NAP0L
L'autopsie du corps de Napoléon fut faite le " niai par Antommarchi, en présence des médecins anglais. Avant de procéder à la constatation des diverses maladies dont l'Empereur était mort, Antommarchi fil les observations suivantes : •• La hauteur totale du corps de Napoléon était «le cinq pieds deux pouces et quatre lignes. Il était considérablement amaigri; il n'était pas en volume le tiers de ce qu'il était avant son arrivée à Sainte-Hélène. La tète avait vingt pouces et dix lignes de circonférence, et mesurait, du sommet au menton , sept pouces et six lignes. Les cheveux étaient rares et de couleur châtain clair. On remarqua plusieurs cicatrices : une à la tète, trois à la jambe gauche dont une sur la malléole externe, une cinquième à l'extrémité du doigt annulaire de la main gauche et enfin trois autres sur la cuisse gauche. »
Il fut défendu par le gouverneur d'emporter le coeur de Napoléon, pour le remettre, suivant la volonté du défunt, à l'impératrice Marie-Louise. L'estomac seul dut être conservé et envoyé en Angleterre.
Le corps de Napoléon fut exposé ; la population de Longwood vint le contempler : Il était revêtu de l'uniforme de colonel des chasseurs de la garde, décoré des ordres de la Légion d'honneur et de la Couronne de fer, avec de longues bottes à l'écnyère, le chapeau à cornes, l'épée au coté, un crucifix sur la poitrine.
On étendit sur le corps le manteau de drap bleu que Napoléon portait a Marcngo.
Derrière la tète, on avait placé un autel où le prêtre, en surplis et en étole , récitait des prières.
Toutes les personnes de la suite, officiers et domestiques, en habits de deuil, se tenaient debout à gauche.
La population passait et défilait. Chacun s'efforçait de dérober un objet qui eût appartenu à l'Empereur. Les linges ensanglantés, le drap qui avaient servi à l'autopsie, furent déchirés , partagés, emportés.
Le coips de Napoléon , enfermé dans un quadruple cercueil, fut déposé, leSmai.àHutt'sGate, près de la source dont l'eau lui avait été si douce.
Chacun prit une feuille du saule qui ombrageait la tombe, et près de là on dut placer une sentinelle afin d'empêcher que tout ne fût enlevé.
Le cercueil de Napoléon , souvent réclamé en France depuis la révolution de 1830. fut enfin accordé par l'Angleterre, à la suite d'une négociation arrêtée à Londres, le 12 mai 1840, entre lord Palraerston et M. Guizot, ambassadeur de France, M. Thien étant ministre des affaires étrangères à Paris. Le prince de Joinville partit, le 7 juillet 1840, sur la frégate la Belle-Poule accompagnée de la corvette ta Favorite, pour se rendre à Sainte-Hélène.
Les deux navires arrivèrent à James-Town le 8 octobre 1840.
Le cercueil fut exhumé le 15, ouvert le même
ION 1er 448 (•)
jour. Le corps de Napoléon parut aux regards. Il était là , dans son habit vert aux parements rouges, semblable aux corps incorruptibles des légendes des saints ; il avait conservé sa forme t sa couleur blanche et mate, les lignes fines et sculpturales de sa beauté. La décomposilon ne l'avait pas atteint, bien qu'il n'eut pas été embaumé.
Replacé dans son cercueil, le corps de Napoléon fut transporté en Fiance, où il arriva, le 29 novembre 1840. De Cherbourg à Paris, ce fut un triomphe continu. Les restes de Napoléon reprenaient possession de la France, sur laquelle son esprit n'avait jamais cessé de régner. Léjà , pour signifier cette souveraineté mystique et réelle , la statue de brome du fondateur de l'ordre nouveau était remontée, depuis le 28 juillet 1833, au haut de la colonne d'Austerlitz.
Le cercueil de Napoléon fut déposé sous la coupole île l'église Saint-Louis de l'hôtel des Invalides, le 15 décembre 1840.
En ce moment, l'Europe, toujours coalisée contre la France, venait de lui infliger un outrage ; elle avait fait, à propos de l'Egypte et de la Syrie, le traité du 15 juillet 1840, dit de la quadruple alliance; la France en était exclue; on réglait sans elle les affaires du monde; elle ne comptait plus au nombre des puissances européennes. Waterloo et ses défaites se levaient contre elle. On eût dit que les restes de Napoléon se levaient aussi de leur tombe pour les venger.
Le 24 août 1855, Victoria, reine de la Grande- Bretagne, vint prier sous le dôme des Invalides, au tombeau de Napoléon, pour le pardon et la paix des nations.
En 1858, l'Angleterre céda à la France en toute propriété Longwood et la terre où les restes de Napoléon avaient reposé du 8 mai 1821 au 15 octobre 1S40.
DIBLIOGBAFOIE.
La bibliographie napoléonienne est si étendue qu'on ne saurait espérer de l'avoir complète. Napoléon a Iteaucoup écrit ; le* ouvrages qui lui ont été attribués sont à leur tour assez nombreux; mais ce qui n'est pas encore entièrement connu et dépasse déjà toute imagination . c'est l'amas de li\rcs composés dans les diverses langues du genre bumain sur Napoléon Bonaparte, ses opérations militaires, ses institutions civiles, son caractère, son gouvernement, etc. Obligé |>ar les limites toutes biographiques de cette notice de nous en tenir 4 ce qui concerne l'homme lui-mémo et sa part |>ersonnelle d'action dans l'ouvre générale de son temps, nous allons donner ci-aprés une liste des écrits authentiques de Napoléon et de ceux qui lui ont été attribués. Quant k tous les ouvrages qui ont été publiés à son sujet, nous n'en ferons qu'un choix et un choix assez restreint; nous tacherons toutefois de ne laisser en dehors de nos indications aucun livre d'une réelle importance ; noiis donnerons même quelques-uns de ces écrits qui ne sont lias tous, il est vrai . rccominaiidalites jM>ur la plénitude «t la sûreté de leurs renseignements, mafcs
qui ont da moins l'avantage de représenter, >lus particulièrement, les opinions, les théories, les systèmes dont la, vie cl l'auvre do N.i|»oléon ont été le sujet ou le prétexte ; à ce titre, non* ne négligerons même pas de citer quelques pamphlets.
NAPOLÉON Ier 448
i semblée nationale était attaché au parti aristocratique et royaliste , et, dans son pays , on le souprounail d'avoir joué un fort vilain rr»le. comme agent secret de la eonr, lors des relations de J. J. Rousseau avec le général Pascal Paoli. De la les griefs des patriotes corse», griefs dont Napoléon s'est fait le vengeur. — La Lettre a Bulbifuoco n'offre rien de Juvénile que l'exubérance et la violence des sentiments ; on y remarque une |ttntée altière, hautaine, orageuse; une forte adhésion à l'esprit révolutionnaire ; l'invocation des noms de Potion et de Robespierre à côté de ceux de Lameth, Lafaycttc. Mirabeau, Barnave, Baillr, Volney ; ra et là déjà d'extrêmes habiletés. — Celte Lettre, souvent reproduite, se trouve dans un grand nombre de recueils. Nous ne saurions assurer qu'elle n'ait pas subi des altérations sous prétexte de corrections et d'arrangements; la forme n'en est pas assez im-
Écrils de la jeunesse. — Depuis les premières campagnes d'Italie jusqu'en 1815.
— Dictées de Saintc-Helène. — Recueils divers des écrits de Napoléon. - Œuvres apocryphes.
ÉCRITS DB U JElftESSE.
I. Règlement de la Calotte du régiment de la Fère, composé en 1788 pur Napoléon Bonaparte, etc. — Par M. le baron de coston; une \ parfaite pour les premiers temps de NapoUon. brochure de 40 pages, in-12, à Grenoble (sans dale i E||e commence toutefois |>ar une incorrection dont
1 Napoléon a toujours gardé l'habitude : « Députa Bouifacto au cap Corse , députa Ajacclo ô Ba*tia •
3. Histoire de la Corse. — On croit que cette Histoire sous ce titre ou sous celui à' Essai sur, etc. a été composée par Napoléon de 1786 à 1789, et qu'elle a été imprimée à Ddie, chez F.-X Joly. après l'ouvrage précédent. On en a trouvé le manuscrit, annoté et corrigé, dans les papiers recueillis à Lyon par M. Libri (voir ci-après n° M. de Montliolon en a donné une édition, que nous n'avons point pu nous procurer ; mais nous en avons lu des fragments, assez étendus, reproduits dans plusieurs publications. C'est jKMir la composition de cette Histoire que Napoléon s'est mis en relation avec l'abbé Raynal , de qui il a eu des eneouraseraenU. . On assure, dit M. de Coslon, que l'abbé Raynal avait envoyé l'œuvre de Napoléon à M. de Mirabeau , qui l'approuva aussi et chargea l'ecclésiastique d'engager le jeune auteur à venir le voir. » Lucien, dans ses Mémoires { Paris, t836,in-8% rapporte que Mirabeau, à qui l'abbé Raynal fit voir le manuscrit du jeune Bonaparte, dit que: « Cette petite histoire lui semblait annoncer un génie du premier ordre ». Napoléon s'est souvenu de celte flatteuse approbation. En mai t79t, à Valence, il se chargea avec deux autres commissaires de régler le* détails d'une cérémonie funèbre en l'honneur de Mirabeau, qui venait de mourir ; il se fit remarquer par son zèle dans l'accomplissement de cette mission, et plaça lui-même, dans l'église, au-dessus de l'urne ciner.iire que surmontait un cour enflammé, un cartouche jH>rtant ce vers, imité de la Mort de César de Voltaire i
de temps, probablement de 1862)
La Calotte était, dit-on, une société formée dans l'armée au commencement du dix-huitième siècle. D'abord futile et sans importance, puis tombée en désuétude, elle parait s'être changée, par la suite, en une sorte de mutualité, comme on dirait de nos jours, que les officiers au-dessous du grade de capitaine formaient entre eux soit pour se défendre contre l'arbitraire des chefs, soit pour se maintenir dans les traditions de l'honneur militaire. U y avait de ces sociétés dans la plupart des régiments. A l'approche de la révolution tout prenait un caractère politique, et Napoléon, invité par ses camarades à rédiger le règlement de la Calotte de son régiment, en lit une sorte de constitution que l'on croirait empruntée à une république Jalouse de sauvegarder sa liberté. Les camarades de Napoléon s'étant moqués de ses préoccupations trop démocratique», le règlement proposé fut j. té au feu ; mais il en est resté un brouillon incomplet dont on a fait La publication ci-dessus indiquée.
M. le baron de Coslon fils a placé à la suite une dissertation sur l'origine et ta signification des noms de Mapoléon et Bonaparte. On y trouve mentionnés, sur la même question, deux ouvrages, l'un le Symbolisme des noms de Bonaparte et Napoléon , par Noulens, Paris, 1839; l'autre, la Philologie appliquée à l'histoire, ou Origine et valeur des six noms v cas ailles, Trianon , Paris , Loi; v k k , Tuileries, Napolêoîi, par La paume, Paris, 1857, 5 volumes in-8".
2. Lettre à M. Matleo Buttafuoco, député de la Corse a l'Assemblée nationale; in-8*. de 21 pages, sans date ni lieu d'impression. — Cette Lettre est ainsi datée par Bonaparte : « De mon cabinet de MiUVli, le 23 janvier an il de la Liberté » ; c'est-àdire 1790, les partisans très-vifs de la Révolution voulaient faire commencer l'ère nouvelle à 1789. Le Cabinet de Millrli était une grotte dans la montagne prés d'Ajaccio, où >apoléon, enfant, aimait à se retirer pour y méditer. — La Lettre à Buttafuoco fut imprimée, pour la première fois, à 100 exemplaires seulement, à Pôle chez M. F.-X. Joly, imprimeur libraire. Bonaparte, alors à Auionne, faisait le voyage à pied jusqu'à Ddie, pour y corriger les épreuves de son écrit (en juin 1790 ). Des exemplaires de cette Lettre furent adressés par l'auteur au club palriotique d'Ajaccio, qui l'approuva, en vota la réimpression à ses frais et arrêta que Buttafuoco ne serait plus appelé que Pin/drue Buttafuoco. Ce député de la noblesse corse à l'as-
« Du l.ycurguc français votia ce qui nous reste! »
Sons l'empire, la police rechercha et supprima, dit-on, tous les exemplaires qu'elle put trouver de celte Histoire de la Corse , 2 peliU volumes in-12. Ce que l'on a publié, depuis, tient plus du roman que de l'histoire. Mais rien n'y est indigne de l'enfance d'un grand et puissant esprit. Na|»oléon, dan* ses premières années, s'est beaucoup occupé de la Corse, et il a composé sur ce sujet des mémoires et des projets de défense militaire, qui n'ont pas été publiés, hormis l'opuscule indiqué ci-après (voir n° S).
*. Discours sur cette question : « Déterminer Us vérités et les sentiments qu'il importe le plus d'inculquer aux hommes pour leur bonheur ». — Cette question avait été proposée par l'Académie de Lyon, le 15 décembre 1789, pour l'année I79i. 1)
447 (") NÀP0L1
y eut quinze mémoires envoyés et an seizième mémoire après la clôture du concours. Le mémoire de Napoléon portait le n* 15. Aucun des concurrents ne parut mériter le prix. Le mémoire de Mapoléon fut, d'après M. de Coston , l'objet de jugements qui méritent de prendre place dans l'histoire ; de* curiosités académiques. Il y eut deux rapports ; l'an des rapporteurs d sait : t Le n* 13 est un songe très- prononcé >. Et l'autre : « Le n* 45 n'arrêtera ' pas longtemps les regards îles commissaires; c'est peut-être l'ouvrage d'un homme sensible; mais il est trop mal ordonné, trop disparate, trop décousu et trop mal écrit pour hier l'attention... > Sous l'empire, un ministre (ut chargé do reprendre le n* 15, et de le supprimer ; toutefois il en est resté une copie, qui a été publiée, pour la première fois , en 4826, par le général Gourgaud, sous le titre suivant : Discourt sur le» vérité» et te» sentiments qu*il importe te plu» d'inculquer aux homme» pour leur bonheur, ou Idée» de Napoléon sur le \ droit dT aînesse et le morcellement de là pro- \ prié té , suivies de pièces »ur ton administration et ses projet» en faveur det Grecs, publiée» par le général Gourgaud; Paris, chex Baudouin frères, j 1826, in-8«. — Autant qu'on en peut juger d'à- \ près . le texte probablement arrangé qui nous est parvenu, le mémoire de Na|>oléon mérite encore quelques-unes des sévérités des rapporteurs de TA- ; cadéroie de Lyon ; mais on y trouve des idées ori- j ginales fortement exprimées, des sentiments d'une i grande élévation, quelques signes d'une puissante ; forme littéraire en élaboration, et des opinions j dont le contraste est piquant quand on les rap- i proche des principes que Napoléon a, depuis, fait j prévaloir.
5. Copie d'un manuscrit de la main de Napoléon ■ Bonaparte avec l'orthographe qui existe dans le manuscrit même; Paris, chez Truchy et Aroyot, 1841 , in-8", de 15 pages.
On voit dans la préface de ce manuscrit dont : l'original est dan» la bibliothèque du roi à Turin, ; qu'il a été pnblié par Ç. F. D. P. Ces initiales doivent être alusi complétées : le comte Ferdinand \ dal Pozzo. — Le manuscrit, a l'intérieur, est intitulé : Position politique et militaire du département'de Corse au premier juin. C'est le vrai titre écrit par Napoléon, qui signe : < Buonaparte, 1 capitaine d'artillerie au 4* régiment ». —Dans ; ce mémoire, non daté, probablement de mal 1795, i le jeune Bonaparte, «'adressant au gouvernement I de la république, dénonce Paoli et les hommes de | son parti alors révolté contre la France; il indique, j de plus, la force de l'expédition et les moyens né- i cessaires pour réduire cette rébellion. Des traits ] d'une pensée déjà mûrie et forte , des observations i ingénieuses et unes, un vif esprit pratique se mon* j trent en cet écrit publié, à tort, avec un grand nombre de fautes d'orthographe; Bonaparte, en 1795, u'mnorait pas à ce point la langue française, t et l'on aura pris pour des fautes d'orthographe des | mots incomplets ou mal déchiffrés.
6. /.* Souper de Beaucaire, publié pour la première fols à Avignon,aoûl 1793, in-8% cher Marc-Aurel fils, imprimeur-libraire. — Il |taralt que ce typographe, qui avait un titre officiel et se croyait obligé h des ménagements, ne voulut pas imprimer lui-même cet ouvrage ; on eut recours aux presses du Courrier d'Avignon, dont l'éditeur, Sabin Tournai, conserva le manuscrit de l'auteur. Napoléon eut l'habileté ' il obtenir que cette impression se fit aux frais du i trésor public, par autorisation des représentants du
iON 1er 448 :n)
peuple alors en mission dans le Midi. — Le Souper de Beaucaire se compose d'un dialogue qui aurait eu lieu, le 29 juillet 1793, a Beaucaire entre deux négociants marseillais, un NI mois, un fabricant de Montpellier et un militaire ; ce dentier, qui est Bonaparte lui-même, démontre à ses interlocuteurs la folie de l'insurrection du Midi contre la Convention. Le Souper de Beaucaire, comme le précédent écrit, montre uu vrai sens politique; le gouvernement de la Convention et des comités y est défendu par dos arguments qui n'ont rien de commun avec les déclamations furibondes et les rêveries philosophiques des révolutionnâmes du temps. Le Souper de Beaucaire attira l'attention sur le jeune Bonal»rte. — Il y a, de cet écrit, plusieurs éditions, celle de 1793 d'abord, puis celles de 1821, l'une à Paris, chez Terry, par Frédéric Royou, l'autre chez Chaumerot aîné. Cet opuscule a été, de plus, reproduit dans un grand nombre de recueils et de publications historiques.
Pour les autres écrits de l'enfance et de la Jeunesse de Napoléon, on doit consulter les ouvrages suivants :
7. Rapport sur une mission en Corse lu par M. Blanquiainé A l'Académie des sciences morales et politiques, en octobre 1838. Ce Rapport contient quelques lettres et des détails historiques de la jeunesse de Napoléon.
8. Souvenirs de la jeunesse de Napoléon ( dans la Revue des Deux- Monde», n° du l,f mars 1842; article de M. Guillaume Libri ).
Dans cet article, M. Libri rend compte de la découverte faite par lui d'un carton portant cette étiquette, de la main du premier consul : A remettre au cardinal Fetch seul, et contenant trente-huit cahiers des écrits de Napoléon de 1786 à 1793. M. Libri entre ensuite dans l'examen des manuscrits suivants dont il donne tantôt une indication analytique et tantôt des extraits :
Époque» de ma vie, ou journal du jeune Bonaparte, avec des lettres, des documents, des pièces à l'appui, des réflexions ;
Une lettre a ta Convention pour la défense de Paoli alors (en 1793) accusé de royalisme et de trahison, lettre curieuse à côté du mémoire qui précède (voir n» 5) ;
Tne Histoire de la Corse (M. Libri en donne un fragment, le drame de Vannîna et Sampiero) ;
Divers mémoires sur la Corse ;
Le Comte tTF.ssex, petit roman anglais ;
Le Masque prophète, autre nouvelle romanesque, celle-ci orientale ( M. Libri en donne le texte ) ;
La Constitution de la Calotte (voir ci-dessus n° l) ;
Une dissertation sur l'autorité royale ;
Une méditation sur le suicide (publiée en extrait par M. Libri) ;
Un dialogue sur Vamonr ;
L'n mémoire sur le jet des bombes ;
Des extraits, avec commentaires, de Platon, d'Hérodote, ae Strabon, de Diodorc de Sicile, etc., d'histoires de tous les pays , de Mably, de Fdangicri , de Necker, d'Adam Smith, etc.
Des réflexions sur les idées philosophico-politiques de J.-J. Rousseau, que Napoléon n'approuve pas ( M. Libri en donne quelques extraits V;
Une élude sur les libertés de l'Église gallicane, la Sorbonne, la bulle Vnigenitus ;
Un cahier de géographie, incomplet, se terminant, dit-on, à ces mots : « Sainte-Hélène, petite tic ».
Le précieux carton contenant tous ces écrits de
Digitize
ISAPOLEON 1
l'ctifance tic Napoléon a été porté en Angleterre et vendu ; il n'en est resté en France que l'article public1 par M. Lîbri dan» la Revue des Deux-Mondes, quelques extraits insérés (en mari et avril 1842) dans V Illustration, et une copie, assez étendue sinon complète, par feu M. le général Pelet, copie qui sera peut-être, un jour, livrée au public.
9. Biographie des premières années de Napoléon Bonaparte, par le baron de Coston -, Paris et Valence, 1W0, 2 vol. in-8°. Cet ouvrage a été remis eu circulation, vers 1858, croyons-nous, avec un changement de couverture et ce nouveau litre: Histoire de Mapoléon Bonaparte depuis sa naissance jusqu'à C époque de son commandement en chef de l'armée d'Italie; Paris, s. d., 2 vol. in-8°.
Dans ces deux volumes dont les nombreux et précieux documents n'ont pas été tous choisis avec une grande sévérité de critique, ou trouve notamment, parmi les pièces les plus caractéristiques, en outre dos écrits.indiqués ci-dessus aux n°»2, 4, (i, une lettre de Napoléon au docteur Tissot i»,r avril 17*7) ;
— une lettre de Napoléon à Paoli (12 juin 17*9);
— une adresse de plusieurs Corse* à l'assemblée nationale [31 octobre 17*9), adresse dont Napoléon a été probablement le rédacteur; — une lettre de Napoléon au commissaire .Naudin (27 juillet 1791) ;
— la fable, le Chien, le Lapin et le Chasseur, attribuée à Napoléon, élève de Brienne, ouvrage évidemment apocryphe ; — un manuscrit trouvé, diton. a l'ile d'Elbe et portant pour titre : Considérations sur l'état de CKurope, Nous parlerons plus bas de cet écrit, que nous avons quelques raisons de croire apocryphe.
10. Mémoires sur l'enfance et la jeunesse de Aupvhon jusqu'à l'tige de vingt- trois ans, etc., par T. Nasica; Paris, chez Ledoycn, 1852,in-8°
Cet ouvrage contient sur les séjours et les luttes de Napoléon dans l'Ile de Corse des détails et des documents de grand intérêt, ignorés jusqu'en 1852 de tous les historiens, il est à regretter que l'auteur n'ait pas donné une suite à ses Mémoires. Pendant |.>3 campagnes d'Italie, au retour d'Egypte, pendant le consulat et l'empire, lors du séjour à l'Ile d'Elbe, plus tard encore , Napoléon a eu avec la Corse des relations qu'il importe beaucoup de connaître, mais dont malheureusement les témoignages les plus curieux n'ont pas été tous publiés. Or, ces témoignages, c'est en Corse seulement que l'on peut utilement les rechercher. Espérons que cette omission »rra réparée par quelque successeur ou par quelque «ligne émule de M. Nasica. — Dans les Mémoires dont le titre précède, on trouve, entre autres document a, les écrits suivants de Napoléon Bonaparte : Manifeste du corps municipal de la ville iTJjaccio; c'est une exposition des griefs de la ville d'Ajaccio se révoltant contre l'administration royale de France. L'acte ne porte point de date; ma s, d'après Nasica, la révolte eut lieu le 25 juin 1790; l'aclc destiné à la justifier a dû suivre de pr< s ; Napoléon avait été inis-à la tète du mouvement: ■ La municipalité, dit Nasica, jugea a propos de justifier sa conduite par un manifeste; Napoléon en fut le rédacteur. On le publia dans les deux langues. La version italienne est attribuée par les uns a Joseph , par les autres, avec plus de raison , au comte Ferri-Pisani. ». — Lettre a il. Fesch en date de Serve près Saint-Valéry {sic; Saint- Vallier?)ccn Dauphiné, 8 fév. 1791. — Lettre à Lucien sur les affaires du temps; Paris, 3 juin 1792 (?). — Mémoire adressé au département de la Corse, au ministre de la guerre clà l'assemblée législative, le 19 avril 1792,
pour jusliGcr le bataillon des volontaires corses c i. jaccio d'avoir tiré sur le peuple dans une èuieu r. Ce Mémoire, de 37 pages d'impression, ne pr.i que cette signature : c Pour tous les odiciers d i b> taillon qui ont signé l'original, Bonaparte » - Il fut question , pour ce Mémoire et pour l'acte qui >; rattachait , de rayer le jeune Bonaparte de* cnJw de l'armée. Le ministre de la guerre Lajar.1 lr défera au ministre de la justice, en regrettant qoe le lois du temps ne lui permissent pas de le faire fs*r devant une cour martiale, ou un conseil df pimr.
Comme on le voit déjà par quelques-uns documents qui précèdent , Napoléon, en entrant ito la vie active, ne cesse pas d'écrire ; seulemnii it ne sont plus des ouvrages historiques ou theonipw qu'il compose : il explique ce qu'il fait, ce qa * pense, ce qu'il veut dans le mouvement des du» de son temps, sinon toute sa pensée et louiez voloulé, du moins tout ce que l'état de ses iltom lui permet d'en manifester. Pour retrouver en la non plus le général, le gouvernant, le ebef d'£u: s'adressant tour à tour aux années, a la Franc?, i l'Europe, mais bien l'écrivain proprement dit, ilgagé d'une action immédiate sur les évéuemrr-h contemporains, il iaut traverser l'immense per»* occupée par Bonaparte du 13 vendémiaire tu (3 octobre 1793) au 22 juin 1815 et ne s arrêter ch'j Sainte-Hélène. Toutefois, avant d'arriver i ui: épique extrême, nous indiquerons quelqoe*-ofc> des publications où sont déposés les doeumeou te années intermédiaires, qui peuvent le plus séreux être attribués à Napoléon lui-même, à son insp«tlion personnelle et directe et non à U cdidur* lion de ses ministres.
Depuis les pbbiièhes cimpsgxes o'Ituie "a
H. Rapport sur ta journée du 13 vendent :: an lf (5 octobre |79 >).
Ce rapport , qui n'a pas été publié à f»'. * trouve dans l'ouvrage de Coston ( n» ») et dans " Correspondance de Napoléon /,r (voir ciJ?^ n° 51 ). Ce dernier recueil en donne même lr simile. Il faut rapprocher de ce rapport la ex* de Napoléon , à Sainte-Hélène, sur la joarna 4 13 vendémiaire.
12. Campagnes du général Bonaparte m lti'-< pendant les années IF et F de la Rt •publiât p un officier général (de Pommercul;; P*»*an IV, in-fc°.
Ouvrage estimé, contenant des documents w»^' tiques ; on y trouve aussi l'esprit de l'armée du»* 'beaucoup de partialité républicaine et beau»-'*' tPhosliiité contre le saiut-siége.
13. Relation des campagnes du général BgkW' en Egypte et en Syrie, parle général BerU<< Pans, chez Didot alité, an vu , in-8".
14. Mémoires sur l'Egypte publiés pmics--^ campagnes du général Bonaparte dam «' ,u nées FI, Filet FUI; Paris, chez Didot,*"' 4 voL in-8«.
15. Puces diverses relatives aux opération taircs et politiques du général Bonaparlti ^ chez Didot, an vin, in-8#.
16. Pièces diverse» et correspondance rthtnt1 * opérations de Varmée française en Orient, ' niées en exécution de Carn!té du Tribunal* du 7 nivôse an IX; Paris, chez Baudouin. J« in-8°.