MURVILLE
publique, et essaya de haranguer l'assemblée; on relusa de l'écouter, et pour se venger de ses juges, il alla jusqu'à dire dans la préface du Paysage du Poussin qu'il ne tenait qu'à lui d'attaquer l'Académie en restitution , mais qu'il était au-dessus de 400 livres, déclarant d'avance que le prix de l'année suivante lui appartenait et qu'il dénonçait comme un voleur quiconque s'emparerait de son bien, il se signala en 1791 par un nouveau trait d'originalité. « Une tragédie qu'il avait donnée au Théâtre- Français, Abdalazis et Zuléima, y avait obtenu du succès , dit la Biographie nouvelle des Contemporains. La maladie d'un acteur allait en interrompre les représentations quand l'auteur s'offrit à le remplacer. Murville parut en effet sur la scène, le 24 décembre 1791; il y débita d'abord une fable de sa composition, faite pour captiver la bienveillance du public, et remplit ensuite le rôle de Nasser dans sa propre pièce. Cette représentation tragique devint des plus gaies. L'auteur-acteur, sous un énorme turban, avait laissé les lunettes que sa vue basse l'obligeait à porter habituellement; ses gestes et sa diction excitèrent bientôt une hilarité générale. » Au moment où la guerre éclata, Murville s'engagea dans un bataillon de volontaires, servit honorablement dans plusieurs campagnes, et parvint au grade de capitaine. De retour à Paris, il rentra dans la carrière des lettres, et mourut à soixante un ans, accablé de chagrins et de misère. Il a publié les [>oésies suivantes : Épitre d'un jeune Poêle à un jeune guerrier; Paris, 1773, in-8°; — Les Bien/ails de la At«<, ode; Paris, 1774, in-12;
— Epitre sur les avantages des femmes de trente ans; Paris , 1775, in-8"; — Les Adieux oV Hector et d'Andromaqve; Paris, 1776, in-8°;
— V Amant de Julie d'Etange; Paris, 1776, in-8° ; — Epitre à Voltaire ; Paris, 1779, in-8°;
— Le Paysage du Poussin, ou mes illusions, épitre, et Dioctétien à Salone, dialogue; Paris, 1790, 1791, in-8°; — Les Saisons sous la zone tempérée, poème en quatre chants; Bayonne, vers 1796, in-8° : on croit qu'il reproduisit ce poème sous le titre de L'Année c/fâmpétre, suivie de Poésies diverses ( Paris, 1807, in-8») ; l'un et l'autre sont en vers libres ; — Ode sur le prochain accouchement de l'impératrice; Paris, 1811, in-8°; — La Paix de Louis XVI H, ode; Paris, 1814, in-8°. Nous ne citerons parmi les pièces de théâtre de Murville que celles qui ont été imprimées : Le Rendez-vous du mari, com. en vers (1782); Melcour et Verseuil, corn, en vers (1785); Lainval et Viviane, ou lesféeset les chevalier s, com. héroïque (1788); Abdelazis et Zuléima, trag. (1791); Eumène et Codrus, trag. républicaine (1795) ; et Héloïse, trag. (1812). Il a travaillé à YAlmanach des Muses, au Courier lyrique (1786-1787), et à d'autres recueils du temps. P. L.— ï.
La Harpe, Corresp. HUér., v. Jtj, Jooy et de HurvU». Btoçr. noue, des Contemp.
ii m
Mrs , nom d'une famille plébéienne de la gens Drcio, célèbre dans IhiMoire primitive «le Rome par l'acte pajriotique de den\ de ses membres qui se vouèrent à la mort pour sauver la république.
Mrs (P. Declus), Rendrai romain, tué en 340 avant J.-C. Il parait pour la première fois dan» l'histoire en .15?, comme un des qninque viri mensani , on commissaires pour la liquidation dos dettes des citoyens. En 'Jî3 il servit comme tribun des soldats sous M. Valerius Corvus Arvina dans la pierre samnite, et par son héroïsme il sauva l'armée romaine d'un danger imminent. Le consul s'était laissé envelopper par les Samnites, et sa perte semblait certaine, quand Decius Mus offrit d'aller occuper avec seize cents hommes d'élite une hauteur placée sur la route de l'ennemi. Tandis que les Samnites dirigeaient tous leurs efforts contre ertte poignée d'hommes le consul gagna le sommet d'une montagne et s'assura une retraite l a nuit suivante Decius, «e frayant un passage à travers lesSamnites, rejoignit M. Valerius et conseilla au consul d'attaquer Immédiatement l'ennemi; cet avis fut accueilli et valut aux Romains une brillante victoire. Le consul donna en récompense a Decius une couronne d'or, cent bœufs, un magnifique taureau blanc avec des cornes do- . rées, et les soldats lui décernèrent une couronne de gazon , distinction glorieuse réservée à ceux qui avaient sauvé une armée. En 340 Decius Mus fut élu consul avec T. Manlïus Torquatos. Les deux consuls eurent la conduite de la grande guerre contre les Latins, et rencontrèrent l'ennemi près de Capoue. La nuit qui précéda la bataille une vision apparut à Decius Mus et à «on collègue, et leur annonça que le général d'un des camps ennemis et l'armée de l'autre étaient dévoués aux dieux de la mort et à la terre; ce qui revenait à dire que ïa victoire était assurée à l'armée dont le général périrait. Il fut convenu entre les deux consuls que celui qui verrait le premier plier l'aile qu'il commandait se vouerait a la mort. Une bataille eut lien au pied du Vésuve. Decius Mus. voyant plier ses soldats placés à l'aile gauche, résolut de remplir son vœu. Assisté du pontife M. Valerius, il accomplit les formalités religieuses de l'expiation. « Puis ceint de l'écharpe gabinienne, dit Tite Live, il s'élance tout armé sur son cheval, et se précipite au milieu des ennemis. Il parut alors aux deux armées plus grand que la forme humaine, semblable à un envoyé du ciel chargé d'expier le courroux des dieux et de détourner de sa patrie les malheurs pour les reporter sur l'ennemi. Aussi la terreur et l'épouvante , passant avec lui dans l'armée latine , jetèrent d'abord le trouble parmi les enseignes, et bientôt se répandirent dans tous les rangs. Ce fut une chose manifeste pour tous, que partout oii l'entraîna son cheval, l'ennemi, comme frappé par un astre funeste, restait saisi d'épouvante. Au moment oii