‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 46 sur 206 · NANSOUTY · texte numérisé non relu

NANSOUTY

qu'il avait fait pour sauver ce pays des horreurs du pillage, lui oITrirenl une somme considérable, qu'il fit aussitôt distribuer aux hôpitaux du pays. Chef de la 9e demi-brigade de cavalerie ( 19 brumaire an h ), Nansouty fut envoyé à l'armée du Rhin, et rendit les plus grands services à Moreau; aussi modeste que brave, ii refusa plusieurs fois le grade de général de brigade, qu'il n'accepta que le 29 avril 1799. Il fut très-ulile au général Rey dans toutes les opérations qui eurent lieu entre Sait/ et Mayence en 1800 , et déploya de grands talents militaires pendant cette brillante campagne, après laquelle il revint en France et épousa la nièce du comte de Vergennes. Placé sous les ordres du général Lcclcrc en 1801, il combattit en Portugal. Général de division le 24 mars 1803, il fut chargé du commandement de la grosse cavalerie en Hanovre. Sa conduite dans ce pays fut si généreuse que lorsqu'il partit les habitante lui offrirent un superbe cheval, comme preuve de leur estime «t de leur reconnaissance. L'empereur le nomma premier chambellan de l'impératrice Joséphine; mais, peu habitué à l'étiquette de la cour, Nansouty profita de la première occasion pour se défaire de cette charge. Dans la campagne de 1805, il prit une part brillante aux combats de Wertingen et d'Ulm. A Austerlitz, à la tète de douze régiments de grosse cavalerie, il exécuta des charges si intrépides et si bien dirigées qu'il culbuta la droite de< Russes et des Autrichiens et décida le succès de cette journée. 11 fit des prodiges de valeur aux batailles d'EvIau et de Frtedland; dans cette dernière il passa avec une faible division de cavalerie sous un feu terrible, contint jusqu'à six heures du soir les efforts d'une tnasse considérable de Russes, et donna ainsi à Napoléon le temps d'arriver avec son armée. M fut récompensé de cet acte de courage par les insignes de grand aigle de la Légion u . onneur et par des dotations en Allemagne. Nommé en 1808 premier écuyer de l'empereur, il l'accompagna en cette qualité en Espagne, puis à l'entrevue d'Erfurth. Dans la guerre de 1809, il reprit le commandement de la grosse cavalerie de la garde impériale, qu'il dirigea à la bataille d'EssIing. A Wagram, Napoléon , s'apercevant que le prince de Rosemberg manœuvrait pour déborder le maréchal Da vont et voulant faire prendre en flanc le corps du général autrichien, dit à Nansouty : « Général, à vous la bataille! » Aussitôt les cuirassiers chargent avec intrépidité; mais les boulets et la mitraille les arrêtent un instant : « Soutenez Nansouty f ». s'écrie l'empereur, et les grenadiers il cheval, s'élançant au secours de leurs camarades, l'ennemi est bientôt culbuté et repoussé bien au delà de Neusiedel Cette charge, poussée avec résolution , décida du sort de l'affaire. En 1812 Nansouty fut placé sous les ordres de Murât; sa vieille expérience n'approuva pas toujours les imprudentes démarches de ce

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; fougueux général, et chercha à réparer ses fautes par des avantages partiels. A la bataille de la Moskowa, il rendit les plus grands services ;

' mais, blessé par une balte qui lui traversa le

. genou , il fut chargé de conduire en l-rance un convoi de blessés. La déroute ayant commencé peu de jours après, ce fut au milieu des plus grands dangers qu'il parvint à ramener sa petite troupe dans sa patrie. Il1 était à peine arrivé aux eaux de Uourbonne pour achever sa guérison, qu'il reçut l'ordre de reprendre le commandement de la cavalerie II combattit à Dresde et à Wachau ; à Leipzig, se méfiant de la fidélité des Saxons , il prit toutes les mesures nécessaires pour rendre leur trahison moins funeste aux

| Français. Pendant la retraite de l'armée sur le Rhin, à la bataille de Hanau, il ouvrit avec «a cavalerie un passage à l'armée française en écrasant les Bavarois, qui trahissaient aussi. Il soutint après la retraite de Brienne et à Montmirail, étonna l'empereur lui même par ses manœuvres hardies et brillantes. Doué d'un caractère fort indépendant, il se battait avec intrépidité, bravant tous les dangers; mais il était avare du sang de ses soldats et ne chercha jamais à obtenir un succès en les sacrifiant. A la bataille de Craonne , Napoléon lui donna Tordre d'aller s'emparer d'une redoute dont le feu nous faisait grand mal. A cet ordre Nansouty commanda halte à sa troupe. Napoléon, étonné, lui demanda ce qu'il allait faire : « J'y vais seul, répondit le général ; il n'y a qu'à mourir et je n*y conduirai pas mes braves soldats ». Napoléon lui tendit la main, et révoqua son ordre. Souffrant déjà beaucoup du mal qui devait remporter, U fut obligé, après la victoire de Craonne, de revenir à Paris. Lorsque la déchéance de Napoléon eut été prononcée, il se rattacha au gouvernement royal, /ut nommé commissaire du gouvernement en Bourgogne et capitaine-lieutenant de la l" compagnie des mousquetaires. Mais il oc put pas occuper longtemps ces emplois. Voyant venir sa dernière heure, il dit à ceux qui l'entouraient : « J'ai bien examiné toutes mes actions depuis que je suis né, et dans toute ma vie je n'ai fait de tort à personne. » A. Jauni.

Courcelle». Dictionnaire Mstoriqv* Qéntramx français.— FasUt de la Légion d'Hon., tora. III, p. m.

nakteuil (Robert), peintre et graveur français, né à Reims, vers 1023 (1 ), mort à Paris, le 16 décembre 1678. Issu d'une famille déjà connue au quatorzième siècle, son père, Lancelot Nanteuil, simple marchand de Reims, résolut de | lui donner une éducation plus complète que ne semblait le permettre la médiocrité de sa for» tune. Mais Robert, emporté par son goût pour les arts, ne répondit pas complètement à l'attente

(I) Perrault, et d'âpre» lui M. Robert Dumeuit, font mourir N.iDteuil à l'âge de quarante-huit ans. 1-e Jfercure Galant du moU de décembre trr$ et plusieurs autre* biographe* lui donnent cinquante cinq an» au moment de ** mort. Le* registre* de I état civil de Reims pourraient seuls trancher cette questioo.

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