‹ Nouvelle constitution du Canada [microforme]Chapitre 38 sur 41 · JEAN LANGEVIN · texte numérisé non relu

JEAN LANGEVIN

par la nuséricorde de Dieu et la Grâce du Saint-Siége Apostolique, Evêque de Saint-Germain de Rimousli.

procla-

Au clergé et aux fidèles du Liocèse, Salut et bénédiction en Notre-Seigneur.

Un évènement de la plus haute gravité et susceptible des cons :quences les plus importantes pour ce pays, va s'accomplir dans quelques jours, Nos Chers Frères. En vertu d’une proclamation de Notre Très-Gracieuse Souveraine, un acte récent du Parlement Impérial unissant en une seule Puissance les provinces du Canada, de la Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick, prendra effet le Ter jour de juillet prochain.

Vous le comprenez, Nos bien-aimés Frères, c’est là toute une révolution accomplie paisiblement et d’une manière réfléchie ; c'est là un changement de Constitution qui fait entrer ces colonies de la Grande-Bretagne dans une voie nouvelle, qui cuvre devant elles un avenir bien vaste, qui étend prodigieusement leur horizon jusqu'alors si borné.

Dans un moment si Solennel pour la patrie commune, vous tournez naturellement les yeux vers vos premiers Pasteurs, Fidèles de l'Eglise du Canada, pour en recevoir une direction sage et salutaire, Jamais, par le passé, la voix de vos Evêques n'a manqué de se faire entendre dans toutes les conjonctures importantes : jamais ils n’ont hésité à vous indiquer la igne de conduite à suivre, à se mettre à votre tête, À prendre la défense de vos intérêts; jamais vous ne vous êtes repentis de vous être montrés dociles à leurs conseils.

Aujourd’hui donc, N. C. F., vous seriez étonnés, alarmés, si vos guides naturels ne se prononçaient sur les évènements qui s’accomplissent à notre égard. Aussi croyons-Nous remplir un des devoirs de notre charge sacrée, en venant vous offrir quelques avis, que vous accueillerez, comme toujours, avec empressement et respect. |

La Constitution qui fonde ainsi au Nord des Etats-Unis un grand et riche empire, a été, Nous le croyons sincèrement, ame-

née providentiellement par une suite de circonstances tout à fait exceptionnelles Les rouages de la machine gouvernementale ne pouvaient plus fonctionner ; mille rivalités de races, de croyances religieuses, d'intérêts politiques ou sectionnels, nous menaçaient d'une anarchie complète, lorsque plusieurs de nos hommés d'Etat les plus éminents ont formé la projet, pour mettre fin à ces difficultés interminables et toujours renaïssantes, d’agrandir leur sphère d'action, et d’unir en un puissant Etat des Provinces qui, dans 1 ur isolement, n'avaient. que bien peu de moyens de développer leurs ressources. C’est ce projet, fruit de mûres délibérations, qui a été soumis à l'approbation des Parlements Provinciaux et à celle du Parlement Impérial, et qui est devenu, dans toutes ses dispositions essentielles, la loi du pays.

Vous la respecterez donc, N. C. F,, cette nouvelle constitution qui vous est donnée, comme l’expression de la volonté suprême du Législateur, de l’autorité légitime, et par conséquent de celle de Dieu même. Ne vous dit-il pas en effet au livre des Proverbes : “ C’est par moi que règnent les Rois, et que les Législateurs font des lois justes : c’est par moi que les Princes commandent, et que ceux qui ont le pouvoir rendent la justice.” Per me Reges regnant et legum conditores justa decernunt : per me Principes imperant et potentes decernunt justiciam.—Prov. VITE, 15, 16.

Dans les élections prochaines, vous considérerez comme une obligation de conscience de choisir avec soin ceux qui doivent vous représenter, soit dans la Chambre des Communes, soit dans le Parlement local. De ce choix fait avec discernement, sans passions mesquines, sans préférence purement personnelle, avec l’unique désir du bien public, avec un véritable patriotisme en un mot, dépend beaucoup le salut de notre pays, aussi bien que la conservation de tout ce qui nous est cher comme nation : notre Religion, notre Langue, nos Institutions,

Nous vous le déclarons hautement, N. C. F.: le misérable qui, dans une affaire de cette gravité, se laisserait tenter par un viLintérêt, qui vendrait son vote au plus offrant. qui se déclarerait en faveur du candidat assez misérable pour le gagner avec de la boisson forte : celui-là serait l’homme le plus bas et plus dégradé, indigne de jouir des priviléges d’un électeur ; ce serait un monstre dont la Patrie et l'Eglise auraient à rougir,

Vous allez donc choisir, N. C.F., des Représentants capables -

de soutenir vos intérêts et de vous faire honneur par leurs prin- . A . Q Ÿ LA

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