‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 30 sur 206 · NADIR · texte numérisé non relu

NADIR

on Khi va. Il défit une armée, mit à mort le souverain de ce pays , et donna le Kharizm à- un cousin du khan de Bokhara, descendant de Dginkhis Khan. A son retour, il agrandit son village natal , dont il fit nue ville, sur le modèle de Dehli, en même temps qu'il releva les fortifications du château. Puis il répara et embellit la cité de Mechd, dont il avait fait sa capitale, et où il fit construire son tombeau. Les jours glorieux de la Perse étaient revenus. En six ans Nàdir avait délivré son pays du joug de l ét ranger, et porté les limites de l'empire jusqu'à l'Oxus, à l'Inde, à la mer Caspienne et l'Euphrate.

Nàdir-Chah avait jusqu'alors exercé le pou» voir avec une certaine modération. Mais bientôt il s'opéra un changement profond dans son caractère. Ayant laissé le gouvernement de l'est à son deuxième fils, il marcha, en mars 1742, contre les Lesgl liens du Caucase, qui avaient tué son frère Ibrahim. I) traversait les forêts du Masandéran, lorsqu'une balie le blessa à la main et tua son cheval. Nadir n'échappa aux meurtriers qu'en contrefaisant le mort. Ses soupçons tombèrent sur son fils aîné, le brave Riza Kouli, et par suite des perfides insinuations de quelques courtisans, le roi, commençant à voir dans son fils un rival au trône, ordonna qu'on lui crevât les yeux. « Vos crimes m'ont forcé à cette terrible mesure » , s'écria Nadir. — « Ce ne sont pas mes yeux que vous avez crevés », répondit Riza, « mais ceux de la Perse entière. » Cette réponse prophétique se grava profondément dans l'esprit de Nadir, qui dès lors en proie aux remords et à de sombres pressentiments, ne jouit plus d'un instant de tranquillité. Les nobles qui avaient assisté a l'exécution de cet ordre impitoyable furent mis A mort, sous leprétextequ'ilsauraientdù s'offrir en sacrifice pour sauver les yeux d'un prince qui faisait la gloire de la Perse.

Impuissant contre les Lesgbiens, qui harcelaient son armée du haut de leurs rochers, Nàdir se tourna de nouveau contre les Turcs. 11 reprit toutes tes places de l'Irak, mais échoua devant les forteresses de Mossoul, Bassorah, Bagdad et Van. Ce fut alors que, rêvant la monarchie universelle, il introduisit dans le culte rte la Perse ces changements qu'il avait annonces lors de sou avènement, et qui ne tendaient à rien inoins qu'à fondre en une nouvelle religion les croyances juives, chrétiennes et musulmanes ; fusion par laquelle il espérait mettre fin à la scission des musulmans eux-mêmes, partagés en sunnites et chiites. A cet effet il avait commencé par faire traduire en persan les quatre Évangiles ainsi que le Pentateuque. Mais son secrétaire Mirza Mehdi de Masandéran, qu'il en avait chargé, y ayant intercalé des fables ridicules, pour faire concorder les écrits sacrés des chrétiens et des juifs avec ceux des musulmans, Nàdir se mit à rire à la lecture de cette traduction ainsi altérée. Il déclara qu'il fallait rester dans le doute; mais que s'il conservait sa santé, il ferait

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