‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 206 sur 206 · NICOLET · texte numérisé non relu

NICOLET

fut vivement apostrophé par Polichinelle. En vain le président invita la marionnette à se montrer plus respectueuse, Polichinelle continua toujours, et le public éclata de rire. Le tumulte augmentant , Nicolet envoya chercher la garde, et fit arrêter le président , sous prétexte qu'il troublait le spectacle. Le président, conduit au corps de garde, fut déclaré dûment arrêté et resta prisonnier. L'affaire s'étant ébruitée, le magistrat demanda réparation à M. de Sartine, qui promit que le soldat qui avait arrêté le président serait mis au cachot. Cette affaire devint funeste à Nicolet ; la chambre de ce membre du parlement s'assembla en grandes robes; elle déclara que le jeu de cet histrion serait fermé et que le soldat, qui n'avait pas été mis au cachot, serait puni : le maréchal de Biron donna satisfaction au président, et le soMat fut enfermé indéfiniment. Mais les officier» aux gardes françaises se montrèrent furieux de cette punition , et un conflit eut lieu pendant quelque temps. Une autre fois on afficha : * Les spectacles ont vaqué aujourd'hui conformément aux ordres du roi. » Nicolet, qui n'était alors qu'un chef de marionnettes et non pas comédien d'un théâtre royal, eût dû afficher, conformément aux ordres de M. le lieutenant de police. La justice trouva le cas d'autant plus grave que, dit-elle , cet histrion avait déjà été réprimandé pour pareille audace; on ne doutait pas que les puissances comiques lésées ne demandassent cette fois qu'il fût envoyé à Bicétre pour récidive de son insolence. Né avec la passion du théâtre, Nicolet prit à loyer, en 1759, une salle que Fauré avait fait construire sur l'emplacement où a existé l'ancien Ambigu-Comique, dans l'intention d'y élever un spectacle dans le genre de Servandoni. En 1764 il loua le terrain sur lequel il fit bâtir la salle de la Gatté. 11 éprouva de grandes difficultés; la première fut celle de ne pouvoir élever* cette salle plus haut qu'une espèce de butte , reste des anciens remparts de la ville, qui existait eucore â cette époque; ensuite l'inégalité des terrains, des vastes fossés à combler, tout semblait devoir le faire renoncer à son entreprise ; mais il triompha des obstacles, et fit en 1767 l'acquisition des terrains sur lesquels il avait bâti. Ce théâtre portait alors le nom de Nicolet ; il obtint plus tard la permission de jouer des petites pièces grivoises et des pantomimes arlequinades. Un nommé Taconnet, auteur et acteur, donna et joua sur ce théâtre beaucoup d'ouvrages amusants et qui eurent un grand succès. Nicolet soutint son entreprise avec intelligence et probité , bien qu'il fût souvent persécuté, comme nous l'avons dit, par les comédiens royaux. En 1772 il reçut le titre de Théâtre des grands Danseurs du Roi, qu'il conserva jusqu'au 22 septembre 1792, époque où il prit celui de théâtre de la Gallé. En 1795 il loua son théâtre à l'acteur Ril.ié, qui lui donna le nom de Théâtre d'Emulation. Ce ne

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fut qu'après la mort tle Nicolct que sa veuve lui

rendit sa dénomination. A. J.

Mémoires de Bachaumont, année H69. — Brazier, Chroniques des petili Ottàtret de Paris, depuis leur création jusqu'à eejour, t. 1er, p. 4.

5ICOLET (Bernard- Antoine) , graveur français, né en 1740, à Saint-Iromier, mort en 1807, a Paris. Élève de Boilly et de Cochin, il a travaillé à la Galerie de Florence, au Voyage de Vabbéde Saint- A'on, au Musée français, et il a exécuté au burin plusieurs bonnes planches, telles que Désastre de la mer, de J. Vernet, La Résistance ôe Deshais, et les portraits d'Antoine Deparcieux , de Perronneau, de Joseph Vernet, et de >\oél Hallé, d'après les deux Cochin. P.

KICOL1M m,

Bawn, Dicf. des graveurs. - Ch. U Blanc, VJtuUkr d'estampe).

nicoli. Voy. Niccoli.

xicolixi (Gtuseppe), littérateur italique en 1788, à Brescia, où il est mort, 1« % juiM 1855. Il étudia le droit à Bologne, et y prit le litre de docteur. Après avoir enseigné le» Mkilettres à Brescia, il occupa pendant pin» de trente ans la chaire d'histoire au lycée de Vcntor. Il débuta par une élégante traduction en tci> italiens des Bucoliques de Virgile et du Comin de Byron, et pubh'a ensuite un poème didactique Sur la çulture des cèdres, un Ditcwrt sur V histoire de Brescia, et une traduction de Macbeth.

Bioçr. univ. et portât, des contemp. [Su»pl|.

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