‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 44 sur 206 · NANI · texte numérisé non relu

NANI

f 1713, pendant le siège de Fribourg, il emporta, l'épée a la main, la lunette' de la tête du chemin couvert et fut blessé en repoussant une sortie des Impériaux. Il devint successivement lieutenant général ( 8 mars 1718), directeur général de l'infanterie ( 1er mars 1721 ), chevalier d'honneur de la reine (1725) et chevalier des ordres du roi (1728). Lorsque la guerre se ralluma, on eut encore recours à ses services : il se comporta avec beaucoup de bravoure devant Philipsbourg (1734) et seconda les opérations du duc de Coiguy. Le bâton de maréchal de France lui fut donné le lt février 1741, un an avant sa ! mort. « Après avoir longtemps, ajoute Saint-Si- ! mon, fait une figure flatteuse et singulière par l'élévation de ses heureuses galanteries et par le grand vol des femmes, du courtisan et de i I l'officier », il acheva sa vie ■ sans considération ■ et comme dans la solitude au milieu de la cour, s'ennuyant et ennuyant les autres». H avait ( épousé en 1704 une riche héritière, nièce de , La Hoguelte, archevêque de Sens. P. L.

Pinanl, Chronol. milit., III, S09. - (inffrt, Journ. hitt. de Louis XII'- — Ai »cim«\ f.randt o/f. tir ta couronne. — De Quinry. Hiit. tntHt. de l/ttuii le Grand. — Saint- Simon, Mémoires, Ul. IV, vill rt XI (éillt Clicruel). — . Mortrl, t.rund Diet.htst. {i-dit. nst).

kakgis ( Guill. de ). Voy. Guillaume.

kaki ( Domenico Mirabelli ), érudit italien, vivait dans la seconde partie du quinzième siècle. Il enseignait les belles- lettres à Alha Porapeia, dans les environs de Turin. On lui doit un de ces ouvrages dont les éditions multipliées constatent le mérite et l'utilité; il a pour litre Polyanthea ( Savane, t503, in-i° ), et a contribué pendant le seizième siècle au développement «les études anciennes. p.

Rotcrraund, Suppléât, à Jôcher.

kaki ( Jean- Baptiste- Félix - Gaspard ), homme d'État et historien italien, né le 30 août , 1616, à Venise, mort le 5 novembre 1678. D'une j des plus anciennes familles de la république, il accompagna en 1638 son père, qui venait d'être nommé ambassadeur à Rome. De retour à Venise . en 1041, il fut nommé en cette année sage des ordres, et en 1CÎ4 sage de terre ferme; en cette même année il se rendit à la cour de France en qualité d'ambassadeur. Devenu en 1652 historiographe delà république, il renonça généreusement aux appointements de sa charge, à cause de l'état embarrassé des finances de son pays. Dans les années suivantes, il fut successivement élevé aux dignités de sage grand et de procurateur de Saint Marc, et fut envoyé aussi comme ambassadeur auprès «le l'empereur et en 1660 auprès du roi de France, qu'il contribua à remettre en paix avec l'Espagne. Il fut aussi nommé cinq fois réformateur de l'université de Padoue , et plus tard bibliothécaire de Saint-Marc. Enfin, dans la dernière année de sa vie, il lut chargé avec deux autres sénateurs de rédiger un code 1 de toutes les lois de la république. On a de i lui : Msloria délia republica veneta ; Venise,

15!» NAM - NANNI I

1662-1679, 2 vol. in-4*; souvent réimprimé; • et reproduite dans le t. VIII du Recueil des /mtoriens de Venise, publié eu 1720; le premier volume a été traduit en français par l'abbé Tallemant; Paris, 1679, 4 vol. in 12; le second par Masclary ; Amsterdam, 1702, 2 vol. in- 1 2 ; l'ouvrage de Nani commence à l'année 1613 et va jusqu'en 1671. « Nani, dit l'abbé Le Gendre, en ce qui touche de près ou de loin l'intérêt de la république, est plus Vénitien qu'historien. Dans le reste il rend volontiers justice, et dit des gens ce qu'il sait. Les portraits qu'il y fait sont d autant plus (idèles, qu'il avait étudié en ses différentes ambassades les princes et les ministres qu'il peint. Si son style était moins enflé, sa diction plus pure, et ses phrases moins embarrassées de gérondifs, de participes et de parenthèses, il n'est point parmi les modernes d'historien qui le surpassât »► ; — Relazione dello stalo dtlï Impet io délia Germania, dans le tome l'r des Leftcre memorabilidc Bulifon(Pozzuoli, 1693), où se trouve aussi sa Relazione del regno di Francia. , O.

P. C-Kh. Zeno. Vita di iïani (en tête de l'édlt. VHistoria Fenrta de Nani, publiée dans le Recueil det historiens de Feniu). — P. Aug. Zeno, Memoria degli tcrUtart Feneti Patritii. — Nlceron, Mem., t. XI. — Oct Ferrarlo, Opéra varia ( Wolfenbùitcl , nu, t. I,p. 670.)

nani ( Tommaso ), jurisconsulte italien, né en 1757, à Morbegno (Valteline), mort le 19 août I8l3,à Pavie. 11 fit ses études à Pavie et il n'avait pas encore quitté les bancs de l'école lorsqu'il écrivit, en 1781, la dissertation De Indiciis corumque usu in cognoscendis criminibus, laquelle lui fit donner par acclamation la collation des grades académiques. Appelé en 1794 à succéder à Cremani, son maître, dans la chaire de droit civil, il se montra favorable aux idées françaises , et prit place au conseil des anciens de la république Cisalpine. En 1802 il siégea dans la consulte de Lyon comme député du collège des savants. Le vice-roi d'Italie le nomma conseiller d'État et membre du conseil des prises maritimes. On a de Nani : De Indulgentia criminum et prœscriptione ; Corne , 1789, in-4°; — Princlpii di çiurisprudenza criminale; Milau, 1812, t. VT, in-8»; il est à regretter que la mort ait empêché Nani de publier la fuite de cet ouvrage estimé. 11 a édité avec des notes De Jure dotium apud Romanos ( Milan, 1788) d'Amorctti; De criminibus (Milan, 1803) d'Antoine Matthœi; Codicc pénale per la Toscana ; et Codice pénale del regno <Tltalia{k vol., in-8°). On lui doit encore la traduction de {'Analyse raisonnée du droit français (1801, 6 vol. in 8» ) de Gin, et quelques articles dans le recueil de l'Institut italien, dont il était membre. P.

E. de Tlpaldo, Blogr. degti ttaliani illuttri, I.

NANI NI (Gioranni-Maria) , compositeur italien, né vers 1540, à Vallcrano,mort le 1 1 mars 1007, à Rome. Il étudia le contrepoint dans l'école de Goudimel, et y eut pour condisciple Pa- !

I BACCIO BIGIO 160

lestrina. De 1571 à 1575, il remplit les fonctions de maître de chapelle à l'église de Sainte-Marie- Majeure, et en 1577 il entra au collège des chantres de la chapelle pontificale. Il dirigea une école de composition , qui fut la première de ce genre fondée à Rome par un Italien. Selon M. Fétis, ce maître doit être regardé comme un des plus savants hommes de l'école romaine, et ses productions méritent d'ôlre placées immédiatement après celles de Palestrlna. On chante encore quelques-uns de ses motets , entre autres aux matines de Noël un Hodie nobis cœlorum rex, qui est vraiment beau. Il a publié : Motetli (2 livres); Venise, 1578, in-4"; — Madrigall a cinque voci (4 livres); ibid., 1579-15*6, 4 vol. in-4°; — Canzonette a tre voci: ibid., 1587, in-4°. On connaît encore de lui beaucoup de morceaux disséminés dans plusieurs recueils; et en manuscrit, des canons, des litanies, des messes, des psaumes et un Traité de contrepoint.

Son frère putné , Giovanni-Bernard ino, fut aussi maître de chapelle a Rome; un dea premiers, il abandonna l'ancien style pour la nouvelle musique avec accompagnement d'orgue. On lui doit : Madrigali; Venise et Rome, 1598-1612,

3 part. in-4°;— Motlccta ;-Romc , I60S-1618,

4 part. in-4°; — Salmi; ibid., 1620, in-4°. P.

Balnl, Memorie délia rit-j di Palettrina, II, M. - K- Uï, Bioçr. vnw. det Muticieru,

nanxi di baxco, sculpteur italien, né à Florence, en 1383, mort après 1421. Issu d'une famille riche et distinguée, il s'adonna à la sculpture sous la direction de Donatcllo, qu'il récompensa assez mal de ses soins, si l'on en croit Baldinucci. Il exécuta, aux frais des corporations de métiers, plusieurs statues destinées à des niches extérieures de l'église d'Orsan-Michele. Son chef-d'œuvre est un fronton très-élevé qui surmonte une porte de la cathédrale de Florence faisant face à la via del Cocomero. Au centre est la Vierge enlevée au ciel par deux petits anges et un chérubin -, elle se détache sur une auréole dont la forme ovale ou en amande a fait donner au bas-relief le nom vulgaire de la Mandorla ( l'Amande ). L'auréole est soutenue par quatre anges. Aux côtés de la base du fronton, on voit à gauche saint Thomas prosterné, à droite un ours grimpant sur un chêne. Cicognara, qui a publié cette composition ( t. Il, pl. L.), la juge avec raison une des meilleures productions de la sculpture du quinzième siècle. Elle fut terminée en 1421. E B — k.

V.narl, l'ile. — Rahilnueci, iïotiite de" profestorl. — Cicognara. Storia delta Scultura. - Ticoiil, DUtonaria.— Fanloxzl, Cuida di Urenw.

NARKi di baccio bigio, sculpteur et architecte florentin , vivait dans les deux premier» tiers du seizième siècle. Il étudia la sculpture sous Raffarle de Montelupo, et produisit la statue du pape Clément Vil à la Minerve à Rome, et une bonne copie de La Piété de Michel- Ange, qu'il exécuta, dit-on, sous sa direction pour l'église dell' Anima. Après avoir étudié l'architecture,

161 NANNI DI BACCIO

sous Lorenzetlo, il Tut employé aux travaux de la basilique de Saint-Pierre par Antonio de San* Gailo. Ou sait que Michel- Ange,succédant à San- Gallo, commença par détruire tout ce qu'avait fait son prédécesseur, congédiant tous ceux qui avaient travaillé sous ses ordres. De là la haine que Nanni porta au prince de l'école florentine, haine à laquelle, il est triste de le dire , il doit peut être d'avoir échappé à l'oubli. « En effet, dit Quatrcmèrede Quincy, Nanni n'a point laissé d'ouvrage propre à lui assurer une place distinguée parmi les architectes de son époque, et peut-être aurait il peu mérité d'en obtenir une dans l'histoire de l'architecture si l'homme dont il osa devenir le rival et sur lequel il réussit par intrigue à l'emporter deux rois, ne lui eût donné une certaine célébrité. » — Michel-Ange avait été chargé de la restauration du pont Santa-Maria sur le Tibre, Nanni lui fit retirer ce travail, et s'en acquitta lui-même de telle sorte qu'à la première inondation le pont fut emporté. Plus tard il réussit à se faire adjoindre à Michel- Ange dans les travaux de Saint-Pierre. Michel- Anpi reclama avec sa vivacité ordinaire, prouva l'ignorance de Nanni, qui, dit Vasari, fut honteusement congédié. Plusieurs édifices considérables de Rome ont été élevés sur ses dessins, notamment les palais Ricci eiSalviati.E. B — a.

Vsurl. y Ue. - Clcognara, Storia délia Scvltura. - Ticoui, DUlonario. - Qualremtre de Quincy, met. architecture.

icANXi ( Remigio ), dit Bemi de Florence, littérateur italien, né vers 1521, à Florence, ou flent mort, en 1581. Il était de la noble et ancienne famille des Nanni. Entré dans l'ordre de Saint-Dominique, il s'y distingua par sa piété et par sa science, et fut élevé à différentes dignités. Pendant la peste qui désola sa ville natale (1547), il alla au secours de ses compatriotes ; en 1554 il se rendit à Ancone, et passa de là à Venise, où pendant douze ans il s'appliquait à la composition de ses ouvrages. En 1569 il fut appelé à Rome par le pape Pie V pour surveiller l'impression des œuvres de saint Thomas d'Aqoin. On a de Nanni : Rime; Venise, 1547, h>8° ; — Orazioni militari raccolte da tutti gli storici antichie moderni; Venise, 1557, 1560, in-4°; la seconde édition a été revue et augmentée ; — Orazioni in materia civile e criminale traite dagli ttorici ; Venise, 1561 , in-4° ; Poésie in Iode delta Madonna ; Venise, 1577, in-4a; — Considerazioni cento civili sopra /'Historié di Fr. Guicciardini ; Venise, 1582, in-4°; — / dueAmanti, egloga pastorale; Ferrare, 1595, in-8"; — Tirsi, egloga ; Macerata, 1606, in- 12; — des poésies italiennes dans plusieurs recueils du temps. Il a traduit du latin : De' Rimedit delV un a e Valira fortuna (de Pétrarque); Venise, 1549, in-8°; — Degli Vomini illustri ( d'Emilio Proho); ibid, 1550, in-8°; — Dette Guerre de' Roinani (d'Ammien Marcellin); ibid., 1550,

KOCV. BIOCR. CÉNfcl. — T. XXX VU.

BIGIO — NANNING 16*

in-8° ; — Le Epistole di Ovidio in versi sciolti ; ibid., 1^55, 1560, 1569, in-12; — Historia délie cose sel tentrionali (d'Olaiis Magnus ); ibid , 156l,in-8°; et 1565, in-fol.; — Le due drche delf historia dt Sicilia (du P. Fat wllo); ibid., 1584, in-4°; Palerme, 1628, in-fol. ; — Epistole e Evangelj, con annotazioni morali ; ibid. , 1575, 1584, 1597, 1599, 1639, in-4°; Turin, 1582, in-fol.; toutes ces éditions avaient été précédées de deux autres moins amples, et dont la date est inconnue ; — Instltuzionedel buono e beato vivere ( de Marco Marulo); ibid., 1580, 1610, in-4°; — Summa de* casi di conscienza ( de Rart. Fumi ); ibid., 1588, in-4". Ce savant religieux a édité avec des commentaires, des notes marginales et des tables : Historié universali di Villani; Venise, 1559, 2 part, in-49;— De Summi Ponttficis autoritnte, de episcopum residentia et bénéficier um pluralitate ; ibiil., 1562, 2 vol. in-4M, collection de traités de saint Thomas d'Aquin, de Cajetan, de Nacchianti, etc. ; — Historia d'Italia di Fr. Guicciardini; ibid., liOft, 1583, in-4", avec la vie du célèbre écrivain florentin P.

Échsrrf, Srript. ord. Prirdleat., Il, tso rt ils -■ Negri. Fiorentini Scrittori — Nlcéron, Ménu>trest XXXIV.

llAXKl (Girolamo), peintre de l'école romaine, né à Rome , vivait à la fin du seizième siècle. Il travaillait lentement et avait pour devise poco e buono, maxime qui devint son surnom. Un de ses meilleurs ouvrages est une Annonciation à Santa Cata ri na-de'-Funari de Rome. Dans sa vieillesse, il devint aveugle. E. S— n.

Hagltone, File de' pittori. - Plstolesl, DexeriUone di Roma.

NA*xi!*r. ou «Armes ( Pierre), érndit néerlandais, né à Alkmar,en 1500, mort à Louvain, le 21 juin 1557. Après avoir été pendant quelque temps clerc de procureur, il alla faire ses études à Lonvain, dirigea ensuite le collège de sa ville natale, et devint en 1535 précepteur au collège Saint- Jérôme à Louvain ; quatre ans après il y fut nommé professeur de langue latine au Collège des trois Langues, emploi qu'il exerça avec succès jusqu'à la fin de sa vie. Le cardinal Granvelle, qui appréciait son mérite, lui donna un canonicat à la cathédrale d'Arras. « Virfuit ingenio facili , dit Valère André, ad quidvis prompto et ad humanitalem ac festivitalem facto. On a de Nanning : De Bello Turcis inferendo; Louvain, 1536, in-12; — Oraliones très de laudtbus eloquentue; Louvain, 15il, in-4"; — Dialogismi heroinarum; Louvain, 1541, ln-4°; Paris, 1541, in-4*; traiuit en français sous le titre de : Délibérations de cinq nobles dames Lucrèce, Suzanne, Judith, Agnès et Camma; Paris, 1550, in 8° ; — Deuterologia sive Splcilegia in librum quarlum jEneidos; Louvain, 1544, in-4'; — Castigationes in T. Livli librum tertium decadis primée; Louvain, 1545, in-4»; — 2uu.u.îxtwv

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sive Miscellanorum decas un a ; Louvain , 1548, in-12; Leyde, 1548, in 12; ce recueil ri'obser Talions critiques sur divers passages d'auteurs anciens a été reproduit dans le Thésaurus critiens de. Gruter, t. 1; - Declamalio quodtibetica de xternitate mundt; Louvain, 1550, in- 12 : pièce curieuse par les faits singuliers qui y sont rapportés; — In Cantica canticorum paraphrases et schotia; Louvain, 155», in-4°; — In Virgilù Bucolica cmnmentaria ; Baie, 1560, in-12; — Somnium ; Louvain, 1611, în-16 : satire contre le luxe et la luxure. Nanning a aussi publié un grand nombre d'éditions annotées de divers écrivains anciens, et parmi lesquelles nous citerons : Theophili Antecessoris Institutions juris ; Louvain, 1530, in-4°; — Athenagorx De mortuorum resurrectione, grâ ce et latine; Louvain, 1541, in-4* ; — Synesii et Apullonii epistolx selecliores , latine versa:; Louvain, 1544, in 4°; — Chini Fortunati lihttoricorum libri très; Louvain, 1550, in-12; — Alhanasii Magni Opéra la- Une ; Baie, 1556, 4 vol. in- fol. : cette traduction fut souvent reproduite; — A. Prudenlii Opéra; Anvers, 15t;4, in-8"; — un Commentaire sur l'Ai t poétique d'Horace, flans l'édition de cet auteur, donnée en 160 s, in-4°. O.

Val^re Andft, Hibliolheca. — Nlceron, Mémoires, t. XXX VII. — Paquot. Mémoire» , t. XIV.

2» annoni ( Angelo ), chirurgien italien, né le 1er juin 1715, à Jussa, dans les environs de Florence, mort dans cette ville, le 30 avril 1790. Dès Tage de seize ans il se livra à l'élude de l'anatomie et de la chirurgie, et lit des progrès rapides sous la direction d'Angelo Bencvoli, chirurgien en chef du grand hôpital de Sainte-Marie- Neuve de Florence. Ses heureuses dispositions, son habileté, ries cures obtenues grâce à un perfectionnement dans l'opération de la taille par la méthode latérale lui donnèrent une prompte célébrité. Un de ses bienfaiteurs, le chevalier Maggio, lui ayant procuré les moyens d'augmenter ses connaissances, il se rendit en France (1747), et suivit assiduetnent la pratique des hôpitaux de Paris; il lit même le voyage de Rouen pour y connaître Le Cat, qui passait pour un des meilleurs lithotomistes de l'époque. Aussi bon praticien qu'observateur soigneux , il fut frappé de l'abus qu'on faisait des médicaments ainsi que des incorrections qui existaient dans la façon d'opérer, et il conçut dès lors le projet de rédiger pour ses compatriotes un nouveau code chirurgical. De retour à Florence, il devint professeur et chirurgien en chef de l'hôpital où il avait reçu sa première instruction , et il conserva ces doubles fonctions jusqu'à la tin de sa longue carrière. Il ne voulut point attendre la mort dans son lit , et lorsqu'il la sentit approcher, il reçut, babitté et étendu sur un canapé, l'archevêque Antonio Martini, qui vint en personne lui administrer l'extrême onction pour lui témoigner la gratitude des pauvres. Ses deux fils em-

- NASNOM 181

brassé! eut la même carrière que lui et ses cinq filles devinrent toutes religieuses. Piannoni était, dans l'opinion de Scaipa, l'un de» premiers chirurgiens rie l'Italie. « H acquit, dit Uisgenettes, une grande fortune et encore bien qu'il pas-àt pour fort intéressé, on vanta sa libéralité envers les indigents. C'était un homme d'une sévérité de mœurs, qui approchait souventde la rudesse; son caractère était empreint sur sa physionomie , dans son langage , ses mouvements et

i jusque dans son costume. » Adversaire de lliumonsme galénique , il prit pour base de son système médical cet axiome que, dans l'état de maladie, il faut laisser agir la nature et quelquefois l'aider. Aux corps huileux, aux baumes, aux résines, aux spiritueux il substdua dans le pansement des plaies les cataplasmes de mie de pain, la charpie sèche, les décoctions émoi-

I lienteset l'eau pure. Ou a de Nannoni : Traitât o sopra i malt délie mamelle; Florence, 1746,

| in-4° ; il se prononça d'une manièt e «lécisi vc pour la prompte extirpation des squirres ; — Dissertaziont chirurgichet cioè délia fislula lagrlmnle, drlle cataratte^dei medicamenti rxsiccanti e caustici ; Paris, 1748, in-4°; il blâme la perforation de l'os unguis dans la fistule laerj-

i maie et conseille l'abaissement de la cataracte ; — Dtscorso chirurgico per Vintroduzione al corso deir operazioni da dimonstrarsi sopra il cadavere ; Florence, 1750 : il y est principalement question des méthodes d'amputer les membres; — Mcmorie ed ossirvazioni chirurgiche , colla storia di moite e diverse malatlie felicemente guarite; ibid , 1755, in-4";

i — Délia Semplicità del medicare; Florence,

I 1761 1767, 3 vol ; c'est le plus remarquable des

| ouvrages de Nannoni ; — Delta Semplicità di medicare i mali altenenti alla chirurgie $ con aggiunta sopra le maluttie délie mamt-lle; Venise, 1764, in-4°; — Trattato chirurgico sopra la simplicilà del medicaretcon osservazioni e ragionamenti; Venise, 1770, in-4°; — Memoria suit' anevrisma délia piegaltira del cubilo-, Florence, 1784, in-4". P-

Nannoni ( Agnitino), Eloglodi Ange la Nannoni; Ho» rrDrc, 1-T90, ln-S«. - Haller, Hibl. chirurçica, Ut>. S. - DesgetK tte*. dans la Biogr. médicale.

nannoni ( Lorenzo ), chirurgien italien, Cl* du précédent, né en 1749, à Florence, où il est mort, le 14 août 1812. Il reçut une éducation j très-soignée et parcourut, aux frais du grand- < duc Léopold , la France, l'Angleterre et l'Allei magne, en compagnie de Felice Fontana, de Giov.

Fabroni et île Giorgio Sancli. Successivement I placé à la tête de quelques hôpitaux secondaires de Florence, il établit dans l'nn d'eux un en- | geignement qu'il ne discontinua jamais. Pendant | l'occupation française, il fut nominé président du | grand jury médirai. A la mort de son père, il se ! trouva maître d'une fortune considérable; il pré-* ' tendait d'ailleurs avoir gagné par lui-môme, en ' vingt-cinq ans, près d'un million de francs. Ne

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laissant échapper aucune occasion de faire voir aux. riches qu'il n'estimait que leur argent , il en exigeait beaucoup en échange de ses services; cette flpreté au gain était pourtant tempérée par une grande générosité envers les pauvres. Kn 181 1 il lit un voyage en France et dans le nord de l'Italie. « Nanuoni , rapporte Desgenettes, ne pratiquait que des opérations indispensables; il finit même par éprouver pour celles qu'il exécutait avec le plus de succès une répugnance qu'il avait de la peine à surmonter. Si on venait a comparer Ange et Laurent Nannoni , on verrait que le père, qui dut encore plus à la nature qu'à l'éducation , lit davantage pour le perfectionnement de l'art que son (ils, malgré les nombreux avantage* dont il fut constamment environné. Ce dernier s'est à la vérité rendu plus utile par son zèle pour renseignement et les nombreux élèves qu'il a formés ; mais il a peutêtre un peu trop écrit pour sa gloire. » On cite de Lorenzo Nannoni : Traité sur Vhydrocèle, trad. en anglais ( Londres, 1779, in- 12); — Trattato di chirurgia teorico-prat/ica, con un corso compte (o di ostetricia; Florence, 1785, C vol. in-8° ; — Tmttato d'anatomia e ftsïolofjïa; ibid., 178S, 3 vol. in 4"; 2e édit., augmentée; ibid., 1793, 3 vol. in-4°. P.

fteventire* dam la Bioçr. médicale.

banquier (Simon), poêle latin moderne, né dans les environs de Paris, mort au commencement du seizième siècle. Son nom de famille parait avoir été Lecoq ou du Coq , et la qualité de Jrère qu'il prend en tète de ses poésies., f rater Stmon Xanquerius alias de Gallo, donne lieu de croire qu'il était moine. Kn admettant cette op'mion, on pgjit conjecturer qu'il appartenait à l'abbaye de Saint-Faron, ou au couvent de Cerfroi, diocèse de M eaux. Nous axons de lui deux poèmes qu'on lit avec plaisir, et qui sont l'un et l'autre pleins de bonnes maximes et d'une agréable philosophie. On les a imprimés ensemble sons ce titre : De lubrico temporis cun iculn, deque hominis miseria, cai men elegum , neenon bucolicon de funere régis Caroli VIII; Paris, s. d. (1505), in-4B et r3-S°; Lyon, 1557 ; Paris, 1563 et 160G; Coutances, 1621, in-8». Dans ces quatre dernières éditions , les poèmes sont accompagnés d'un long commentaire tout au moins inutile. Le premier, eu vers élégiaques, est dédié à Charles de Billy, abbé de Saint-Faron, de septembre 1494 à août 1517, à Robert G-agoin, général des Matburins, mort le 22 mai 1501, et à Fanste Andrelint, poète lauréat, mort te 25 février 1519. Ces dédicaces fixent à peu près l'époque de la pièce «te banquier, qui a été traduite en vers français par Jean Paradin , de Louhans , sous le titre de : Mtcropxdie, Lyon, 1546, in- 12, et par Pierre Prenant, de Sillé le-Guillaume sous celui de La Mer du temps qui court , Le Mans, 1556, ut-8°. Le deuxième poème, en vers héroïques, roole snr la mor! de Charles VIII, roi de France,

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