‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 38 sur 206 · NAILLAC · texte numérisé non relu

NAILLAC

son despotat de Sparte el de Corinthe. Le marché fut conclu et le prix, d'acquisition livré par le grand maître. Mais le clergé grec, redoutant l'empire des Latins, souleva le peuple, qui refusa de se soumettreàscs nouveaux possesseurs. Théodore, forcé de rendre l'argent qu'il avait reçu, pril avec l'ordre un arrangement moyennant lequel il abandonnait à la religion Je comté du Soleil et la baronie de Zeitoun , en s'engageant à livrer en outre 46,500 ducats. Cependant la lutte engagée entre les Turcs et les Tartares se continuait. Tamerlan arriva en face de Smyrae, que possédaient alors les chevaliers de Rhodes, et la voyant défendue par cette redoutable milice, demanda seulement le droit d'y arborer ses enseignes afin d'en éloigner Bajazet, qni s'en approchait de son coté. L'hospitalier de l'ordre, qui commandait en l'absence du grand mattre, refusa. Le Tartare assiégea la ville, et finit par s'en rendre maître, en 1401, après une héroïque défense des chrétiens. La défaite de Bajazet et la retraite de Tamerlan rendirent quelque repos à l'ordre. Philibert en profita pour courir à la tète d'une llottille les rivages de la Carie, chassant de» places fortes les garnisons que l'Asiatique y avait laissées. Il s'empara entre autres d'un château fort situé à la pointe de la presqu'île sous les ruines de l'ancienne Halicarnasse , le garnit de nouvelles fortifications et le nomma le château de Saint Pierre. En 1406, le grand mattre reçut la visite du maréchal Boucicaut, gouverneur de Gênes pour Charles VI, à qni les Génois s'étaient donnés, il y avait alors dix ans. Le maréchal, que Philibert de Naillac avait déjà rencontré sur le champ de bataille de Nicopolis, venait, à la tête d'unegrande flotte, attaquer le roi de Chypre, qui tentait d'enlever Famagouste aux Génois. Naillac se fit médiateur entre les deux parties, et parvint à les concilier. Le roi de Chypre renonça à son entreprise, et s'engagea à payer aux Génois pour frais de guerre une indemnité de 70,000 ducats , somme que l'ordre lui prêta et en nantissement de laquelle il déposa entre les mains du grand maître sa couronne et ses bijoux. Ce dernier accompagna ensuite Boucicaut dans ses excursions sur les côtes de Syrie et de Palestine, mais sans aucun succès. Les approches de la mauvaise saison les forcèrent de se séparer. Vers le même temps le Soudan d'Egypte envoya un ambassadeur à Rhodes pour conclure une trêve pendant laquelle il y aurait liberté de commerce entre ses sujets et les chrétiens. En 1409 le grand maître fut envoyé par le pape Alexandre V pour engager les rois de France et d'Angleterre à se croiser contre le Turc. L'hostilité des deux nations rendit cette démarche infructueuse. Ce fut pendant ce séjour en Europe que Philibert assista au concile de Pise, assemblé pour mettre un terme au schisme qu'occasionnait dans l'Eglise la compétition de Hennit XIII et de Grégoire XII. Il y joua le rôle conciliateur que sa prudence et son rang érai-

iU NAILLAC -

nent lui donnaient droit de tenir. Les cardinaux lui confièrent la garde et les clefs du conclave. Il figura aussi dans le concile de Constance , où Jean Huss fut condamné (1414). En 1412 on retrouve Philibert de Naillac devant Bourges, que Charles VI assiégeait, et qui tenait pour les Armagnacs sous l'oncle du roi Jean de Berry. Le siège traînant en longueur et une descente de l'Anglais étant imminente, il fut question de traiter, et le grand maître fut chargé d'aller avec le maréchal de Savoje négocier avec le duc de Berry. On parvint à s'entendre, et le siège fut levé. Philibert de Naillac fut présent, la même année , aux remontrances que les bourgeois et l'université de Paris adressèrent à Charles VI. Il fut un des seigneurs chargés d'obtenir du roi la répression des abus qui écrasaient le peuple. De retour à Rhodes, en laii, il apaisa les dissensions qui troublaient l'ordre depuis longtemps, en convoquant dans cette Ile un chapitre général, dont il adressa les actes au pape, qui les confirma. 11 mourut quelques mois après, considéré comme un des grands maîtres qui ont jeté sur l'ordre le plus d'éclat. Boyer (de Bourges).

Vrrtot. flitt. des chevaliers de Malte. Boitsal, HitL de* chevaliers de Saint-Jran-dfJeruialem. — Morerl, Dict. hùt. — Dr tlamiuer. Hist. de l'Empire Ottoman.

— MoDiircIct, Chronique de France.

haîm ( Mustapha- Effendi ) , historien turc, né vers 1660, à Haleb, mort en 1715, à Patras Nommé en 1702 historiographe de l'empire, il a écrit l'histoire de sa nation, depuis Fan 1591 jusqu'à l'an 1659. Cet ouvrage n'est qu'une compilation d'ouvrages historiques plus anciens. Naîma a surtout p rutilé de Hadji K liai la et de son premier continuateur. Il est cependant plus impartial et plus exempt de préjugés, et ne se fait pas faute de flageller quelques sultans ottomans. L'ouvrage de Naïma a été imprimé à Constantinople, en 1734, 2 vol. in-fol. A coté d'une traduction française très-abrégée, faite par Cardonne, nous avons une traduction anglaise de l'ouvrage entier, par Charles Fraser, soos le titre : Annals oj the Turkisth Empire, 2 vol. in-4*; Londres, 1932 et 1830. Ch. R. Hamroer, dan» les Annales de f'ienne { en allemand ).

— Zenker, BiblujL Orientant.

haï* (Le ). Voy. Lenain et Tillemont.

kairori ( AntorHo- Fausto), savant maronite, né vers 1635, à Ban , dans le mont Liban, mort le 3 novembre 1707, à Rome. Neveu, par sa mère, d'Abraliam Eccheilensis, il vint de bonne heure à Parme, y fit ses études, et, après un Toyage en Syrie pour s'y procurer les ouvrages relatifs à ses coreligionnaires, il devint professeur de langue syriaque au collège de la Sapience (1666); il occupa cette chaire jusqu'en 1694. On a de lui : Officia sanclorum juxta ritum ecclesix Alaroni/arum ; Rome, 1656, 1666, in-fol. ; — De saittberrima potione cahuè «eu cale nuncupata discurstts; Rome, 1671, in- 12; trad. en italien par Fred. Vegilin (Rome, 167i) et par Paul Bosca (Milan, 1673), et en

KAKWASKA t-12

français; — Dissertatio de origine , nom i ne ac religione Maroniturum ; Rome, 1679, in-8°; travail que les recherches savantes d'Assemani ont fait oublier; — Evoplia fidel cathottex Roman x hislorico-dogmadcx ; Rome, 1694, in-8°; on y trouve un grand nombre de faits curieux sur l'histoire civile et religieuse de l'Orient, p.

Du Pin, tuteurs écriés, du dix-septième siècle. — Agrlcula. Mbl. certes., 1.

NAIT V!«cx ( Hendrik ou Herman ), peintregraveur hollandais, vivait dans la première moitié du dix -septième siècle. Quelques auteurs le font naître à Utrecbt. « On croit généralement qu'il imita B. Breemberg, dit M. Ch. Le Blanc; cependant nous avons vu un tableau de lui, signé, dont le faire et la couleur rappelaient plutôt J. Ruysdaèl. L'adresse de Clément de Jonghe, que portent les premières épreuves des estampes de Naivyncx, permet de supposer qu'il vivait a Amsterdam, à l'époque où Rembrandt gravait ic portrait du célèbre éditeur, c'est â-dire en 1651. m Nous citerons de lui deux suites de belles eauxfortes d'après ses propres dessins : Us Paysages en hauteur (8 pl.) et les Paysages en largeur (S pl.). K.

Nagler, JVeues Atlgem. RiknslUr-lxxïkon. '.- Cit. Le Blanc, Manuel de l'amateur d'estampes.

NAROCLà fl Tutis (Moualtem) , en français Nicolas, historien arabe, né en 1763, à Da'ircl-Kamar (Syrie), où il est mort, en 1828. Sa famille était originaire de Constantinople et de la religion grecque. Mis par son père au service de l'émir Beschir, chef des Druses, qui l'envoya en 1800 en Egypte, il s'établit à Damictte, et y séjourna pendant trois ans pour observer les événements. Outre une Ode composée en arabe en l'honneur de Bonaparte et traduite par J.-J. Marcel dans VJItstoire de l'expédition d'Égyple (1839, in-8°), on a de lui : une relation historique de l'occupation française, traduite par M. Cardin à la suite du Journal dWbdurrahman Gabarti (Paris, 1838, in 8°) ; et par M. Desgranges aîné sous ce titre : Histoire de V expédition des Français en Egypte (avec le texte arabe); Paris, 1840,in 8°. Voici le jugement qu'a porté sur ce travail le savant orientaliste : « Nakoula el Turk , à qui la langue française était inconnue, n'a pu consulter aucun document officiel et nous transmettre avec une exactitude rigoureuse les faits dont il n'a pas été le témoin. Il ne faut pas non plus s'attendre a trouver chez lui la critique qui accompagne ordinairement dans nos annales le récit des faits historiques... On pourra toutefois remarquer quelques réflexions judicieuses, de la chaleur dans le récit des comhals et des portraits tracés avec art. » K.

De»uranjres alotf, dans {'Avertissement qui precede m traduction.

nakwasra (Anne), romancière polonaise, née en 1779, morte en 1851, à Varsovie. Elle épousa le sénateur Nakwaski , et écrivit en polonais plusieurs romans, qui ont eu beaucoup

143 NAKWASK.4

de succès, entre autres : Malvinr, 1816; trad. en français par l'auteur; Paris, 1H21 ; — Trois nouvelles; Varsovie, 1821; — Ani»la; — La Jeunesse de Kopernik, trait, en fiançai* et en allemand ; — Le Spectre noir ; — Tableaux de la société de Varsovie ; — Othon et lierlhe ; — - Récits d'un vieux menuisier; — Souvenirs d'un voyage fait en 1844; etc. O.

Plcrcf, Erçânzunçfn.

SALM ( IS'aldo), philologue italien, né à Florence, vers 1420, mort dans la môme ville, vers 1470. Sa vie serait inconnue si elle n'avait laissé quelques traces dans les écrits de Marsilc Ficin et d'Ange Politien. Ces illustres rénovateurs des lettres anciennes parlent de Naldi avec élo^e et amitié. Il fut au nombre des érudits protégés par Laurent de Médicis. On a de lui : une Vte de Giannozzo Manetti, publiée par Burmann : Thésaurus antiquitatum itaticarum, I. IX, et par Muratori : scriptores rcrum italicarum, t. XX, 529-608 ; — des vers latins élégants, dans les Carminaillustrium poetarum italorum,\. Vl; — un poème en quatre chants sur la bibliothèque de Mathias Corvin à Bude, inséré dans les Meletemata Thorunensia de Jacnick, et dans la Kotit. Hungarix noix geograph. historica, t. III. Z.

DiUonario tstorico, cM. de Batsano. — Bandinl, Catalogus codicum laUn. DM. Laurent., vol. 11 , p. tu.

KALDI (Antonio), théologien italien , né à Faenza, mort en 1646, à Borne. Il était de famille noble et avait embrassé la vie religieuse chez les Théatins; il se distingua par son savoir et par sa piété. On a de lui : Quxstiones practicx in foro interiori usu fréquentes ; Bologne, 1610, 162'i, 16i6, in-4* ; — Résolut iones practicx ca.uium conscient ix, in quibus prxcipue de justifia cou trac lu s livelli vulgo nuncupati, et de cambiis agitur; Brescia, 1621, in-4* ; — Adnolaliones ad varia juris ponli/icii loca ; Rome, 1622, in- fol. ; Lyon, 1671, in-fol.; et dans le Corpus juris canonici ( Lyon, 1661, 2 tom. in-4°) ; — Summa theologix moralis ; Brescia, 1623; Bologne, . 1625. P.

Mittarcja, Ut Ulteratura Fao lUina, p. lit.*

xaldi ( Matteo), en latin ftaldius , savant médecin, né à Sienne, mort en 1682, â Rome, dans un âge avancé. Il se rendit célèbre par toute l'Italie non-seulement par ses talents comme praticien, mais par la connaissance approfondie qu'il avait des langues grecque, latine, chaldécnnr, hébraïque et arabe. Il professait à Pisc lorsqu'il devint premier médecin du pape Alexandre VII ; 1056) ; ces fonctions ncrempêchèrent pas d'enseigner son art à Rome et d'y encourager l'étude des belles lettres On a de lui : Sapientis Vitale filum, quod philosophiez ac medicx facultatis amba<jrs publiée mgressurus, heroicis numeris stbï conglomérat^ ; Sienne, 1623, in-4°; le goût que dans sa jeunesse il avait eu pour la poésie lui lit écrire cet ouvrage en ver* latins; — Pamphilta, seu

. — NALDINI 144

| mundi universi amlcilia; Sienne, 1647, in-4°; , — Regole per la cura del con (agio ; Rome, ! 1656, in-4°; — Adnotationes in aphorismos ! Hippocratis; Rome, 1607, in-4" ; — Rei medicx prodromi, prxcipuorvm physiologix problematum tract.; Rome, 1682, in-fol. P.

G. Mannl, Derji Archlatrl poniiflcl, I.

naldini ( Rattisla), peintre de l'école florentine, né à Florence, en 1537, vivait encore en 1590. Après avoir appris le dessin sous le Pontormo, il passa à l'école d'Angiolo Bronzino, et alla ensuite étudier à Rome quelque temps. De retour à Florence, il fut employé pendant plusieurs années aux travaux du Palais-Vieux par Vasari, qui sut mettre à profit sa merveilleuse facilité d'exécution. Ses nombreux ouvrages, tant à l'huile qu'à fresque, sont justement estimés pour le coloris, la pureté du dessin, l'énergie de la touche, l'entente de la perspective et de lacomi position. Sa prédilection marquée pour les étoffes changeantes est un des caractères qui le font de prime-abord reconnaître. Ses principales fresques sont : à Rome, dans l'église Saint-Marcel, Le Christ portant la Croix et Le Christ au tombeau; à Florence, au palais Borghèse, La Pitié; à Saint-Marc, la Résurrection de Lazare et la Vision d'Ézéchtet; à Santat'roce, plusieurs peintures accompagnant le tombeau de Michel-Ange. Parmi ses tableaux nous signalerons : à Rome, à la Trinilé-du-Mont, ', plusieurs sujets tirés de la vie de saint Jean- Baptiste et de saint Jean évangéliste; à Saint-Marcel , des sujets de la Passion ; aux Quatre- Saints-Couronnés, une Xativitc; et à Saiut-Jean-des- Florentins, la Prédication de saint Jean dans le désert; — à Florence, à Sauta-Crocc, Saint François recevant les stigmates ; à la Badia, la Descente du Saint-Esprit et Le Christ portant la Croix; à Saint- Marc, la Vocation desaint Mathieu ; à Saiute- Marie-Nouvelle, la Déposition de la Croix, La Purification et La Nativité; à Saint-Nicolas, la Présentation de la Vierge au temple ; au palais Corsini, Cléopdtre, Le Crucifiement et les i têtes du Dante et de Pétrarque; à la galerie | publique Les deux Portes des songes ; — à Bologne, La Madone entourée de saints; — à Pistoja , le Martyre de sainte Catherine ; — à Volterre, dans la cathédrale, la Présentation de la Vierge au temple, sans doute dernier ouvrage de Naldini , ayant été peint en 1590; et à Saint-François, La Conception ; — enfin, au Musée de Dresde, LÈpiphunie et VA- • doration des bergers. « La manière d'enseigner de Naldini, dit Lanzi, fut celle de la plupart de* maîtres de cette époque, c'est-à-dire de faire dessiner dans l'école d'après les modèles en plâtre de Michel-Ange et de donner leurs propres peintures à copier lorsqu'elles étaient ache- | vées; car lorsqu'ils travaillaient, ils étaient I comme les abeilles, qui ne peuvent souffrir d'être 1 vues et sont toujours prêtes à piquer ceux qui les

145 NALDIM -

observent. » C'est ce qui fait que les élèves de Naldini pèchent par la roideur et qu'il en est peu qui aient atteint cette fraîcheur de coloris et cette hardiesse de pinceau qui le distinguent. Les plus connus sont Domenico Cresti, dit le Passignano, Cosimo Gamberucci , Francesco Currado, Yalerio Marucclli, et Cosimo Daddi.

Va «art, rite.- Orlandl, Jbbeccdarlo. - Unzl, Storia piltorica. — Ticoxii, Vizionurto. — BalUtnuccI, JVotiiu. — Platolesi, Homa. — tantozzl, Cuida dl Pirenze.

saldixi (Paolo), sculpteur de l'école romaine, né à Rome, (tarissait au milieu du dixseptième siècle. Élève d'Andréa Sacchî et de Carlo Maratta, il peignit dans sa jeunesse quelques tableaux ; mais il abandonna le pinceau pour s'adonner exclusivement à la sculpture. Bien qu'il ne fût pas élève du Bernin, il fut chargé par lui de l'exécution de deux des anges du pont Saint- Ange, celui qui porte la couronne d'épines, et celui qui tient la tunique du Christ et les dés, et ces figures semblent appartenir à la même école que les autres. Parmi ses autres ouvrages à Rome, on remarque le buste à'Anmbal Carrache, qu'il exécuta pour le Capitale aux frais du Maratta; et deux enfants décorant l'oratoire deSanto-Ycnanzio. Naldini fut en Itiât admis à l'académie de Saint- Luc £. B— n.

Mhsirlni, Storia detr Jccademia di S -Luea. - rascoll, rue de' pittori. scultori edarchtUtti tnoderni. - Clcopura. Storia delta scultura.

X A lèche (Jacques -Gilbert Bandy de), général français, néà Fellclin ( Marche), le 3 avril 1756, mort dans la même ville, le 20 avril 1820. Fils d'un député du tiers état aux états-généraux de 1789, il fut successivement capitaiue de grenadiers (22 septembre 1791), chef d'escadron (lOoctobre suivant), colonel du 20* régiment de chasseurs à cheval après s'être distingué au siège de Thionville (septembre 1792) et géncial de brigade (2 février 1793). Use trouva à la bataille de Fleuras, et prit part à la prise de Cob!entz et au siège de la forteresse d'Ehrenbrcilstein. De nombreuses blessures le forcèrent de rentrer en France en 1790 et d'accepter les fonctions d'inspecteur de la 13" légion de gendarmerie. Mis à la réforme après avoir donné un vote négatif pour te consulat à vie, le général de Na- Jèdtc ne reprit du service que le 8 août 1809, étant ainsi resté six ans en disgrâce. Le 10 février 1810, il fut nommé gouverneur de Bréda, puis commandant supérieur de toutes les lies de la Zélande, qu'il reçut en 1814 l'ordre de céder aux troupes hollandaises. Le département de la Creuse le nomma député à la chambre des Cent Jours, en 1815; mais peu après il rentra délia iti veinent dans ses foyers.

* Soo petit-fils (Louis Banuv de), littérateur, néà Aubusson (Creuse), le 23 juillet 1828, avocat au conseil d'État et à la cour de cassation le 20 février 1859, a publié : La Moldo-Valachie ; Paris, 1856,in-8°; — Poésies complètes du chancelier Michel de ï Mospital, première

- NALIAN 146

traduction annotée et précédée d'un nouvel Essai sur l'Esprit de VHospital ; Paris, 1867, in- 8"; — Les Maçons de la Creuse; Paris, 1859, in-8°. H. F— t.

Iltnseignemtntt particvliert.

xalian (Jacques), patriarche arménien do Constant inoplc, né vers 1695, à Zimara, village de la petite Arménie, près de l'Euphrate, mort à Constantinople, le 18 juillet 1764. Voué de bonne heure à la carrière ecclésiastique, il étudia avec un succès extraordinaire sous la direction de Jean IX, surnommé Golod, patriarche arménien de Constantinople, et ne tarda pas à obtenir le grade de vartabied (l). L'évéché d'Ancyre en Galatie lui fut confié en 1735, et sa conduite lui mérita l'honneur de succéder, en 1741, à son maître sur le siège patriarcal. Comme la plupart de ses prédécesseurs, il devint dans les premières années la victime des haines et des jalousies particulières qui divisaient les Arméniens de Constantinople. Un vartabied «le Silistric, appelé Brokhoon. acheta, en 1749, du grand vizir la place de patriarche. Le plus grand nombre des Arméniens refusa de reconnaître cet intrus, que le gouvernement turc fut oblige d'exiler; mais, pour se donner l'air de ne point céder à la force , il ordonna l'élection d'un nouveau patriarche. Minas, abbé de Sainl-Garabied, dans la grande Arménie, obtint la majorité, et fut élu. Nalian reçut en même temps un ordre d'exil, et dut se retirer à Brousse. Presque aussitôt après son arrivée en cette ville, les Arméniens de Jérusalem le choisirent pour succéder au patriarche Grégoire III, qui venait de mourir; mais Georges Ghaphantsi, qui avait remplacé Minas à Constantinople, lui céda ce dernier siège en 1752. Nalian, à la grande joie des Arméniens, revint en cette ville, et gouverna dès lors son église avec tant de sagesse qu'il y maintint la tranquillité. Ses connaissances et sa modestie lui assurèrent l'estime des sultans Olhinan III et Mustapha III. Mohammed Baghib-Pacha , qui fut grand vizir de ces deux souverains, avait une grande affection pour ce prélat, qui jouissait d'une haute considération auprès des principaux membres du divan , des ambassadeurs des puissances chrétiennes et môme du pape Clément XIII, avec lequel il était entré en correspondante. En avril 1764, Nalian abdiqua de son plein gré le patriarcal, et envoya par l'intermédiaire du grand vizir sa démission au sultan. Mustapha, qui savait combien de pareils changements suscitaient d'intrigues au sein du clergé arménien , ne voulut accepter cette démission qu'après avoir envoyé des gens affidés à Nalian et aux administrateurs des églises arméniennes , et s'être bien assnrésde l'intention de l'un et des dispositions sincères des autres. Convaincu de la vérité, ce prince agréa pour patriarche Gréci) C*c*t un grade ecclésiastique qnl donne a celui à qui il est confcrii le droit de porter dans l'église une surle de crotte, un peu différente de celle de l'evéque.

147 NALIAN

goire IV, que lui présenta Nalian. qui mourut deux mois après. Egalement versé dans la connaissance îles lettres grecques et latines parlant la plupart fies langues orientales , Nalian tut l'un des auteurs qui surent le mieux accorder les maximes des livres saints arec la philosophie païenne, et en tirer toujours des principes de morale universelle. Il laissa vingt-huit ouvrages; mais tous n'ont pas été imprimés. Les principaux sont : Kandsaran ou le Trésor ; Constantinople, 1758, in-4°. Ce livre lui a assigné un rang distingué parmi les littérateurs de sa nation ; il y passe en revue ce que la morale a de plus instructif, la physique de plus curieux, l'histoire et la géographie de son pays de plus intéressant; — V Arme spirituelle , ouvrage mêlé de vers et de prose turque et arménienne. Il y combat les vices et les erreurs des infidèles et des impies; — Le Fondement de la foi ; Constantinople, in*4" ; — Commentaire sur un recueil de prières intitulé : Le Livre de Narec, regardé comme un chef-d'œuvre d'éloquence et composé par Grégoire de Naregatzy, au dixième siècle; — La Doctrine chrétienne, k l'usage des Arméniens; Constantinople, 1757, in-12; — Des septs Sacrements de F Église, resté manuscrit; — Recueil d'un grand nombre de lettres familières et instructives ; — un Recueil de chansons et d'anecdotes , écrites en turc et en arménien; — différents Livres de prières. Nalian faisait beaucoup d'aumônes; il créa un fonds du produit de tous ses ouvrages et en légua la rente anx malades et aux indigents de son patriarcat. H. Fisqoet.

GIot. de Serpo», Compendlo storito dt me marie eronoloç. coneernenti la reliçione « la morale délia nazione armena,suddita detV imperio ottomano; Ycuctla, 1786, 9 vol. ln-8«.

nalsox ( John ), historien anglais, né vers 1G38, mort le 24 mars 108?, à Ely. Il fut docteur de l'université de Cambridge et recteur d'une paroisse de l'Ile d'Ely. Il a publié : The Countermine; Londres, 1677, in-8° : contre les principes politiques des presbytériens ; — The common interest of king and people, shexoing the original antiquity and excellence of monarchy ; Londres, 1678, in-8"; — — An impartial collectwn of tne great affairs of State from 1639 to the murder of king Charles I; Londres, 1682-1683, 2 vol. in-fol., recueil précieux pour l'abondance des renseignements, et qui, qooi qu'en dise le titre, s'arrête au mois de janvier 1642. Maison l'entreprit pour combattre Ruslworth ( voy. ce nom), qui avait écrit en faveur du parlement et de Cromwell; aussi déclare-t-U dans l'introduction « que cet auteur a déguisé la vérité, essayant de défendre les calomnies inventées dans les derniers temps aussi bien que les actions barbares qui y furent commises; son but évident était de décrier la conduite de la cour et d'exalter la cause du parlement ». On lui doit encore : A true copy of the journal of the high court of

Page 1