‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; sous la direction de m. le dr. HoeferChapitre 83 sur 206 · e) JSAPOLKON* (Joseph-Ch · texte numérisé non relu

e) JSAPOLKON* (Joseph-Ch

de la France peut sans doute lui conserver, mais au prix de quels sacrifices, de quelle inconséquence, et qui forcément doit lui échapper un jour. »

Daus l'intervalle des deux sessions, le prince, accompagné de la princesse Clotilde, a Tait un voyage de quatre mois en Algérie , au Maroc, en Espagne, en Portugal, aux Açores, en Amérique. Cette partie de son voyage a eu un grand retentissement politique, à cause des événements au milieu desquels le prince a visité les États-Unis. Le prince Napoléon a vu le président Lincoln et les principaux membres du gouvernement et du congrès. Après avoir visité en détail les armées du Nord , il a passé dans le camp du Sud, et a recueilli de la bouche du général Beau regard, sur le champ de bataille du Bull's Runn le récit de cette journée fameuse. Il a remonté toute la ligne des lacs, traversant les lacs Érié, Huron, Michigan, et le lac Supérieur célèbre par ses mines. Enlîn le prince s'est avancé jusqu'au Mississipi, à Saint- Louis où il a vu Tannée de l'ouest commandée par le général Frémont. Ce voyage d'un haut intérêt a été terminé par une excursion au Canada.

Le 18 mars 1863, peu de jours après que la révolution de Pologne eut éclaté, le prince Napoléon a pris la parole au sénat, et, dans un discours d'une éloquence ardente qui a réveillé en France et en Europe des passions qu'on croyait éteintes, il a revendiqué le droit de vivre pour la nationalité polonaise. A partir de ce jour, la question polonaise a été portée dans l'esprit des peuples à une hauteur d'où les résolutions des gouvernements, quelles qu'elles soient, ne ta feront plus descendre.

lin mois après, pour laisser toute liberté d'action au gouvernement français dans la phase diplomatique ou il avait cru devoir entrer au sujet de la Pologne, le prince Napoléon fil, avec la princesse Clotilde, une absence de soixante-dix jours pendant laquelle il parcourut l'Egypte, remonta le Nil jusqu'à la première cataracte, visita les cotes de Syrie, ie Liban, Damas et liaibeck.

Le 18 juillet 1862, la princesse Clotilde a donné naissance à un fils.

Le meilleur éloge que nous puissions faire du prince Napoléon , c'est de citer ces passages du discours qu'il a prononcé, le 13 juillet 1858, à Pexposition de Limoges : « Si l'industrie, substituant la machine au bras de l'homme, lui permet de relever le front , que courbait un pénible labeur, c'est pour qu'il puisse porter ses regards et plus loin et plus haut. Que vos enfanU, que ces jeunes générations pour l'avenir desquelles nos pères ont prodigué leursang soient préservés, jwr une forte et libérale éducation, du poison mortel du matérialisme. Que le bien-être ue soit pour eux que le moyen d'affranchir l'esprit et de lui rendre toute sa liberté. Que l'art, la science, la philosophie ne ces ont de planer au-dessus de*

rlks-Paul, Matiiilde) 44S(r':,

ce monde industriel, qui, sans leur inspirai on, s'asservirait à la matière au lieu de la dominer. Que les favorisé* de Ja fortune travaillent, q-wls ne laissent pas s'affaiblir en eux le besoin u*> jouissances intellectuelles, le goût des lettres, des arts et de ces hautes spéculations de la pensée sans lesquelles s'éteint bientôt, au scia des sociétés, la vie politique, religieuse et morale. A ces conditions seulement , nous assurerons la durée des grandes créations de notre siècle. »

Tous les amis du progrès applaudiront à ces magnifiques paroles du prince Napoléon : elles traceut le programme de l'avenir.

H. CaMIIIc, Aotïce biographique. — Rapport» inr le» Impositions de. — Discours au sénat. — Ùocmr^H particuliers.

; mathilde ( Mathilde- LxiUia- Wilkelmine Bonai-arte, princesse ) , fille de Jérôme Bonaparte et de Catherine de Wurtemberg, née a Trieste, le 27 mai 1820. Elle n'avait que trou ans lorsque ses parents l'emmenèrent a Rome, où ils allaient se fixer. Les leçons de sa gouvernante, la baronne de Reding, et les soins affectueux de sa tante, l'excellente princesse de Survilliers ( Mn,« Joseph Bonaparte ), développèrent rapidement les qualités de son coeur et de son intelligence C'est vers les arts du dessin et de la couleur qu'elle se sentit naturellement attirée, et, à l'âge de neuf ans, elle commençait à peindre. En 1831, elle suivit ses parents à Florence, où elle resta jusqu'à la mort de sa mère ( 1835), après laquelle on l'envoya à la cour de Wurtemberg. La jeune princesse de Montfort (tel était le titre qu'elle portait, du nom porté par son père depuis la fin de l'empire \ fut parfaitement accueillie, à Stu(tgard,et se lia particulièrement avec sa cousine germaine, la princesse Sophie, qui s'est rendue si célèbre par sa science et qui est devenue reine des Pays- Bas. Après quelques années passées dans la famille de sa mère , Mathilde retourna à Florence, et s'y occo[>a surtout à étudier et à copier les chefs-d'œuvre de la peinture qu'on y admire en si grand nombre. Cependant son mariage se préparait avec Louis-Napoléon, au* jourd'hui l'empereur Napoléon III , son cousin germain ; la célébration allait en être fixée à une date prochaine lorsque les événements politiques s^urèrent les deux fiancés ; mais, lien que l'emprisonnement du prince au fort de Ham eût fatalement empêché leur union, ils n'en conservèrent pas moins l'un pour l'autre une affection inaltérable. La princesse Mathilde fut ! mariée, le 1" novembre 1840, au comte russe Anatole Demidoff, qui vivait habituellement en Italie. L'empereur Nicolas, charmé par les bonnes grâces de la jeune princesse, qui était fille de sa cousine germaine, l'entoura d'une piot.clion toute particulière. Aux voyages qu'elle fit à Saint-Pétersbourg, il l'accueillit avec une l bienveillance marquée, et, lorsqu'en 184 J ks

ileu\ époux consentirent mutuellement à terminer, par une séparation de corps et de biens, leur union qui était restée stérile , le czar exigea de Demidoff qu'il fit À sa femme une pension de 200,000 francs. Les relations affectueuses de la princesse Mathildc avec Tempe reur Nicolas ne cessèrent qu'en 1854 ; elle lui écrivit encore cette année, selon sa coutume, à l'occasion du premier jour de Tan ; sa lettre portait l'empreinte des préoccupations que faisait naître alors la perspective de ta guerre entre la France et la Russie. Le czar, dans sa réponse datée du 3 février, touchait discrète-

NAPOLÉON (Mathilde, Elisa)

laissent rien

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ndécis. Un ou deux grains jeté* comme au hasard montrent que la nature u'a l«s voulu pourtant que cette pureté classique de lignes se pût confondre avec aucune autre. L'œil bien encadré, plus (in que grand, d'un brun clair, brille de l'affection ou de la pensée du moment, et n'est pas de ceux qui sauraient la feindre ni la voiler... La physionomie entière exprime noblesse, dignité, et, dès qu'elle s'a* nime, la grâce unie à la force, la joie qui nuit d'une nature saine, la franchise et la bonté, parfois aussi le feu et l'ardeur... Cette léte si bien assise, si dignement portée, se détache ment par quelques mots à la situation politique, ! d'un buste éblouissant et magnifique, se rat-

et terminait ainsi : « Ce que je puis vous assurer, ma chère nièce, c'est que dans toutes les conjonctures possibles, je ne cesserai d'avoir pour vous les sentiments affectueux que je vous ai voués. » Mais c'était à Paris que se trouvaient les amitiés, les idées et le monde, au milieu «lesquels la princesse Mathildc préférait vivre, fl lui avait été permis d'y venir dès son mai iage, et elle n'avait pas tarde à occuper un rang élevé dans la société. Lorsque Louis- Napoléon eut été nommé président de la République, en 1848, elle fit, avec une grâce parfaite, les honneurs du palais de la présidence. Depuis l'Empire, elle est au nombre des membres de la famille impériale de France. La princesse Mathildc passe l'hiver à Paris , la belle saison à Saint- Gratien , auprès du lac d'Knghien, et les dernières semaines de l'automne en Italie, dans une terre qu'elle a achetée en 1861, sur les bords du lac Majeur. Elle donne à la peinture la plus grande partie des loisirs qu'ede peut dérober à l'étiquette et à la représentation ; son atelier, qu'un taWeau .de Charles Giraud a fait connaître au public, est d'une délicieuse élégance; les toiles sorties de sa main, qu'elle a exposées aux jugements de la critique, montrent un faire large et indiquent uu goût pur. On vante la netteté de son intelligence, la simplicité et la droiture de son caractère, auquel s'allie parfois, dans le premier moment, un peu d'impétuosité, comme il convient à une artiste. On ne fait pas moins Péloge de sa charité; mais elle sait répandre les bienfaits sans ostentation et sans montrer la main qui donne ; on sait seulement qu'elle a fondé un établissement qui porte son nom, et qui est destiné aux jeunes filles incurables. Il ne faut pas oublier, à la louange de son patriotisme, qu'elle a fait élever un monument a Câlinât dans l'église du village de Saint-Gratien. M. Sainte-Beuve a tracé de main de maître le portrait de la princesse Mathilde ; nous en reproduisons ici les traits principaux : « Elle a le front haut et fier... Ses cheveux d'un blond cendré, relevés en arrière, découvrent de coté des tempes larges et pures, et se rassemblent, se renouent en masse ondoyante sur un cou plein et élégant. Les traits du visage, nettement et hardiment dessinés, ne

tache. à des épaules d'un blanc mat, dignes du marbre. Les mains, les plus belles du monde, sont tout simplement celles de la famille : c'est un des signes remarquables chez les Bonaparte que cette finesse de la main. La taille moyenne parait grande, parce qu'elle est souple et proportionnée... >• On a de la princesse Mathilde un grand portrait en pied par E. Dubufe; un beau profil au pastel par E. Giraud, et un buste en marbre par Carpeaux.

Satnte-Reme, dam le Constitutionnel du H Juillet 1861. - Vaperciu, UUtionn. des Contemporain*.

?.. Élis*, Paixiie et Caroline , saurs de Napoléon 1».

É i,i sa ( Marie - Anne • Elisa Bonap mite , MM IUcciocui, princesse), sœur de Napoléon 1er, princesse de Lucques et de Piombino , grandeduchesse de Toscane, née à Ajaccio, le 3 janvier 1777, morte le 7 août 1820, au château deSanto- Andrea, près Tïicste. Après avoir fait son éducation à la maison royale de Saint-Cyr (1792), elle revint auprès de sa famille en Corse, et lorsque celte tic passa sous la domination anglaise, elle s'expatria avec sa mère et ses sœurs. C'est à Marseille qu'elle épousa, le 5 mai 1797, Félix Bacciochi, capitaine d'infanterie, et comme elle, issu d'une famille noble, mais pauvre, de la Corse. Ce mariage se conclut sans le consentement de Napoléon, mais il sut prendre son parti quand il ne lui fut pas possible d'y remédier. Elisa vint à Paris en 1798, et comme elle aimait les lettres et tes beaux«arts, elle s'en fit la plus zélée protectrice. Sa maison devint bientôt le rendez- vous de ce que Paris renfermait de plus distingué par l'esprit et les talents : Fontanes, Boufflers, Laharpe, Chateaubriand, Tissot et Legouvé en furent les principaux ornements. Lorsque, par décrets du 18 mars et du 21 juin 1805, Lucques et Piombino furent en sa faveur érigés en principauté souveraine, elle montra dans cette haute position un talent et une dignité que n'ont pas toujours ceux qui sont nés sur les marches du troue. Éclipsé par les qualités supérieures de sa femme, Félix Bacciochi, qui avait été couronné avec elle, le 10 juillet 1805, ne fut que le premier et le plus dévoué de ses sujets. Jalouse de son autorité, Elisa gouverna

toujours seule par elle-même, présida constamment le conseil de ses hauts fonctionnaires, organisa et simplifia l'administration «le sa principauté avec un tact et une fermeté rares, lit exécuter île nombreux travaux d'utilité publique, et compléter les fortification* de* cotes et tics villes. Investie du gouvernement général des départements de la Toscane, avec le titre de grande-duchesse (3 mars 1809), elle apporta dans cette nouvelle position le même esprit d'ordre, d'activité et de progrès. Les lettres et les sciences, la peiutnre et la sculpture furent encouragées sous son gouvernement; l'agriculture, grâce aux primes qui lui furent accordées, prit un grand développement ; les routes , négligées pendant plusieurs années, furent réparées et purgées des bandits qui les infestaient ; l'instruction du peuple fut poussée avec activité, et les villes furent dotées de plusieurs embellissements et de travaux utiles. Par ses talents, encore plus que par l'étendue de son territoire, on a pu l'appeler, sans trop d'épigramme, la Sémiramis de Lacques. Son esprit juste et tenace, son énergie à toute épreuve, son caractère vif et impétueux, ses connaissances politiques et administratives, et son pont prononcé pour l'art militaire l'ont placée au-dessus de son sexe. Élisa avait une tendresse extrême pour l'empereur à la politique duquel elle sut pleinement s'identifier.

Après les événements de 1814, Elisa résida pendant quelque temps à Bologne; elle quitta l'Italie en 1815 pour venir à Tricste, et peu après se réunit avec sa famille à sa sœur Caroline, veuve du roi Mural, «l'abord au château de Haimbourg, près de Vienne, puis, au château de Brunn. En dernier lieu , elle résida au château de Sanfo-Andrea, près de Triesfe, où elle mourut d'une fièvre nerveuse, à l'Age de quarante-trois ans et demi. Elle avait pris le titre de comtesse de Campignano.

De son mariage avec F. Bacciochi , la princesse Elisa laissa :

1° Charles- Jérôme , né le 3 juillet 1810, mort à Rome en 1830, d'une chute de cheval;

2" JS'apolt'one- Élisa, née le 3 juin 1806, mariée au comte Camerata. Napoléon III lui a donné rang à la cour avec les titres de princesse et d'altesse. La princesse Bacciochi s'occupe beaucoup d'agriculture dans un magnifique domaine qu'elle possède en Bretagne.

PAULINE (Marie - Pauline BoNAPvnTe), princesse Bottcuèsi', duchesse de Gua.«(alla, seconde sœur de Najioléon Kr, née à Ajaccio, le 20 octobre 1780, morte à Florence, le 9 juin 1825. Elle suivit sa famille à Marseille en 1793, et y fut successivement demandée en mariage par le conventionnel Fréron , et par le général Duphot ; mais ce n'est qu'au commencement de 1801 qu'elle prit à Milan un époux de sou choix, on s'unissant au général Lccierc qui était devenu éperdùment amoureux d'elle lorsqu'on

lis a, Pauline 4-tv;1^/

1795 et 17% il avait été chef d'état major de la division à Marseille. Son mari fut, cette même année, chargé du commandement d'un corps d'armée destiné à soumettre le Portugal , il avait mené cette entreprise à bonne fin lorsque le premier consul lui confia la mission de faire rentrer Saint-Domingue sous la domination française et lui donna le titre de capitaine général. Il exigea aussi que sa sirur accompagnât <*ro mari au delà des mers. Tout entière à ses devoirs d'épouse et de mère, indifférente alors aux plaisirs de la capitale, Pauline , à peine relevée de couches, s'embarqua à Brest (décembre 1801) avec son jeune enfant et son mari. L'armée française arriva dans l'ile le* 1er février 1802, et trois mois suffirent |K>ur rétablir l'autorité de la métropole- H restait plus qu'à forcer quelques chefs isolés à déposer les armes lorsque la lièvre 1 jaune se déclara dans l'Ile et exerça d'affreux ravages. Les chefs noirs en profitèrent pour opérer une insurrection et attaquer les Français. Leclerc envoya l'ordre de transporter à bord d'un vaisseau sa femme et son fils. Pauline refusa d'obéir. Sourde aux supplications des dames de la ville qui savaient à quels terribles ennemis elles pouvaient être livrées, elle i leur disait : « Vous devez pleurer, vous ; vous n'êtes pas comme moi s<eur de Bonaparte. Je ! ne m'embarquerai qu'avec mon mari, ou je mourrai. » On allait la faire embarquer de force lorsqu'un aide de camp vint lui apprendre la nouvelle de la défaite des noirs. < Je le savais ; bien, dit-elle froidement, que je ne m'embarquerais pas; retournons à la résidence. » Bientôt i après, Lccierc fut à son tour atteint de la fièvre jaune ; Pauline ne laissa pas de le suivre dans l'Ile de la Tortue en face «ki Cap, et ne le quitta plus jusqu'à sa mort arrivée le 2 novembre 1802.

Revenue en France avec la dépouille mortelle du général Leclerc, Pauline fut mariée par son i frère, le 28 août l so.'J . au prince Camille Bor- ^hèse, le chef d'une des plus illustres familles de Rome. Le prince était un honnête homme, mais d'une grande faiblesse de caractère. Des intrigants éveillèrent adroitement la jalousie dans son âme, et le décidèrent à se sé|>arer de sa femme. Le prince se retira à Florence d'où, après la paix de Tilsil, Napoléon 1er l'appela a Turin avec le litre de gouverneur général des départements français au delà des Alpes. Pauline, nommée, depuis isoo duchesse de (inastalla, se résigna aisément à l'abandon de son époux; elle séjourna alternativement en France et en Italie; à Xeuilly eile possédait un château magnifique, et à Rome le prince Borghèse lui avait laissé l'cnlière jouissance de la célèbre villa qui porte son nom. Pauline n'avait ni l'énergie, ni les taleuts politiques de sa sœur Élisa ; mais elle était d'une bienfaisance intarissable et d'un dévouement à toute épreuve. Elle consacra une partiedat richesses dont l'empereur l'avait dotée a consoler les infortunes d'autrui, à créer plusieurs établis-

.NAPOLÉON (Pauline, Caboline)

sements charitables , et à l'éducation des orphelins. Elle aimait les arts et les lettres; elle aimait également le luxe et les plaisirs. Après la chute de l'Empire, elle se trouva sans ressources et réduite à recourir à la fortune particulière de son mari. « Pauline, dit l'empereur dans le Mémorial de Sainte ]lclène,é\a\l trop prodigue : elle avait trop d'abandon; elle devait être immensément riche par tout ce que je lui ai donné; mais elle donnait tout à sou tour, et sa mère la sermonnait souvent à cet égard, lui prédisant qu'elle pourrait mourir à l'hôpital. »

Malgré la tendre affection que Napoléon 1er lui portait, il ('éloigna, en 1810, de la cour pour avoir manqué publiquement à l'impératrice Marie- Louise, à Bruxelles. Elle se trouvait à Nice avec la comtesse «le Cavour, sa dame d'honneur, et le comte de Clermont-Tonnerre, l'un de ses chambellans, quand Napoléon Ier abdiqua en 181 î; elle retourna alors a Rome ; mais, dès que l'empereur fut arrivé à l'Ile d'Elbe, elle se hâta de le rejoindre avec Mmc Laetitia, et employa toutes les ressources de son esprit pour lui adoucir les douleurs de l'exil. Ce furent elle et sa mère qui intercédèrent en faveur de Murât et amenèrent une réconciliation complète entre l'empereur et son frère Lucien. Lorsque Napoléon 1er eut quitté l'Ile «l'Elbe, Pauline se retira à Naples, puis a Rome. Le gouvernement français manquait de ressources, les caisses étaient vides et il fallait plus d'argent que jamais pour tenir tète a l'Europe : Pauline envoya ses diamants à l'empereur comme une preuve de son attachement à la France ; mais les alliés s'en emparèrent dan» une îles voitures de l'empereur à Waterloo, et l'on ignore ce qu'ils sont de-

L'intention de Pauline était de retourner à Paris ; le désastre de Waterloo et la seconde abdication de l'empereur ne lui en laissèrent pas le temps. Elle demeura à Rome où Pic Vil, qui se rappelait les déférences qu'elle avait eues pour lui, lorsqu'il était prisonnier en France, lui témoigna une affection toute paternelle et ne négligea rien pour lui faire oublier ses malheurs. La transportation de son frère bien-aimé à Sainte-Hélène fut pour Pauline un coup des plùs douloureux : vainement elle sollicita l'autorisation de *'y rendre. En apprenant la mort de l'empereur, elle tomba dans une maladie de langueur dont elle ne se releva plus. Sa santé s'altéra de jour en jour, et elle vit sans se plaindre le* progrès rapides de sa destruction. Le prince Borghèse, alors à Florence, l'appela auprès de lui ; mais leur réunion fut de courte durée. Pauline expira |>eu de temps après entre les bras de son mari le 9 juin 1825, avant d'avoir atteint sa quarante-cinquièmeannée. Le prince Borghèselui prodigua pendant ses derniers jours toute sorte d'égards , et reconnut les legs nombreux que la trop généreuse Pauline avait faits à son lit de mort, sans consulter sa fortune. Sa dépouille

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mortelle fut transportée à Rome et y est inhumée dans l'église de Sainte-Marie-Majeure, en la chapelle de la famille Borghèse.

Pauline était d'une beauté remarquable. Canova, chargé de faire sa statue, ne crut |>ouvoir mieux la représenter qu'en reproduisant le* traita de la Vénus victorieuse de Praxitèle. Ce marbre précieux appartient aujourd'hui à la reine d'Angleterre. Lord Cawdor, en le voyant, pria Canova de lui en faire une copie; cette copie est une Xymphe couchée sur une peau de lion.

Le fils que la princesse Pauline avait eu du général Leclerc mourut en 1804; elle n'eut point de postérité du prince Borghèse.

carolixe ( Marie- Annonàadc- Caroline BoNAfAfm: ), reine de Naples , troisième sœur de Napoléon I", née à Ajaccio, le "25 mars 1782, morte à Florence, le 18 mai 1839. Elle avait à peine onze ans quand elle quitta la Corse, et habita Marseille jusqu'en 17*J6, époque où M™c Laetitia vint se fixer à Paris. Jeune et jolie, douée de tous les charmes de l'esprit, et réunis* sant aux grâces de sa personne un caractère insinuant et une àme énergique, elle attira bientôt l'attention du général Murât; Bonaparte agréa avec plaisir la demande qu'il lui fit de la main de sa plus jeune sœur. Le mariage eut lieu a Paris lo 20 janvier 1800. Successivement grande-duchesse de Berg et de Clèves ( 15 mars 1806), reine de Naples (15 juillet 1808), Caroline se montra digne de sa haute position par ses talents et par sa finesse dans les affaires. Pleine de résolution et d'énergie, exerçant sur son époux un empire absolu , elle prit une part active à l'administration du royaume, et, à plusieurs reprises, tint die même, en qualité de régente, les rênes de l'État avec habileté. Amie des lettres et des arts, elle fonda, au moyen de sa fortuue particulière, des institutions qui existent encore. Le naufrage de l'Empire français laissa debout le trône de Joachim et de Caroline, mais pour quelques mois seulement. Ayant voulu seconder, en 1815, le retour de l'empereur que lui et sa femme avaient abandonné au milieu des revers, dans un moment de profonde ingratitude, le roi de Naples fut battu et forcé de se réfugier en France (21 mai 1815). Trahie et délaissée à son tour, privée de forces pour conjurer l'orage, menacée au sein de Naples par la populace et par les partisans de Ferdinand l\', Caroline, avant de quitter la capitale, stipula avec le commodore Campbell , chef de la flotte an* glaise, la conservation des propriétés de ses anciens sujets, et ne s'occupa de ses intérêts personnels qu'après avoir obtenu des garanties pour les intérêts du pays qu'elle avait administré avec tant de sollicitude. Elle n'eut ensuite d'autre ressource que de se confier aux Autrichiens qui, le même jour, avaient pris possession de Naples au nom de Ferdinand IV. Ceux-ci, au mépris de la capitulation, l'emmenèrent prisonnière à Trieste, elle et ses quatre enfants qu'elle avait

44; KAPOLKO.N

envoyas à Gaéle. 11 lui fut ensuite permis de se fixer au château de Ilaimbourg, près de Vienne, et c'est là qu'elle apprit, peu de mois après, la lin tragique de son malheureux époux (octobre 1815). Elle obtint plus lard l'autorisation de se rendre à Trieste sous le nom de comtesse de Lipona (anagramme du nom italien deNaples), et de résider auprès de sa sœur Élisa. Caroline était sans fortune. Elle avait apporté à Naples des sommes considérables qui s'étaient encore accrues par son domaine particulier; mais Ferdinand IV, en faisant fusiller au PizzolcroiJoacliim, avait, par un raffinement de vengeance, confisqué à son profit les biens fonds qui constituaient l'unique ressource de la veuve de Murât, et qui s'élevaient à plusieurs millions. La reine réclama en vain contre cette spoliation. Résignée à son sort, elle se consacra à l'éducation de ses enfants. Elle passa près de vingt années à Trieate.

(Cabolixe) 448(,i0;

En 180s, « lie vint en Fiance pour faire valoir quelques réclamations pécuniaires à charge du trésor. Les chambres, sollicitées en ta faveur, lui votèreut une pension viagère de cent mille francs (2 juin 1838). Quelques mois après son retour de Paris, elle mourut à Florence , d'un cancer à l'estomac.

Outre les deux fds dont nous avons parlé (voy. Miiut), la reine Caroline eut deux filles : Latitia-Josiptie , née le 25 avril 1802, mariée au marquis Pcpoli, et Louise- Julie-Caroline , née le 22 mars 1805, mariée au comte Ra^poni, à Ruvcnne. F.

Woulcri , l*% Bonaparte depuis ISIS Jusqu'à rot jours. — M"»* Durand , Mes souvenirs sur Napoléon, sa famille et sa cour; Paris, 1819-1S20. t vol. tn — Delauconpret, Ânecdotcs sur ta cour et l'inlrrieur de ta famille de A. Bonaparte; Pjrl% 18. S, ln-8». - Moniteur pmvtrsel. - Rabbe. Vieilli de Bolsjolin cl Suiatcl'rcuve, Sxogr. unir, tt portai, des Contemporain*.

NAPPER TANDY — NARBONNE-PELET

.xapper-taxdt (James), chef des lrlauriaîs unis, né dans les environs de Dublin, en 1747, mort à Bordeaux, le 24 août 1803. Il eut de bonne heure des principes d'indépendance, et se montra partisan de la révolution française; dès 1791 il publia au nom de ses compatriotes un plan de réformes qui le rendit suspect au gouvernement anglais. Forcé de s'expatrier, il vint à Paris, obtint du Directoire en 1798 un corps d'armée, et débarqua en Irlande sur la cote occidentale de DonegaL II fut bien accueilli par les Irlandais ; mais avec de faibles ressouces, il voulut tenter une trop grande entreprise : ses troupes furent battues. Il se rembarqua, et parvint à Hambourg. Le gouvernement de cetle ville, placé entre la France et PAngleterre, qui demandaient l'une qu'on mit en liberté Napper - Tandy , l'autre qu'on le lui livrât, céda aux menaces d'une escadre anglaise. Le réfugié, conduit dans les prisons de Dublin, comparut devant la cour du Banc du Roi, et fut condamné à mort : il avait été excepté, avec un des frères de O' Connor, du bîll d'amnistie. L'intervention du premier consul empêcha l'exécution. Après une détention de deux ans, Napper-Tandy fut mis en liberté, grâce à une nouvelle intervention du gouvernement français ; il fut conduit au port de Wicklow, où il s'embarqua pour Bordeaux. Les précautions qui furent prises durant le trajet de Dublin à Wicklow pour l'empêcher de communiquer avec aucun de ses compatriotes témoignent de la crainte qu'il inspirait au gouvernement anglais. Il mourut un an après son arrivée à Bordeaux. A. H— t.

Aruanll, Jay, etc.. Bioorap/iie nouvelle du (ontemp.

x arbouse (Vicomtes de). Cette maison reconnaît pour auteur saint Guillaume ( voy. ce nom ), mort le 28 mai 612. Parmi ses descendants un remarque :

Bérenger, mort en 1067. Raymond Bérenger, comte de Barcelone, qu'il secourut en 1048 contre les Maures, lui donna la ville de Tarragone, qui ne passa point à ses successeurs. Un de ses fils, Pierre, évèque de Rodez en 1052, s'empara de l'archevêché de Narbonne, en 1079, et fut excommunié.

Aimeri /"*, mort en 1106, à Alep, réunit en sa personne la vicomté de Narbonne, qui dès lors fut héréditaire.

Aimeri Vf, mort le 19 juin 1328. Charles «l'Anjou, qu'il avait suivi à la conquête du royaume «Je Naples, le donna aux Florentins pour commander leurs troupes. Il ravagea les terres du gouverneur d'Areizo et battit l'éfêque de cette ville, le 1 1 juin 1299, dans la plaine de Campe! dino, près de Poppi II rendit de grands services au roi Philippe le Bel dans ses querelles avec le pane Boniface VIII.

Aimeri IX, né à Narbonne, en 1324, mort après le mois d'avril 1388. Après avoir en 1355 -v ainement tenté de s'opposer à l'invasion d'Édouard, prince de Galles, qui incendia les fau-

HOCV. BIOCR. ClltR. — T. XXXVII.

bourgs de Narbonne, il combattit en I3.j6 à Poitiers, et fut blessé et fait prisonnier. Il paya de nouveau de sa liberté un combat qu'il livra aux Anglais, le 14 août 1366, près de Montauban. Par lettres du 8 décembre 1369, Charles V le créa amiral de France; mais l'histoire est muette sur les circonstances qui amenèrent sa destitution en 1373, et, par suite, sa retraite totale de la scène politique.

Guillaume II, tué le 17 août 1424. Il disputa à Martin et à Louis, rois de Sicile, une partie de la Sardaigne sur laquelle il prétendait avoir quelques droits du cht-f de sa mère. Neveu, par sa femme, de Bernard d'Armagnac, connétable de France, il contribua de tout son pouvoir à soutenir la tyrannie du connétable dans Paris. Un des principaux conseillers du dauphin, il signa, le 11 juillet 1419, le traité de paix conclu entre ce prince et Jean sans Peur, duc de Bourgogne, sur le pont de Pouilly-le-Fort, près de Melun. Le 10 septembre suivant, il assistait à l'assassinat de Jean à Montereau. Il se distingua en 1421 à la bataille de Baugé, livrée par le maréchal de La Fayette au duc de Clarenec, peu après au siège de Cosne, et périt enfin à la bataille de Verneuil. Les Anglais ayant reconnu son cadavre dans les fossés de la ville le firent écarteler, et ses membres en lambeaux furent attachés à diverses potences, parce que le vicomte était complice du meurtre du duc de Bourgogne. II. F.

P. Anselme, Hitt. des grands officiers de la couronne. — Larhesoaye-Drsbolft, Dtct. de la noblesse. — M'i-ray, Hist. de France. — Cailla Chrlstutna, t. VI. — Trouvé, États Ue Lançuedoc. — IKim Vaks*rtte, Hitt. de Languedoc. — D'Algrefcullle. Htst.de Montpellier, 1.

HARBONNB pklet ( François- Raymond' Joseph- fJerménegilde-Amalric, vicomte de), général français, né le 21 octobre 1715, mort vers 1780. Descendant des vicomtes de Narbonne , il appartenait à une branche qui prit au douzième siècle le surnom de Pelet et qui nos • sédait les fiefs de Corn bas, Fontanès , Montairat, etc., dans le bas Langnedoc. Après avoir épousé en 1734 une nièce du cardinal de Fleury, il devint gouverneur de Sommières, servit en Allemagne et en Flandre, et fut promu aux grades de maréchal de camp en 1745, et de lieutenant général en 1750. Il eut un frère, Henri- Louis, qui fut maréchal-de-camp. P. L.

Pinard , Chronologie milit., V, m.

narbonne- pelet (Jean- François, comte de), général français, né en 1725, à Saint- Paul* Trois-Châteaux (Drome), mort en 1804. Il appartenait à la branche de Moreton en Dauphiné. U assista au siège de Minorque, et passa en 17^7 à l'armée du Rhin pour y faire fonctions d'aide major général de l'infanterie. Devenu colonel d'un régiment de grenadiers royaux , il défendit, en 1762, le poste de Fritzlar, arrêta pendant trois jours les Prussiens, et permit ainsi au duc de Brogliededégager l'armée, qui menaçait d'être coupée. Alin de perpétuer le souvenir de c«

451 xNAitBOMNE-PKLET

liL'au fait d'armes, Louis XV voulut que Narl»onne ajoutât à son nom celui de Fritzlar. Louis XVI le nomma lieutenant général (1784) et grand croix de Saint- Louis. De son mariage avec sa cousine Louise Charlotte-Philippine de Narbonne-Pelct, nièce du cardinal de Bcrnis, il eut un fils qui laissa trois enfants : Albéric, employé dans les armées de l'Autriche, Aimery et Ermelinde, duchesse de Chevreuse, morte en 1812. P. L.

Courcelles, Die t. Mit. des généraux français.

kaikbonxb- pblet (Raymond- Jacques- Marie, comte, pute duc de), diplomate français, né à Fontanex (Gard), le 24 juin 1771, mort à Paris, le 3t octobre 1855. Fils de François-Bernard t comte de Narbonne-Pelet , capitaine des vaisseaux du roi au département de Toulon, il émigra avec sa famille en 1791 , et demeura sans fonctions sous l'empire. Louis XVIII le nomma pair de France le 17 août 181 à, et deux mois auparavant, il l'avait accrédité comme Bon chargé d'affaires auprès du roi des Deux-Siciles. M. de Narbonne remplit ces fonctions jusqu'à la tin de 1821. Louis XVTII le créa duc par lettres patentes du SI août 1817 ; puis, Ic9 janvier 1822, il le nomma ministre d'État et membre du conseil privé. Charles X le fit chevalier des ordres, le 30 mai 1825. Leducde Narbonne-Pelet ne satisfit point à la loi du 31 aoftt 1830, et cessa de siéger à la chambre, aux travaux de laquelle il avait toujours pris une part importante. Il avait épousé M"*" Émllie de Sérent; mais comme cette union avait été stérile, son cousin François- Raymond- Aimer ic, comte de Narbonne-Pelet, avait été substitué à ses titres et rang de duc et pair par ordonnance royale du 28 août 1828. On a de lui : Réflexions adressées par un pair de France aux habitants de son département, à r occasion des prochaines élections ; Nîmes, 1830, in-8°. H. F.

Dr Courcrllci, Diction», kitt. des pairs de Fronce, t vill — Moniteur univ., 181S à lSîS. — Quérard , La France IJUtéraire.

H arbokwr- LARA (Le comte Louis de), homme politique et général français, né a Colorno (duché de Panne), le 24 août 17 à*, mort à Torgau (Allemagne), le 14 janvier 1814. il descendait d'une brandie des Lara de Castille, une des familles les plus anciennes et les plus illustres d'Espagne. Sa mère était dame d'honneur de la duchesse de Parme, Elisabeth de France, fille de Louis XV , et son père, premier gentilltomme de la chambre. A la mort de cette princesse (1760) , il fut amené tout jeune enfant à Versailles , et élevé sons les yeux et sous la tutelle des tilles do roi. De bonne tienne il fut confié aux Oratoricns de Juilly. On dit qoe le grand dauphin, qui partageait la prédilection de ses sœurs pour cet enfant, doué d'une intelligence précoce, hii donna lui-même, dans ses loisirs, des leçons de grec Ses évades achevées, il prit du «ervice dans l'artillerie, la quitta pour devenir

- NARBONNR-LARA 4tt capitaine de dragons, puis guidon de la gendarmerie de France. A vingt -cinq ans il fut nonuné colonel du régiment d'Angoumois, cl pat&a ensuite avec le même grade au régiment de Piémont, qu'il commanda plusieurs années. A ce service il joignait le litre de chevalier d'honneur de madame Adélaïde, fille aînée do feu rui Louis XV, tante du roi régnant, près de laquelle sa mère, élevée au titre de duchesse, jouissait d'une entière faveur, et remplissait les fondions de dame d'honneur. Jeune, de noble naissaixv, il avait donc devant loi une brillante carrière. De bonne heure il s'appliqua a s'eu rendre dipe. Il fit, dans les diverses armes, une étude auditive et pratique de son métier militaire. Aride d'une instruction plusélevée, il étudia les langues étrangères, la diplomatie, et se trouvant en résidence à Strasbourg, il suivit pendant deux hivers les savantes leçons du professeur Koch, qui remplissait la chaire dliistoire et de droit public créée dès 1 780. Dans ses fréquents séjours à Ver* sailles, il continua ses études diplomatique» aoi archives des affaires étrangères, que lui ouvrit le ministre de Vergennes. Il eut des relation* assidues avec deux iMcnmes distingués dool la conversation était aussi féconde que spirituelle. L'on était Rayneval, premier commis du ministère; l'autre Bhulrère, homme de lettres et philosophe , qui avait joui des confidences de grands personnages. C'est ainsi que flarbonne acquit cette érudition diplomatique doot plus lard il 61 bon usage. En 1782, il épousa M,,c de Montb»lon ( Marie- Adélaïde ), fille d'un premier président dn parlement de Rouen , et destinée du coté île sa mère à 3*),000 livres de rentes dans notre colonie de Saint-Domingue (1). Parce mariage, Narnonac se. trouva encore plus eosflfr dans le monde parisien de la haute magistrature, de la finauce et de la philosophie, on il pourait goûter plus qu'à Versailles l'entretien des hommes les pins distingués de l'époque. Il jonJssaat donc de Ioub les avantages que peuvent as urer le rang, la fortune, des relations suivies daos la hante société, lorsque ta révolution éclata Quoique attaché par devoir à la maison de Bourbon , et par reconnaissance à madame Adélaïde, dont il était le chevalier d'honneur, il était trop intelligent pour ne pas être favorable sot réformes qui devaient régénérer à h fois la monarchie et l'ordre social. Il avait adopté plusieurs des idées nouvelles ; et an fond du «unir, il admirait ces institution* de liberté qnll avaMétadiées dans Montesquieu et dans les cours de droit public è Strasbourg. Il était lié d'avrf* avec plusieurs des membres les plus <h>"tingw< de l'Assemblée constituante ; mais fi n'en lit p^* partie. En 1790, le régiment de Piémont se trou-

il) Crue Jrnne flh> avait alors quatorze ani , et remarqnablr, âpre* avoir traverse le» re*wluM»»« 1"' •ont «tecéSe depnts un deauMleelr, avoir vw 'J " entière de celte grande fortune, elle n'c*t morte 1ue ooi Jour» a Mârua . aajée de qoalre-Tlngts »a< J*""

453 M Att BONNE-LARA

vant à Besançon , Karbonne, qui en était colonel, fut chargé du commandement des gardes nationales do Doubs. Des troubles sérieux éclatèrent dans cette province , où dominait l'esprit religieux, au sujet de la constitution civile du clergé. Il parvint à rétablir le calme , ce qui ne 1'empëcba pas d'être insulté dans quelques journaux de Paris par deux ou trois écrivains Cougueux ; mais il fut soutenu et vengé par la reconnaissance publique. L'année suivante, il fut rappelé à Paris par son service près de Mesdames de France, tantes du roi . Ces princesses, fort effrayées des scènes violentes qui se succédaient de jour en jour, résolurent de partir pour Rome. Il les accompagna; mais à Arnai-Ie-Duc, le voyage fut interrompu par le peuple, qui ne voulut entendre aucune raison. Narbonne revint a Paris pour solliciter de l'Assemblée constituante un décret qui rendu aux princesses la liberté de voyager. Dès qu'il l'eut obtenu, il repartit sans délai pour délivrer les prisonnières mises en surveillance par la municipalité, et les conduisit dans les États du roi de Sardaigne, et de la a Rome, où elles furent accueillies dans le palais du cardinal de Bernis, Il ne tarda pas à revenir en France , fut promu au grade de maréchal de camp par l'Assemblée; mais il ne voulut être remis sur le tableau qu'après que le roi eut accepté la constitution. Depuis le funeste événement de Varennes, il n'avait plus qu'une pensée, s'associer aux efforts des hommes politiques qui voulaient rendre à la royauté quelque force. Au mois de décembre 1791, peu après Touverture de l'Assemblée législative, il accepta le ministère de la guerre. Les fonctions étaient délirâtes et (Tune grave responsabilité. Jeune et plein d'ardeur, il se proposa deux choses : agir sur une grande partie de l'Assemblée par la confiance, par Punion, par de loyales concessions de pouvoir-, et, d'un autre coté, relever le prestige et la force de la royauté, et lui préparer une armée contre l'élranger. Déployant une prodigieuse activité, il visita les frontières et fit à la suite de ce voyage un rapport brillant à l'Assemblée sur les ressources militaires de la France. Il remonta le matériel «les places fortes, rétablit îca garnisons , et organisa trois armées , dont H donna le commandement aux généraux Roclomt>eau, Ltickner et Lafayette. 11 obtint, pour les <Je»x premiers, le bâton de maréchal de France. Chaque jour il adressait à l'Assemblée de nouvelles demandes pour taire face aux dépenses de son ministère. Plus d'une fols, ses vues trouvèrent de l'opposition. Un jour, vers la fin de janvier, la patience lui échappa, et après avoir rappelé avec énergie les besoins des armées, et «léehré qu'il donnerait sa démission si on persistait à lui refuser les secours demandés , il s'écria : « Eh bien ! messidors , me refusant à attendre la honte comme ministre, j'irai chercher la mort comme soldat de la constitution, et c'est dans ce dernier poste qu'il me sera permis

de ne plus calculer le nombre et la force de nos ennemis! » Ce langage pathétique, un peu théâtral peut-être , fut applaudi et suivi d un plein succès. Ce n'était pas seulement dans l'Assemblée qu'il avait des adversaires. Le ministère était divisé de vues et d'action, en proie aux passions et aux rivalités. Traversé par plusieurs de ses collègues, sans appui dans le roi, qui goûtait peu cet esprit prompt et décisif, mal secouru par les modérés, Narbonne se découragea, et manifesta le désir de quitter son poste. Les trois généraux en chef lui écrivirent pour l'en détourner. Leurs lettres étant devenues publiques, on lui en imputa la publicité, et on I en accusa comme d'une intrigue. L'inimitié de ses adversaires exploita les défiances et les hostilités soulevées contre lui dans les deux partis. Le portefeuille de la guerre lui fut retiré, par une lettre très laconique du roi, le 10 mars 1792 ; il l'avait eu trois mois et trois jours. » Et après sa retraite , dit M. Villemain, le ministère resta plus faible et plus divisé que jamais, autour d'une royauté mourante! » Le ministre disgracié repartit aussitôt pour l'année du nord, où il donna l'exemple de la plus active discipline, et ne revint à Paris, après quelques mois, que sur un ordre secret du roi. Il arriva pour assister avec désespoir à l'insurrection du 10 Août, et le lendemain il fut décrété d'accusation et mis hors la loi. Dénoncé avec violence dans les clubs jacobins comme l'ancien fauteur du traître Lafayette; accusé d'avoir organisé l'armée , non pour la défense du sol, mais pour celle du « tyran , » il ne dut son salut qu'à l'amitié courageuse de madame de Staël, qui le garda caché dans l'hôtel de l'ambassade de Suède , jusqu'à ce que la violence des agitations populaires se lût un peu calmée. U parvint à s'échapper, seul et déguisé, et après avoir passé quelque temps en Suisse, il se rendit en Angleterre. La, il se trouva en relations avec ses adversaires royalistes de l'année précédente et quelques personnages éminants de l'aristocratie anglaise. Il eut un ou deux entreliens avec le ministre Pitt, qui voulait connaître set opinions sur l'état et les ressources de la France. U répondit avec beaucoup de réserve aux insinuations du ministre, dont il soupçonnait les projets ultérieurs, et la conversation n'eut aucun résultat. Quelques semaines après, la guerre fut déclarée contre la France, et il reçut ordre de quitter l'Angleterre. Réfugié de nouveau en Suisse, il y passa quelques années dans la retraite et l'étude ; puis au début du Directoire, U voyagea en Souabe et en Saxe, où il avait d'anciennes relations de cour et d'amitié. Il profita des loisirs que lui faisait l'exil pour se perfectionner dans l'allemand , pour suivre de longues et ta vantes lectures « Il y eut là, disait-il plus tard à un ami, pour moi d'autres quartiers d'hiver, un autre semestre de garnison, avec celte différence que, moins jeuuc et plus pauvre, j'en profilais encore mieux. « tels.

NARB0NNE-LAR4

pendant l'exil lui paraissait amer et douloureux; i jeunesse le camarade de garnison, à Strasbourg,

il en souffrait intérieurement, et soupirait après \ et l'ami de ce prince, et il jugea qu'il aurait en

«les temps meilleurs. Il disait •» qu'à l'étranger il ■ lui un ministre plus persuasif que tout autre

y avait beaucoup a apprendre, mais rien à faire, ' pour affermir le roi dans les intérêts de la

parce qu'il ne fallait jamais servir que son France. Au bout de quelques mois, Narbonne

l>ays ». L'établissement du consulat lui ouvrit fut rappelé de Munich, par un congé sans terme,

enfin les portes de la France. Il pouvait y ren- et invité plus souvent à des entretiens intimes

trer sans aucun sacrifice de dignité de caractère, près de l'empereur, qui fut frappé de ses con-

II éprouvait d'ailleurs une secrète sympathie naissances étendues, de la portée de son esprit.

pour le génie de l'homme extraordinaire qui, unissant la sagesse et la modération à l'habileté, dirigeait le gouvernement d'une main ferme et réparatrice. 11 ne cacha pas ces sentiments au milieu de ses amis. Rentré en Franc* au milieu de 1800, il se borna à une seule démarche. Dans une lettre noble et simple au premier consul, il rappela quelques détails de sa vie, la dispersion de sa famille, la ruine entière de sa fortune, et demanda du service militaire ou civil. Cette lettre demeura sans réponse, et plusieurs années s'écoulèrent dans la vie privée.

Narbonne avait eu de son mariage deux tilles. En 1 806, l'atnée épousa un noble portugais, le comte de Braamcamp, qui fréquentait la maison de madame de Flahaut , devenue madame de Souza, et amie de vieille date de la famille Narbonne. Plus tard, la seconde fdle fut mariée à M. de Rambuteau, chambellan du palais et sous ■e règne de Louis-Philippe préfet de la Seine. Enfin, en 1809, le ministre de la guerre invita Narbonne à reprendre du service, et lui annonça bientôt que l'empereur lui rendait le titre de général. Kn cette qualité, il fut chargé d'une mission pour Vienne, pendant la campagne d'Essling et de Wagram, et devint gouverneur de Raah, avec instruction d'avoir l'iril et la main sur la Hongrie et la Bohême ; car la paix se négociait et n'était pas encore faite. De là il alla prendre possession du gouvernement deTrieste. Il retrouva dans cette ville une mère chérie, qui n'avait cessé d'y résider, depuis que Mesdames de France, chassées de Rome, étaient venues s'y réfugier et y mourir. Déjà d'un Age avancé, madame de Narbonne avait voulu rester à Trieste, comme pour veiller sur le tombeau des deux princesses, et elle avait conservé dans toute leur ferveur ses sentiments pour l'ancienne famille des Bourbons et l'antipathie contre les grandeurs nouvelles élevées par la révolution. L'empereur le savait, et quand, la mission terminée, il revit Narbonne : ■ Ah ça, mon cher Narbonne. lui dit-il avec un demi-sourire, comment suis -je maintenant dans l'esprit de madame votre mère? Il n'est pas bon pour mon service que vous la voyiez trop souvent ; on m'assure qu'elle ne m'aime pas ; estce qu'elle ne m'aimera jamais ? — « Sire, lui répondit le comte en s'inclinanl, elle n'en est encore qu'à l'admiration. » Peu après la paix avec l'Autriche, il fut nommé ministre plénipotentiaire près du roi de Bavière. L'empereur

et de l'élégance exquise de son langage el de ses manières. Après son mariage avec Marie- Louise, il voulut le faire grand maître de ta maison de l'impératrice ; mais celle -ci , sans qu'on ait su le vrai motif, refusa d'aevéder à ce choix. L'empereur, pour terminer la difficulté, nomma Narbonne un de se3 aides de camp, faveur singulière s'adressant à un homme de cinquante-cinq ans, débris d'une ancienne cour, mais qui témoignait combien il goûtait son esprit et son caractère (I). Ce fut en qualité d'aide de camp de l'empereur qu'il fit la campagne de Russie, et pendant la terrible retraite de Moscou il conserva , malgré son âge , une inaltérable fermeté. La gaieté de son courage, ses bons mots, ses manières militaires lui gagnèrent les officiers et les soldats. Il eut le bonheur d'échapper aux dangers de tous genres de cette immense catastrophe, et il revint à Paris vers la fin de janvier J8I3. Ses amis intimes furent frappés de l'impression profonde et douloureuse qu'il en avait conservée, et même avec eux, H s'abstenait d'en retracer les détails et les angoisses. Ses talents et sa haute sagacité devinrent bientôt nécessaires à l'empereur pour pénétrer la politique ambiguë de l'Autriche. 11 fut envoyé à Vienne comme ambassadeur (mars m3).

« Jusqu'à l'ambassade de M. de Narbonne, a dit Napoléon dans sa captivité de Sainte-Hélène, nous avions été dupes de l'Autriche. En moins de quinze jours, M. de Narbonne eut tout pénétré ; et M. de Metternich se trouva fort gêné de cette nomination. Toutefois, ce que peut la fatalité ! les succès même de M. de Narbonne m'ont perdu peut-être;, ses talents mont été

(I) Menneval a consacré, dans sa Sottrenirs hutoriplusieurs pages s Narbonne. Il du a cr sujet : « L'esprit distingué rt les manières polirs de H. de Narbonne plaisaient beaucoup à l'empereur. Il finit par le nommer un de ses aides de camp. M. de Narbonne Justifia ce chois, et servit avec une constante IMrl.tc Jusqu'à sa mort, arrivée en IBIS, à Torgao. où U avait été envoyé en qualité de gouverneur. Je ne nierai pas que l'empereur n'ait eu dn penchant poor le* derniers rrpréaeniants de I cille de l'anci- nnr noblesse de cour. Ces formes polies sans fadeur, ces flatteries délicates cette grâce à dire des riens élégants , un esprit tin et souvent orné, les traditions de goût et d'urbanité qu'Us apportaient dans sa cour, exerçaient sur s»o esprit une séduction qu'il s'efforçait de dbulinulrr. Il pcns.il t que, dans ses relations avec les cours de l'Europe, leur affiliation avec la franc-maçonnerie aristocratique lui tarait d'une grande utilité. C'était un des motifs de sa partialité pour M. d.- Tallrjrand. qui était son principal intermédiaire dans l'accomplissement de l'truvrr de c< cilistion qn'll avait entreprise. Il le regardait en m<

«'était souVeou ,ue N^rbonoe .vit été da„8 a, i MUU"<" v**— •»

NARBONNE-LAItA — NARCISSE

du moins bien plus nuisibles qu'utiles. L'Autriche se croyant devinée jeta le masque et précipita ses mesures. Avec moins de pénétration de notre part, elle eût mis plus de réserve, plus de lenteur. Elle eût prolongé encore ses indéci-

mers du sud (1669). Il quitta Dcplford sur la Tamise, le 26 novembre, avec deux bâtiments, le Sweepstakes et le Bachelor, perdit ce dernier de vue le long de la côte des Patagons (14 février 1670), entra le 22 octobre dans le

sions naturelles, et durant ce temps , d'autres détroit de Magellan , et remonta ensuite vers le

nord jusqu'à trois lieues de Valdivia. 11 tenta vainement d'établir des relations avec les Espagnols, et, n'ayant pu retirer de leurs mains son blées par l'explosion des peuples, sur sa propre ' lieutenant, qu'ils avaient Tait prisonnier contre le

droit des gens, il dut pourvoir a sa propre sûreté et reprit, le 22 décembre, le chemin de l'An-

pouvaient s'élever (1). » Peut-être l'empereur se faisait-il illusion sur les profondes animosités des souverains, sur leurs forces don-

et sa fortune si gravement compromises par les désastres de Russie. Quoiqu'il en

soit, les événements se précipitèrent; et malgré ; gleterre, où il arriva au mois de juin 1671. Le

les succès de Lutzen et de Baulzen, les légions impériales reculèrent peu à peu vers le Rhin. Les négociations du congrès de Prague, auxquelles Narbonne fut employé» n'ayant abouti qu'a une déception, l'ambassadeur fut envoyé comme gouverneur dans la forte ville de Torgau, où l'empereur avait jeté une nombreuse garnison, et qu'il jugeait un point important pour maintenir une des frontières de la Saxe. Narbonne > arriva malade et affaibli par les anxiétés de cette funeste campagne. Une fièvre contagieuse, résultât des amas de troupes et des désastres, ne tard^ pas à se manifester. Les hôpitaux, la ville entière furent encombrés de malades. Narbonne, prodiguant partout ses soins

roi Charles II, qui avait fondé de grandes espérances sur cette expédition, se porta au-devant du navigateur jusqu'à Gravesend, et lui fit le plus cordial accueil. Dans la campagne de 1672, Narborough servit à bord du Prince comme second capitaine du duc d'York, qui avait pour lui une estime particulière. 11 assista en cette qualité à la bataille de Solebay, gagnée par Ruyter, et il mit tant de diligence à réparer les avaries de son vaisseau qu'il put rentrer en ligne et proléger là retraite; -sa conduite en celte circonstance fut l'objet d'une mention spéciale dans la relation qui fut rendue publique. En 1673, il rôt nommé contre-amiral et reçut des lettres de noblesse Ses dernières expéditions furent con-

ies plus empressés, fut atteint gravement du j sacrées à châtier les pirateries des deys de Tripoli

typhus, et y succomba en peu de jours ( 17 novembre 1813). Une autre version, qui a sa source dans la lettre du général appelé à le remplacer, et qui est imprimée au Moniteur, attribue sa mort à une chute de cheval ; peut-être est-ce à dessein que cette cause a été donnée. On vendit ses chevaux de guerre pour acquitter les frais de ses funérailles. Narbonne ne laissait que son nom à sa noble famille, et des vœux

et d'Alger : il força le premier à mettre en liberté tous les captifs anglais, à payer une indemnité de 80,000 dollars et à concéder à l'Angleterre plus de privilèges que n'en avaient encore obtenus les autres nations (1674); quant au second, il brûla ou coula à fond plusieurs de ses bâtiments et bombarda, quoique sans beaucoup d'effet, sa capitale (1677). Nommé commissaire de la marine en 1680, il occupa cet emploi jus-

l>our ses filles et pour sa mère, qui lui survivait, ! qu'à sa mort. La relation du voyage de Narboagée de soixante-seize ans. Il est digne de re- rough, rédigée par lui-même et par Pecket, son marque que pendant les Cent Jours l'empereur lieutenant, a été publiée dans le recueil intitulée» se rappela son aide-de-camp préféré , et voulut account ofseveral laie voyages and discoveries assurer par ses bienfaits le repos de la vieillesse to the South and Norih ( Londres, 1694, in-8" ), de M"* de Narbonne. Celte dame reçut égale- et traduite en français à la suite du voyage de Co-

réal (Amsterdam, 1722, 3 vol. in-12). «Son journal, dit Desbrosses, aussi instructif que peu amusant à lire, contient le détail le plus exact sur les positions géographiques de la côte des Patagons et de celle du détroit. Les navigateurs y trouveront les meilleurs renseignements sur la manière de reconnaître les parages de ces côtes , d'y entrer et d'y mouiller. » Narborough a donné son mort vers la fin de 1688. 11 appartenait à une nom à une p^te ue gjtuée au sud de Parchipd ancienne famille du Norfolk. Lieutenant de vaisseau en 1664, il se conduisit avec tant de bravoure et rendit tant de services dans la guerre contre la Hollande qu'il fut promu, en 1666, au commandement de l Assurance , bâtiment léger. Lorsque la paix eut été signée, il fut choisi |H>ur diriger un voyage de découvertes dans les

(l| Mémorial de Sainte- Hélène, par M. le comte de t. III. mets.

ment une pension de Louis XVIII, et mourut en 1821. J. Cbanut.

Moniteur, ]791-IBt3. — Bignon, Histoire de France sont Napoléon. - Tbter», Empire, 1813. - Vlllemaln, souvenirs contemporains. 1M*, i* partie. — Mrnnc»»l, Soutenir* historiques sur Napoléon et Marle- Itmiie — M armont, Mémoires, 1837 — Scgur, id..S vol. io-S°.

narborough (Sir John)t marin anglais,

de Cliiloé.

Charnock , Bingraphia natalis. — King ( Philip Parker |, dan» le I#n<ton geographical journal, t. I. — Ch. de Brossct. Hist. des naviçat. aux Terres Mustr.

narcisse (Narcissus) , affranchi de l'empereur Claude, mis à mort en l'an 54 après J.-C. Secrétaire (ab epistolis suivant une ancienne inscription ) de l'empereur, sur lequel il exerçait influence sans bornes, il s'entendit avec

sakcissî: — sarcisso

l'impératrice Messaline pour dépouiller ou Taire mettre à mort quelques-uns des plus riches et des plus importants |« rsonnages de l'ttat. Ce fut ainsi que C. Appilis Silanus périt, parce que Narcisse prétendit qu'il l'avait vu en rêve assassinant l'empereur. La conspiration avortée de Furius Camiilu* Scriboniann* fournit à Narcisse et à Messaline un ample prétexte d'extorsions et de cruautés. L'affranchi de Claude ne lit pas toujours un aussi mauvais usage de son influence. Vespasien lui dut en 43 d'être nommé légat d'une légion de Germanie. Quand les soldats placés sous les ordres de A. Plautiusen Bretagne se mutinèrent, Claude envoya Narcisse pour les ramener à l'obéissance. Les rebelles accueillirent l'affranchi avec des cris d'indignation ; mais ce qui semblait devoir dire avorter sa mission la lit réussir. Les soldais, dégoûtés du nouveau chf f qn'on leur donnait , revinrent à leur ancien général A. Plautius.

L'union de Messaline avec les affranchis cessa lorsque l'impératrice eut fait périr Polybe, l'un d'eux. Se voyant menacés, ils résolurent de la perdre. Elle leur en fournit l'occasion par un extravagant mariage avec C. Silius, si toutefois ce mariage ne fut pas une invention des affranchis. Toute cette transaction, qui se termina par la mort de Messaline, est restée profondément obscure. Le dramatique récit de Tacite n'offre pas les caractères de l'authenticité historique. Narcisse persuada à l'empereur que r.a seule chance de salut était de le nommer chef de la garde prétorienne. Pour empêcher qu'on ne l'influençât dans un sens contraire, il monta à coté de lui dans la voiture qui le ramenait à Rome. Il prit ensuite sur lui-même d'ordoaoer le supplice de Messaline. Peu après, Claude songea à se remarier, et Narcisse soutint contre Agrippine les prétention» de >£lia Petina. La première l'emporta, et dès lors la faveur du puissant affranchi déclina rapidement. Agrippine 1 accusa de s'être approprié une partie des tonds destinés à la construction du lac Fucin ; Narcisse, de son coté, dénonea à Claude les desseins ambitieux de la nouvelle impératrice, et usa de tout ee qui lui restait d'influence en faveur de Britannicus. La lutte se termina par la mort de Claude. Narcisse, qui, au moment décisif avait reçu l'ordre d'aller soigner sa goutte aux bains chauds de Campanie, fut rois à mort presque aussitôt après l'avènement de Néron. Il brûla avant de mourir toutes les lettres de l'empereur Claude qui étaient en sa possession. Il avait amassé une énorme fortune qui, suivant Dion Cassius, s'élevait à 4oo millions de sesterces (environ 80 millions de fr. ). L. J.

Tsrltp. Jnnalft.W, So-M; XII. t, 57. SI; XIII. i. - Suétone. Vlaud.yth. m. - Dion CjmIim, I X, Ik. !»,!«, 19, 34. - Orcllt. fn$rripl. latbue sel* cf«, toL I, p. m.

HARCISSB (Saint ), évèqoe de Jérusalem, né vers l'an 98, mort le 29 octobre de l'an 21e. L'un des prêtres les plus vertueux du clergé de

Jértisalt-m , il était plus qu'octogénaire quand il fut élu pour succéder a Dolichtcn, vingt-neuvième évêque de cette ville depuis les apôtre*. Mal-ré son Age avancé , il gouverna son troupeau avec le zèle et la vigueur d'une jeunesse florissante. Il présida en 197 le concile de Césaree en Palestine, où l'on décida que la Paque serait célébrée la dimanche. Trot* mauvais chrétiens l'accusèrent d'un crime atroce, et soutinrent leurs calomnieux mensonges par les plus grands serments. Bien que les fidèles n'ajoutassent aucune foi à leurs paroles, N arda se profita de cette circonstance pour suivre le désir qu'il avant depuis longtemps d'aller vivre au désert. Il quitta Jé- : rusaient vers (99, sans qu'où pût découvrir le lieu de sa retraite. La justice divine frappa bientôt ses persécuteurs ; le premier mont ut avec sa famille dans l'incendie de sa maison ; la lèpr* rongea le second, et le troisième perdit complètement la vue. Dieu lui ayant inspiré le dessein de reprendre- le soin de son église, Narciss.r sortit en 20? de sa solitude, et en arrivant à Jérusalem, il trouva son siège occupé par un antr* évêque, appelé Gordius, qu'on avait élu pendant son absence. Tous deux gouvernèrent, dit-on . cette église, jusqu'à ce que la mort de Gordn:laissa de nouveau Narcisse seul possesseur du siège. L'extrême vieillesse l'ayant enfin rendu incapable des fonctions épiscopales, il prit poa<coadjiiteur Alexandre, évêque de Flaviade, qui vers 2 1 2, du consentement d u clergé et des fidèle* , consentit à se charger de la conduite de l'églivde Jérusalem. C'est le premier exemple d'un évêque transféré d'un siège à un autre , et doom pour coadjuteur à un éfêque vivant quoiqu.» vrai dire Alexandre fut plutôt le successeur de Narcisse,qui n'avait plus que l'honneur de IVpiscopat. Il en faisait mention dans une lettre adressée aux A nti imites en ces termes : ■ Narcisse vous salue, lui qui a tenu ici avant moi la place d'évêque, et qui ayant déjà plus de cent seize ans, est maintenant uni avec moi par les prières. Il vous prie , comme moi, d'être de mêmes sentiments. » Les légendaires attribuent un grand nombre de miracles à saint Narcisse,, dont les martyrologes d'Adon et d'Usuard fixent

la fête au 29 octobre. H. F.

Tlllrnwint, Mémoires trdét., t ttl. — Fleur?, UM. ter 1rs , Ht, |V, ri». M. ri Ht. V, ch. 3*. - Bxtlet, *V dti saintt. » octobre, t. III.— Ponjootat, mrtoltv de Jihmwlrm, t. II.

Jt\RCi%sa (Ginvan- Andréa), poète italien dit commencement du seizième siècle, sur lequel on ne possède pas de renseignements. Il s'est désigné lui-même comme l'auteur d'une de cet épopées chevaleresques qui faisaient alors les délices des lecteurs an delà des Alpes ; il a mis son nom à la fin du Libro rft battaglia chia • malo Passamonte ; Venise, 1606 et 15M. On ne connaît qu'un seul exemplaire de la première édition , et un exemplaire de la secon.de mt adjugé en 1847 au prix de 153 fr. (vente Libri ). Le Passamonte fut continué par un poème

461 ISARCISSO

dont Fortunat est le héros ( Libro entamât» Fortunato, figliol de Passation te el quai fece rfn/ie ta de suo padre contra Mayuncest ) Cette production, publié* à Venise en làO£, obtint du public un accueil favorable , constaté par cinq réimpression» (1519, 1549, 15W, 1597, et 1620); aujourd'hui on est plus ditn< ne, et les deux ouvrages de Narcisso ae vivent plus que dans le souvenir des bibliophiles. G. B.

V4<M*t, Sibiiftçi'oftu dti romauzi, p. MAct sutv.

hardi ( Jacopo U homme d'État et historien italien, né à Florence, le 21 juillet 1476, mort vers 1555. Issu d'une famille noble et ancienne, il fut revêtu dès sa jeunesse de charges honorables. Il était en 1501 un des prieurs (priori di liber/à). Il venait d'être nommé ambassadeur à Venise, lorsque, à la suite de l'occupation de Rome parles'bandes du connétable de Bourbon t Florence se souleva contre les Médiei*. Il prit une part active à cette révolution, et devint on des chefs les plus courageux et les plus éclairés du parti n publkain. Aussitôt après la restauration des Médicis , Nanti fut exilé. Il se retira à Venise, et consacra à la composition de divers ouvrages les dernières années de sa longue Tie. On ignore la date précise de sa mort, mais on sait qnll vivait encore en 1555. « Son Histoire de Flafence, dit G:nguené, fut sans doute son ouvrage de prédilection ; mais , observe sensément Tiraboschi , il est bien difficile que, dans la position où il se trouvait, l'écrivain se renfermât dans les bornes de la modération qu'on exige d'un historien ; et l'on ne doit pas être étonné que V Histoire de Nardi , quoique fort estimée, porte en soi le caractère de tous les ouvrages de parti. Quelque noble et juste que fût la cause qu'il défendait, puisqu'elle ait pour but la liberté de sa patrie, il a dû quelquefois se laisser emporter, en écrivant, au delà des bornes que lui prescrivaient la sagesse et la vérité. Il ne pouvait être impartial, désintéressé, puisque, presque à chaque ligne, il lui fallait retracer des événements qui étaient dans sa vie autant de grandes é]>oques qu'il ne pouvait se rappeler de sang- froid. » Cette histoire s'étend depuis l'entrée de Charles VIII à Florence, eu 1494, jusqu'à la chute définitive de la république de Florence en 1531 ; elle fut imprimée pour la première fois à Lyon, 1582, in-4% et réimprimée a Florence, 1584, in-4o; ces deux éditions sont incomplètes; une meilleure éditk>n,par Agenore Gelli.fait partie de la Ribtio/eca Sazionale pubKée par Le Monnier à Florence , et forme sous le tlrre de : Storie florentine, 2 vol. in-12. Après les Histoires ûorentines, le meilleur ouvrage de Nardi est son excellente traduction italienne deTite Live: Le JDeche di T. Livto padovano tradotle nella lingtta toscana da mnsser Jacopo yordi, viladino florentino; Venise, 1540, in foi. On i encore de Nardi une traduction italienne dn discours Pro Marcello de Cicéron ; Venise,

— NARDIN 40»

1536,in-S»; — une Vie d'Antoine Giacomini Tebalducci MaUspini; Florence, 1597,in-4°; — des poésies satiriques dans le recueil des I Canti canascicUeschi (eoy. Machiavel) et une comédie l'A mietsîa, oeuvre de sa jeunesse. Z.

C. Htrdt, rua di Jacopo Nardi, dao< le recueil dr Calogera , l. X»v, p. *». — VarclU, Mari* florentine. — ! Apost Zeno, Not* al tontanini, L I, p 3St. — Tlrabus- , chl, Storia de ila tetttratura ttatlnna, t. V, p. Il, p tflo. | — Oinguené, i/trt de la lUt. ttilutnne.U VIII, p. «79.

haadi (Giovanni), littérateur et médecin | italien, né vers 1 600, à Montepulciano ( Toscane ). H exerça la médecine à Florence, et laissa plusieurs ouvrages scientifiques, entre autres : Laclis phgsica analyste; Florence, 1634, in-4*; — De Igne subterraneo; ibid., tC4t, in-4°; — I)e Rore; ibid., 1642, in-4°; — floctium yenialium physicarum an nus primus; Bologne, 1656, in-4°. lia aussi donné en 1647, à Florence, une édition du poëme de Lucrèce De Rerum natura, avec des note* et des éclaircissements.

Un écrivain du môme nom, Nariu ( lialdas- *are), originaire d'Are/zo, s'est distingué parmi les théologiens qui ont entrepris de réfuter Marcantonio de Dominis et de défendre le principe de la suprématie romaine; son ouvrage a pour titre : Expunctiones locorum falsorum de papatu romano ( Paris, 1616, 161», in-4°). On a aussi de lui des poésies en latin et en italien. P. T)rabo*cht, Storia délia tttter. Ual., VIII.

hardin ( Thomas ), négociateur français, né vers 1540, à Besançon, où il est mort, en août 1616. D'une bonne famille, qui a produit plusieurs hommes de mérite, il remplit dans sa ville natale les premiers emplois de la magistrature. 11 fut chargé de différentes missions en Italie et représenta Besançon à la diète de Ralisbonne; grâce à l'appui que lui prêta Henri IV, il parvint à faire respecter l'indépendance de ses concitoyens et à leur assurer la jouissance des privilégesqui subsistèrent jusqu'en !664.Cefutlui qui encouragea Chassignct.son cousin, à mettre au jour ses poésies. On a de lui : V Union du royaume de Portugal à la couronne de Castille; Besançon, 1596, 1601, et Arras, 1600, in-8°, trad. de l'italien de liirolamo Conesta^io et réimprimé avec des changements à Paris, 1680, 2 vol. in- 12. P. L.

Potrson, UUt. de Henri IF. - Morerl. Grand DM. hitt.

!f ARDlff (Jean- Frédéric) , pasteur protestant, de la même famille que le précédent, né le 29 août 1687,àMontbéliard, mort le 7 décembre 1728, à Blamonl (Franche-Comté). Son père était vice surintendant des églises de la principauté de Montbéliard. On le destinait à la magistrature : un certain penchant au mysticisme l'entraîna vers le sacerdoce. Après avoir terminé ses études à Tubingue, il accepta l'emploi de précepteur dans une famille allemande, fut pourvu en 1714 du diaconat de l'église d'Hé* rirourt, et l'échangea en 1718 contre celui de BlamoBt. Cette dernière église fut supprimée

NARDIN

après sa mort. Nanlin s'était rallié aux doctrine* de» pietistes, ce qui lui attira quelques persécutions. Il vécut dans le célibat. Aux qualités du cœur, il joignait les talentsdc l'esprit. « 11 est vrai, dit son biographe, qu'il ne faisait pas, non plus que saint Paul, grand cas de la science ni de l'éloquence humaine ; mais, sans être savant, il était assez versé dans la science ecclésiastique. Dans ses sermons, il tirait moins parti de son ravoir que des sentiments de son cœur; il étudiait plus dans la prière que dans les livres. » Ces sermons jouissent encore d'une certaine réputation parmi les protestants : imprimés d'abord à Bâle ( Le Prédicateur évangélique, 1735, in-4»), ils ont eu une quatrième édition à Paris (1821, 4 vol. in-8*). On a encore de Nardindes Psaume» et Cantiques spirituels (Halle, 1740, 1755, in-12), trad. en partie de l'allemand et publiés par Choffin. P. L.

Duvernoy, f-'ie de J.-t'red. JVardin, a U tcle de» Sermons ( édU. de lis*:, et à part, avec des addlL ( Uallr, 1159, tn-8», et Strasbourg, 1SVT,

hardis i ( Pielro), violoniste italien, né en 1725, à Livourne, mort en 1796, à Florence. Il tut l'élève le plus distingué de Tartini et resta son ami fidèle; pendant longtemps il vécut chez lui , et dans plus d'une circonstance il lui prodigua les soins d'une tendresse toute filiale. Attaché en 1769 à la chapelle du duc de Wurtemberg, il retourna en 1769 dans sa ville natale, où il composa presque tous ses ouvrages, et devint en 1 770 premier violoniste du grandduc de Toscane. C'est plus particulièrement à cette époque qu'il acquit sa brillante réputation comme exécutant. Il était surtout remarquable dans l'adagio. « Des personnes qui l'ont connu, disent Choron et Fayole, nous ont assuré que lorsqu'on l'écoutail sans le voir, la magie de son archet était telle qu'on croyait entendre une voix plutôt qu'un instrument. Le style de ses sonates est soutenu, les idées en sont claires, les motifs bien traités et les sentiments expressifs et naturels, mais analogues au caractère sérieux de l'auteur. Il néglige la difficulté , mais il la crée sans le vouloir, parce qu'il est dans la nature du grand maître de ne rien faire de facile. Toute sa musique est asservie à l'art de l'archet, qu'il possédait dans la dernière perfection. La multiplicité des agréments, des accidents, des passages chromatiques, des trilles, des accords, des arpèges, en rendant celle musique très-expressive et très-harmonieuse, la rend en môme temps très-difficile. » Joseph II , dans son voyage en Italie, fit présent à Nardini d'une tabatière d'or d'un travail précieux. On cite parmi les compositions de cet artiste : Six Concertos pour violon (op. 1 ) ; six Solos pour violon (op. 2 et 5); six Trios pour flûte; six Quatuors pourviolon (Florence, 1782) ;et six Duos pour violon. P. L.

Choron et Fayole, Dict. hUt An Mutinent.

marbg ou haregatsi ( Grégoire ), écri-

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