NANCEL
qua à l'élude de la médecine, pourjaquelle il avait toujours eu de l'attrait; mais,' obligé de l'interrompre à cause des troubles religieux, il passa en Flandre (1562), et accepta une chaire d'humanités dans l'université de Douai , que le roi d'Espagne venait d'établir. En 1565 il céda aux vœux de ses amis et vint reprendre sa place au collège de Presle. Reçu docteur A Paris , il alla se fixer à Soissons ; son séjour y fut de peu de durée : « L'air y est si sain, dit-il lui-même, et les habitants y sont en si petit nombre qu'un médecin ne peut trouver de quoi s'occuper utilement. » Use rendait à Angers (1569) auprès de son ami Mazile, premier médecin du roi, lorsqu'en passant à Tours on lui adressa de si vives instances de s'arrêter dans cette ville qu'il y consentit. Il épousa une jeune veuve, qui lui apporta 2,000 écus de dot, et en 1587 il fut attaché comme médecin à la princesse Éléonore de Bourbon , abbesse de Fontevrault. Nancel a composé un très-grand nombre d'ouvrages; il en aurait inondé le public, selon Niceron, si les libraires avaient été aussi ardents A les imprimer qu'il l'était à les publier; mais il se plaint en mille endroits de leur froideur pour ses productions et les accuse de mauvais goût parce qu'à ce sujet ils n'étaient pas de son avis. Nous citerons de lui : Slichologïa grxca latinaque in/or manda et reformanda; Paris, 1579, in-8°; il voulait assujettir la poésie française aux règles de la poésie grecque et latine aûn de la rendre plus difficile et moins commune ; —Discours très-ample de la peste en 111 livres; Paris, 1581, in-8»; avec une liste des ouvrages qu'il avait écrits, mais dont peu ont vu le jour ; — Le Miroir des rois el des princes, trad. du grec d'Agapetus; Tours, 1582, in- 12; cette traduction, qui lui coûta, à ce qu'il prétend, trois jours de travail, fut faite pour le roi de Portugal, dom Antoine, qui était alors à Tours; — De imtnortalitate animx, an sedes animx in corde , an in cerebro problema ; De risu libellas ,- De légitima par lus tempore 7,8,9, 10,11 mensium; Paris, 1587, in-8e; — De Mirabili nativilate J.'C. ex B. Maria aipartheno et theoloco; Angers, 1593, in-8w ;— Declamationum liber, cum Pétri Rami vita; Paris, 1600, in-8°; la Vie de Ramus avait paru en 1599 séparément; elle renferme des faits curieux et doit être regardée comme la plus utile de ses productions ; — Epislolarum de pluribus reliquarttm tomusprior; Paris, 1G03, in-B»; ce recueil est suivi des préfaces qu'il destinait a accompagner une édition grecque du Psautier et du Nouveau Testament; — Analogia microcosmi ad macrocosmum, id est Relatio et propositio universi ad hominem ; Paris, 1611, in- fol., publiée par son fils. P. L.
Scetole de S»lnle-M»rthe, Elogia. Ub. S. - Niceron, Mémoires, XXXIX. — Éloy. DM. hiit. de ta médecine.
MARCEL ( Pierre oe), littérateur français, fils du précédent, né en 1570, à Tours, mort
lfi& MANCEL
ver? 1641. Il étudia la jurisprudence et exerçait en 1610 les fonctions de substitut près le parlement de Paris. Ayant eu l'occasion de rendre service à la république de Venise , il reçut du doge Mcmmo une chaîne d'or en présent. Il est auteur d'un recueil devenu extrêmement rare, Le Théâtre sacré (Paris, 1606, iu-12), et qui contient des tragédies en cinq actes , Dina ou le Ravisseur, Josué ou le sac de Jéricho, et Débora ou la délivrance, composées expressément pour être représentées dans l'amphithéâtre romain de Doué, en Anjou, où jadis on jouait des mystères et des moralités. On rencontre quelques beaux vers clans ces pièces au milieu de bien des trivialités ; elles se ressentent du reste de la précipitation avec laquelle elles furent écrites, s'il est vrai que l'auteur n'a pas consacré, comme il s'en vante, « plus de dix* sept jours à la plus longue et à la plus forte ». On doit encore à Nancel un poème. De là Souveraineté des roys (Paris, 1610), dédié à la reine Marie de Médicis. P. L.
Varfalt fre re«. f/itt. du Thétitrc-Françait, IV, 83-W. - P. Ucrntx, Catalogue de tu Bibl. dramat. de M. de Soleinne, I, t9t.
NAKEK {Nirankar), fondateur de la sec le des Sikhs, né en 14G6, au village de Talwandy ou Raijapour sur les bords du Beijat ( Lahore ), mort à Khartipour-Daijrah, sur le Râwi (ou Hydrastes ), en août 1539. Fils de Kalouverdi, de la caste des Kchatryas , il montra dès sa jeunesse un grand mépris des biens de la terre, et beaucoup de penchant au mysticisme. D'abord berger, puis préposé des grenierR d'abondance du gouvernement , il se mit à distribuer toutes les provisions commises à sa garde. Il fit ensuite des pèlerinages à tous les lieux saints de l'Inde, accompagné d'un seul serviteur. Il passa deux ans, en société de Dchayâni Kabir, dans la ville de Sivanobhhon. Ce fut la liaison avec ce fondateur d'une secte monothéiste qui fixa les idées de Nanek. Il fit enfin le pèlerinage de La Mecque et de Médine , aiu»i que celui des imans chiites, à Bagdad et à Mechd. De retour aux Indes, il rédigea un grand ouvrage VAdi- Granth, et se mit encore à voyager pour répandre ses idées monothéistes. Quelques-uns de ses contradicteurs le sommant de prouver sa mission par des miracle?, il déclara n'en avoir pas besoin , puisque sa principale défense était la pureté de sa doctrine. Dieu lui-même apparut à Nanek , lui dictant les principaux commandements de la loi nouvelle. Révérer un seul Dieu, aimer tous les hommes, et faire des ablutions fréquentes; voilà les trois principales règles qui sont communes aux Musulmans et aux Hindous; pour toutes les autres, Nanek se rapproche de pré férence des derniers. Après les dissensions apportées dans le monde par le péché, un sauveur apparut, qui fut le prophète Mahomet; mais après sa mort le mal empira , par suite des soixantedouze sectes, nées dans le sein de l'islam. Il faut de