‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 67 sur 206 · L'Enfance de Napoléon, par Marandct; Paris, 1835, in · texte numérisé non relu

L'Enfance de Napoléon, par Marandct; Paris, 1835, in

73. Mémoires anecdotiques sur l'intérieur du palais et sur quelques événements de f Empire depuis 1803 jusqu'au 1" mai 1*14, pour servir à l'histoire de Napoléon, par L.-F.-J. de Bausset, ancien préfet du Palais; Paris, chez Baudouin, 1827-1829, 4 vol. in-8u.

76. Mémoires de Constant, premier valet de chambre de l'Empereur, sur la vie privée de Napoléon, sa famille et sa cour; Paris, chez Ladvocat, 1830, 6 vol. in-8'.

77. Napoléon et Marie-Louise, souvenirs historiques de M. le baron Menevul, ancien secrétaire du portefeuille de Napoléon, premier consul et empereur, ancien secrétaire des commandements de l'Impératrice régente ; Paris, 1843-1843, 3 voh in 8*.

78. Nouvelle relation de l'itinéraire de Napoléon de Fontainebleau à Vile d'Elbe, par M. le comte de ff'aldbourg-Truchsess, l'un des commissaires des puissances alliées chargés d'accompagner l'empereur à sa destination, traduite de Callemand en français ; Paris, chez Plancher, 1813, in-8» (plusieurs éditions).

79. Réfutation de la relation du capitaine Maitland touchant rembarquement de Napoléon sur le BELLtilOPUON, 1827, in-8*.

Nous n'avons pas pu nous procurer l'opuscule qui précede, dont nous prenons l'indication dans une bibliographie anglaise.

80. Mémorial de Sainte-Hélène, ou Journal où se trouve consigné, jour par jour, tout ce qu'a du et fait Napoléon durant dix-huit mots, jiar le comte de Las Cases ; Paris, 1823, 8 volumes iu-8 '.

Le Mémorial commence au 20 juin 1 815 cl finit au 2". novembre 1816. — Cet ouvrage a été réimprime plusieurs fois, notamment en 1624 avec des corrections et des additions, ou avec de nouveaux titres en 1828, en 1830-1831, etc., etc. La!" édition pas»c jamr avoir subi le moins de modifications comptaisaules. — 11 y a une continuation à cet ouvrage sous le titre ci-après indiqué :

81 . Suite au Mémorial de Sainte-Hélène , par MM. Grille et Mussct-Palhay ; Paris, 1824, 2 vol. in-s«.

82. Napoléon en exil, ou l'Écho de SaintcrHelènc, ouvrage contenant les opinions elles réflexions de Napoléon sar les événements les plus importants de sa vie, traduit de Vanglais du docteur Barry

O'Mcara par M"* Collet et revu par Beau poil de f Sainte- A nlaire; Paris, chez les marchands de nouveautés 13-22, 2 vol. in-8°.

Ouvrage souvent réimprimé. Le journal d'O' Mcara comprend l'histoire de la captivité drpuis ! juillet 1813 jusqu'au mois de juillet 1818.

83. Mémoire» du docteur Antommarchi, ou les derniers moments de Napoléon ; Paris» chez Barrois, 1825,2 vol. in 8°.

Ouvrage souvent réimprimé.

Le journal d'Antommarchl comprend l'histoire | de la captivité depuis le 18 septembre 1819 jusqu'au

3 nui 1821.

81. Récits de la captivité de l'empereur Napoléon à Sainte-Hélène, par le général Moutholon, compa- j gnon de sa captivité et son premier exécuteur les- \ tamenlaire; Paris, chez Paulin, 1847, 2 volumes in-8a.

Ces Récit** que précède une longue introduction , sur l'histoire de l'Empire, commencent à l'arrivée de Napoléon au palais de l'Elysée Bourdon, le I 2! juin 1813, et ne se terminent qu'après la mort de Napoléon.

83. Correspondance de Guillaume Warden, chirurgien, à bord du vaisseau de S. M. B. le Nob- TRl'SBBBLiiD, qui a conduit ISapoléon Buottaparte à l'isle de Sainte-Hélène; avec cette <*pi- Craphe : Non ego, sed Democritus dixil; Bruxelles, chez T. Parkins, 1817, in-8°.

Cet ouvrage, dès qu'il fut connu à Saintc-llélenc, y excita beaucoup de plaintes. On le trouva inexact , mensonger, présomptueux, etc., ele lien fut fait plusieurs réfutations, dont la plus remarquée, dans le temps, fut la suivante :

86. Lettres écrites de Longicood, et connues sous le titre de Lettres du cap de Bonne-Espérance. Onze lettres, du 19 avril au 3 juillet 1817. |/autcur, à nous inconnu , de ces Lettres les donne comme étant de Napoléon. On y trouve des détails assez curieux sur l'histoire de l'Empire. — Nous n'avons pu nous procurer aucune de éditions qui en ont été faites ; mais nous les avons lues dans le Recueil de pièces authentiques sur le Captif de Sainte- Hélène, tome If, p. 307-478.

87. Histoire de la captivité de Napoléon à Vile I Sainte-Hélène d'après les documents officiels inédit* et les manuscrits de Sir Hudsôn Lotie, publiée par William Forsyth; Paris, cliez Amyol, 1834,

4 vol. in-8«.

Cette Histoire, qui contient de nombreux et de tres-précicux documents, explique, sans la justifier, la conduite de lludson Lowe. Mais la captivité de Sainte- Hélène s'y montre sous un jour tout nouveau.

88. Mort de ISapoléon religieux, par Antoine de Beautcrne. Nous n'avons point pu nous procurer cette brochure composée, dit-on , d'une lettre de M. de Beautcrne au général Moutholon et de deux lettres de ce dernier; elle forme, assure- t-on, les pages 30 1-528 du vol unie in-8° publié par le même auteur en 1837 sous le titre de Mort d'un enfant impie.

Les ouvrages dont nous allons donner les titres offrent plusieurs caractères de la biographie ; c'est fa raison pour laquelle nous les rangeons à la suite des livres de celte catégorie.

89. Correspondance inédite de Carnot avec ISapoléon pendant les Cent- Jour*; Paris, chez Plancher, 1819, in-8».

90. Correspondance de Bernadotte avec ISapoléon depuis 1810 jusqu'en 1814; pièces officielles recueillies et publiées par M. Bail; Paris, chez Lhuiilicr, 1819, in-8».

ION Ier 448^ ,

91. Mémoire* pour tenir à C histoire de la vie priicc, du retour et du règne de ISapoléon en 1815 par Flcuvy de Chaboulon ; Londres, 1820, 2 vol. in-8».

Ouvrage souvent réimprimé et cité. Fleurv do Clnboulon a joué un rôle important dans le retour de l'ilc d'Elbe ; Napoléon, à Sainte-Hélène, a pris ces Mémoires eu considération ; il les a annotés et eà et là rectifiés.

92. Le Port» feuille de 1813, par M. de Norvin»; Taris, 1821, 2 vol. in-8".

93. y ie politique et militaire de Napoléon, par Jomini; Paris, 1827, 4 volumes in-89.

94. Mémoires ou souvenirs et anecdotes, par le comte de Ségur; Paris, chez A. Eymery, 1827, 3 vol. in-8°.

93. Mémoires du duc de Rovigo pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon; Paris, chez Bossange, 1828, 8 vol. in-8».

Ces Mémoires d'un homme qui connaissait à fond l'histoire de l'Empire et qui n'a pas toujours craint de dire ce qu'il savait, sont pleins de tres-curiruses indications. Ils ont soulevé de vives polémiquas.

96. Mémoires de Bourrienne sur Napoléon, le Directoire, le Consulat, V Empire et ta Restauration ; Paris, cbez Ladvocat, 1829, 10 vol. in-8".

Ces Mémoires, qui contiennent beaucoup de documents et de renseignement», mais qui doivent être lus avec méliance, ont donné lieu à plusieurs réclamations dont les principales furent réunies en un corps d'ouvrage et publiées sous le titre suivant :

97. Bourrienne et ses erreurs volontaires et involontaires, ou Observations sur ses Mémoires, par (suivent les noms des réclamants) ; Paris, 1830,2 volumes in-8*. Ce recueil offre un grand intérêt.

98. Mémoires sur les Cent- Jours, en forme de lettres, avec des notes et documents inédits, par Benjamin Constant; Paris, chez Pichon et Didier. 1829, in-8°.

99. Manuscrit de l'an III ( 1794-1793 ), etc., par le baron Fain ; Paris, 1828, in-8*.

100 Manuscrit de 1812, contenant le précis des événements de cette année pour servir à VMstoire de Napoléon, par le baron Fain ; Paris , chez Delaunay, 1827, 2 vol. in-8*.

101. Manuscrit de 1813, contenant le précis dtt événements de cette année pour servir à l'histoire de Napoléon, par le baron Fain ; Paris, cficz Dclaunay, 1824,2 vol. in-8°.

102. Manuscrit de 1814, ttvuvé dans les voitures impériales prises à Waterloo, contenant l'histoire des six derniers mois du règne de Napoléon, par le baron Fain ; Paris, chez Bossange, 1830, in-8*.

On doit regretter ces mots mis dans le titre qui iwréccde : • Trouvé dans le.< voitures impériales prises à Waterloo », mots imaginés dans un intérêt qui se devine aisément ; nonobstant cette inqualifiable invention, l'ouvrage es! sérieux, utile, bien inspiré, plein de documents du plus haut intérêt, et M. Fain, qui était un fort honnête homme, n'a Jamais cessé de mériter la confiance du public.

103. Mémoires et souvenirs du comte de Lnvalette, publiés par sa famille sur ses manuscrits; Paris, chez Fournicr, 183', 2 vol. in-8*.

104. Correspondance et relations de J. Fiévée avec Bonaparte pendant onze années (1802-1813) ; Paris, chez Desprez-Beauvais, 1836, 3 vol. in-8".

105. Souvenirs diplomatiques de lord Hotlnnd publies par son fils lord Henri- Êdounrd Holland, traduits de Vanglals par H. de Chonski; Pariî, chez Just Bouvier et Lcdoyen, 1831, in-12.

NAPOLÉON Ier

On sait les nobles et touchantes relations de lord et lady lloliaml avec Napoléon a Sainte-Hélène. Lord Hollaud, le premier, a réclamé dis 1818 au parlement anglais, pour l'honneur de son pays, contre le traitement infligé à l'auguste captif. — I.es Souvenirs diplomatiques sont l'œuvre d'un esprit élevé et lin et d'un cxrnr généreux et délicat. Il est peu de livres d'une lecture plus instructive et attachante.

106. Mémoires du maréchal duc de Rat/use de 1792 « 1832; Paris, chez Perrotin, 1*37, «J vol. in -S".

Ces Mémoires ont soulevé , lors de leur apparition, une vive j»olémique, qui a donné lieu aux publicalions suivantes :

107. I!éf ii talion des Mémoires dit maréchal Marmont, duc de Raguse, par M. Laurent (dcl'Ardechej; Paris, chez Pion, 1837, ln-8°.

108. Le maréchal Marmont, duc de Raguse, devont V histoire, examen critique et réfutation de ses Mémoires d'après des documents historiques la plupart inédits (sans nom d'auteur) ; Paris, chez Dentu, 1837, in-8*, 2* édition.

L'auteur de cette Réfutation est M. Du Casse.

109. Le prince Eugène. Réfutation des Mémoires du duc de Raguse en ce qui concerne le prince Eugène, par le comte Taschcr de la Pageric; Pans,

1837, in-80.

110. Le prince Eugène en 1814. Réponse au maréchal Marmont, publiée par M. Planât de la Faye, ancien njficier d'ordonnance de l'empereur; Paris, à la librairie nouvelle, 1857, in-8*.

111. Quelques obscmalions sur les Mémoires du duc de Raguse, par M. te comte Napoléon de Laurirton; Patis, chez Dentu, 1837, in-8".

1 12. Lettre de M. le général marquis de Grouchy, dans le Moniteur du * avril 1837.

H5. lettre de M. le général comte de Plahaull, dans le Moniteur du 9 avril 1*57.

114. La Défection de Marmont en 1814, etc., par Bapetli ; Paris, chez Poulet-Malassis et de Broise,

1838, in-8o.

Il a paru des Mémoires de Marmont quelques autres réfutations, mais nous ne les citerons pas, parce qu'elles sont étrangères à l'histoire de Napoléon.

115. Mémoires du comte Miot de Mdito; Paris, chez Michel Lévy, 1858, 2 vol. in-8».

Le V volume de en Mémoires a fié cartonné par suite d'une réclamation du prince Pierre Bonaparte.

1 16. Translation du cercueil de l'empereur Napoléon à bord de la /régate lu Belle- Pot lk. Histoire et vues pittoresques de tous les siles de l'Ile, se rattachant OU MlKOSUL DE SxmE-HELKSE et à Verpédition de S. A. R. le prince de Juin ville, i>ar Durand- Brager, peintre de marine; Paris, l«if, in-8'.

117. Sainte-Hélène, par E. Masictin ,cipitnincdu génie, dessins de Staal d'après 1rs croquis de t'.iuleur, un volume in-8": Paris, chez 11. Pion,

Le gouvernement anglais ayant cédé à la France Longwood et le tombeau de Napoléon, des travaux furent entrepris pour réparer les dégradations que ces lieux avaient subies depuis le 3 mai IS2I. O s travaux ont été exécutés des premiers mois de 183:) à la fin de 18W>, sons la direction de M. Maswlin, qui en a rpmlu compte dans l'intéressant ouvrage dont le titre précède.

HISTOIRES CtAtBiLES. — HISTOIRES PARTlCULItULS. — MÉMOIRES.

1 18. Histoire générale de Napoléon Bonaparte, de sa vie privée et publique, de sa carrière politique et militaire, de son administration et de son gouvernement, par A.C Thibaudeau ; Paris, chez Pouthieu, 1827,5 vol. in-8*.

H 9. Le Consulat et r Empire, ou Histoire de France et de Napoléon Bonaparte de 1789 à 1813, par A.-C. Thibaudeau; Paris, chez Rcnnuard, 1834- 1833, 10 vol. in-8».

Les écrits historiques de Thibaudeau laissent beaucoup a désirer pour ce qui concerne la guerre, la diplomatie et l'exposition générale des faits. Mais nulle part on ne trouve mieux (pie dans se» écrits l'histoire civile proprement dite, celle des lois et des institutions. L'auteur a recueilli un grand nombre de paroles de Napoléon dans le conseil d'État, et ces paroles, qu'il rapporte avec soin et fidélité, donnent a ses récits un prix inestimable. A la vérité, cet historien, si sincère qu'il soit, est souvent d'une impartialité fort suspecte ; Thibaudeau, en effet, a joué un rôle dans 1rs dernières assemblées de la révolution, et il appartenait a cette minorité qui s'est ralliée à l'Empire sans cesser d'être' républicaine. De là, le point de vue spécial auquel il a jugé tous les événements et tous les faits de l'histoire de Napoléon. Mais pour ceux qui savent apprécier l'importance des idées , il va quelque avantage A pouvoir connaître, sur chaque question, l'opinion d'une de ces grandes sectes qui se sont partagé l'esprit d'un temps. Or, Thibaudeau représente bien dans ses jugements la tradition de l'ancien parti révolutionnaire.

Voir les nn« l'fi et 137.

120. Mémoires tirés des papiers d'un homme d'Etat sur les causes secrètes qui ont déterminé la politique des cabinets dans les guerres de la Rè~ volution; Paris, chez L.-O. 3ticliaud, 1831-1838, 13 vol. in-8».

Ces Mémoires, ordinairement attribués 5 M. d'Allonville, sont de M M. d'Allonvillc, Michaud et Alphonse de Beauchamp. En les consultant avec quelque critique, on peut en tirer bien des rensei • gnements et bien des points de vue de beaucoup d'intérêt. Ces Mémofres contiennent d'ailleurs un grand nombre d'indications de documents, qui ont seulement licsoin d'être vérifiés.

121. Histoire de France sous Napoléon, depuis lel\9 brumaire jusqu'à ladeurième restauration, parBignon; Paris, 1829-1850, 14 volumes in-8».

Le tilre de cet ouvrage a quelque peu varié, dans le cours de sa longue publication, aux tomes l,f, IX, XI. Les tomes VII et VII! ont paru à Paris et à Leipzig. Les tomes Mil et XIV ont été rédigés par M. le baron Ernouf d'après les papiers laissés par M. Bignon.

On sait que M. Bignon avait reçu de Napoléon ta misdon d'écrire l'histoire des relations extérieures de la France sous le Consulat et l'Empire. Aussi son truvre est-elle presque exclusivement j»olitiquect diplomatique. Toutes les antres parties y sont eu général a^sez négligées. M. Bignon s'est efforcé de justifier le choix don! il a été honoré en apportant dans l'accomplissement de sa lAche un esprit résolu à ne rechercher, à ne trouver, à ne dire que la vérité, et la vérité il ne l'a épargnée ni à Napoléon, ni aux anus, ni aux ennemis de l'Empire. C'était là une manière d'entendre les devoirs de l'histoire bien digne de la confiance de Napoléon!

NAPOLÉON Ier

ment M. Bignon, devenu sous la Restauration un de* coryphées de l'opposition libérale, a pns parfois pour les inspirations de sa conscience lessuggcstions des besoins momentanés de son parti, et «on ouvrage porte trop souvent la trace du ces pensées superficielle*, médiocres ou faussée alors en usage dans les luttes parlementaire*. Mais nonobstant ces altérations accidentelles , la composition historique de M. Bignou est nn très-important et rrevprécieux document, plein de faits, d'aperçus, de citations. L'auteur ne néglige pas de mettre en saillie les détails intéressants, les mots de circonstance, les anecdotes du jour. Sur toutes les questions il a des renseignements puises aux bonnes sources. Il excelle à intercaler dans ses récits des lettres , des extraits de pièces , des preuves textuelles à l'appui de ses assertions ; et c'est la un grand art inconnu aux anciens. La partie rédigée par M. Ernouf, gendre de M. Bignon, est remarquable, entre antres qualités, par la franchise et la vivacité du sentiment politique et patriotique.

122. Hhloire de la République et de l'Empire [ I789-I8l3\par Félix Wouters, un fort volume in-4« de 1,002 pages à deux colonnes fort compactes; Bruxelles, chez M"" veuve Wouters, 1849.

Cet ouvrage est terminé par dos Annales fiapotéoniennet contenant l'histoire de la captivité de Sainte-Hélène et celle de la dispersion de la famille Bonaparte après 1813. On y trouve beaucoup de faits rangés par ordre chronologique en forme de journal, une partialité constante pour Napoléon et des appréciations toujours dictées par l'esprit révolutionnaire.

123. Histoire de la Révolution 'française, par M. Thiers ; Paris, 10 volumes in-S».

La I" édition a paru en 1823-1827, la 2« en 1828- 1829, et la 13» en 1837.

On a reproché à ce grand ouvrage : 1° de donner une explication insuffisante des causes du mouvement de 1789 ; 2° de trop incliner à l'apologie des hommes et des principes de la Révolution ; 3° de placer les excès eux-mêmes de ce temps sous l'excuse d'une sorte d'entrainement de la force des choses ; 4e de ne point tenir compte de l'importance des idées en lutte contre la Ré% olution ; 3* d'avoir par là exercé sur les esprits, en 1830 et depuis, une action qui a trop ravivé peut-être les passions révolutionnaires des générations nouvelles. — A ces reproches il y a bien des réponses à faire; nous en indiquerons une seulement. — 11 est dans l'humanité divers courants, diverses forces en compétition ; s'élever au-dessus d'elles, les comprendre et les expliquer toutes à la fois, cette Llchc est trop ardue pour l'esprit d'un homme ; tout ce que l'on peut et doit demander à un historien, c'est, quelles que soient ses tendances et ses options, de savoir toujours représenter, sans la diminuer ni l'exagérer, la part de vérité relative propre à l'opinion pour laquelle il se prononce. Or personne n'a jamais pu reprocher à M. Thiers de n'avoir point su garder cette exacte mesure ; historien de la Révolution, tout ce qu'il a dit est juste, vrai, conforme aux faits. C'est aux historiens contraires à la Révolution qu'il appartient, non d'exiger de M. Thiers ce qu'il ne saurait être, mais do tâcher de l'imiter en faisant valoir à leur tour l'autre part de vérité.

Mais ce que l'on n'a jamais contesté à M. Thiers, c'est le grand art du récit, la clarté, l'intérêt attachant des expositions, son bon sens animé, et, soit qu'il blâme soit qu'il approuve, l'honnêteté généreuse, passionnée, sympathique de ses jugements.

M. Thiers raconte dans ses derniers volumes les campagnes d'Italie, d'Egypte, de Syrie : c'est la jiartic que l'on a toujours la plus admirée.

124. Histoire du Consulat et de l'Empire, par M. Thiers; Paris. chez Paulin, 1*45-1862,20 vol. in-8°.

Entre cet ouvrage et le précédent il y a eu pour M. Thiers bien des révélations : dix-huit ans d'expérience personnelle dans les grandes affaires d'État ; une catastrophe inattendue, produite par une nouvelle* explosion des forces révolutionnaires; le rétablissement de l'Empire après quarante ans de régimes contraires qui croyaient l'avoir remplacé et supprimé. Jamais historien près de reprendre son œuvre ne vit venir a lui plus de clartés à la fois. La haute raison de M. Thiers était digne de cette fortune extraordinaire ; elle n'eu a pas été accablée ; et si l'on trouve ça et là, dans cette nouvelle composition , quelques clfets , bien naturels, des mécomptes de l'homme d'État, ce qui s'y montre encore mieux, c'tst la résignation sereine «l'une âme. supérieure et forte , c'est l'observation des faits devenue plus étendue, plus pénétrante et plus sûre, c'est encore, signe certain de l'éminente valeur morale et de la bonté de l'esprit de M. Thiers, non point ce scepticisme et cette irritation chagrine qui sont presque toujours la suite du spectacle et des épreuves des révolutions, mais bien une foi plus clairvoyante et plus assurée dans les principes nécessaires à l'ordre social, un amour plus profond et plus vif du droit et de la liberté. Il est presque superflu de dire que l'auteur de l'Histoire de la Révolution n'a pas changé de sentiment en entrant dans ce nouvel ensemble d'événements oii la Révolution s'est développée, sous la main de Napoléon, avec autant d'énergie que de sagesse; M. Thiers est resté, avec la modération [>as*ionnéc et ferme de son caractere, l'écrivain toujours partial des principes de 1789. Cequ'il comprend bien dans l'œuvre de Napoléon, ce n'est pas ce qui échappe au cercle des tendances révolutionnaires, c'est toujours ce qui en est le triomphe, le progrès et l'organisation.

L' Histoire du Consulat et de l'Empire a obtenu un des plus grands succès que puisse citer la librairie sérieuse; il s'en est tiré, assurc-t-on, plus de 05,000 exemplaires , et les tirages continuent. Nonobstant ce succès, et peut-être même à cause de ce grand succès, bien des reproches ont été adressés à l'auteur. Les uns, les plus futiles, ont remarqué ses négligences de style ; d'autres, ses préventions et ses accès de partialité pour et contre quelques hommes ; d'autres encore, le dédain dans lequel M. Thiers semble avoir tenu les travaux de ses devanciers qu'il ne cite presque jamais ; il y a eu des réclamations, des réfutations : M. Thiers a rarement cru devoir y faire droit. Certains critiques, poussant plus avant leur examen, ont demandé compte à M. Thiers des variations de ses jugements sur Napoléon. La partie militaire, toujours traitée supérieurement, a soulevé pourtant çà et là plus d'une contradiction de la part des hommes spéciaux. La partie plus particulièrement politique a paru tantôt faible, tantôt erronée, te plus souvent arbitraire et non réglée d'après les vraies maximes de la raison d'État ; ou y a trouvé l'incertitude et parfois la médiocrité de la politique propre aux discussions parlementaires et aux pratiques gouvernementales do I?50àt848. La partie administrative a seule été irréprochable pour tous les juges.

Mais ces critiques, au reste .ouïes fort exagérées, ne sauraient empêcher ['Histoire du Consulat et de l'Empire d'être une œuvre admirable pour la pléni-

KAPOLÉON Ier

tude et la sûreté de ses renseignements, l'abondance r «le ses aperçu», la vivacité de son style clair et rapide, la belle ordonnance de ses expositions, la puissance dramatique de ses récits; e'est une véritable et grande création; on pourra la compléter, l'abréger et même la corriger çà et là en quelques parties ; mais elle restera toujours le monument autour duquel se dresseront, pendant bien longtemps, toute 6 les j autres tentatives des futurs historiens de l'ère na- ' poléonienoe.

1"23. fie de Napoléon Bonaparte, par Walter Scott, traduite en français; Paris, 1827, 9 volumes in-8», et 18 in- 12.

C'est le recueil de toutes les opinions . exagérées \ ou fausses, de la coalition européenne contre Napoléon, l'Empire, la France, la révolution. Nous ne jugerons pas ce livre d'un ennemi.

126. Réfutation de la Vie de Napoléon par sir Walter Scott, par le général Gourgaud; Paris, j 1827, 2 vol. in-8°.

127. Réponse à sir Walter Scott , par Louis Bo- i naparte, comte de Saint-Leu; Paris, 1*2», in-8°, | 2e édition en 1829.

128. Histoire de Napoléon, par M. dcNorvins; ; Paris, 1827 et suiv., 4 vol. in-8» ; plusieurs éditions, j

Cette Histoire, qui a été très-populaire, représente la première tradition établie sur Napoléon et | l'Empire : un grand enthousiasme militaire et pa- I trioliquc, beaucoup de préjugés et d'injustice contre les adversaires, un libéralisme d'invention nouvelle, des sentinumU révolutionnaires trèsnaïfs bien i|ue déjà vieillis.

129. Observations sur /'histoire, de M. de Nor- \ vins, par Louis Bonaparte, comte de Saint-Leu : Paris, in-S".

tr»0. Histoire de Napoléon, par Elias Regnault; Paris, clic* Perrotin et Pagnerre, 1846, 4 vol. in-12.

Cet ouvrage est un des meilleurs abrégés qui aient été faits. On y trouve une i>ensée forte, des aperçus ingénieux, une exposition dramatique, un style vigoureux, et tous les jugements de l'école révolutionnaire.

131. Histoire de Napoléon , de sa famille et de son époque an point de vue de rinjliience des idées napoléoniennes sur le monde, par M. E. Itégin ; Pari», chez Pion, 1853-1834, 3 vol. in h".

Celle Histoire, qui laisse peut-être à désirer pour le choix des documents, présente un grand nombre de faits exposés avec beaucoup de vivacité et d'imagination. Elle appartient aussi , par l'inspiration , à l'école révolutionnaire.

132 Histoire de Napoléon, par Abcl Hugo ; Paris, chez Ed. Testu, 1833, in-80.

M. Abel Hugo a réuni dans cet ouvrage une série de tableaux présentant les phases priucipales du Consulat et de l'Empire. Aussi bien pensé qu'il est sagement écrit, ce résumé, fait sans prétention , est un de ces livres, trop rares, qu'on peut laisser entre les mains de la jeunesse.

133. Histoire des deux Restaurations jusqu'à la chute de Charles X, par A. de Vaulabelle ; Paris, 1844-1847, fi vol. in-8».

Cet ouvrage a eu une seconde édition en 1833, et depuis, croyons-nous , plusieurs tirages. Quelques parties y sont consacrées à la campagne de France en 1814, aui Cent- Jours, à la captivité de Sainte- Hélène, aux conspirations bonapartistes de la Restauration. L'auteur, qui s'est montré consciencieux dans le choix de ses documents, a su mettre beaucoup de droiture et de bonne îoi au service de passions exclusives et partiales. On trouve dans cet

ouvrage, fortement conçu et vigoureusement écrit, les jugements et les traditions de l'école révolutionnaire et républicaine.

134. Histoire de Napoléon, par le baron Martin (de Gray), ancien membre du Corps législatif et de la chambre des députés, 2* édition augmentée d'un avant-propos par M. Louis de Noiron et précédée d'une prérace par M. Charles Weiss ; Paris, chez Lcdoyen, 4858, 5 vol. in-8*.

Cette Histoire , qui a de fervents appréciateurs, est une œuvre faite avec beaucoup d'étude, de plus écrite avec une éloquence soutenue. L'auteur n'appartient à aucune secte politique, et on ne découvre dans ses jugements aucun parti pris pour ou contre la révolution. Mais il considère son sujet en moraliste; il est fortement libéral, et tout en admirant avec une sincère sympathie le génie de Napoléon, il ne néglige aucune occasion d'accuser en lui les excès d'ambition et de pouvoir.

133. Histoire de la Restauration , par M. de Lamartine; Paris, 1831-1833, 6 vol. in-8°.

Le tome I«r de cette Histoire contient une appréciation de l'ère impériale et de son principal acteur. C'est une éloquente et éclatante imprécation contre le génie de Napoléon. Il semble que M. de Lamartine, comtno M. de Chateaubriand, ait souffert impatiemment de trouver son siècle déjà occupe par la gloire. Mais les grands esprits se trouqient autrement que le vulgaire; leurs erreurs sont tout jours comme des explorations à la découverte d'horizons nouveaux, et il y a profit à les suivre même dans leurs divagations les plus aventureuses. Au reste, les idées de M. de Lamartine sur Napoléon ont été réfutées avec autant d'autorité que d'élévation dans une lettre datée du fort de Ilani, 23 aofit 1843; M. de Lamartine n'avait pas encore publié alors son Histoire delà Restauration; mais déjà il avait hit connaître son jugement sur le Consulat et l'Empire; c'est à ce jugemeut que répond la lettre ci <le»sus indiquée et rapportée dans les OEuvrcs de Napoléon III, tome Ier, p. 331-370.

t36. Mémoirts sur la Convention et le Dircctoire, par Thihaudcau ; Paris, 1827, 2 vol. in-8°.

137. Mémoires sur le Consulat de 1799 à 1804, par un ancien conseiller d'État (Tbibaudeau) ; Paris, 1827, in-8*.

I"8. Mémoires, souvenirs , opinions et écrits du duc de Gaête; Paris, chez Baudouin. 1826, 2 vol. in-8*.

Aces Mémoiresda ministre des finances du consulat et de l'Empire , il y a un Supplément publié eu 1831, qui en evt la partie la plus estimée.

139. Mémoires d'un ministre du Trésor public (le comte Mollien) de 1780 à 1813 ; Par s, chez Fournier, «843, 4, vol. in -S".

140. Histoire des cabinets de l'Europe jwndant le Consulat et l'Empire, par M. Armand Lefcbvrc; Paris, 1843-47, 3 vol. in-8°.

141. Les Quatre Concordats, suivis de considérations sur le gouvernement de l'église en général et sur l'Eglise de France en particulier, par l'obbû de Pradt ; Paris, 1818, 4 vol. in-8°.

Cet ouvrage a eu l'honneur d'être annoté par Napoléon à Sainte-Hélène ; nous ne le citons qu'à ce litre.

i M. Mémoires du cardinal Pacra, traduits de l'italien par l'abbé Jamet ; Caen, 1832,2 vol. in-8°.

143. Notice sut la vie et les travaux de M. le comte Bigot de Prcamencu, ministre des cultes sous l'empire, l'un des trois rédacteurs du projet du Code civil, par M. Auguste de Nougamlc de Fayet ; Paris, chez Didot, 1843, in-8», de 71 pages.

447 (») NAPOI

On trouve dans cette notice une indication précieuse sur l'enlèvement du pape opéré à Rome à l'insu et sans l'ordre de Napoléon.

144. Journal cTAbdurrahman Gabarit pendant l'occupation française en Êgypte, suivi d'un Précis de la même campagne par Mou' allem Nicolas-elturki, traduit de l'arabe par A. Cardin ; Paris, chez Dondey-Duprë, 1838, in-8°.

145. Histoire de Cezpt'Jition des Français en Êgypte par Nakoula-el-turk , traduite et publiée par Desgranges ; Paris. 1839, in-8«.

146. Hecherches historiques sur le procès et la condamnation du duc d'Enghien, par M. Auguste de Nougarede de Fayet ; Paris, 1844, 2 volumes in-8°.

Ouvrage fait avec un soin consciencieux, et plein de documents. L'auteur, qui est un pctiMils de l'ancien ministre des cultes Bigot de Préamoneu, y soutient la thèse de la non-participation du premier consul à la condamnation du duc d'Engliicn.

147. Les Polonais à Somo-Sierra , en 1808, suivi des opinions de Napoléon /*' sur ta Pologne, etc. ; Paris et Berlin, 1853, in-8°, de 6» pages.

148. V Odyssée polonaise etc., par M. Elias Regnanlt; Paris, 1862, in-8».

On trouve dans cet ouvrage un historique, un peu partial, de la politique de Napoléon envers la Pologne.

149. Itinéraire de Napoléon de Smorgoni ù Paris, épisode de la guerre de 1812, etc., jwr le baron Paul de Bourgoing; Paris, chez Dctitu, 1862, in- 12.

150. Histoire de l'ambassade dans le grand duché de Varsovie en 1812, par M. de Pradt; Pari», «813, in-8°.

Napoléon, a Sainte- Hélène, a, de sa main, annoté nn exemplaire de cet ouvrage. Nous n'avons point d'autre raison pour le citer. I.e début en est d'un grotesque grandiose. L'ensemble se com|x>sc de méprises et de calomuies. On y trouve pourtant des traits d'observation fort ingénieux, et vers la tin, le récit d'une entrevue avec Napoléon de retour de Moscou ; ce récit, souvent cité, est malgré l'auteur, d'un pathétique navrant.

151. La Domination française en Italie, 1800- 1814, par M. le comte Frédéric Sclopis, mémoire lu à l'Académie des sciences morales et politiques; Paris, 18G1, in-8».

C'est l'œuvre d'un esprit élevé et sage.

132. De la bataille et delà capitulation de Paris, suivi de la 2" édition du Congrès de Chûtilton, par Pons (de l'Hérault) ; Paris, 1828, in-8°.

133. Événements de 1814, etc., par un ancien officier attaché à l'état-roajoc du roi Joseph; Paris, 1844, in-8°, de 75 pages.

Cet opuscule, qui est une justification de la conduite du lieutenant général de l'Empire en mars 1814, se trouve à peu prés fondu dans les Mémoires du roi Joseph. On doit lire sur le même sujet la notice intitulée : c Quelques mots sur Joscph-Nal>oléon Bonaparte » ; dans les Œuvres de Napoléon III, tome II, p. 413-460.

154. Histoire du soufflet donné ù M. de Talleyrand-Périgord, par Marie-Armand, comte de Guerry-Maubreuil , marquis d' Orvaull (par Maubreuil) ; Paris. 1861, in.8-, de 164 juges.

153. Récit historique sur la restauration de la royauté en France, le 31 mars 1814, par M. de Pradt ; Paris, 1816, 2« édition, in-8-, de 103 pages.

136. Souvenirs contemporains d'histoire et de lit. tenture, par M. Villemaiu ; Par s, 18.53, 2 vol. in-8".

Tout ce qui sort de la plume de II. Villemaiu est

ÉON 1er 4lS(")

. ingénieux, éloquent, d'une haute distinction, même l'hostilité. Ces Souvenirs sont pleins de Napoléon; on y trouve plusieurs épisodes importants de l'Empire. Le second volume est tout entier consacré aux Cent-Jours.

' 137. Victoires et conquêtes, désastres, revers et ! guerres civiles des Français de 1792 à 1813, par une i société de militaires et de gens de lettres; Paris, I chez Panckoucke, 1 8 1 8 et années suiv., 27 vol. in-8°. I 138. Histoire des campagnes de l'empereur Napoléon dans la liavière et l'Autriche en 1805, dans ta Prusse et la Pologne en 1806 et 1807, dans la Bavière et l'Autriche en 1809. Mémorial du dépôt de la guerre; Paris, chez Picquet, 1*45, ln-4».

159. Mémoires sur la guerre de 1809 en Allemagne avec les opérations particulières des corps d'Italie, de Pologne, de Saxe, de N a pies et de Il alcheren, par le général Pclet ; Paris, chez Roret, 1821,4 vol. in-8».

»60. Histoire dt Napoléon fit de la Grande- Armée pendant l'année 1812, par le comte de Ségur ; Paris, 1852, I6« édition, 2 vol. in-8°. La l'« édition est de 1824.

161. Histoire de Vexpèdition de Russie, etc., par le marquis de Chambray ; Paris, chez Pillet, 1838, S* édition, 5 vol. in-8°.

162. Les derniers jours de la Grande- Armée, ou ; Souvenirs, documents et correspondance inédite de

Napoléon en 1814 et 1813, par Hipp. de Mauduit;

Paris, 1847. 2 vol. in-8°.

| 1f>3. Mémoires pour servir à l'histoire militaire ; sous le Directoire, le Consulat et l'Empire, par le

maréchal Gou v ion Saint Cyr; Paris, Anselin, 1831,

4 vol. in-8°.

16». Mémoires du maréchal Ney, publiés par sa famille; Paris, chez Fournier, 1833, 2 vol. in-8».

163. Mémoires du comte Belliard, écrits par luimême et mis en ordre par M. Vinci, l'un de ses aides

; de camp; Paris, chez Uuquet et Pction, 1842-1843,

5 vol. in-8°.

160. Mémoires pour servir à la campagne de 1814, par le général Kodi; Paris, chez Magimcl, 1819,2 vol. in-8».

Pamphlets.

On trouvera peut-être que de pareils écrits ne ! doivent pas être recueillis et cités. Nous ne sommes 1 pas de cet avis. Les accusations portées contre un 1 homme ne sauraient être dédaignées par l'iristoire. I Ces accusations sont-elles seulement des exagéra- \ lions de faits vrais? Elles prouvent beaucoup , et c'est le bon droit des accusateurs. Ne sont-elles, au , contraire , que de mensongères suppositions de faits imaginés par la haine? Elles prouvent beaucoup encore, et c'est l'innocence de l'accusé. Or, nous ' avons pensé qu'il u 'était pas sans intérêt de laisser voir, par les pamphlets indiqués ci-après, tous choi- ' sis entre les i>lus fameux, quelle a pu être la va- , h-ur des invectives dirigées contre la gloire de Napoléon. — Au reste, dans la liste qui va suivre, on trouvera quelques livres qui n'ont, du pamphlet, qu'un Irait, et c'est le parti pris de dénigrement.

H»7. Le Catéchisme civil et petit abrégé des obligations de tout Espagnol, etc., traduit de l'original eu français.

Ce Catéchisme, souvent cité, au moins par fragments, n'est pas un pamphlet s c'est la protestation, la vengeance, le cri de guerre d'un peuple. On le trowe dans les Mémoires tirés des papiers d'un

\ homme d'État, etc., tome.X, |»age 305.

t 108. Histoire secrète du cabinet de Napoléon Buo-

va parte et de la cour de Saint- Cloud, par Lewis Goldamitb, notaire, ex- interprète pré* 1rs cour* tic justice et le conseU de» prise» de Paru; Londres, 1810, in-S<>.

Celte Histoire, réimprimée en deux volume» in-8", en 18(4, est suivie de deux apitcndiccs, le premier composé de pièces plus ou moins authentiques, le second d'une biographie, très -satirique , des personnages de la cour et du gouvernement de l'Empereur. C'est l'opinion que l'on voulait avoir en Angleterre sur Napoléon et l'administration de la France.

Les deux ouvrages suivants appartiennent à la même catégorie des calomnies imaginées en Angle* terre.

IG9. le Moniteur secret, ou Tableau de la cour de Napoléon, de son caractère et de celui de ses agents; Paris et Londres, 181*, 2 vol. in-8\

170. Recueil des manifestes, proclamations, discours, décrets, etc., etc., de Napoléon Buonapartc, comme général en chef des armées républicaines, comme premier consul et comme empereur et roi, extraits du MoiMTtlH, par Lewis Goldsmitii, etc.; Londres, 1810, in-8*. Ce volume est divisé eu trois parties ; la 3e partie a paru en 1811.

On doit remarquer que, dans cette composition , il y a : 1° des pièces réellement tirées du Moniteur. mais séparées des circonstances qui les expliquent, les excusent ou les justifient, de plus accompagnées de commentaires aggravants; 2" des documents tout a fait apocryphes dont on imagine aisément le caractère. L'auteur a |>ensé sans doute qHe ces dertiiers documents, pour lesquels le recueil est Tait, « raient admis avec confiance par les lecteurs crédules, grâce au voisinage des pièces ofncielles avec lesquelles ils se trouvent mêlés.

171. De Buonapartc, des Bourbons et de la nécessite de se rallier à nos princes légitimes pour le bonheur de la France et celui de l'Europe, par M. de Chateaubriand ; Paris, 1814, in-8-.

Ce pamphlet produisit à son apparition un grand effet ; il donna le signal à cette explosion d'écrits ignobles qui n'est pas une des moindres souillures des premiers mois de 1814. Aujourd'hui on ne le connait plus; mais il n'est pas encore assez oublié pour la gloir; de Chateaubriand.

172. Le /Iriqand corse, ou Crimes, forfaits, attentats et pèches de .Xicolas Bonaparte depuis l'âge ite treize ans jusqu'à son exil à l'ile de Sainte- Itvlt ne ; Paris, 1814 et 1813, 2 vol. in-52.

Voilà le type des écrits de ce genre. Château* briaud eut l'humiliation de voir son succès dépassé par celui de ce livre sans nom. Et ce fut justice. Le Brigand corse eut plusieurs éditions. I>c 1814 à 1813 il s'augmenta d'anecdotes nouvelles et devint de plus en plus scandaleux. Tout d'un coup on n'en entendit plus parler; la main de la police qui avail lancé cet affreux libelle, s'était retirée. On ne sait pourquoi en 1814 il fut trouvé plaisant de changer le nom de Napoléon en celui de Nicolas.

17". Jvenluirs extraordinaires de Buonaparte depuis l'tuvvu- <l.- sa d,ehtane, jusqu'à celte de son arrivée u Cle.d'Llbe, etc., etc.; Paris, 1814, in -.2.

174 Bonaparte et sa famille, ou ConjhU ares I d'un de leurs awiens amis ; Paris, 1816, m-l«.

17.'i. Conspiration de Buonaparte contre j Louis A/ ///, par Lam.irteli.re; Paris. 1813, in-8-. !

t7<;. Hist-are du cabinet des Tuileries depuis le 20 murs I8ID, et de la conspiration qui a rame mi 1

NAPOLKON lPr

Buonaparte en France; Paris, 1813, in-8\ 2* édàt.

177. Mémoires secrets sur Napoléon Buoni parte écrits par un homme qui ne Va pas quitté depuis quinze ans; Paris, 1815, 2 vol. pet. in- 8°, 4e edit.

178. Tableau historique des prisons d'ÊUil en France sous le règne de Buonaparte , par AL Eve dit Dcmaillot, vieillard «infirme et prisonnier d'État pendant dix ans; Paris, 1814, in-8*.

179. L'Echo des salons de Pari» depuis la Restauration, ou Recueil d'anecdotes sur Tex-empereur Buonaparte; Paris, chez Dciaunay, 1814-1815, 3 vol. in-12.

Cet ouvrage, composé avec quelque esprit, est un résumé de tous le» pamphlets publiés contre Napoléon jusqu'en 1815. C'est, dans son genre, le seul livre peut-être dont la lecture soit supportable; car s'il contient d'ignobles inventions, ce qui n'est pas douteux, on y trouve aussi quelques anecdotes assez plaisantes sur plusieurs sorte» de personnages.

180. Recueil de pièces officielles destinées à détromper les Français sur les événements qui se sont passés depuis quelques années, par Frédéric Schœll ; Paru, 1814-1816, 9 volumes in-8*.

U est possible que ce Recueil ait été fort accablant , à son a|>parilion , pour quelques enthousiastes de l'Empire; mats aujourd'hui il ne saurait plu» surprendre personne ; et l'on n'y trouve que des documents intéressants et curieux.

La phase des pamphlets s'arrête en 1815. Cependant on en rencontre encore quelques-uns, à de rares intervalles : en 1821, au moment de la plus grande exaltation de la gloire napoléonienne, après 1830, alors que les partis politiques eurent commencé à se préoccuper de plus en plus du nom de Napoléon.

181. Paris, Saint- Cloud et les départements, ou Buonaparte, sa famille et sa cour, par un chambellan forcé à l'être; Paris, 1820, 2* édit., 3 in-8\

182. Napoléon, sa naissance, son éducation, sa carrière militaire, son gouvernement, sa chute, sou exil et sa mort, par M. C"*4* ; Paris 1821, in-12.

183. Mémoires de Napoléon Bonaparte recueillis et mis en ordre , par le rédacteur des Mémoires de S. M. Louis XI III; Pari», 1834.

184. Les dernières réflexions de Napoléon, écrites par lui-même à l'ile Sainte-Hélène , trouvées en août I83ti par un officier anglais, qui vient seulement de les faire connaître en France; Lyon, 1837, in-12 de 14 pages.

Nous n'avons pas pu nous procurer cet écrit.

Théories politiques.

Les théories («obliques dont l'enivre de Napoléon a élé l'objet ou le prétexte n'ont pas donné lieu à un grand nombre d'ouvrages, et ces ouvrages, de valeur fort inégale, ne «ont pas tous dignes d'être cités. Il est, tic plus, à remarquer, au sujet de ces théories, qu'elles ont beaucoup varié, et qu'à chacune de leurs phases principales elles n'ont pas été toujours représentées par des livres.

Ainsi, sous l'Empire, une idée s'est produite, et c'est que Napoléon était le réparateur de l'ordre monarchique , compromis a la fuis par les abus des princes, les sopbismes des philosophes et le» excès «les révolutionnaires. En voyant la révolution maîtrisée, l'autorité rétablie, la royauté reconstruite avec l'escorte d'une nouvelle noblesse , les esprits clairvoyants de l'ancien régime conçurent une espérance : ils crurent assister a une palingénestc de la civilisation-, ils étaient près do saluer

-f 17 C*7) iNAPOL

en Napoléon on antre Chariemagne , chef d'une quatrième dynastie dont les exemples relevaient le concept moral de la souveiatneté et raffermissaient tous les trdues à la fois. Telle était l'idée «me Napoléon lai-raême tendait à faire prévaloir, et i contre laquelle luttaient le» révolutionnaires aussi \ bien que les royaliste*, ceux-ci par attachement , l»our leurs vktux princes, ceux-là par horreur imur i le princi]>e de l'hérédité du pouvoir. L'idée de | Napoléon régénérateur de l'ordre monarchique j et fondateur d'une nouvelle dynastie ne se mon- j Ira en France qu'en quelques rares manifestes, notamment dans les discours de M. de Fontanes; a l'étranger, clic fut surtout aperçue par un grand esprit, M. Joseph de Maistrc, qui la signalait dans sa correspondance secrète, depuis publiée. Toutefois cette idée commençait à se former et à prendre corps, lorsqu'elle fut violemment compromise par les excès de prépotence et de dictature auxquels l'Empire |«rut s'abandonner à partir du traité de Tdsit. Lue autorité régulière et durable admet et n'exclut pas la liberté; or, l'Empire semblait exclure et ne pas admettre la liberté : on se demanda des lors si l'Empire pouvait bien être une création, s'il n'était pas plutôt un accident nécessairement passager et seulement une phase du mouvement révolutionnaire.

Celte seconde idée se ht Jour dans les esprits troublés surtout après I8U. Napoléon tombé, il parut que tout droit populaire s' affaissait en Europe , que la liberté perdait jusqu'à l'espoir de son rétablissement et que l'ancien régime remplaçait partout ia révolution. Comment douter que la révolution ne fût |»as l'Empire? La défaite des deux causes avait été simultanée. Le retour de i'ile d'Elbe se lit aiusi aux cris sinistres des fureurs de 179.". Les Cent-Jours furent le triomphe tumultueux de cette nouvelle conception. Napoléon, qui sentait vivement combien cette idée calomniait cl démentait ses glorieux précédents de reçoit rue leur de l'ordre européen, s'opposait, autant qu'il était en lui, a l'illusion commune. Il eût voulu qu'on vit en son œuvre ce qui n'avait cessé d'y être, une réconciliation de tous les principes vrais et nécessaires de l'ancien régime et de la révolution. Les efforts de sa sagesse n'aboutirent qu'à inspirer des inquiétudes et des méfiances à ses partisans les plus emportés, fl y eut un arrêt dans l'enthousiasme public; les intrigues hostiles en furent enhardies: «.lies profilèrent du contre-coup de Waterloo pour surprendre Napoléon et précipiter une seconde fois sa chute.

Quelle était donc la signification de l'Empire? ' La révolution venait de le répudier ; l'ancien régime n'avait jamais cessé de lui faire la gue-re. Des esprits s|iéculatifs , se prévalant de ces incertitudes, ' donnèrent alors un libre cours à leurs rancunes. 1

Ce qu'était l'Empire scion eux, ils osèrent le dire enlin tout haut. C'était un immense mouvement d'une prodigieuse fécondité, que venait de faire avorter l'ambition d'un seul homme. L'Europe, la France, les institutions modernes avaient été entre les mains de cet homme : l'Europe en sortait plus troublée que jamais, avec moins de peuples libres et plus d'États despotiques ; la Franco , désormais odieuse aux nations, retombait sur elle même , meurtrie et amoindrie ; dans les institutions il n'y avait plus de | place pour la liberté. Napoléon avait outragé la nature humaine ; il avait fait voir jusqu'où l'on peut l'abaisser. Les caractères étaient affaissés, les mœurs l«ditiquc< corrompues, les principes frappés d'interdit. Napoléon n'avait eu qu'un art et qu'une i

ÊOS Ier 448 (r)

puissance : il avait su tromper toute une généralion et dnrer prés de quinze ans contre les lois de l'éternelle justice. C'était l'art du mensonge et la puissance du mal.

Mais pendant que l'esprit de liberté se vengeait ainsi de l'homme qui l'avait méconnu par ses pratiques plus encore que par ses maximes, une légende unissait d'elle-même dans le cœur du peuple. Les vieux soldats , Tiers de leurs blessures, racontaient autour d'eux, dans les chaumières et les ateliers, les grandes choses auxquelles ils avaient pris part : les terribles mêlées , les privations et les fatigues sans nom, les capitales occupées, les princes prosternés; une seule gloire, celle de la France. Certes il y avait eu des revers ; mais pourquoi ? Parce que la France avait été faite par lui trop grande. Sans les ingrats et les traîtres, il l'eût encore emporté. Accablé par le nombre, il tomba. La patrie tomba avec lui. La légende croissait ainsi, ne séparant plus la cause de Napoléon de celle de la France ; après la solidarité delà gloire, la solidarité, plus étroite, plus intime et sacrée, du malheur.

A ce moment on entendit accourir de Sainte-Hélène d'étranges récits i le captif des rois était en proie a dïndignes traitements. L'émotion populaire ne connut plus de rassure. Napoléonétait semblable au Juste : il souffrait pour l'alfranchissement du genre humain. 11 y eut de nombreux complots; les conspirateurs s'en allaient à travers les populations, exploitant cette exaltation extraordinaire et la surexcitant sans cesse. Les écrivains, à leur tour, et les orateurs politiques qui voulaient trouver dé l'écho dans le pays, ne parlaient plus de liberté, d'avenir, de progrès, de grandeur nationale sans mêler à leurs discours des allusions, des appels aux souvenirs, aux espérances, aux regrets laissés par Napoléon. Rien ne manqua à la légende qu'avaient commencée et qu'entretenaient plus d'un million de soldais répandus dans toute la France. Réelle ou feinte, elle eut l'adhésion de tous les esprits ; elle se grossit de tout ce qui s'agitait dans les imaginations populaires. Notre époque, rationaliste entre toutes, eut le spectacle d'une de ces transfiguralions anlhropomorphiqucs qui sont l'étonnement de la philosophie de l'histoire et que l'on croyait propres seulement aux temps fabuleux. Tout un ordre nouveau de civilisation s'est personnifie dans un homme.

On (Kiurrait citer des témoignages bien curieux de cet étrange phénomène, s'il était permis d'insister sur des faits qui semblent appartenir à la région des rêves. Ainsi, il est certain que, dans les camp.igncs de France et ailleurs, on a longtemps refusé de croire à la mort de Napoléon. Napoléon paraissait immortel, comme l'œuvre de ses institutions qui restait debout malgré la chute de l'Empire. Nous avons |>ersoiinellcmcnt connu un homme faisant partie d'une sorte de confrérie dont les membres se réunissaient, à certains anniversaires, pour communier en Xaiwléon; ils rompaient le pain et scie partageaient. Le bon sens, toujours un peu ironique, de nos populations, a fait obstacle en France à la propagation d'une pareille idolâtrie. Mais l'invocation religieuse , le cuite de Mupnlto» s'est retrouvé ailleurs, cl, chose surprenante, dans des pays qui ont eu le plus à souffrir de la politique de l'Empire, en Pologne et même en Russie. D'après un récit tout récent, c'est le héros légendaire de la France qui aurait seul le mérite de la grande mesure de l'affranchissement des serf* par Alexandre 11. Napoléon, en 1812, avait envahi la

447 (") NAPOI

Moscovie ponr contraindre !e ezar à donner la lïlierté aux serfs; il se relira, ayant obtenu la promesse de cet affranchissement. Cotte promesse tardant a s'accomplir, Napoléon revint, en «833, par la Crimée, et le ciar dut s'exécuter. Que l'on substitue au nom de Napoléon l'idée de liberté et d'égalité civile signifiée par ce nom , et la fable absurde rentre dans le domaine des réalités de l'histoire; car, évidemment, la grande mesure de l'affranchissement des serfs de la Russie n'est pas un fait spontané il propre de cette race asiatique naturellement servile : c'est une contrainte exercée par leo idées de droit de la civilisation occidentale. — En mars 18*8, nous demandions à un homme tenant a Juste litre une place éminente dans le mouvement révolutionnaire, ce qu'd augurait de l'avenir : < La légende na|Hdiloniennc nous enveloppe », non9 répondit-il, • il n'y a de triomphe possible mie pour elle ». Cependant, à ce moment, tout semblait nous rapprocher bien [dus d'une représaihe du 9 tbrriuidor que d'un renouvellement du 18 brumaire ;l'<ruvre de Napoléon, éludiéc d'après les documents authentiques, avait donné lieu à des ouvrages tout à Tait conçus en dehors des rêves mythologiques de la tradition légendaire ; l'héritier de l'Empire, notamment, avait publié, en 1839, sous le titre à' Idées napoléoniennes, un livre d'un rationalisme passionné et puissant. Napoléon ne relevait plus que de la raison critique, et comme tout problème débattu par l'esprit humain, il était l'objet d'incertitudes et de doutes sans nombre. Mais cela se passait îinsi dans les régions de la science et de la politique lettrée; et lorsqu'cn 184* on descendit dans les profondeurs du suffrage universel, l'on n'y découvrit encore, sou» les débris superposés d'un demi-siècle de régimes différents, quun nom toujours vivant : Napoléon.

Les livres dont nous allons donner la liste correspondent bien incomplètement aux diverses phases des conceptions théoriques indiquées par nous dans les lignes qui précèdent.

185. Napoléon, par Channîng, dans le recueil des œuvres de cet écrivain protestant d'Amérique, publié par M. Charles de Rémusat sons le titn; de Channing, sa ne ci ses œuvres, 2* édition, Taris, 4861, ln-8°. On trouve dans cet ouvrage une expression fort animée et fort éloquente des sévères jugements portés sur Napoléon par l'école libérale. L'extrême véhémence et c'a et li l'injustice de certaines appréciations rapprocheraient cet écrit du pamphlet; mais l'auteur cède, même dans ses excès, a une inspiration morale qui le place naturellement dans une région plus élevée.

186. Question décisive sur Napoléon, sans nom d'auteur; Paris, 1840, in 12, de 22 pages.

Cet opuscule, qui est de lloêné Wronsk:, semble cire comme le prodrome de l'ouvrage ci-après du même auteur.

487. Secret politique de Napolécn, comme base de V avenir moral du monde, par Uoêné Wronski ; Paris, 1840, in-8° de «28 pages.

Dans cet ouvrage, d'une formule fort abstraite et diflicde à suivre en ses développements, l'auteur prend à tiche de démontrer que Napoléon a fondé une nouvelle conception de la souveraineté et du droit, et que cette conception, rigoureusement conforme aux suprêmes postulatn de la raison humaine, aussi éloignée des superstitions de l'ancien régime que des impiétés anarchiques de (a révolution, véritable création du génie, contient les princi[>es essentiels à l'ordre moral des sociétés.

ÉON Ier MS (*)

| 188. V Église et le Messie, par Adam Mickicwicz ;

Paris, 18*3, in-8\ Contenant le cours professé par 1 l'auteur au Collège de France de décembre 1843 à

mai «8*4.

Quelques détails relatifs au culte de Napoléon en 1 Pologne et en Russie se lisent en cet ouvrage, surprenante relation du cours peut-être le plus étrangement éloquent qui ait été fait dans une chaire de l'enseignement public eu France. A ce culte ' de Napoléon se rattachaient, pour M. Mickiewicz. des idées religieuses et politiques dont l'éclat Tut c\trême en 1844. Lors de la dernière leçon faite 1 par le professeur, on distribua dans l'auditoire des lithographies représentant Napoléon , le Magistrat ; du t erbe, tel qu'il avait apparu à quelques adi-ptes I de Tow ianski dans la plaine de Waterloo. La chaire de l'illustre slave fut fra|>péc d'interdit

189. Études sur Pavenir de la Russie, par D.-K. Schedo- Fer rôti ; Berlin, 1863, in-s*.

On lit dans cet ouvrage au sujet des sectes antihiérarchiques qui divisent la Russie, sectes dont

1 les principales sont au nombre de trente-sept : • L'une des plus singulières est celle qui est connue sous le nom de Communauté de Napoléon (AVr-

\ poleonowschina). On ne s'attendait guère à trouver en Russie une communauté religieuse sous l'invocation de Sa Majesté l'Empereur des Français, Napoléon I" du nom, roi d'Italie, protecteur de la Çonfé-

' dération du Rhin , médiateur de la Confédération suisse, etc. Elle y existe cependant, et si elle n'e*t pas. nombreuse, elle n'est pas pour cela moins attachée à son culte. Cette communauté voit dans Napoléon l'r une incarnation du Christ et soutient qu'il n'c*t pas mort, mais se trouve aux environs d'1rkoutsk (Sibérie orientale), d'où il viendra avec une armée irrésistible pour conquérir le monde et proclamer la victoire de ses adhérents. Dans leurs réunions, les membres de la Communauté de Napoléon font leurs dévolions, soit devant quelque ■ buste de celui qu'ils regardent comme une Incarnation du Christ, soit devant la gravure trèï-coi:nue qu'on nomme V Apothéose de Napoléon. » La gravure dont il est parlé est celle, croyons-nous, dont nous venons de faire mention et qui Tut distribuée le 28 mai 18*4, au Collège de Fr.mce, à la dernière leçon du cours de M. Adam Mickiewicz.

190. Comme quoi Napoléon n'a jamais existé, ou grand erratum source d'un nombre infini d'errata à noter dans rhistoire du dix-neuvirme siècle, par J.B. Pérès, bibliothécaire de la ville d'Agen; Agen. 1817 ; Paris. 1860, in-32.

A côté des livres où l'on voit que Napoléon est plus qu'un homme , on ne sera pas étonné d'en trouver un prouvant qu'il n'a jamais existé. Celte très-spirituelle critique des systèmes de Dopuis et autres inventeurs de mythologics historiques a eu plusieurs éditions

19t. La Guerre et l'homme de guerre, par M. Louis Vcuillot; Paris. 1853, in-18.

On trouve, dan* le chapitre 111 de cet ouvrage, une j importante appréciation de la mission religieuse de ' Napoléon Bonaparte.

192. Histoire de la monarchie napoléonienne à ! l'usage des familles chrétiennes et des maisons d'éducation, par A. Potin ; Paris, Amyot, «853. In-S\

Cet estimable ouvrage, moins connu qu'il ne mérite de l'être, est digne de sa grave et modestp destination. Il contient des idées fort sensées sur le caractère monarchique et religieux de l'histoire cl des institutions de l'Empire.

«93. Les Idées napoléoniennes, dans le tome Ier

NAPOLÉON Ier

des Œuvres de Xapoleon 111; Paris, chez Amyot et Pion, 1856, 4 volumes grand in-8°.

Cette étude, publiée pour la première fois eu 1839, a co plusieurs éditions ; celle que nous citons n'est que l'avant-dernicrc en date. Elle se divise en deux parties : la politique intérieure et la politique extérieure. A l'intérieur, Napoléon s'est proposé de rendre possible la liberté et d'établir sur des bases organiques assurées les principes de la Révolution de 1789. A l'eitéricur, Napoléon a entrepris de relever la France des déchéances subies |>ar elle depuis le traité d'Utrecbl et de la remettre à la tète d'une nouvelle confédération d'Etats. La paix et la liberté étaient ainsi le double but que poursuivait l'Empire à travers ses guerres continues et par ses procédés en apparence kj plus despotique. Cette démonstration est faite par l'auguste écrivain avec une raison passionnée , une liautcur, une originalité de vues, une vigueur de strie, une abondance d'idées, et nous ne savons quel accent amer et triste, dont les esprits Turent singulièrement frappés en 1839. L'auteur atteignait alors à peine sa trente et unième année. On admirait son étonnapte maturité; on était .surtout surpris de l'état de sa pensée à la fois éclatante et fortement réservée, toujours maîtresse d'cilc-mcnie, qui, tout en paraissant s'emporter, ne se livrait jamais. C'est déjà le cachet napoléonien, disaient quelques observateurs; l'énigme propre à la race. Nous ne nous permettrons pas de juger davantage cette œuvre qui n'appartient pas tout entière an libre domaine des lettres et de l'histoire ; on y trouve une spéculation souvent gênée par les prévisions et l'attente tle la pratique; il y avait là, déjà , plus qu'un livre : la révélation de l'homme nouveau, l'œuvre du fondateur de l'Empire cxpUquée et commentée par celui qui devait en être le et le continuateur. N; RiPETr.

joséphme (1) (Marie- Joseph- Rose Tasoifji ne L.t Pagerie , connue sous le nom de]), impératrice des Français, née aux Trois-Ilels (Martinique), le 23 juin 1763, morte à la Malmaison, près Paris, le 29 mai «14. La branche aînée de la famille françake des Tascher, qui tirait d'une terre située près de Blois le nom de la Pagerie, s'établit, en 1726, à la Martinique. C'est là que Joseph Tascher de la Pagerie, lieutenant d'artillerie de la marine, épousa, en 1761, Rose-Claire Des Vergers de Sannois, issue aussi d'une famille française, qui avait passé aux Antilles vers Jes premières années du dix-huitième siècle. De ce mariage naquirent trois lilles : Marie-Joseph- Rose, le 23 juin 1763; Caihe-

il} Cette notice est écrite d'après les documents authentiques tires soll des correspondances de la faiulue F-eautiaroals et de l'empereur Napoléon, soit des archives (Tirée* de la maison de Tascher, et réunis pot«r la premirre fois par M. Joseph Aubenas, dans son Histoire de r impératrice Joséphine (Paris, 1BS7-1KS). I .es biographes aatérieurs avalent pris, pour guides, les ridicules Mémoires historiques et iecrett de t impératrice Joséphine que M"* Lcoormand donna audacleiiscroenî, en 1818, comme *érldlqucs, et le honteux pamphlet publié à Londres, en ISiO, par l*wls Goldsmtth, sous le litre i'Ilistoire secrète du cabinet de Napoléon. Nous ne pournon» relever une a une les erreurs qu'on a puisées a ces s'iuree* Impures ; nous renvoyons le lecteur curieux de îrs constater à l'ouvrage si bien renseigné de M. Joseph Aubenas.

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rine-Desiréef le 11 décembre 1764, et Marie- Françoise, le 3 septembre 1706 (1). L'alnée, à laquelle on donnait dans l'intimité de la famille le nom enfantin de Yeyctte, fut élevée jusqu'à l'âge de dix ans près de son père et de sa mère, à leur habitation des Trois-llets. On la mit ensuite au couvent de Fort-Royal , où elle apprit ce qui composait l'éducation des jeunes filles créoles : quelques notions de littérature et d'histoire, un peu de couture et de broderie, la musique et la danse. Yeyette quitta le couvent au commencement de sa quinzième année et commença, sous les yeux de sa mère, à prendre part à la direction des travaux domestiques (2).

Mmc de Renaudin, sœur de 31. de la Pagerie, habitait la France; une étroite amitié la liait au marquis de Beauharnais , l'ancien commandant de la Martinique, sous les ordres duquel s'était distingué M. de la Pagerie, et elle avait été la marraine d'Alexandre, son second fils. Le projet de marier son filleul à l'atnée de ses nièces lui vint naturellement à l'esprit. M. de Beauharnais se montra tout disposé à s'allier avec la famille de son amie ; il objecta seulement que l'âge des deux futurs était trop rapproché. Mm* de Renaudin se rangea à son avis, et le marquis écrivit à M. de la Pagerie, pour lui demander en mariage la seconde de ses filles : « J'aurais fort.désiré, lui dit-il, que l'alnée eût eu quelques années de moins, elle aurait eu certainement la préférence... Mais je vous avoue que mon fils, qui n'a que dix-sept ans et demi , trouve qu'une demoiselle de quinze ans est d'un Age trop rapproché du sien. Ce sont de ces occasions où des parents sensés sont forcés de céder aux circonstances. » Sept jours avant la date que porte celte lettre (23 octobre 1777), M. de la Pagerie avait vu mourir l'enfant [wnir laquelle on projetait un main on a constaté, Il y a quelques années, d'après les actes de décès de la Martinique , conservés au grotte du tribunal de Fort-ie-Francc, que Catherine-Dcsircc mourut le 16 octobre 1777, et Marie- Jouph- Rose, le t novembre 17»l ; on en a conclu que c'est Marie- Françoise, ta troisième fille de Joseph Tascher de la Pagerie, qui fut l'Impératrice Joséphine. Appuyée sur une preuve ausM sérieuse, cette conclusion paraissait Inattaquable; cependant, comme on le verra, les correspondances échangées it l'époque du premier mariage de Joséphine la contredisent absolument, et afflrnicnt, sans laisser l'ombre d'un doute, que Joséphine était la fille aînée, Marie- Joseph-Rose. H ne reste donc plus qu'une supposition possible, c'est que ta personne chargée de dresser l'acte mortuaire de Marie-Françoise a écrit, par erreur, les prénoms de sa saw aînée.

|ï) Ce début d'une vie appelée h de si .hautes destinées paraissant trop simple à M"e Lenormand, elle l'a e:»richl d'une aventure romanesque. Joséphine, d'après celte puérile invention, ressentit dès son enfance un violent amour pour un enfant écossais, William de K..., dont la famille habitait la Martinique ; cet amour fut partage et causa bien des larmes aux Jeunes amants, lorsque Joséphine fut obligée de partir pour la France ; leurs mutuels sentiments restèrent dès lors cachés dans leur cœur, mais ne furent Jamais éteints ; cependant, Ils ne se revirent qu'en 1814, à la Malmaison; William, blesse au siège de l'arls, arrl»a, !e bras en écharpe, près du Ut de l'Impératrice mourante, qui n'eut pas l'air de le reconnaître; Il mourut de douleur trois Jours après clic. Voilà le résumé de ce roman banal.

NAPOLÉON Ier (Joséphine)

riagc en Fi ance ; il fut donc fort embarrassé, et ne put que proposer sa troisième fille, âgée de onze ans et demi. Cependant, il prit cette résolution à regret : « L'aînée, disait-il à M™ de Renaud in, sera, je crois, un peu affectée de la préférence qu'il semble que je donne à sa cadetle. Elle a une fort belle peau, de beaux yeux, de beaux bras, et une disposition surprenante pour la musique. Je lui ai donné un maître de guitare pendant le temps qu'elle est resiée au couvent, elle en a bien profité et a une trèsjolie voix. Il est dommage qu'elle n'ait point eu le secours de la France pour son éducation, et, s'il n'y avait que moi , je vous en aurais amené deux au lieu d'une; mais comment sevrer une mère de deux tilles qui lui restent, au moment où la mort vient de lui enlever la troisième ? » M. de la Pagerie promit d'arriver en France avec sa plus jeune tille, au mois d'avril ou au mois de mai 1778. Cependant, le 24 juin, il était encore à la Martinique, d'où il écrivait à sa sœur : « J'avais, en janvier dernier, préparc ma dernière fille à un voyage en France; elle m'avait paru consentir à me suivre... Elle a bien changé, et on lui a si bien fait la leçon, que je ne puis vaincre sa répugnance à ce voyage. » En même temps, il disait au marquis de Beaubarnais : « Ma tille cadette est une enfant qui ne répète que ce qui lui est dicté par une mère qu'un attachement aveugle conduit. Quant à l'ainée, je n'ai osé jusqu'à présent lui donner la préférence. Ce n'est pas qu'elle ne le mérite par ses sentiments et un excellent caractère, qui est accompagné d'une figure assez agréable, mais elle est très-avancée et formée pour son âge. » Le jeune Alexandre, averti de cette nouvelle difficulté, pria son père d'écrire à M. de la Pagerie, pour lui mander de venir avec^ sa fille atnée. C'est à la suite de cet échange de lettres que Joséphine quitta la Martinique , d'où elle ne serait peut-être jamais sortie, sans la mort de sa seconde sœur et le refus obstiné de la plus jeune. A en croire des témoignages recommandâmes , elle partait l'esprit frappé d'une prédiction que venait de lui faire une vieille négresse, renommée pour son habileté à connaître l'avenir par l'ins|>ection des lignes de la main. « Vous vous marierez bientôt, lui avait-elle dit, cette union ne sera pas heureuse; vous deviendrez veuve, et alors... vous serez reine de France; vous aurez de belles années, mais vous périrez dans une émeute (1). »

M. de la Pagerie débarqua au Havre avec sa fille, le 20 octobre 1779; Mœ< de Renaudin et Alexandre allèrent à leur rencontre et les amenèrent à Paris, où les attendait le marquis de Beauharnnis. Une gracieuse jeune fille de seize ans et un élégant officier qui n'en avait que

(1) M"« Ducre*!, dans %r% Mémoires, dont la bonne fol n'est pa» douteii&e, attire avoir enlendo et* parole» de la bouche même de Joséphine, et le Mémorial de Sainte- llciènc raconte le (ail , sans élever un doute sur u réalité.

dix-nenf ne pouvaient tarder à se plaire : le mariage fut célébré, le 13 décembre, à Noisyle-Grand, où résidait M»* de Renaudin. La première année de cette union ne fut qu'enciiantement pour Joséphine. Entourée de prévenances, fêlée par les parents de son mari, accueillie avec amitié par Mwe Fanny de Beaubarnais et par les écrivains qui se réunissaient chez elle, admise dans le salon de Mmc de Montesson, où brillait la plus haute société, au milieu de ce luxe, de cet éclat, de cette suprême distinction de l'esprit et du goût, elle voyait dépassés les plus beaux rêves qu'elle eût jamais formés. Cependant, sa situation dans ce monde de toutes les élégances était colle d'une pensionnaire timide et ignorante; on y remarquait sa grâce moins que ses défauts et ses gaucheries : ses traits gardaient un peu de lourdeur, sa taille manquait encore de sveltesse; elle n'avait que des notions incomplètes 6ur les sujets de littérature et d'art; sa guitare n'était plus à la mode, et sa danse, qui pouvait plaire à la Martinique, eût fait ri re à Paris. Le vicomte Alexandre de Beaubarnais , au contraire, était recherché pour son esprit, pour le charme de sa conversation, pour la perfection de ses manières et de sa danse. Il ne tarda pas à souffrir de voir chez Joséphine une infériorité , que son amour-propre lui exagéra. Prenant le rôle de précepteur, il lui fit recommencer son éducation : rien ne fut oublié depuis la grammaire jusqu'à la danse, et la harpe remplaça la guitare. Alexandre trouva- t il trop leuts les progrès de son élève, ou plutôt, de retour à son régiment , reprit-U ses habitudes de plaisir et de dissipation? Quoi qu'il en soit, lorsqu'il revint à Paris , dans la seconde année de son mariage, son empressement attprès de sa femme ne fut plus le même; il se plaignit de ce qu'elle le voulait uniquement occupe d'elle, de ce qu'elle prétendait tout savoir, ce qu'il disait, ce qu'il faisait, ce qu'il écrivait; enfin, les succès qu'il obtint près des beautés à la mode l'entraînèrent, sinon à des infidélités, du moins à des galanteries qui en avaient l'apparence. Joséphine, aussitôt qu'elle se sentit négligée, devînt jalouse; un premier refroidissement troubla l'intérieur des jeunes époux ; il ne dura pas , et la paix fut rétablie par la naissance d'un enfant , Eugène de Beauliarnais, qui vint au monde le 3 septembre 1781. M. de la Pagerie, en repartant pour la Martinique, dans les premiers jours de 1782, put donc croire que le bonheur de sa fille était assuré. Mais Alexandre ne tarda pas à retourner an plaisir, Joséphine à reprendre sa jalousie. La tristesse de la jeune femme , d'abord contenue par la timidité et l'espoir, fut suivie de discussions, d'éclats et de larmes. Alexandre, lassé de cette vie ou poussé, comme il le dit dans une lettre à son père, par le désir de la gloise, •s'offrit pour servir, en qualité de volontaire, â la Martinique sous les ordres de M. de Bouillé, et s'embarqua le 2 » septembre 1782, laissant sa

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femme enceinte pour la seconde fois. Il apprit, en i arrivant dans la colonie, la cessation des hostili- : tes, et il se retrouva, loin de sa femme, dans cette j oisiveté qui, même auprès d'elle, avait été si funeste à leur bonheur. Cordialement accueilli dans la maison la Pagerie, il en fut d'abord l'hôte assidu ; mais il s'éprit bientôt d'amour pour une personne, dont les insinuations et les railleries poussèrent aux dernières extrémités son caractère bouillant et susceptible. Elle était l'ennemie des la Pagerie et les tourna en ridicule, en même temps qu'elle éveillait des soupçons sur la conduite de Joséphine avant son départ de l'ile, et qu'elle plaignait le mari, dont la naïve confiance laissait seule et libre à Paris une femme coquette et légère comme Tétait une créole. Alexandre ne vit plus que rarement son beaupère, et finit même par accuser sa fille devant lui. M. de la Pagerie, poussé à bout, répondit avec violence, et c'est plein d'irritation contre lui et contre toute sa famille qu'Alexandre quitta la Martinique, pour aller rejoindre l'objet de sa passion qui l'avait devancé en France.

Madame de Beauharnais était accouchée, le 10 avril 1783, d'une fille qui reçut, les noms ù'U or terne- Eugénie. A peine eut-elle appris le retour de son mari , qu'elle connut la demande en séparation , dont il venait de saisir le parlement de Paris. Aussitôt, accompagnée de Mme de Renaudin, elle alla résider à l'abbaye de Panthemont, où elles restèrent ensemble jusqu'à la ûn dn procès qui dura près d'une année. Le parlement, mettant à néant les accusations élevées contre elle, l'autorisa à ne pas habiter avec son mari , qui fut eondamné à payer une- pension pour satisfaire aux besoins de sa femme et à ceux de sa fille. Eugène fut laissé à son père. Toute la famille Beau ha ruai s avait pris parti pour Joséphine contre Alexandre, et c'est à Fontainebleau, chez le père de sou mari, qu'elle alla demeurer. Elle en partit avec sa fille, au mois de juin 1788, pour la Martinique, où l'appelaient ses parents. L'affection de son père, de sa mère et de sa sœur apporta un grand soulagement à ses chagrins; leur douce intimité ne fut troublée que par les agitations soulevées dans la colonie, à la nouvelle de la révolution de 1789.

Cependant, le vicomte de Beauharnais , écoutant de sages conseils , manifesta le désir de vivre de nouveau avec sa femme ; cette demande ayant été renouvelée plusieurs fois avec chaleur et appuyée par la famille Beanharnais , Joséphine quitta la Martinique au mois de septembre 1700. Son mari, en la revoyant, montra une joie sincère, et le passé fut oublié. Alexandre de Beauharnais était alors un personnage; député à la Constituante , il recevait assez souvent dans son hôtel de la rue de l'Université les principaux membres du parti constitutionnel. Joséphine qui, à cette grâce, à ce charme que peu de femmes ont eu à un aussi haut degré , ajoutait encore l'éclat de la jeunesse, fit les honneurs

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de son salon avec un gont et un tact qui. établirent aussitôt sa réputation d'élégance et de distinction. Lorsque la Constituante se sépara, le 30 septembre 1791 , Alexandre se retira avec sa famille à la Ferté-Bcauharnais , en Sologne. II fut chargé, en 1792, d'un emploi à l'armée du nord, et fut nommé, en 1793, général en chef de l'armée du Rhin; mais, voyant les soupçons auxquels étaient en butte les nobles qui exerçaient des commandements militaires, il donna sa démission et alla rejoindre sa famille à la Ferté. Noble , frère d'émigré , général démissionnaire, il ne pouvait tarder a devenir suspect ; on l'emprisonna, au commencement de janvier 1794. Le 20 avril suivant, Joséphine s'étant présentée à la section pour retirer son passeport, afin d'obéir à la loi qui donnait dix jours aux ex-nobles pour sortir de Paris , fut arrêtée le soir même et enfermée aux Carmes. Elle gagna, par son amabilité , l'affection de ses nombreuses compagnes de captivité, et se lia particulièrement avec la duchesse d'Aiguillon et avec Mme de Fontenay, qui devint Mmc Tallien. Une supplique, signée par les enfants de Joséphine et rédigée sans doute par sa tante, pour obtenir sa liberté, fut adressée, le 9 mai, à la Convention, qui la repoussa. Alexandre écrivit, le 4 thermidor, à sa femme une dernière lettre pleine d'affection, et il fut exécuté le 5. M°»e de Beauharnais, d'après le comte de Lavalctte, faillit suivre son mari sur l'échafaud. « Elle était tombée gravement malade, dit-il, lorsque son acte d'accusation, c'est-à-dire son arrêt de mort, lui fut remis. Heureusement, un honnête et courageux médecin polonais, dont je regrette de ne pas savoir le nom, fut chargé de la soigner. Il déclara que la maladie allait en faire justice, et qu'elle n'avait pas huit jours à vivre. Elle fut ainsi sauvée. » Les prisonnières apprirent bientôt la mort dt Robespierre (l). Mme de Fontenay, rendue à la liberté, par l'influence de Tallien, travailla activement à tirer ses compagnes de prisou ; une des premières délivrées par ses soins fut Joséphine, qui lui garda toujours une vive reconnaissance.

Réunie à ses enfants, qu'elle alla chercher, l'un chez le menuisier, l'autre chez la blanchisseuse, où on les avait placés pour plus de sûreté, la veuve Beanharnais se trouva sans ressources. Elle ne pouvait en obtenir que de la Martinique. Son père y était mort depuis plusieurs années, ainsi que sa dernière sœur, et elle restait seule héritière des biens de la maison la Pagerie, que sa mère administrait. C'est donc à celle-ci que

(K « J'allai ouvrir la fenêtre , racontait pins tard Joséphine; j 'aperçai une femme du peuple qui nou» faisait brauroup de geste* que nous ne comprenions paît. Elle prenait à tous moment* ta robe... Je lui criai robe ? Elle lit signe que oui. Ensuite, elle ramassa une pierre qu'elle nous montra. Pierre lui crlal-Je encore. Sa Joie fut extrême en étant sûre que nous la comprenions. Enfin, unissant sa robe à la pierre, elle fit plusieurs fols avec vivacité le mouvement de se couper le cou, et se mit ensuite a danser et a applaudir. » (M»« Ducresi).

Joséphine s'adressa; mais les troubles et la guerre rendaient les relations difficiles, et plusieurs de ses lettres demeurèrent saus réponse. Pressée par ses besoins et surtout par ceux de ses enfants, elle finit par recourir à M. Emmery, de Dunkerque, banquier et armateur, qui correspondait avec la Martinique, et en reçut quelques avances d'argent. La disette de 1795, qui se fit si rudement sentir à Taris, plongea Joséphine dans une détresse complète. On ne sait au juste si elle fut obligée de replacer Eugène et Hortense en apprentissage, comme le veut la tradition, ou si elle parvint à leur donner le nécessaire, en employant pour eux le peu d'argent qu'elle pouvait avoir; mais on sait qu'elle ne dépensait rien pour elle-même , et que , pendant quelque temps, la misère l'empêcha de payer même son pain. « Tous les jôurs, dit Mme Ducrest, elle dînait chez Mme Dumoulin, femme fort riche et très-obligeante , qui réunissait chez clic un petit nombre d'amis... Chacun apportait son pain... M"" Dumoulin , sachant que Mme de Bcauharnais était plus pauvre encore que les autres, la dispensa de cet usage, ce qui fit dire à celle-ci qu'elle recevait positivement son pain quotidien. » Cette situation cessa par l'arrivée de quelques fonds envoyés de la Martinique, et par les soins de M. Mathicsen, de Hambourg, près duquel Joséphine fit un voyage; suivant les conseils de ce banquier, elle adressa à sa mère trois lettres de change qu'elle venait de tirer sur elle et qui s'élevaient ensemble à 25,000 fr. Quelques mois plus tard, non-seulement Mme de Deauharnais fut hors de la gêne, mais elle retrouva la fortune et le luxe, ayant obtenu par Mme Tallicn la restitution d'une partie des biens de son mari, et recevant avec régularité ses fonds de la Martinique. Elle put donc reparaître dans le monde, au commencement de 1796, et faire compléter l'éducation d'Eugène et d 'Hortense , qu'elle avait mis, dès la fin de sa misère, le premier en pension, la seconde chez M,nc Campan.

Nous voici arrivés au point le plus important et le plus controversé de la vie de Joséphine, à l'origine de ses relations avec le général Bonaparte. Après avoir comparé le grand nombre d'écrits qui abordent ce sujet , mémoires, pamphlets et histoires sérieuses, on ne trouve, d'un c/dé, comme le dit M. Aubenàs, que suppositions et commérages; de l'autre, le récit fort vraisemblable que donnent les Souvenirs d'O' Meara et le Mémorial de Sainte-Hélène. Lorsqu'on exécuta le désarmement des sections, après le 13 vendémiaire (5 octobre 1795), un jeune garçon se présenta à l'élat-major, et supplia le général Bonaparte de lui faire rendre IVpée de son père, qui avait été général de la république. Ce jeune garçon était Eugène de Bcauharnais. Sa demande lui fut accordée , en voyant IVpée de son père, il se mit à fondre eu larmes. Bonaparte ému lui donna des éloges

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