CHAH
une meilleure religion que toutes celles qui existaient. Il proposa alors d'établir parmi les musulmans une cinquième secte orthodoxe, qui serait fondée sur la doctrine d'un des derniers imams alides , Djàfar a) Sadik. Espérant ainsi gagner les Afghans et les Turcs, il abolit la grande prêtrise des chiites, et usa de tous les moyens de séduction envers les Persans. Mais il ne put les gagner à ses vues, pas plus qu'il ne réussit à déterminer la Porte Ottomane à ordonner la construction à La Mecque d'un cinquième oratoire pour les Djàfariens. De guerre lasse, il alla lui-même, après une dernière victoire, inutile, remportée près d'Érivan, en août 1745, proposer aux Turcs la paix, où il se départi! de ses prétentions religieuses et renouvela les stiputations de la paix de 1638. Ce fut en janvier 1747, six mois avant sa mort. Nous avons vu plus haut qu'il avait fait reprendre l'Ile de Bahréiu par le gouverneur de Chyraz, Mohammed Taki-Khan, qui avait même conquis Mascate ; mais s'étant ensuite révolté, il fut rendu aveugle et eunuque. Ainsi mis en possession de l'entrée du golfe Persique, Nàdir, qui voulait avoir aussi une flotte, fit saisir tous les bâtiments nationaux, et mit en réquisition tous les vaisseaux étrangers qui relâchaient dans lesporjs de la Perse. Voyant qu'il anéantissait par ces mesures iniques toutes les relations commerciales, il fit construire, par l'Anglais Etlon, des navires dans les forêts du Masandéran, sur les bords de la mer Caspienne. Avec ceux qui naviguaient sur cette mer, il tint les Russes en respect pour longtemps. Il fut moins heureux avec les navires qu'il avait fait construire pour le golfe Persique, et qu'il dut faire transporter à Abouchehr, à travers toute la Perse, par des contrées où il n'y avait ni routes, ni fleuves, ni canaux. Aussi n*en rcsta-t-il bientôt que les carcasses abandonnées sur les plages du golfe Persique.
Toutes les actions de Nàdir dans les dernières années de son règne ne furent plus que les caprices sanglants d'un despote cruel et cupide. A son retour de l'Inde, il avait promis l'exemption d'impôts pour trois ans dans toute fa Perse. Mais nonseulement il rétablit les contributions ordinaires, mais il exigea même les arriérées, et en créa de nouvelles. Lorsque des insurrections, habilement fomentées par des prêtres chiites, éclatèrent de tous les côtés la violence de Nàdir se tourna en fureur. Des villes entières furent, dit un historien persan, sacrifiées à sa démence ; il s'acharna surtout contre la ville d'ispahan, autrefois siège del'empfre : les hommes abandonnaient leurs demeures et allaient vivre dans des cavernes , pour échapper à la sauvage férocité du maître qui les poursuivait, et qui parcourait la Perse, en bour rcau, à la tête d'une armée de 30,000 hommes, ramassis de toutes les nations , dressant partout des listes de proscription et faisant mutiler une foule de malheureux. Ou a attribué celte démence aux progrès que faisait depuis la campagne d'Inde l'hydropisic qui avait envahi un