‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 47 sur 206 · NAN · texte numérisé non relu

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de «on père et à celle de ses maîtres, les PP. Jésuites. Dès ses premières années d'étude il se passionna pour l'art de la gravure. Ses premiers estais furent un 7Ymi<>oMrd'aprèsCallot,et un portrait ovale de Louis XI II d'après Michel Lasne. Mais ses professeurs ne surent point apprécier ses rares dispositions. Nanteuil dit à ce sujet : « Comme j'étais persécuté par les Jésuites, je gravai sur des arbres à la campagne deux planches d'un Christ et d'une Vierge, en ovale, d'après des tailles-douces que je trouvai alors ( I ). » Les quatre pièces que nous venons de citer ont échappé aux recherches des iconophiles. On prétend que l'extrême envie qu'avait Nanteuil d'exercer la profession de graveur ne lui permettait pas d'attendre qu'on lui en enseignât les premiers éléments, et qu'un jour, privé des outils nécessaires, il se servit pour graver d'un clou aiguisé en manière de burin. Les biographes, en répétant ce petit conte, assez semblable à ceux qui ornent tant de vies d'artistes, ont négligé de s'accorder sur celui des ouvrages de Nanteuil qui y a donné lieu. C'est suivant les uns un Buste de religteux ou le Portrait du prieur des Bénédictins de Reims; suivant d'autres, ce serait on Buste du Sauveur. Ce qui est certain , c'est qu'après avoir commencé ses éludes chez les Jésuites, Nanteuil les acheva en IGiô chez les Bénédictins , ainsi que le prouve une planche signée : R. Xanteuil, philosophas audit or, sculpebat Remis , anno Dominl (645. 11 est également hors de doute qu'il reçut des leçons de son compatriote Nicolas Regnesson. Le maître et l'élève firent en commun, vers 1644, la gravure d'un Mariage spirituel de sainte Catherine. Trois ans plus tard, Nanteuil épousa la sœur de Regnesson. L'année qui suivit son mariage , pressé par le désir de se créer, à l'aide de son talent, des ressources que lui refusait sa ville natale, il résolut de venir tenter la fortune à Paris. Une fois dans celle ville « ne scachant comment se faire connoistre, il s'avisa de cette invention. Ayant vu plusieurs jeunes abbez à la porte d'une auberge proche de la Sorbonnc, il demanda a la maltresse de cette auberge si un ecclésiastique de la ville de Rheims ne logeoit point chez elle, qoe malheureusement il en avoit •oublié le nom, mais qu'elle pourrait bien le roconnoistrepar le portrait qu'il en avoil. En disant cela il luy montra un portrait bien dessiné et qui avoit tout l'air d'estre ressemblant. Les abbez qui l'avaient écoulé et qui jettèrent les yeux sur le portrait en furent si charmez qu'ils ne pou voient se lasser de l'admirer et de le louer à l'envi l'un de l'autre. • Si vous voulez, Messieurs, leur dit-il, je vous feray vos portraits pour peu de chose aussi bien faits et aussi finis que celuy -là. u Le prix qu'il en demanda éloil si modique qu'ils se firent peindre l'un après l'autre, et ces abbez ayant encore amené leurs amis, Us

iii Magasin Pittoresque, octobre 1849.

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; vinrent en si grand nombre qu'il ne pouvoît

suffire (1). »

' Nous aimons à croire que Nanteuil ne vînt à - Paris que bien muni des letlresde recommandation de son protecteur dom Willequin, prieur des Bénédictins de Reims , pour quelques religieux ses amis, et que le succès qu'il obtint en faisant leurs portraits assura ses moyens d'exis* tence, tout en perfectionnant son talent. Il fil trèsproliahlement ces premiers portraits « à la plume et à la pierre de mine » , ainsi qu'au pastel ; il acquit dans ces différents genres un talent remarquable. Malheureusement, comme la plupart des travaux qu'il fit plus tard dans ces différents genres n'étaient pour lut quede* esquisses d'après lesquelles il exécutait ses gravures, il prit peu de soin de les conserver, et il ne s'en trouve qu'un petit nombre dans les collections. A partirde 1648, Nanteuil reprit son nu ri n. Il grava d'abord un certain nombre de portraits dans le goût de Morin, Rou«selet, Mellan et d'autres artistes. Après deux année» de séjour à Paris, il fit venir sa femme auprès de lui, et peu de temps après il alla chercher son père, « auquel il donna toutes les marques de tendresse et de piété filiale ». En 1650 il prit une manière de graver qu'il perfectionna jusqu'en 1666. A partir de cette époque, tout à fait maître de son talent, il se mit à exécuter une suite nombreuse de portraits qui resteront l'honneur de l'art français. Le roi, pour recompenser les talents de l'artiste , créa en sa faveur une nouvelle charge de graveur et dessinateur de son cabinet ( 15 avril 1658 ) avec une pension de 1,000 livres ( 15 juin 1659). Louis XIV avait déjà donné à sa sollicitation, dit-on, I editde Saint-Jean de Luz. Cet édit, daté de 1609, distinguait la gravure des arts mécaniques, la délivrait des entraves auxquelles on voulait l'assujettir et lui conférait à jamais le rang et la liberté dus aux arts libéraux.

Nanteuil « était éloquent naturellement et vif dans ses expressions, dit Ch. Perrault ; il faisait des vers agréables et les récitait admirablement bien (2). Son talent, son esprit, sa libéralité, son goût pour les plaisirs faisaient rechercher sa société, et le portèrent à la dissipation. Il dépensa dans les plaisirs sa vie et la fortune que ses talents lui procuraient. La plupart des portraits qu'il a gravés l'ont été d'après ses propres dessins. « II les faisait très-ressemblants, ajoute Mariette, et les Italiens ont été obligés d'avouer que c'était le premier graveur qui avait su représenter dans sa gravure les couleurs de

| (t) Perrault, Ut Hotnmet illustres de re siècle. (S) Nanteuil rit au-<1ea<u» de toute bagatelle) Il «'«I mt< burt île pair dan* «a pro|V«slnn i Un aeul portrait qu'il grave e»l une perfection. Comme II fait de beaux »cr*. Sa seine esl Immortelle.

(Michel de Marolles, U Livre des peintres graveur» » Les Archives de l'art français i Jbrcrdario de Mariette au nom de Nanteuil, IV, n et suivante*) oient trola piecea de ver» de Nanteuil, d'après trois placarda conservés à la I Bibliothèque impériale.

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