* éloges de quelques auteurs ecclésiastiques : il ne persécuta pas les orthodoxes et ne favorisa pas les iconoclastes. Du reste, il était perfide , rapace, débauché. Ses vices excitèrent la haine des patrices qui l'avaient mis sur le trône; mais avec l'appui du clergé il brava leur mauvais vouloir, et se défit de leur chef, Nicétas. L'année suivante, il fut menacé d'un danger plus redoutable. Bardane, surnommé le Turc, le plus honnête et le plus vaillant des généraux grecs, gouverneur des cinq provinces d'Orient, accepta la couronne, que lui offrirent ses soldats (juillet 803) ; mais, retenu par l'honorable scrupule de ne pas verser le sang de ses concitoyens, il agit mollement. Deux de ses lieutenants , Léon l'Arméuien et Michel le Bègue (qui plus tard furent tous deux empereurs), désespérant du succès de sa cause, l'abandonnèrent. Frappé de cette défection, et se voyant avec horreur dans la nécessité de verser des flots de sang pour arriver au but de son entreprise, Bardane lit savoir à Nicéphore que s'il voulait lui accorder une amnistie pleine et entière à lui et à ses soldats, il poserait les armes. L'empereur envoya immédiatement une promesse d'amnistie signée de lui, du patriarche Tarasius et de tous les patrices; «I y joignit comme un gage inviolable une croix qu'd avait habitude de porter au cou. Sur la foi de celte lettre, Bardane quitta son camp, et se retira dans un monastère. La punition qu'il s'infligeait à lui-même ne parut pas suffisanteà Nicéptiore, qui, malgré les promesses les plus solennelles, lui lit crever les yeux et le traita toujours avec une extrême rigueur. La même année Nicéphore reprit les négociations avec Cliarletnagne, interrompues parla cbuted'Irène. Il congédia les deux envoyés de ce prince, Jessé et Helingand, et les fil accompagner par trois députés, qui altèrent porter à Charlemagne les propositions de rwcv. BIOC*. tfrULR. — t. xxxvu.
ÏORE 9S0
leur emperenr. Les envoyés grecs trouvèrent Charlemagne à Saltzungen,sur la rivière de la Saale, en Thuringe, et conclurent avec lui un traité qui réglait les limites des deux empires. Charlemagne fut confirmé dans la possession de l'Istrie, de la Dalmatie, delà Liburnie, de la Slavonie, de la Croatie et de la Bosnie ; mais les Grecs gardèrent les Iles et les villes maritimes de la Dalmatie ; ce qui leur assurait la domination sur la la mer Adriatique. Venise resta indépendante, sous la suzeraineté nominale de l'empire grec. Dans ses transactions Nicéphore avait mcalré beaucoup de condescendauce pour le puissant monarque d'Occident ; il essaya au contraire de faire preuve de fermeté à l'égard du khalife Haroun Arrashid , prince aussi puissant que Charlemagne. Irène avait acheté la paix du khalife. Nicéphore lui écrivit : « Irène vous a payé une somme dont vous auriez dû payer le double. C'est un effet delà faiblesse et de la sottise d'une femme. Aussitôt après la lecture de cette lettre, ayez soin de me renvoyer ce que vous avez reçu. Autrement l'épée décidera notre querelle. » Haroun ne répondit à cette lettre qu'en envahissant les provinces de l'empire. Après plusieurs années d'une guerre marquée plutôt par des dévastations que par des batailles, Nicéphore fut forcé d'accepter une paix honteuse, par laquelle il s'engagea à payer au khalife un tribut annuel de 30,000 pièces d'or. En 807, Nicéphore marcha contre les Bulgares; mais il fut brusquement rappelé à Constantmople par une conspiration. Les conjurés, condamnés et battus de verges, eurent grâce de la vie ; car Nicéphore, avec tous ses vices, n'était pas cruel, et il épargnait volontiers la vie de se* sujets pourvu qu'il confisquât leurs biens. Une autre conspiration, qui éclata au mois de février 808, lui fournit une nouvelle occasion de montrer sa clémence et sa rapacité. La mort d'fiarounn Arrashid, en 809, le délivra de son plus formidable ennemi, et il put tourner toutes ses forces contre Crum, roi des Bulgares. A force d'extorsions sur ses sujets, il leva a*sez d'argent pour former une puissante armée d'observation. En 811 il pénétra dans la Bulgarie, et remporta quelques succès, qui décidèrent Crum à demander la paix. Nicéphore, enflé par ses succès, eut l'imprudence de rejeter cette pro|M>sition. Les Bulgares, réduits au desespoir, se précipitèrent avec fureur contre l'armée grecque, qui se trouva bientôt étroitement bloquée. Les Grecs essayèrent de s'échapper par un défilé qui restait ouvert; mais ils rencontrèrent les Bulgares devant eux, et furent presque tous exterminés. Nicéphore fut trouvé parmi les mort», sans qu'on sût comment il avait perdu la vie. Quelquesuns pensèrent qu'il avait été tué par ses propres soldats, exaspérés contre lui(2i juillet 81 ■). Son (ils, Staurace, grièvement blessé, s'échappa du champ de bataille et se rendit en toute hâte à Constantinople, où il fut proclamé empereur.
Ml
TMophniw , ». »«, etc. - Cedrenn». p. *7«, elc - Znnarn*. vol. II. p. itl. etc. - Manas^s, p. 93. - (.lye»«, p. «5, rlc. - Le B<-an. Hisioirr du Ha$ Empire, é<lit. «le S'Ont Mnrlln, t. XII.
XICÉPHOBE II PHOC.AS ( Nixrjîoooc ô 4>wxi; ), empereur de Constantinopie de 963 à 969. Il était né ver* 9(2 et fils du célèbre Bardas Phocas- U dut son élévation à ses talents militaires, qui le placent à côté des plus illustres généraux et des princes les plus Taillants de l'empire grec. En 9ft4, Constantin VII Porphyrogénète le nomma grand domestique, et confia de grands commandements miKtaires à ses frères Léon et Constantin , qui étaient aussi de bons généraux. Les trois frère9 marchèrent contre le khalife Madhi, en 956. Leurs premières opéra-
NIGÉPHORK
alla rejoindre, en 064, l'armé» d'Asie, qui, sous le ■commandement de Jean Zimiscès, Tenait de remporter de nouveaux succès. Dans trois campagnes les Grecs conquirent Damas, Tripoli, Nit>ihe, et beaucoup d'antres villes de Syrie, forcèrent l'émir Chaiigan à payer tribut, et étendirent leur domination jusqu'à l'Kuphrat*. En 968 ils passèrent ce fleuve, et firent trembler I* souverain de Bagdad. Le trône des khalifes etart perdu sans l'attentat qui renversa Nicephotv l'année suivante. Ce prince gouvernait avec un* dureté militaire , qui févolta le peuple et k clergé; de plus, il commit la faute de ne-iipT sa femme, qui était ambitieuse et jalouse, im Zimiscès et Théophano conspirèrent contre la \*
tion furent malheureuses. Les Grecs perdirent > de l'empereur, qui était de retour à Constant)
une bataille, et Constantin Pliocas tomba au pou- i nople. Dans la mut du 10 décembre Zimiscès, te
voir des Arabes, qui le mirent à mort. Nicé- ; versant le Bosphore en bateau, pénétra dans If
phore et Léon ventèrent leur frère d'une ma- ! palais avec ses complices , et fut gnklé par si r.
nière éclatante. En 9à8 Nicéphore battit Cbabgan, | eunuque de l'impératrice jusqu'à la dianbr
l'émir arabe d'Alep, qui avait conquis la Cilicie, j écartée où reposait Nicépliore. Les conjaré !
trouvèrent couctié par terre sur une peau d'oorv Il venait de s'endormir, et ne les entendit paentrer. Zimiscès le réveilla d'un coup de \#k et comme il levait la téle en s'appu>ant sur wn coude, Léon Balanès lui fendit le o àne il 'is coup d'é|»ée. On le traîna aux pieds de Zinncè». qui l'accabla d injures et de reprodies, lai ar racha la barbe, lui Nt briser les mâchoires amie pommeau des épées. Nicéphore endurait horribles traitements sans dire autre chose <p* « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! » Enfin, IV» dore le Noir l'acheva d'un coup de lance y
lui enleva Mopsueste et Tarse, et le força de s'enfuir en Syrie. Pendant ce temps Léon s'empara de lïmportante forteresse de Samosate. La campagne de 9i9 ne fat pas moins heureuse. Nicéphore proposa alors à l'empereur Romain, successeur de Constantin, de reprendre la Crète, dont les Sarrasins étaient maîtres depuis cent trente-six ans. Romain consentit à cette expédition, qui eut lieu en 960. Après un siège de dix mois, Candie, qui passait pour imprenable, fut prise d'assaut . et bientôt après toute l'Ile reconnut la domination des Grecs. Cette conquête , ,„
produisit une joie générale dans l'empire, et Ni- travers du corps. Comme les gardes, avertis p* cêphore fit une entrée triomphale dans Constan- le bruit, accouraient au secours et qu'un* tioople. En 962 Nicéphore partit pour une autre de peuple s'assemblait au deliors , les menrtrier campagne de Syrie, avec une armée que les bis- couvrent la tête du prince et la rnootrèreot F ' toriens arabes portent au chiffre exagéré de deux une fenêtre a la lueur des flambeaux. A «« cent mille hommes, et qui suivant Luitprand se vue les gardes et la foule prirent la foite. L composait de quatre- vîagt mille hommes. U , cadavre de Nicépliore, jeté par la fenêtre, mt força les passages du «ont Amanus, s'empara tout le jour en plein air étendu sur laneip, < d'Alep, d'Antioche et des autres principales villes ne fut enterré que le soir. Ainsi périt le p^ de Syrie, et poussa vers l'Eiiphrate.. Il semble grand général que By tance eût possédé dqwque c'en était fait de la puissance des Arabes en Bélisaireet Narsès, le seul prince qui dtpw*1 Syrie si la mort de l'empereur Romain en 963 n'en! arrêté le vainqueur au milieu de ses succès en l'obligeant à songer à sa sûreté personnelle, menacée par les intrigues du premier ministre Itringas. Il courut à Constantinopie, s'assura l'appui de l'impératrice Théophano, veuve de Romain, et se lit donner le commandement des
règne deJustinien eût reculé les limites de f« pire. A ses grandes qualités il joignait oa if faut trop commun cliez les Byzantins, la perf*" Il en donna une preuve dans ses rapport* avf l'empereur Othon Ier. Il s'agissait do oaari*: de Théophano ou Théophania, fille de Romain ' belle-fille de Nicéphore, avec le fils dOdiw années d'Asie avec des pouvoirs presque illl- L'histoire de cette transaction sera ph» «■»*
mités. Ce premier succès l'encouragea a tenter nne entreprise plus bar lie. Voyant à la tête de l'empire une veuve et deux enfants, il s'empara de 1'aulorité suprême, et fut proclamé empereur, le 10 midi 963. Il épousa Théophano peu après, et reçut solennellement la couronne au mois de décembre. Avec lui régnèrent nominalement Bahile II et Constantin IX, les, deux enfants de Romain et de Théophano. Aussitôt qoe Nicéphore eut consolide son pouvoir à Constantinopie, il
nablement placée à l'article Othos Loitf"* qui fut le principal agent de Pcmpereor j!^1"* nique, a laissé un Técit fort intére«*ant * *** ambassade, dans requel il accuse Niréph** * Pavoir fort mal accueilli lui, Luilprawl, d*««* promis à Othon la princesse Théophano iw la Calabre pour dot et d'avoir fait tœr une embuscn.lc les seigneurs qo pour chercher la princesse. Les hisforie» ne rapportent rien de ces laits, qui *»» P"*"*'T
N1CÉPH0RK
exagéras. A part cet acte «le perfidie, on no peut reprocher à Nieéphore que «le la dureté dans le gouvernement. Sa mémoire resta chère à tous ceux qui.au milieu de la décrépitude byzantine, aimaient encore la grandeur de l'empire(l). L. J.
LnUpriiuJ. Aeyotio ad Ntcepkorum Phoeom. - Ce drcnus, p. «7, etc. - Zonaras. vol. Il, p. m, etc - Manasst*. p. IU. - Joël, p ISO. - Glycas» p. SOI. l.eon Diacre, p 43S.
NIcéPHORE tfl, Fotoniatê (6 Boxovtactr,; ), empereur du Constantinople de 1078 à 1081. Il appartenait à une ancienne famille , qui se vantait de descendre des Fabius de Rome. On le regardait comme un bon général ; mais son talent militaire était la seule qualité qui le recommandât. Il était déjà vieux et général des milice» d'Asie lorsque, à la nouvelle de la révolte de Brjenne contre l'empereur Michel VII, il conçut le projet de s'emparer du trAne. Il î-e fit proclamer empereur, et força Michel à abdiquer ( voy. Michel Vil ). Nieéphore reçut la couronne le 25 mars J 078, et épousa peu après Marie, femme divorcée de Michel. Il eut immédiatement à défendre son pouvoir contre Bryenne, qui fut vaincu et fait prisonnier à la bataille de Salabrya. Débarrassé de ce rival, il gouverna si mal, et se fit si universellement détester et mépriser que des insurrections éclatèrent «le tons cotés. A peine Basilacius eut-il été défait a la bataille du Vardar par Alexis Comnène, le meilleur général de Michel, que Constantin Duras et Nieéphore Mélissénus se soulevèrent. Mélissénus avait encore les armes à la main lorsque Alexis et Isaac Comnène, menacés par les ministres de Nieéphore, crurent nécessaire pour leur sûreté de quitter Constantinople (14 février 1081). Leur départ devint le signal d'une nouvelle révolte. Nieéphore fut bientôt assiégé dans sa capitale. Dans cette extrémité il essaya de s'entendre avec Melissène, puis avec Alexis ; mais ses tardives propositions furent rejetées. Alexis, martre de Constantinople, arracha à Nieéphore une abdication qne le vieillard aurait donnée plus volontiers si on lui eflt laissé ses biens. Enfermé dans un monastère et forcé de suivre la règle de Basile, il y mourut peu après. Un jour qu'on
(I) On trouve dans Léon D'acre une belle épltaphe en ver* lambiqucs composée par Jean , métropolite de Me llléne, pour être grn%ée aurla tomb>- de Nieéphore. Cette épltaphe commence ainsi : « Cet homme, naguérr plus redoutable que le glaive, e*t tombe sous le fer du vil
agent d'une femme Celui que semblaient respecter
les êtres les plm lanniches, son épouse, *-ette antre moitié de lui-même , l'a massacré.. . Il e>t condamné « l'éternel sommeil , celui q»»i connaissait a peine te repats des nuits. Levc-tol. prince, aujourd'hui ! r>e»u> tes faiUa<slns.tes escadron», les archers, tnn armée, tes phalanges. tes bat.llluns ; des nuées de Russe*, le* nations de b Sothle, avnle* de carnage, se précipitent sur nous; Ils uésolent ton peuple, ta capitale, eut qu'au- IrcMi faisait trembler la vue seule de ton imm »ur les portes de Rytancc... » I. épltaphe te termine p.ir un |eu de mots énergique sur Nieéphore, qui signifie minctnmr; • Du sein de la mort, dit le poète, tu siilûr.^ pour sauver le monde chrétien, toi qui fus vainqueur <<e l»tis, une femme «cepUe. . 'Q rcXijv yuvavxo; to oV/to! Nixypôpo;. L. J.
lui demandait «'il ne regrettait fias le tronc et la liberté. « Je ne regrette rien, r« pondit-il, que le droit de manger de la viande. » Cette réponse donne une idée du caractère de Boloniate. Il s'était emparé du troue par trahison ; il l'occupa sans dignité et sans talent. Son courage militaire même sembla l'abandonner. Les historiens byzantins rejettent en partie 80n mauvais gouvernement sur gon grand âge, et Le Beau dit qu'il ne commença à gouverner que lorsqu'il eut eu besoia d'être gouverné lui même. L. J.
Zonara*. vol II, p. |M, eU\ - Bryenne. III. la, etc. - Scylitiés. p «57, etc.— Joël, p. 18». -Glycas. p. m. ~ M..n,s»cs. p. m. - Le Beau. Histoire du Hat Empire, t. W.
KicàpiiOBB, métropolite de Kief, mort en 1121. Il était Grec d'origine. On a de lut deux Kpltres adressées à Vladimir Monomaque; la première, traitant de ia division des églises d'Occideat et d Orient, est imprimée dans les Monuments des belles Ici très russes du douzième siètle ( Moscou, 1821 ); la seconde, sur le jeûne, inférée dans les Curiosités russes, est singulièrement intéressante, comme le fait remarquer Karamzin; car on y trouve réunis des raisonnements théologiques et des pensées philosophiques. a. G.
Met. kist. des écrivains ecelés. rutits. — BanUch- Kamenskt, Uict. hist. — Karam/in , H ut. de l'Empire de Russir, II, m. — Gretch, Estai hitt. «sir ta littérature ru>sr. — Kulexyasfci, Spectmen Eccltsist ttutJtenirm , p. 11*.
NiCKPiiORi: lïlemmidas ou Blemmydas, écrivain ecclésiastique grec, vivait dans le treizième siècle. Quoiqu'il descendit d'uue famille noble et riche, il entra dans les ordres sacrés, et mena la vie d'un ascète. Ayant élevé à ses dépens une belle église dans la ville de Nicée, il en fut nommé prêtre et donna l'exemple des anciennes vertus chrétiennes. Un jour que Marchesina, concubine de l'empereur Jean Ducas, entra dans l'église, Nieéphore lui ordonna d'en sortir. Cette conduite excita la colère de Ducas ; mais le pouvoir civil était alor» sans forre contre l'autorité ecclésiastique, et la mauvaise volonté de l'empereur fut impuissante. Théodore Lascaris, successeur de Ducas, offrit à Nieéphore la siège patriarcal de Constantinople. Nieéphore déclina cet honneur, et finit ses jours dans une pieuse retraite. On ignore la date de sa mort. Dans les disputes religieuses entre les Grecs et les Latins, Nieéphore Bkmmidas se montra favorable à ces derniers. Se* principaux ouvrages sont : De la Procession du Saint- t'spi il, traité dans lequel il ailopte entièrement les opinions de l'Église latine sur la procession du Saint-Esprit; — Deux livres sur la procession du Saint-Esprit, dans lesquels il maintient l'opinion de l'Église grecque touchant le même dogme, publiés par Oderius Bagnaldus dans ses Annales ecclesiastici, t. I, et par Léo AliaUus. dans ses Orthodoxie grxc<r Script., t. I; — Lettre écrite nprès qu'il eut expulsé Marchetina du temple, en grec et eu
935 NICÉPHORE latin dans le traité de Léo Allatius, De Consenstt , t. II ; — Bpitome logica et phgsica, en grec; Augsbourg, 1605, in-8\ Beaucoup d'autres ouvrages de Blemmidas existent en manuscrit dans les bibliothèquesde Munich, de Rome et de Paris. Y.
Cave, Hlttorla tUer. — Fabrtclns, Bibllotheca Créera, vol. XI, p.»4. - Duplo, BibliotM. des Juteuri ecclés. du treiiièmc ùêcle.
KICBPHORB CALLISTE (CalUstUS Xan-
thopulus ), historien ecclésiastique, né dans la seconde moitié du treizième siècle, mort vers 1350. Lui-même nous apprend qu'il n'avait pas encore achevé sa trente- sixième année lorsqu'il commença à écrire son Histoire ecclésiastique, qu'il dédia à l'empereur Andronic Paiéologue ( mort en 1327 ). Ses ouvrages sont une Histoire ecclésiastique en vingt-trois livres, dont il reste dix-huit, compilée d'après Eusèbe, Sozomène, Socrate, Théodorct, Évagrius, Philostorge et autres écrivains ecclésiastiques. Les dix-huit livres qui restent contiennent la période qui s'étend depuis le Christ jusqu'à la mort du tyran Phocas, en CIO ; des cinq autres livres il ne reste que des arguments qui montrent que l'ouvrage allait jusqu'à la mort de l'empereur Léon le Philosophe, en 911. Nicéphore n'est qu'un compilateur; mais il écrit avec une habileté qui l'a Tait surnommer le Tliucgdide ecclésiastique. On loi reproche avec raison sa crédulité, son manque de jugement, son amour du merveilleux. Il n'existe de son I Histoire ecclésiastique qu'on seul manuscrit, dont l'histoire est curieuse. Ce manuscrit, apporté probablement de Constantinople, se trouvait à Bude, dans la bibliothèque de Mathias Corvin, roi de Hongrie. Quand cette ville fut prise par les Turcs, en 1 526, les vainqueurs transportèrent la bibliothèque à Constantinople. Le manuscrit de Nicéphore, acheté par un Allemand, fut vendu à la bibliothèque rmpériale de Vienne, où il se trouve encore aujourd'hui. V Histoire ecclésiastique de Nicéphore Calliste, traduite en latin par Jean Lange, parut à Bâle, 1553, in-fol. et Tut réimprimée à Anvers, 1560; Paris, 1562, 1566, 1573; Francfort, 1588; le père Fronton du Duc donna une bonne édition du texte grec, avec la traduction latine revue avec soin; Paris, 1630, 2 vol. in-fol. ; — Catalogue des empereurs de Constantinople en vers ïamblques , finissant à Andronic Paiéologue l'ancien (1327); un autre écrivain a continué le Catalogue jusqu'à la prise de Constantinople ; le texte grec a été publié par Lange , Bâle, 1536, in-8°,et par Labbe, Histor. Protrept. Byzant., Paris, 1648; — Catalogue des patriarches de Constantinople, contenant cent quarante-el-un noms et finissant par Calliste, que Jean Cantacuzène institua patriarche; il a été imprimé à la suite des Êpigrammes de Théodore Prodrome, Bâle, 1536, in-8°, et par Labbe, dans l'ouvrage cité plus haut. On a encore de Nicéphore Cal- 1
liste des Catalogues de la Genèse, de V Exode , du Lévitiçue, des Nombres et du Deutéronome, des Saints Pères de l'Église et d'autres ouvrages du même genre en vers ïam biques ; mais ces opuscules ont trop peu d'importance pour être mentionnés en détail. L'Histoire ecclésiastique a été traduite en français par le président Cousin. y.
Oiidln. Comment, de script, tetesiatt^ roi III, p. 70», etc. - Ca»e, HUt. lit, - Ftbrictin, fl.Wio««r* C.rxea, roi- VII, p. »7. - namberger, Naehrichlc* von gtlthrUn Mdnnern. - Oapin. Bibliothèque des écrivain» ecclésiastiques du quatortième siècle,
nicéphore, savant prélat russe, né en 1731, à Corfou, mort à Moscou, le 31 mai 1800. Après avoir perfectionné ses études en Italie, il embrassa, en 1748, l'état monastique, et vint, en 1776, en Russie, où, protégé par le prince Potemkin, il fut élevé à la dignité d'archevêque d'Astrakhan, dont il se démit, en 1792, pour consacrer ses derniers jours à la prière et à l'étude dans le monastère de Saint Daniel à Moscou. Voici la liste de ses ouvrages, tous écrits en grec, et la plupart traduits en russe : La Chaîne, ou commentaire sur les premiers livres de l'Ancien Testament; Leipzig, 1772,
2 vol. in-fol.; — Sermons; Leipzig, 1766, in-4°; — Kiriakodromion , ou commentaire sur les évangiles des dimanches; Moscou, 1796, 2 vol. in-4?; — Commentaire sur les épttresdes dimanches; Moscou, 1800, in-4°;
— Réponse d'un orthodoxe touchant Us raskolntki ( schismatiques de l'Église russe) et les uniates (grecs-unis); Halle, 1775,in-8°;
— Des Principes élémentaires de la physique; Leipzig, 1766, in-8°; — Des Principes des mathématiques; Moscou, 1798-lSoo,
3 vol. in-8«; — Quatre Sermons de véture; Moscou, 1809. Outre ces écrits, ce laborieux prélat en a composé un traité en latin contre les staroobriades ( sectaires russes encore existants), traduit en russe ( Moscou, 1800, 1803 et 1813, in-fol. ), et il a traduit plusieurs ouvrages du latin et du français en grec ; parmi ces derniers, il faut citer les lettres de Clément à Voltaire ( Vienne. 1794, in-4°), auxquelles le docte moine a ajouté des notes très-incisiYcs.
Met. hist. dei écrivain* etclétiastiquts russe*, parle métropolite Eugène. I
nicbphohb. Votj. Bryense et Ghecoras.
KiCRRON ( Jean- François (l) )t mathématicien français, né en 1613, à Paris, mort le 22 septembre 1646, à Aix en Provence. A dixneuf ans il fit profession dans l'ordre des Minimes Après s'être rendu deux fois à Rome, il fut chargé d'enseigner la théologie et accompagna le P. François de La Noue, vicaire général, dans la visite des couvents de l'ordre en France. Étant tombé malade à Aix, il y mourut
|t) On lut donna ches 1rs Minimes le prcnwn de Fra*çoii pour le di«tinRiier d'an oncle paternel qui »"y trouvait et qui portait aoatl celui de Jsan.
à l'âge de trente-trots ans. Au milieu des devoirs et des voyages qui remplirent sa courte existence, il sut ménager le temps pour satisfaire la passion que dès sa jeunesse il avail témoignée pour l'étude des mathématiques Toutes les parties de cette science ne l'occupèrent pas entendant ; il se borna a l'optique, et y atteignit une habileté remarquable. Il était en relations avec Descartes, qui le mettait au nombre de ses amis et qui lui fit présent, en 1644, de ses Principes. On a de lui : La Perspective curieuse , ou magie artificielle des effets merveilleux de l'optique, de la catoptrique et de la dioptrique; Paris, 1638, in-fol. : ce n'est qu'uu essai de l'ouvrage suivant; — Thaumaturgus opficus; de iis qux spectant ad visionem directam; Paris, 1646, in-fol. : il devait y avoir deux autres parties; mais la mort de l'auteur, arrivée dans la même année, l'a empêché de les donner. Il a aussi traduit de l'italien d'Antoine-Marie Cospi : L'Interprétation des chiffres, ou règle pour bien entendre et expliquer facilement toutes sortes de chiffres simples (Paris, 1641, iu-8°), et il a dessiné et fail graver, en 1636, on monument à l'honneur de Jacques d'Auzoles La Pcyre, avec son portrait. P. L.
Thollller, Diarium minimonm. - Nleeroo , Mémoires, VU et X. — Moocony\ rovaoes, I. 181.
if icrrom ( Jean-Pierre), savant compilateur fiançais, né à Paris, le 11 mars 1685, mort le 8 juillet 1738, à Paris. Il fil de bonnes études au collège Mazarin, et, au mois d'août 170?, il entra dans la congrégation des Barnabites. On le chargea presque aussitôt de professer la rhétorique au collège de Loches ; il passa de là au collège de Montargis, où il enseigna pendant six années la rhétorique et la philosophie. Ses occupations comme professeur ne lui avaient fait négliger ni la prédication, dans laquelle il obtint de grands succès, ni l'étude des langue» vivantes; en 1716, il fut rappelé a Paris, et se consacra dès lors tout entier à de» travaux littéraires. Il avait résolu de réunir en un seul corps d'ouvrage une série de recherches biographiques et bibliographiques sur les hommes qui avaient marqué dans la littérature et la science depuis la renaissance des lettres. Le premier volume de cet important ouvrage parut en 1727, sous ce titre : Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république des lettres, avec le catalogue raisonné de leurs ouvrages ; trente-neur volumes se succédèrent sans interruption jusqu'en 1738; le quarantième parut l'année suivante, après la mort de l'auteur ; le P. Oudin, J.-B. Michault et l'abbé Goujet se chargèrent de sa publication, et le firent suivre de trois nouveaux volumes. Cet ouvrage , le principal titre littéraire de Niceron, a été jugé trop sévèrement; on loi a reproché «on manque de méthode ; mais l'auteur y suppléa en joignant à chaque volume, à
— NICET 938
partir du trente-et-unième, une table générale des articles contenus dans tous les volumes précédents. On ne peut nier que Niceron ait fait figurer dans son livre bien des écrivains qui sont loin de mériter le titre d'illustres, ni même qu'il ait parfois très-mal proportionné l'étendue de ses notices à la valeur des personnages qu'elles devaient faire connaître. Mais, ces réserves faites, les Mémoires de Niceron restent un ouvrage plein de renseignements précieux, et puisés a des sources alors trop peu explorées ; la partie bibliographique surtout mérite encore aujourd'hui d'être fréquemment consultée. Ces Mémoires ont été traduits en allemand, de 1749 à 1777 ; et l'abbé Rive avait formé le projet de les réimprimer avec des additions considérables. On doit encore à Niceron • Le grand Fébrifuge, ou discours où l'on fait voir que l'eau commune est le meilleur remède pour tes fièvres, et vraisemblablement pour la peste; ce petit traité est traduit de l'anglais de Jean Hauckock; il parut en 1724, réuni a quelques autres pièces sur le même sujet, et fut réimprimé plusieurs fois; l'édition la plus recherchée parut en 1730, 2 vol. in- 12, chez Cuvelier, sous ce titre : Traité de l'eau commune; — Les Voyages de Jean Ovinyton à Surate et en divers autres lieux de VAsie, et de V Afrique, avec l'histoire de la révolution arrivée dans le royaume de Golconde ; Paris, 1725, 2 vol. in-12 ; — La Conversion de l'Angleterre au christianisme comparée avec sa prétendue réformation, traduction de l'anglais; Paris, 1729, in-8"; — Géographie physique, ou histoire naturelle de la terre, traduit de l'anglais de Af. Woodward par Vogues, docteur en médecine ; avec la réponse aux objections de M. le docteur Camérarius; plusieurs lettres écrites sttr la même matière, et la distribution méthodique des fossiles, traduite de Vanglais par le P. Mceron ; Paris, 1735, in-4°. M. Barbier lui attribue le 1er volume de la Bibliothèque amusante et instructive, continuée par Duport- Du tertre. — Niceron a laissé en manuscrit : Une table de tous les journaux formant plusieurs volumes in-4* ; — Mélanges littéraires, 2 vol. in-4"; — Bibliothèque volante, 1 vol. in-4° ; — les trois premières lettres de la Bibliothèque française ; — quelques Sermons.
A. Franklin.
L'abbé Goujet, Éloge de J.-P. ffietron, s la On du t. X L des Mémoires pour servir d t'hislotre des Hommes illustres. - Chanteplé, DM. hùt. et erUique.
KICET ou hicetics (Saint), archevêque de
Trêves, mort le 5 décembre 566 (l). Sa vie a
été écrite par Grégoire de Tours ; on la trouve
au chapitre 17 du Vitx Patrum. D'abord
moine, puis abbé d'un mooastère inconnu, il se
(t) Ost sans doute par Inadvertance qu'un critique moderne a ln*crit la mort de Ntcctlus * r an Dec S6I : Diplom.. Churta, 1. 1. p. wa
y su m cet —
concilia, dans cette charge, l'estime et l'amitié du roi Théodoric, auquel pourtant, selon ce qu'on rapporte, il ne ménageait pas les réprimandes : aussi, après ta mort «le saint Aprunculus, Théodoric le choisit-il pour archevêque de Trêves. On suppose que la cérémonie de son ordination eut lieu en 527. Nicetius est un des plus célèbres prélats de l'ancienne Gaule, il • loit sa renommée à la fermeté de son caractère. Après avoir plus d'une fois censuré le gouvernement et les mœurs de Tbéodoric , il ne ménagea pas davantage Théodebert, son fils, et Clôture 1er. 11 eut même l'audace d'excommi>nier Clotaire, ce que celui-ci ne lui pardonna pas. Le roi , courroucé, chassa l'évêquéde son siège. Mais à ta mort de Clotaire, Sigebert le rappela. Nous voyons Nicetius aux conciles de Clennont en M3, de Toul en 540, d'Orléans en 544, au second concile de Ctermont , convoqué vers le même temps, enfin, au concile de Paris en 555. Grégoire de Tours n'a pas été seul apologiste de Nicetius. Florien, abbé de Roman - Moutier, nous a laissé un pompeux éloge de son éloquence et de sa vertu. Fortunat l'appelle :
Totiaa orbl* amor, ponUlirumque caput.
Quelques autres contemporains ont également luné ce puissant évêque. Il joirissait, en effet, d'une grande autorité, lui qui osait, vers 563, admonester l'empereur Justinien lui-même, et lui enjoindre de désavouer le» principes d'Eutjchès.
Nous avons conservé plusieurs écrits de Nicetius. Luc d'Achery a publié dans le tome III de son Spicilegium ses traités De Vigiliis servorum Dei et De Psalmodix bono. A ces opuscules il faut joindre deux Lettres , l'une à Justinien, l'autre à Clodosinde, femme d'Alboin, roi des Lombards. Plusieurs fois reproduites par la presse, ces deux lettres se trouvent notamment dans les conciles de la Gaule de dom Labat, col. Il 45, 1151, et dans le Recueil de dom Bouquet, t. IV, p. 70-78. B. H.
Hlst. I itt. de la Franc, t III, p t»l. - Cailla ( Trrfcilana, t. Xill, p. uo. ~ iirtfAn de lotira, Fit» Pa- .rum, c. 17.
nicbtou xicktivs (Saint), prélat français, mort dans la première moitié du septième siècle, on célèbre sa fête le 31 janvier. Cependant [toi landus a publié se» actes à la date du 8 février. ( e qu'où sait de la vie de saint Nicet est peu considérable. 11 était archevêque de Besançon <;tiand saint Cotomban arrivant dans la Séquanie, \ fonda le monastère de Luxeuil. Plus tant s.iint Colomban, chassé des Gaules, passa par Hesançon. S tint Nicet fit le plus honorable acrueil à cet illustre proscrit. B. H.
Hanoi drChnrnaRe Hist. de V Hglise de Betançon. t. 1. — r.ullia ( kritftana, t XV, col. 1t. - l.'abbé Richard, Ht%t, des bioc. de Besançon et de saint-Claude, t. I
NicéTAs (Saint), martyrisé en 372. Suivant
les hagiographes, il est, avec saint Sa bas, le plus
célèbre martyr de la nation golhe. Les Grecs
NICKTAS (uo
' l'ont placé dans la classe des bienheureux qnïU appellent grands martyrs. 11 naquit mu- les bords du Danube, et fut converti dès sa jeunette par Tbéophile, qui était évêqoe métropolitain u> > Scythes , des Sarmatea et des Goths (1) suus •• règne de Constantin Inr ( vers 322 ). Il pratiqua librement sa religion jusqu'à la persécution ordonnée par Athanaric (2), roi des Goths d'O rienL « Ce prince barbare, rapporte Godescanl , fit mettre une idole sur un chariot que l'on trat* noit dans les lieux où l'on soupçonnoit qu'il y avoit des chrétiens, et il ordonna de mettre a mort tous ceux qui refuseroient de l'adorer. Lt supplice que l'on employoit ordinairement contrôles fidèles étoit de les brûler dans leurs maisons ou dans les églises dans lesquelles ils s'assembloient. NicéUs tient un rang distingué panai ceux qui sacrifièrent alora leur vie pour la défense de leur foi. Ce fut par le feu qu'il remporta la couronne du martyre. » Il fut, selon Bollaudus, Soiomène et autres auteurs ecclésiastiques, brûk dans une église avec vingt-trois autres fidèles , puis Godescard ajoute : « Ou transporta depuis son corps à Mopsueste, dans la Cilicie, où il il divers miracles, et où on lui bâtit une église. - Le fait de l'incinération de Nicétas suivi , apns plusieurs années, du transport de son corps a laissé quelques doutes sur l'authenticité des actede ce saint. Quoi qu'il en soit, il est honoré parles Grecs et les Latins le 15 septembre. A. L.
Boltandus. tl «rptetot.rr — Sosontènc. Mot. teetu-, llb. VI, cap. xxxv a. — Balllet, Les Fi s dti f v-<>. t, III, IS sept. — Dont Thierry P.iitn irt, Arta pri» ■m,martgrum. - Drooet de Maupcrtny, Les etritaèto A» tes des martyrs | Paru , 17M, t «ol. »n-M i, t. Il, *»marque* , p. Ma. — ti»drscard, Les Fie* du tau'.' martyrs, etc. 15 sept. Rlchan rtGmud. Bitt Secrt*
NICÉTAS (Saint), prélat dace, né à Roniatiane, ou Remesiane ( en latin Remet tanientu ou Civitas Romationum , en Mysie), vers 341 . mort après 414. Sa ville natale, dont il est décile de déterminer aujourd'hui exactement le lieu et le jiom actuels, était située entre SdrdkjDf et Naïss^Va" ) ; il en devint évêque, et assista, en décembre 39 1 , au concile de Capooe qui admonesta Bonose , évêque de Naisse. Nicétas part justement être appelé l'apôtre des Daces, car il ne se borna pas à gouverner chrétiennement «on troupeau immédiat, il (it de nombreuses misswft* au delà du Dânube, et réussit à y répandre la tt évangélique. En 397, il vint en Italie pour constater les miracles accomplis par saint Félix de Noie. Il s'y lia avec saint Paulin , qui a compté à la louange de son ami des vers pleins d'affection et de respect, qui sont parvenus jusqu* nous. Dans une lettre adressée à saint Sutpice-Sévère , saint Paulin donne à Nieétas il
(1) Socrate, Uist. erelts . llb. II, cap. m (S) n'jnlrr* haglopraphes écrivent que FUe^tJ»*eoiuba par les ordre» d'un autre roi golb, é* n«* ** Jmigheric ; mal* ton* s'accordent ft dtre qu'il «f*1 " tîc *oiis le* réene* de Valenttnleo 1" et de Vain* ; I*tuiltus Modcsti» et Arlnlheu» étant coosuU. c 'ax dm en .17».
qualité de
Nicétas composa divers ouvrages, qui lui ont l'ait donner rang parmi le* saints itères et les auteurs ecdésiastrqoes. Il nomme entre autres un traité en six livre* fait pour l'instruction de ceux qui se préparaient au baptême, et un autre pour aidera relever une vierge qui était tombée dans lepèchéetpour lui prescrire ce qu'elle avait à faire dans sa pénitence. La forme de ces ouvrages est concise. L'Église honore saint Nicétas le 22 juin,