‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 40 sur 206 · NAMUR · texte numérisé non relu

NAMUR

blissemeni ; Luxembourg, 1855, in-8°; — Notice sur la famille de Harbonnier et la seigneurie de Cobreville; Anvers, 1852, in-8°; — Notice sur le frère Abraham de Vabàaye d'Orval, et les tableaux qui lui sont attribues ; 2' édit., Luxembourg, 1860, in-12. Secrétaire et membre fondateur de la Société pour la Recherche et la Conservation des monuments historiques dans le grand -duché de Luxembourg, M. Namur a donné de nombreux travaux de numismatique et d'archéologie aux publications de cette société, et en outre au Bulletin du bibliophile belge, à la Revue numismatique de Belgique, aux Annales de f Académie d'archéologie de Belgique, et aux Bulletins de l'Acad. royale de Belgique. E. IL Documents particuliers.

: *a*a 8abib, ou le Petit Seigneur, chef des rebelles dans l'Inde anglaise , dont le véritable nom est Dhondoopunt Nanajee ,ûè vers 1820, dans le district de Poonah. Fils de Ramchuodur-Punt, subadar (capitaine) au service de Bajee-Rao, dernier peshwah ( vice-roi ) de Poonab, il grandit dans la maison de ce prince, mort en 1852, sans enfants. Ce dernier, qui depuis longtemps s'était déclaré son protecteur, lavait-il adopté? C'est ce qui n'a jamais été prouvé. On sait seulement que, grâce au peshwah. il avait reçu une éducation relativement soignée , et avait même appris assez d'anglais non-seulement pour causer avec les employés de la Compagnie des Indes, mais pour lire au besoin leurs lettres et y répondre en bons termes. D'après les prescriptions de la loi hindoue , la mort du peshwah laissait sa veuve en possession de tous les bieus de la communauté. Nana-Sahib demeura auprès d'elle dans la situation subordonnée et légèrement équivoque d'un enfant étranger, traité comme membre de la famille, mais sans titre légal, sans droits reconnus. Son ambition ne pouvait se contenter de si peu. H fabriqua un testament qui lui attribuait toutes ■es richesses mobilières de son patron défunt. La veuve du peshwah contesta la validité do ce document J des juges, peut-être corrompus, lui donnèrent tort ; eile s'enfuit alors à Benarès , décidée à déférer au gouvernement anglais la sentence qui la dépouillait. Nana-Sahib la suivit, la circonvint , et par mille artifices fit appel aux sentiments presque maternels qu'elle" lui avait autrefois témoignés, et parvint , diplomate déjà consommé, a lui persuader de rentrer à Bithoor, lieu de sa résidence ordinaire. Die y resta depuis, déchue de ses droits par l'abandon tacite qu'elle en faisait ainsi. Nana-Sahib ne s'en tint pas à ce coup de maître. Riche désormais, il voulut être puissant et réclama non plus seulement les trésors de l'ancien peshwah, mais son titre et son rang, presque royal, qu'il revendiquait cette fois non plus en qualité de légataire, mais comme enfant adoptif. Le gouvernement anglais n'eut point à

1 vérifier si l'adoption était réelte et si toutes les formes légales qu'elle exigeait avaient été rem- ' plies. Lord Dalhousie, gouverneur général des ! Indes orientales, venait d'établir en principe que 1 l'adoption en matière pareille ne conférait plus \ de droits héréditaires. Cette fin de non recevoir mit à néant les prétentions de Nana-Sahib , qui ' avait déjà fait partir pour l'Angleterre un agent appelé Azimoollah-Khan , chargé d'y plaider sa cause. Ce fut par lui qu'il apprit que les autorités anglaises étaient irrévocablement décidées à lui refuser ce qu'il regardait comme son droit | légitime. Delà naquirent sa rancune et sa haine.

A la nouvelle de l'insurrection de Mcerut j (14 mai 1857), il entra en négociations suivies I avec le collecteur du revenu , M. Hillersdon , et lui proposa son aide pour lé cas ou les cipayes viendraient à se soulever. En vertu de plans concertés enlre eux, le prétendu rajah de Bi- : thoor devait organiser un corps de quinze cents nujeebs ou volontaires, à l'aide desquels, aux premiers symptômes de révolte, on espérait ménager aux cipayes une surprise sanglante* En attendant, il avait offert de placer autour de de la trésorerie deux cents Mahrattes, pris dans ses gardes du corps ordinaires, et de défendre les caisses publiques envers et contre tous. Peutêtre se fût on méfié d'une offre qui avait bien son coté suspect; mais les cipayes avaient déjà manifesté la plus vive indignation quand ils avaient pu supposer qu'on voulait leur retirer la garde du trésor. D'ailleurs, on savait que l'opulent rajah n'avait pas placé moins de 500,000 livres sterling (12,500,000 francs) dans les fonds publics anglo-indiens ; seulement on ignorait que peu à peu et par d'insensibles retraits, il avait réduit à des proportions relativement insignifiantes cette créance, qui en quelque sorte : cautionnait son dévouement. On accepta donc ! imprudemment son offre. Logé à coté du col- . lecteur, qu'il appelait son ami, Nana-Sahib,

• avec ses deux cents Mahrattes, ne perdait point ' de vue le trésor où se trouvaient plus de quatre

• millions en argent, et pouvait tout à son aise ! communiquer avec les cipayes. Le général sir j Hugh Wheeler avait cependant pleine confiance

en lui.

La révolte éclata dans la nuit du 5 au 6 juin, et Ie3 insurgés du 2e régiment de cavalerie des cipayes, de concert avec les Mahrattes de Nana- Sahib, firent aussitôt main-basse sur l'or et l'argent des caisses publiques. Chargés de butin, ils prenaient, dès le 5 au soir, la route de Delhi. Leur première halte fut Kollumpore, où Nana- Sahib vint les rejoindre. On n'a jamais su au juste quelle part ses Mahrattes lui avaient faite dans le partage du trésor; mais il est à supposer qu'elle fut considérable. On n'a jamais su non plus de quel 3 arguments il se servit pour décider les cipayes à le reconnaître pour chef; ce qui est certain, c'est que son éloquence, stimulée par ses projets d'ambition , car il ne rêvait paa

moins que de devenir, comme son père adoptif, peshwah ou vice-roi du riche district de Poonah, cliangea les projets des cipayes, qui, le 6 juin au nvttin, revinrent sur Cawnpore. Nana-Sahib marchait cette fois à leur tête, et dès le lendemain il écrivait au général Wheelcr une lettre où, jetant enfin le masque, il le défiait et lui annonçait une attaque très-prochaine. Presque aussitôt il ouvrit le feu contre une misérable enceinte fortifiée dans laquelle s'étaient réfugiés les Anglais, qui étaient loin d'être en force et comptaient parmi eux un assez grand nombre de malades. Chaque jour leur position devint plus intolérable; jusqu'au 14 juin ils avaient espéré quelques secours, soit de Lucknow, soitd'Allahabad , mais ce ne fut que le 30 du même mois qu'une colonne d'avant garde, partie de cette dernière ville sous les ordres du major Renaud, put se mettre en route pour tenter la délivrancede sir H. Wheeler.... Il était trop tard.

Six jours auparavant, le 24 juin, Nana-Sahib, par une lettre qu* il adressa au général par l'intermédiaire de l'une de ses prisonnières, mis» tress Greenway, femme d'un négociant de Cawnpore, offrait une capitulation à sir H. NVhceler. Les termes en étaient simples; les voici textuellement : « Tous les soldats ou autres individus qui n'ont point été mêlés aux œuvres de lord Dalhousie, et qui mettront bas les armes pour se rendre, seront épargnés et envoyés à Allahabad. » Les officiers anglais composant le conseil de défense appelés à délibérer sur ces préliminaires eussent rejeté avec mépris les propositions du chef des rebelles , si, au lieu de le juger par ses rap|>orts antérieurs avec eux et de le croire secrètement acquis à leur cause , ils avaient su que le 10 juin Nana-Sahib avait fait tuer sous ses yeux, l'un après l'autre , une infortunée dame qui arrivait en poste à Cawnpore et ses quatre jeunes enfants; que le 11 il avait accepté à titre de nuzzur, ou don royal , la tête d'une autre Anglaise, massacrée par ses cipayes; que le 14 il avait fait sabrer ou fusiller en masse les fugitifs de Futteghur, au nombre de cent vingt-sept, tant hommes que femmes et enfants. Le capitaine Moorc du 32" régiment d'infanterie fut chargé de s'aboucher avec Azimoollah, délégué de Nana-Sahib, et de conclure la capitulation, que ce dernier ratifia par un serment solennel dans la journée du 25 juin. Le lendemain, trente barques dûment équipées étaieut prêtes à recevoir les Anglais. L'armée entière de Nana-Sahib était sous les armes. A peine les Anglais eurentils pris place dans les embarcations, dont quelques-unes avaientdejà gagné le milieu du Gange, qu'à un signal de Nana-Sahib deux pièces de canon, jusqu'alors masquées par un bouquet d'arbres, arrivèrent au grand trot. Les cabines des barques recouvertes en chaume flambèrent en même temps, et les bateliers hindous, qui venaient d'y mettre le feu, sautèrent sur le rivage. La fusillade éclata de toutes parts. Des malheureux

' Kuropéens, ainsi attaqués à f improviste , If s uns tombaient sous les balles, les autres cherchaient la mort dans les flots, et d'autres encore, revenant sur le bord, se rendaient et demandaient merci, que les cipayes ne leur accordaient pas. Sur les trente barques , deux cependant étaient parve- ; nues au milieu du Qeuve; l'une d'elles fut bien- , t6t coulée bas par des boulets , et une partie des i personnes qui la montaient put passer à bord de celle qui voguait en avant, et cent trois individus s'y trouvèrent entassés. Bientôt enfin , et malgré le courage de quatorze soldats qui se dévouèrent généreusement pour essayer d'écarter l'ennemi, cette barque tomba au pouvoir des cipayes. Soixante hommes , vingt-cinq femmes et quatre enfants composaient sa cargaison. Nana-Sahib donna l'ordre de fusiller les hommes, et quand ce massacre fut fini , on conduisit les femmes et les enfants dans une maison . où se trouvaient déjà cent cinquante-cinq autres femmes tombées, à différentes reprises, entre les mains de Nana-Sahib. Cependant le général Henry Hâvelock, parti le 7 juillet d'Allahabad , parvint le

15 à Pandoo-Nuddee , où l'attendaient les meilleures troupes que ce dernier pût mener à sa rencontre. La victoire resta aux Anglais ; mais après sa défaite, forcé d'évacuer Cawnpore, le

16 au soir, Nana-Sahib donna l'ordre précis d'immoler toutes les prisonnières ; puis, chassé par Havelock de la route d'Allahabad , il fil sauter le magasin militaire situé au bord du Gange, et reprit la route de Bithoor.

Après cette horrible boucherie de Cawnpore, | Nana-Sahib ne pouvait plus être traité que comme une bête fauve, un tigre altéré de sang. Malgré le choléra qui décimait ses troupes, Havelock marcha sur Lucknow , où les rebelles | s'étaient fortifiés, et s'empara de cette ville, qu'il saccagea. Harcelé sans cesse par Nana-Sahib, il lui livra deux batailles dans lesquelles il fut victorieux. Toutefois Lucknow pris, l'Oude n'était point rentré sous le joug. Havelock, que la mort frappa en novembre 1857, fut remplacé par sir Colin Campbell, qui, le 5 mai 1858, battit les rebelles à Barcily. Il y eut auparavant bien des mécomptes, défausses manœuvres, des avorteraents stratégiques , car l'ennemi était partout et ne se montrait nulle part. Tantôt Nana-Sahib offrait la bataille et disparaissait au moment où l'on croyait en venir aux mains avec lui, tantôt la forteresse où l'on peusait l'avoir cerné se trouvait évacuée de nuit par cet insaisissable fuyard et par ses cipayes. Cependant, au prix de marches forcées on repoussa peu à peu les rebelles vers le nord, et les postes de police établis derrière l'armée anglaise dans chacun des districts qu'elle balayait, replacèrent le pays sous l'autorité britannique. Enfin après un dernier combat (30 décembre 1858) le dernier corps qui restait en deçà de la Raptie fut rejeté | derrière ce cours d eau , et se trouva ainsi sur j le territoire du Népaul. C'était la frontière an-

glaise. Sir Colin Campbell , devenu lord Clyde, ne se croyant pas autorisé à pénétrer au delà *ans consulter le gouvernement général, reprit la roule de Lucknow, le 18 janvier 1859, après avoir reçu à merci plusieurs chefs rebelles, mai* <an« s'être saisi de Nana Sahih, dont il avait presque constamment suivi la trace dans les dernier* jours de son expédition.

En décembre 1860, les journaux de Calcutta discutaient au sujet de la mort de ce chef. Le Calcutta Enqlishman soutenait que NanaSahib avait succombé en aoflt 1858, A la fièvre jaune; mats que son frère, qui son ait sous ses ordres, était encore vivant. Le Friendof Indiu, au contraire, annonçait que « le monstre est toujours vivant, et qu'il a été vu an mois de mai dernier par on oflicier de l'armée anglaise *. Des marchands indigènes et banyans assurent qu'il est au Népaul. Quoi qu'il en soil , Cawnpore et Bithoor sont deux noms irrévocablement liés désormais à celui de Nana-Sahib. Ils sonneront toujours à l'oreille comme on glas et saisiront l'imagination par les souvenirs sanglants qu'ils évoquent. Ils I rappelleront toujours la trahison la plus infâme, ie crime le plus monstrueux que les annales humaines aient jamais signalé à l'horreur des siècles. Excuserons-nous maintenant les représailles terribles exercées parles Anglais? La nécessité politique, l'entraînement irrésistible des cames et des effets, s'ils justifient plus ou moins telle ou telle marche adoptée en telles ou telles circonstances, ne garantissent ni les catastrophes qu'elle amène ni les échecs qui peuvent s'ensuivre. Nous ne discuterons pas sur les mérites et sur les démérites du gouvernement anglais; mais nous n'hésiterons pas à dire que si la révolte des cipayes a été une des conséquences naturelles d'un système d'extension et d'envahissement qui peut être expliqué, motivé , légitimé même , si l'on veut , elle n'en est pas moins un avertissement à la fois et un châtiment qui , dans l'ordre immense des desseins providentiels , sont tout aussi explicables et tout aussi légitimes. H. Fisquet.

F. D. Forgaes, La Révolte det Cipayet, 1861, ln-is. — Macleod Inné*, Sough narrative of the siège of Lucknow , CalcalU, 18J7, ln-8*. — Annuaire det Deux ytonJei>;\W el IMS. - Le Times et le Morning-Post, jdoot tM7 et IMS. — F. de Unojre. - L'tnde contemporaine.

saxcel (Nicolas de), en latin Nancelius, érudit français, né en 1539, à Nancel, village situé entre Noyon et Soissons, mort en 1610, à Fontcvrault. On ignore quel nom portèrent ses parents, qui étaient d'humble condition, et il prit celui de son village natal. Envoyé en 1548 à Paris, il entra comme boursier au collège de Preste et y gagna l'affection de Pierre Ramus, qui en était principal ; ce fut par l'intermédiaire de ce dernier qu'après avoir servi de précepteur à ses condisciples, il obtint, à l'Age de dix-huit ans, une chaire publique des langues grecque et latine. Au bout de quelques années, il s'appli-

Page 1