‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 32 sur 206 · NADIR-CHAH · texte numérisé non relu

NADIR-CHAH

corps usé par les fatigues. Il avait ramené de i rindoustan un médecin, qui le quitta, après l'avoir soigné avec succès pendant deux ans. Depuis, il eut auprès de lui le jésuite Bazin, qu'il garda jusqu'à sa mort.

Au printemps de 1747, Nadir se disposa à marcher contre son neveu Ali Kouli-Khan, qui s'était révolté dans le Séistan. A la même époque il reçut la nouvelle do soulèvement des Kourdcs de Khabouchan. Après avoir envoyé sa famille et ses trésors dans la forteresse de Khélat, il s'avança contre les Kourdes. Il était campé a Féthahad, lorsque, dans la nuit du 19 au 20 juin, il fut surpris dans sa tente par des conjurés, ayant à leur I lête Mohammed Saleh-Khan, intendant de sa mai- j son, et son propre parent Mohammed Kouli*Khau* [ capitaine des gardes. Après s'être vaillamment défendu, il fut achevé à coups de sabre par les conjurés, qui répondirent a ses supplications : • Tu n'as fait grâce à personne, tu n'en mérites aucune. » On a prétendu qu'il avait ordonné aux Afghans et aux Ouzbeks sunnites d'exterminer ! les troupes de la garde, composées de Persans j chiites, et que cet ordre avait motivé la prompte résolution des conjurés. Quoi qu'il en soit, Ali Kouli-Khau, profita seul du meurtre de son oncle: il fut proclamé roi.

9 Nadir-Chah, avait imposé à sa nation autant par ses qualités que par ses vices. L'obscurité de sa naissance , la grossièreté de ses manières, une vie remplie d'actions criminelles, mais hardies, tout contribuait à augmenter l'enthousiasme et l'espoir des Persans, parce qu'ils voyaient en lui un caractère entièrement opposé à celui des derniers prin- i ces de la maison des Sofis, qui avaient causé les malheurs de la Perse. Ils parlaient de lui comme d'un libérateur, et tandis qu'ils s'étendaient avec orgueil sur ses hauts faits, ils s'arrêtèrent plutôt avec pitié qu'avec horreur sur ses cruels excès. M ses crimes ni ses tentatives d'abolir la secte chiite n'ont pu altérer leur gratitude et leur vénération pour cet homme, qui rendit à la Perse son indépendance et ralluma dans le cœur de ses compatriotes le sentiment de leur antique valeur. D'un extérieur imposant, il était brave, sobre et infatigable. Dépourvu d'instruction, il avait su s'approprier un vernis d'éducation par le contact de quelques hommes instruits. Doué d'une mémoire prodigieuse, il avait en même temps l'esprit pénétrant et libre de préjugés. Il était, cependant, fataliste. Il avait coutume avant une bataille de se prosterner pendant qoelques instants et d'offrir au ciel une prière. L'ascendant qu'il exerça sur ses nationaux tient du prodige : les historiens persans racontent qu'ayant trouvé à la porte d'une mosquée un homme aveugle depuis deux ans, il le menaça de le fouetter s'il reparaissait devant lui sans avoir recouvré la vue ; « car, ajoutait Nadir, si tu avais une foi vive, tu jouirais de la vue depuis longtemps ». Cet aveugle recouvra, dit-on, la vue au même moment. Une autre fois Nadir fit fouetter un arbre, derrière lequel des brigands

— NAECKE 123 s'étaient tenus cachés, pour attendre le passade d'un pèlerin, qu'ils dépouillèrent. Dix jours après cette étrange punition, les brigands remirent les biens volés au pied de l'arbre, craignant que Nadir qui devait les connaître ne les fit fustiger de la même manière. Bougainville a comparé Nadir- Chah avec Alexandre le Grand, et Henri Audiffret avec Napoléon Vx . Ces parallèles manquent de j ustesse. Dubuisson a mis en scène le héros persan, en 1 780, dans une tragédie. Ch. R.

Bausat as Sa/a, ou Continuation de r Histoire de Perte de Mtrkhond. par AU kouli Mlru; Mit ron, IBSI A 18M, ln-*°. — TarUtni Nadir t-Chah, en manuscrit. — Mohammed Mebdl Mainddéranl, Histoire de Nadir- Chah, traduite du persan en Grinçait, par William Joue* ; mo. — Hanway, Révolutions of Persia; 17M. — Fraser. Histort of NddirChah. - Otler, Vo^agn en Turquie et en Perte. — Rlebuhr, Potages. — Maieotm. # IHstori of Persia. - La Perte i dan» XUnivert Pittoresque K - Hormayr, Historisches ArcMv. — Gentil, Memoires sur Vlndouttau .

nadjah, fondateur de la dynastie des Nadjahides, dans l'Yémen, né vers 995, en Abyssinie, mort en 1060, à Zébid. Amené jeune en Yémen, il fut d'abord esclave de Mardjan, régent de ce pays pendant la minorité d'Ibrahim, dernier prince de la famille des Zaïadides. Le grand vizir, Kaïs, après avoir, en 10 16, renfermé Ibrahim dans une tour, où il le laissa mourir de faim, usurpa le trône de l'Yémen. Mais Nadjah, ayant rassemblé une armée, leva l'étendard de la révolte contre Kaïs, qu'il tua, en 1021, dans une sortie de la forteresse de Zébid. Devenu maître de l'Yémen, il fit enfermer Mardjan , son ancien maître et complice des atrocités de Kaïs, avec le cadavre de celui-ci, dans la tour où l'on avait affamé Ibrahim. Délivré de ses ennemis et de ses compétiteurs, Nadjah soumit toute l'Arabie méridionale, ainsi qu'une partie de l'Abyssinie. Après un règne de quarante ans, il fut empoisonné par une de ses maîtresses, gagnée par Aly le Solahide, qui trois ans plus tard * allait occuper le trône

de l'Yémen. Ch. R.

naimoMen, Chronologix orientâtes. — Jobannsen, Historia Yetnanm.

nabcrb (Gustave-Henri), peintre allemand, né à Frauenstein, en 1785, mort en 1835. Après avoir étudié la peinture a l'académie de Dresde, sous la direction particulière de Grassr, il alla passer quelques années à Rome; en 1824, il fut nommé professeur de peinture à l'académie de Dresde. Parmi ses tableaux , remarquables par l'effet de la composition et la beauté du coloris, nous citerons : L'Amour essayant de dérober la foudre à l'aigle de Jupiter; La Visitation; Faust suivant Marguerite à la sortie de l'église; Le Prince d'Egmont et Claire; Geneviève de Brabant dans le désert; Sainte Elisabeth distribuant des aumônes; Le Christ saluant ses disciples; Le Christ répondant aux pharisiens sur le denier de César. Naecke a aussi peint à fresque dans la villa Massimi à Rome plusieurs scènes du Dante; il a laissé de nombreux dessins au crayon et à la sépia. O.

Nagler, Kûnsller-Uxicon.

123 NAEGKLE aakcklb ( François- Charles) , médecin allemand, né à Dusseldorf, en 17 7a, mort en

1851. Fils du directeur de l'école de médecine de Dusseldorf, il se fit en 1800 recevoir docteur en médecine, exerça son art pendant plusieurs années à Barmcn, et devint en 1807 professeur à Heidelberg. On a de lui : Erfahrungen aus dem Cebiele der Krankheiten des weiblichen Geschlechts ( Observation» concernant les maladies des femmes); Mannheim, 1812;— Ueber den Mechanismus der Ceburt ( Sur le Mécanisme delà naissance) ; Heidelberg, 1822; — Der weibliche Becken.{Le Bassin de la femme ); Carlsrube, 1825 et 1850 ;

— Lehrbuch der Geburishûlfe ( Manuel d'accouchemeni ) ; Heidelberg, 1830, souvent réimprimé ; traduit en français; Paris, 1844 ; — Dos schràg verenckté Becken vtbst einem Anhange ùber die wichtigsten Fehler des weiblichen Beckens (Du Rétrécissement oblique du bassin, avec nn appendice sur les principaux vices de conformation du bassin); Mayence, 1839; traduit en français, Paris, 1840; — Méthodologie der Geburtshùl/e (Méthodologie de de l'accouchement); Heidelberg, 1848; — beaucoup d'articles dans divers recueils, notamment dans les Heiielberger klinische Anna- /en, dont il fut depuis 1845 un des directeurs.

Son fils, Hermann- François- Joseph, né en 1810, mort en 1851, a enseigné la médecine à Heidelberg, et s'est fait connaître par divers travaux estimés sur l'art de l'accouchement.

Un autre de ses fils , Maximilien, mort en

1852, a été professeur de droit a Heidelberg et a publié : Studien ùber altitaUsches Rechtsleben ( Études sur la vie sociale de l'Italie primitive); Heidelberg, 1849. O.

Convtrinttmu btrtkm. — CsllUen , Medicinisches SchrtftsUiUr-Uxilon.

habile {Auguste- Frédéric), philologue allemand, né le 15 mai 1788, à Frauenstein, mort à Bonn, le 12 septembre 1838. Après avoir étudié à Leipzig la philologie sous la direction de Hmnann, dont il devint l'ami, il fit, depuis 1812, des cours libres à l'université de cette ville, et fut chargé, en 1818, d'enseigner les langues anciennes à runiversité de Bonn, où il obtint un peu plus tard la chaire d'éloquence. Dans ses travaux, écrits avec pureté et élégance, il a fait preuve d'une grande sagacité critique. On a de lui : Schedx chticsr; Halle, 1812; — Chorili Fragmenta; Leipzig, 1817;

— Opascula philolo'jica ; Bonn, 1842-1844, 2 vol., publies par Welcker; — De Altilerattone sermonis latini, dans le Rheinisches Muséum fur Philologie, troisième année. O.

A. -G de Scblrjpnï, fMUdatto Kaekii (dan* |r R»einitchet Mutrum, MMe VI). - Concertât im$- Unkon der (.eçtntrart.

nakldwyck ( Jean de), chroniqueur flamand, né vers t-420, mort en 1489, à Gertruydemberg. De famille noble, il reçut du duc Philippe le Bon le titre de chevalier. En 1478 il

- N^VIUS 124

prit les armes contre Marie de Bourgogne, et prit part à l'expédition malheureuse «Je François de Brederode en Zélande. 11 est auteur d'une Chronique eu Histoire de la Hollande, de la Zélande, de la Frise et de Vevéché d'Utrecht ( Die Crooike ofte die Historié van Hollant, etc. ) ; Goude, 1478, in-4°, et Leyde, 1483, in-4°. Ces deux éditions n'étant pas correctes, Pierre Scriverius en a publié une troisième, pèus exacte sous ce titre : L'ancienne Chronique de Goude, ou histoire abrégée de la Hollande ( en flamand ) ; Amsterdam, 1663, in-4°, fig. On a d'autant plus sujet, d'après Paquot, d'estimer ce livre que l'auteur est le premier qui dans son pays ait supprimé les vieilles Cables dont les chroniques antérieures étaient remplies. K.

Paquot, Mem., IX, *M«.

kabrsses ( Jean van ), en latin ffarssius, poète latin, né le 9 novembre 1580, à Do rd redit, mort en 1687, à Batavia. De 1605 à 1619 il exerça les fonctions de ministre à Grave sur la Meuse. Banni de Hollande avec les remontrants, dont il suivait le parti, il alla étudier la médecine à Caen, fut reçu docteur à Hambourg, parcourut la Prusse, la Pologne, la Russie, l'Allemagne, et se fixa à 4a cour de Suède, où le roi Gustave-Adolphe le nomma à la fois son médecin et son historiographe. Après la mort de* ce prince ( 1632 ), il revint dan* son pays, et fut attaché en 1635 à l'administration de la Compagnie des Indes. On a de loi - Riga dévie ta, carminé heroico descripta; Riga, 1625, in-4* ; — Meva Pomerettùe tiberata, attaque poemafa sueco-borussica ; Stockholm, 1627, io-4°; — Gustavidoêy sive de bello sueco-austriaco lib. III; Hambourg, 1632, in-4» : ce poème est suivi d'assex nombreuses pièces de vers; l'auteur y a ajouté en 1634 un quatrième livre; — Gustavus Saucius, tragœdia; Francfort, 1633,

Via Balen, fleschryv. van D«rdrteht . p. m et DM.

— G. Mattbic . Canspectxu hitt. trudtcormm , p. Ml.

is.eve ou Refe (Gaspard), en latin A<rvius , médecin allemand , né à Chemnitx , en 1514, mort vers 1580. Reçu docteur en médecine, il fit un assez long séjour en Italie ; plus tard il devint médecin de l'électeur de Saxe, et fut aussi appelé à enseigner son art à l'université de Leipzig. On a de lui : De veux sectione ; Leipzig, 1548, in-4*; — De ratione alterandi humores per medicamenta ad purgandum; ibid., 1551, in-4°; — Consilia medtca . Francfort, 1598, in-fol. , et 1616, in-4».

Son frère, Jean N;eve, né en 1499, mort en 1574, suivit la même carrière, et devint également médecin de l'électeur de Saxe. Il collabora activement aux travaux botaniques de Matthioli, pour la publication desquels il dépensa

une forte somme d'argent. O.

Adanl, Vitm medtenrum. — Wlllich , Jrcana BiblMheem simtakerrjmiis. — Kestner. Jttfdietnisekes Gtff/irtm-Leiikon.

njsvirs ( Cneius ), célèbre poète latin, né

vers

j\\€VIUS

272 arant J.-C, mort vers 202 avant Sa vie est très-peu connue ; sa nationalème est incertaine. On suppose généralement qu'il était Campauieu d'ongine, parce que Aiilu-Celle, rapportant I'é|iitapàe de Nœvius UHe par lui-même, dit qu'elle est pleine d'orgueil eavnpauien ( plénum superUix campa n m ). fclussmann, un des dernier* éditeurs des fragments de Nœvius, pense que ce poète étoit Romani (1). Il en donne pour raisons que Cicéron le cite dans le De Oratorc (III, 15) comme un modèle de pureté d'élocution latine, et que le proverbe sur l'orgueil campauieu était d'une application si générale, qu'on n'en peut tirer aucune induction particulière. Ces preuves sont loin d'être décisives. Cicéron, qui cite aussi Plaute comme un modèle de pure latinité, a bien pu donner le même éloge à un Campanien. Bien que la vanité des Campaniens fût proverbiale, l'application qoe Aulu-Gellc fait de ce proverbe ne saurait guère convenir qu'à un Campanien. Nous pensons donc qu'il était natif de Campanie, mais qu'il fut amené de bonne heure à Rome. La date de sa naissance estioconoue; cependant comme il mourut vers 202, à un âge avancé, et qu'il servit dans la première guerre punique ( 264-24 1 ), on peut la placer avec vraisemblance vers 272 ou peut-être un peu plus tard (entre 272 et 264 ). Nœviu? débuta par la poésie dra- Biabque, genre emprunté ans Grecs et récemment introduit à Rome par Uvius Andronicus. Il y a incertitude sur l'année précise où Nœvius fit jouer sa première pièce ; l'opinion la plus probable est que ce fut en 235 ou 254. Nœvius appartenait à ce parti plébéien et national qui repoussait les innovations que l'aristocratie favorisait dans les mœurs et dans tes lettres. Par ce rude et exclusif patriotisme il se rapprochait de.Caton le Censeur, beaucoup plus jeune que lui, et il semble que, malgré la différence des Ages , il existait entre eux une étroite amitié. Plus tard, lorsque Caton était déjà entré dans la vie publique, Nœvius osa imiter contre l'aristocratie romaine les audacieuses attaque* personnelles d'Arislopbane contre Cléon. Aolu-Gellc nous a conservé quelques vers de lui contre le premier Sri pion l'Africain :

Bilan qui ret marna* mann sepr ge*lt ftlortoMe, Cojiu l.ttiA »tTa.nune figent, qui apud «rente* »o<ti» praralat, Eua mhu pater cuin pallio uno ab arnica abdnxll..

[ Même celui qui de sa main a souvent accompli glorieusement de grandes choses, dont les hauts faits vivants sont dans tout leur éclat, et qui seul domine toute» nos grandes maisons, son père l'a ramené de chez sa bonne amie

'\\ Du tempi <!« poêle "ftrrin« Il existait nne mal«on N.t»1o» ( fieevia pou), dont un de»

Je premier mcnUuoii* daua l'butotre. *e di»rnturtoa au *»e«e ne r.apoue en 211.

A »eu u de» Narviii* n'obtint m»o* la république le conaolat. Cette dignité n'entra dan» leur maison qneoSO apre* J.C Le» surnoms de la ç*nt /Varia «ont nulbus, Malho, Cruta, Pollio, Turpio, CapeUa, SurtlLnm.

couvert de son seul manteau (c'est-à-dire sans tunique ou, comme on dirait en français, sans chemine). ]

Cette allusion à quelque peccadille de jeunesse du grand Scipion paraîtra plus piquante si l'on songe qoe Rome entière retentissait alors du récit de la continence de Scipion au siège de Cartttagène en 110. Un peu plus tard, et probablement sous le consulat de Q. Cœcflius Metellus, en 206, Nœvius se permit nne attaque contre la puissante famille qui était alors si souvent en possession des hautes magistratures ; il prétendit que les Metelhis devenaient consuls non par leur mérite mais par l'effet du sort : Fato Metelll Rome dont eomoles.

Un des Métellus, le consul Q. Cœcilius, dit-on, ou plutôt quelque poêle de ses clients répondit par un excellent vers saturnien, le pins exact que- Ton connaisse *•

Dabuot malum Melclll Hirvlo poebe.

{ Les Metellus châtieront le poète Nœvius. j Les Metellus ne s'en tinrent pas à la menace; ils intentèrent au poète une action en vertu de la loi des Douze Tables qui punissait de mort les libelles diffamatoires. Nœvius échappa au dernier supplice ; mais il fut remis à là garde des trois magistrats chargés de l'exécution des sentences criminelles ( Iriumviri capitales ). La prison l'amena à résipiscence, et il fit amende, lionorable par son Devin ( Hariolus ) et son Lion {Léon ). Alors les tribuns le firent mettre en libellé. Son repentir ne fut pas de longue durée. U commit contre l'aristocratie une nouvelle offen.se, qui fut punie de l'exil, et choisit Utique pour le lieu de son bannissement. Il y acheva son poêrne sur la première guerre punique, et U y mourut, en 204, si l'on en croit Cicéron, qui s'appuie ici d'un passage d'Ennius, ou plutôt en 202, suivant la Chronique d'Euaebc, qui semble fondée sur l'autorité de Yarroo . Le poète s'était composé à lui-même l'épitaphe suivante :

Mortales Unroortale* ûrre il forci tas , Fièrent Diva; Caiurita? Nxtlum ooeUiu.

Itaqoe postquntn e«t Orc<no tradttu* thesauro , Obi vil aunt Romani loquler ta Un a ilncua.

[ S'il était permis aux iromortds de pleurer les mortels , les divhvs Camènes pleureraient le poète Kœviu< ; car dès qu'il eut été livré au trésor de l'Omis, les Romains oublièrent de parler la langue latine, j

tn se composant cette épitaphe naïvement orgueilleuse, Nœvius ne se vantait pas autant que le prétend Auludelle. A un certain point de vue Nœviu* fut en effet le dernier des bardes nationaux, le dernier qui honora les Camènes italiques et fit usage du vieux mètre saturnien indigène, et du latin exempt d'héllénismes. Après lui les muses grecques, le vers hexamètre et le latin hellénisé s'introduisirent à Rome. Nœvius composa un poème en vers saturniens sur la première guerre punique. Il n'en

127 NjEVIUS —

reste qu'un petit nombre de fragments , qui ne permettent pas de suivre la marche «lu poème; on croit qu'il commençait par la fuite d'Énée après la ruine de Troie, sa visite à Carthage, son amour avec Didon et divers autres légendes liées à l'histoire primitive de Carthage et de Rome. Ennius, le poète de l'aristocratie et de l'influence hellénique, le premier des poètes classiques, comme Nœvius est le dernier des poètes nationaux, reprit le même sujet et le traita en vers hexamètres. Il parla avec dédain de son prédécesseur. « D'autres, dit- il, ont (raité ce sujet dans cette sorte de vers que chantaient les Faunes et les bardes , lorsque nul encore n'avait gravi les sommets «les Muses ni n'était soigneux de la diction (1). » Mais tout en affectant de le mépriser, il le pillait. Virgile aussi profita largement du vieux poète latin; il lui emprunta entre autres passages la description • le la tempête dans le premier livre de YÉnéide, \c discours d'Enée à ses compagnons et les paroles de Vénus à Jupiter. On attribue à Nœvius une traduction de V Iliade Cypriaque ou Chants Cypriaques, poème grec de Stasinus on Leschès ; mais c'est probablement une erreur. Cette traduction, qui était en vers hexamètres, paraît plutôt appartenir au poète Lœvtus, avec lequel Nœvius a été souvent confondu ainsi qu'avec iSonius et Eunius.

Nœvius, placé à l'extrémité de la période littéraire nationale et sur la limite de la période latino-helléoique, ne resta pas insensible à l'influence grecque. Il composa des tragédie» et des comédies, en grande partie imitées ou traduites des poètes athéniens. 11 ne reste de ces pièces <roe des fragments, peu nombreux, et les titres suivants : Âlcestis, Danae, Equus Trojanus, Hector, Hesiona, iphigenia, Lycurgus, Phœnissx, Protesilaus seu Laodomia, Aconitzomenos, Agrypnuntes, Apella, Assilogiolay Carbonariat Ctastidium, Colax, Corollaria, Cosmetria, Démentes, Demelrius, Diobolaria, Erularta ( Aulutaria ), Figulus, Glaucoma, Gymnasticus, Hariolus, Léon, Lupus, Sauta , PaciUus, Pellex, Philemporos, Projectus, Pulti, Quadrigemini , Sanniones, Stalagmus, Stigmatias, Tarentilla, Testicularia, Therimus (Thermus?), Tribaselvs, Triphallus, Tunicularia. Outre ces pièces régulières, Na-vius semble avoir composé des interludes ( Ludi ou Sa tir x ).

Les Fragments de Nœvius ont été publiés, avec ceux des autres poètes latins', par H. Es* tienne, Paris, 1504, in-8% et dans la collection d'Almeloveen , Amsterdam, 1686, in-12. Les Fragments de la Guerre Punique ( Bellum Pttnicum ), avec ceux d'Ennius sur le même sujet, ont été publiés par P. Merula; Leyde,

t) Seripsere alll rem

Vrrtiba', quo» ollm Faom «atenque canebant, Cnm otqii<» Muurum «copulo* qutsquam mperarat, Necdictl«Uidio»u«erat.

WAGONIUS . 12a

159:», in-4-, par Spangenberg, Leipzig, 1825, iii-8°. On les trouve aussi dans les Elément a doctrinx metricx de Hennann et dans le traité de Dùntzer et Lersch intitulé De vertu quem vocant salurnio ; Bonn, 1839. in-8»; Vahlen en a donné une édition plus complète et plus correcte, Leipzig, 1854, in-4°. Les Fragments des pièces dramatiques ont été recueillis par Delrio, Syntagma tragœdlx latinx, Paris, 1619, in-4°; par Maittaire, Londres, 1713; par Bothe , Poetarum Latii scenicorum fragmenta, Leipzig, 1S34, t. V et VI. Klussmann a donné une édition de tous les Fragments de , Nœvius; léna, 1843, in»8°. L.J.

Atilu Ge Ile, If octet Mlic*. I, « ; III, S ; VI, S. — , Oceroo, De Oratore.lli, lt;Calon, «, It; De Seneet^ iki Brvtui, It, IX, 19. — Kusebc, Chron. Olym., c Xi. IV, S. — Suétone, De lllutt. aramm., t.— Macrobe, Sat., VI, 1. - Horace, Epitt., Il, l, SI. — Weicltert, Poetarum lalinorum reliquat. — Neakirrb, Dtl Fabula toaata Jiomanorum ; Leipzig, 1U9. — Klmsmsnn, Notice »ur Pixvtut, en télé de son édition. — Stnlln, Dictionarg 0/ greek and roman bioçraphy.

if agel/ Paul), astrologue allemand, mort en 1621. Il Tut professeur à Leipzig, puis recteur de l'école de Torgau. Il s'adonna aux pratiques de l'astrologie, se crut destiné par la Providence à expliquer les mystères de l'Apocalypse, et renouvela les visions des millénaires. Il avait dans ses écrits tixé le commencement de l ige d'or à l'année 1624. On défendit de l'enterrer dans le cimetière ordinaire, et les femmes qui lui rendirent les derniers devoirs furent punies de la prison. Ses principaux ouvrages sont : Prodromus astronomix apocalypticx de mû' tibus tam stellali firmamenti quant eccltsiastici; Dantzig, 1620, in-4w; — De quatuor mundi temporibus; ibid., 1621, in-4*; — Prognosticon astrologicum i -Halle, 1630, in-4*. Plusieurs théologiens écrivirent contre ce fana* tique, entre autres Philippe Arnold, qui le réfuta dans le traité intitulé Anti-Nagelices (Kœnigsberg, 1622, in-4°). K.

fjppenlai, Btblintheea Iheologlca, f part. — Balllet, Jugem. det Savants, ln-i», t. Ml, im et 1M.

hagli ( Francesco ), dît le Centino, peintre de l'école bolonaise, né à Cento, (tarissait au milieu du dix-septième siècle. Élève du Guerchin, il imita avec assez de succès son coloris et son clair-obscur ; mais son dessin est sec, ses figures sont froides et manquent de mouvement, et ses compositions indiquent une imagination bornée. Il a travaillé surtout pour les églises de Rimini.et c'est à celle de Notre-Dame-des-Anges que se voient ses principaux ouvrages. E. B— s.

Lantl, Storia Ptttoria*. - ITcoul, DUlonario. - Guida di Mminl.

NACOxirs ou pakgojiius , poète latin moderne, dont l'existence est peu connue ; selon les uns il était né à Chambéry, en 1451, et il mourut à Rome, en 1505; selon d'autres il était originaire de Pologne ; peut-être se borna-t il à y faire un voyage ; ce dont on convient unanimement, c'est qu'il fut couronné a Rome, vers

129 NAGONIUS -

1489, comme poète lauréat et qu'il jouit de la | faveur de plusieurs papes. On a publié à Cracovie en 1537 des Elegiœ et une Oralio ad Petrum Wupowski; en 1777, J.-L. Scherschnik donna a Prague une édition des Poemalum Ubrï IV de cet écrivain, dont les vers n'ont rien qui les recommande a la postérité. G. D.

Tlraboschl. Storialttteraria, t. XVII, p. SVS.

jsacot ( François-Charles ), écrivain ascétique français, né à Jours, le 19 avril 1734, | mort à Baltimore, le 9 avril 1816. Admis dans ! ^congrégation des prêtres de Saint-Sulpicc, il fut envoyé comme professeur de théologie au séminaire de Nantes. Supérieur de la maison desRobertins à Paris (1769), il devint ensuite su- I périeur du petit séminaire de Saint-Sulpice, puis directeur du grand séminaire. La révolution le ! décida en 1791 à se rendre à Baltimore, où ' pie VI venait d'ériger un siège épiscopal, dont le f diocèse comprenait topt le territoire des Etats- j l'nis. H parvint à établir dans cette ville un séminaire et uu collège qui jouit aujourd'hui de tous les privilèges d'une université. Il conserva jusqu'en (810 la supériorité de ces maisons, dont ses infirmités l'obligèrent de se démettre. Ses principaux écrits sont : Relation de la conversion de quelques protestants; 1791, 1794, in- 12 ; — La Doctrine de l'Écriture sur les miracles; Paris, 1808, 3 vol. in-12 ; trad. d'un ouvrage anglais de Georges Hay; — Vie de M. Olier, çuré de Saint-Sulpice ; 18i3,in-8°; — en manuscrit diverses traductions d'ouvrages de piété anglais. II. F.

L'Jmt de lu Helljion, 1816. - I.'Êylise de Bretagne, par l'jbbt T.-f*viuï. — France ecclésiastique , paviliD.

kaiiarko ( Bartolome de Torp.es), poète dramatique espagnol , vivait dans le seizième siècle. On n'a sur sa vie obscure et malheureuse qu'un petit nombre de détails, contenus dans la lettre de Juan Bavcrio Mesincrio en tête des Propaladia. Il était né à Torrès, sur les frontières du Portugal. Après avoir été captif à Alger, il fut racheté et visita Rome vers 1514, espérant trouver un accueil favorable à la cour de Léon X. Mais il eut l'imprudence d'écrire une satire contre les vices de la cour pontificale ; ce méfait poétique l'obligea de s'enfuir à Naples, où il vécut quelque temps sous la protection de Fabricio Colonna. Ensuite on perd de rue ce poète, qui mon rut, dit-on, dans la pauvreté. Ses Œuvres, publiées pour la première fois par lui-même à Naples, en 1517, et dédiées à un noble espagnol, ami des lettres, Don Fernando Davalos, le mari de Victoria Colonna, sont intitulées Propaladia ( ou Premiers Fruits de son génie ) ; elles se composent de satires, d'épltres, de ballades, d'une lamentation pour le roi Eerdinand, mort en 1516, de quelques autres poésies et de huit comédies en vers, qui occupent la plus grande partie du volume. Ces pièces se ressentent du séjour de l'auteur en Italie, et quoique souvent grossières et invrai-

m>cv. biocr. ct.\Èr.. — t. xxxvir.

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semblables, elles sont en avance sur ce que l'Espagne possédait en ce genre; en voici les titres : La Scro/ina , où l'on troove un çracioso ou valet bouffon, personnage dont un siècle plus lard Lope de Vega réclamait l'invention ; — La Soldadesca , sur le recrutement des soldats pontificaux à Rome ; — - La Tinclaria, ou La Salle à manger des serviteurs, dans laquelle sont représentés les désordres d'une maison de cardinal ; — La Jacinta, sur une dame romaine qui fait conduire par force dans son château plusieurs voyageurs et se choisit un mati parmi eux ; — La Aquilana, sur les aventures d un prince déguisé qui vient à la cour d'un fabuleux roi de Léon et obtient par des exploits chevaleresques la main de la fille de ce prince ; — La Calamita, sur les aventures d'un enfant noble volé a ses parents et élevé dans une humble condition ; — enfin deux drames, Trojea et IJymcnea, qui par leur étrangeté méritent une mention plus détaillée. La première de ces pièces est en l'honneur du roi Manuel de Portugal et des découvertes faites sous les auspices de ce prince dans l'Inde et en Afrique. Après un prologue ( introyto ) de trois cents vers environ, la Renommée entre en scène, et annonce que le grand roi a conquis plus de terre que Ptolémée n'en a décrit; sur cette assertion Ptolémée lui-même sort soudainement des Enfers, et donne à la Renommée un démenti, qu'il retire après un assez long débat. Au second acte deux bergers viennent balayer le théâtre où le roi doit faire son apparition ; ils s'amusent beaucoup de la pompe déployée pour la réception royale; l'un d'eux s'assit sur le trône et imite grotesquement le curé de son village, puis les deux paysans se querellent; mais un page intervient, et les envoie arranger l'appartement royal. Le- troisième acte est rempli tout eutier par le discours d'un interprète qui porte la parole au nom de vingt rois orientaux et africains, venus pour rendre hommage à la couronne du Portugal. Au quatrième acte quatre bergers offrent au roi un renard , un agneau, on aigle et un coq, et exposent devant sa majesté, toujours silencieuse, la signification allégorique de leurs présents. Dans le cinquième et dernier acte, Apollon remet à la Renommée, qui les distribue au public, de3 vers en l'honneur du roi, de la reine et du prince royal. Les bergers se plaignent de n'avoir pas de part à cette distribution ; un d'eux prétend qu'il répandrait tout aussi bien que la Renommée les éloges d'un roi si elle voulait lui prêter ses ailes. La déesse y consent. Le berger après s'être adapté les ailes essaye de prendre son vol ; mais il tombe lourdement à terre. L'autre drame, appelé I7fymenea vaut mieux. Hymenes, le héros de la pièce , amoureux de Febea , vient, avant le jour, devant la maison de celle qu'il aime, et fait avec deux serviteurs le projet de donner une sérénade à sa belle. Quand il est parti, les deux serviteurs causent de leur position, et Boreas,

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l'un d'eux, avoue qu'il est désespérément amoureux de la suivante de l'héroïne. Cette passion du serviteur devient, dans tout le cours de la pièce , la contre-partie grotesque de celle du maître. Mais à ce moment le marquis, frère de Febea, arrive avec deux domestiques ; il met en fuite les serviteurs d'Ilymenes, et se iloutant qu'il y a de l'amour sous jeu, il annonce qu'il va faire bonne garde. Au second acte Hymenes doune la sérénade a Febea, qui promet de le recevoir la nuit suivante. Le troisième acte est consacré au\ amours de Borcas et de Doresta. Au quatrième acte, le héros entre chez Febea laissant ses serviteurs à la porte ; survient le marquis, qui les met en fuite. Au cinquième acte le marquis, irrité, se précipite dans la maison, bien décidé à tuer les deux amants ; mais il s'adoucit , et tout se termine par un double mariage. Ces analyses ne donnent pas sans doute une idée avantageuse de la manière dont sont conduites les pièces de Xaharro ; mais sa versification est vive, coulante et ses idées sont si hardies, si peu respectueuses pour l'Église que l'inquisition les interdit bientôt Les Propaladia furent réimprimés à Sévillc en 1520, 1533, 1545, à Tolède, 1535, à Madrid, 1573, et une sans date à Anvers. L'édition de Madrid a été expurgée; dans les anciennes éditions on ne trouve ni la Calamila, ni YAquilana. N.

Nlcobs Antonio, liibiiotheca llispana nova. — Ticknor, Jitstory ofip-.itft* Uterature, t. III, p.l«7.

xahl (Jcaii'Samuet) , sculpteur allemand, né à Anspach, en ifioi, mort en 1728, à Jéna. Fils de Matthieu .Nahl, sculpteur de la cour d'Anspjch.il s'adonna au même art que son père. 11 s'établit en 1090 a Berlin, et devint membre de l'académie des beaux-arts de cette ville ainsi que sculpteur de la cour, tl passa ses dernières années en Saxe. On cite comme une de ses principales iruvres le pédestal orné de bas-reliefs qui soutient \astaluc équestre du roi Frédéric Guillaume F'\ placée à Berlin. O.

Le fils ( Jean.- Auguste ), né à Berlin, en 1710, mort à Cassef, en 1781, fut initié à l'art de la sculpture par son père et par Schhittcr. 1! visita la France et l'Italie, où il fréquenta divers ateliers. En 17 il il fut appelé à Berlin pour décorer les grands édifices que le gouvernement faisait alors élever dans cette ville et aux environs ; il exécuta à cet effet beaucoup de statues, de bas reliefs, de vases sculptes, etc. En 17 iG il se rendit en Suisse, où il resta neuf ans; son travail le plus remarquable de cette époque est le monument funéraire de la femme du ministre Langhaus, placé dans l'église de Hindelbank. Fn 1755, il se fixa à Cassel; il y fui pendant plus eurs années professeur au Colle gium Camlinuin ; d exécuta entre autres le modèle en plaire de la statue du landyrace Frédéric If.

Le pclil-fils de Jean Samuel ( Samuel), né à Berne, en 1748, mort en 1313, se perfectionna

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