‹ Nouvelle Contribution à l'Étude des Myomes de la PeauChapitre 11 sur 35 · A. ÉVOLUTION · texte numérisé non relu

A. ÉVOLUTION

Les dermato-myomes évoluent très lentement ; une fois leur développement complet atteint, 1ls restent stationnaires. Il faut parfois plusieurs mois pour observer des changements de volume. Le cas de Besnier est ici très intéresssant, sa malade mourut en asystolie. L'affection avait commencé en décembre 1836; en 1884, à l’autopsie, les lumeurs les plus grosses étaient comme des pois, des amandes.

Le malade d’Arnozan et Vaillard, opéré en 1887, fait remonter le début de ses {umeurs en 1865, seize ans auparavant.

Dans nos observalions, les dermalomyomes existent depuis quatre ans(obs. VI), quatre ans et demi (obs. I), quinze ans (obs. IT).

Les myomes érupüfs n'atteignent pas un bien grand volume, mais ils augmentent en nombre ; cependant encore 161 cel accroissement se fait lentement. Dans le cas d’Arnozan et Vaillard, le début se fit à l'avant-bras droit par un bouton rouge; cinqans après, Favant-bras et le bras étaient envahis ; trois ans plus {ard l'extension se fait au cou et au tronc, puis l’éruption semble s'arrêter.

Chez le malade de White, les nodosités ont mis quatre ans pour arriver au nombre de 60.

Pourtant, trois mois passés à l'hôpital, Besnier

voit apparaître sur sa malade vingt saillies lenticulaires,

On voit aussi l'éruption se faire par poussées successives (obs. I), sans que l’on puisse la rattacher à une cause étiologique connue. Le malade de Wolters quitte l'hôpital au moment où de nouvelles nodosités poussent dans l'intervalle des anciennes. Il est probable que sur ce sujet, comme sur celui de Verneuil, la quantité de tumeurs est devenue innombrable,

Ces myomes ne disparaissent pas spontanément et ne régressent pas.

Hs n'ulcèrent pas la peau. On en cite cependant un cas occasionné par le grattage et, de plus, chez un diabétique (Wolters).

Les myomes uniques ou chirurgicaux évoluent aussi lentement et peuvent durer très longtemps : cinq ans (Scheyron-Phélisse), dix ans (Audry), douze ans (Passalacqua), treize ans (Virchow), quinze ans (Mermet), quarante ans (Challand), cinquante ans, malgré > récidives (Vallas), notons que ces chiffres constatent l’âge de la tumeur depuis son apparition visible jusqu'au moment où l'on examine le malade. Que deviendraient ensuite ces tumeurs ?

Sous certaines influences, une maladie, un traumaisme, la ménopause, elles peuvent tout à coup prendre un développement exagéré; tel le cas présenté par Mermet (obs. XIV).

D'après Lancereaux les tumeurs musculaires lisses ont peu de tendance à subir la dégénérescence graisseuse; quelquefois elles s'infillrent de sels de chaux (pierre de l'utérus). Elles sont peu exposées à l'inflam-

malion et à la gangrène, Lancereaux prétend aussi que

les myomes uniques ou multiples ne se propagent guère aux parties voisines.

Cependant, il semble prouvé que les myomes se propagent aux parties voisines, par l'observation XXIV ,où après une première intervention la tumeur récidiva sur place, nécessita trois opérations consécutives, et finalement l’ablation du nez. On avait certainement affaire à un myome, car Le diagnostic histologique fait par M. Darier à Paris, fut confirmé à Lyon par M. le professeur Bard. Ce myome évolua très vite, en quatre ans, depuis décembre 1893 jusqu'à décembre 1857.

Nous connaissons aussi un cas diagnostiqué myxome diffus de la clavicule, récidivé 14 ou 15 fois chez un homme de quarante ans, opéré par M. le D' Tixier, chirurgien des Hôpitaux, remplaçant M. le professeur Pollosson.

A l'examen histologique, on note ce qui suit tumeur musculaire lisse, dont la provenance ne pourrait êlre macroscopiquement fixée que par son siège lors de la première intervention, mais qui, selon toute probabilité, à dû avoir Pour origine les muscles souscutanés de la région.

Dans cet ordre d'idées, nous citerons aussi les observalions de MM. Gangolphe, Albertin et Carle.

Les myomes offrent-1ls la dégénérescence sarcomateuse ? Mermet en a présenté un cas à la Société anatomique de Paris. La tumeur dont il s'agit était un myome à peu près pur, présentant deux grandes ulcérations fongueuses.

Les cellules sont en voie de prolifération très active dans les parties « non dégénérées ». Dans ces dernières

CEA

elles ont l'aspect sarcomateux. Ces constatations histologiques coïncident avec un brusque développement de la tumeur en trois semaines, et MM. Paviot et Bérard! voient dans ce cas une nouvelle preuve en faveur de leur théorie. D'après ces auteurs, en effet, les cellules rondes sont une première étape vers la fibrecellule, et les tumeurs qui en renferment, au lieu de dégénérer, sont au contraire en pleine évolution.

Nous ne connaissons pas Jusqu'ici de cas de myomes cutanés généralisés dans le corps. Mais nous ne croyons pas cette généralisation impossible, nous appuyant, pour défendre cette opinion, sur le cas de Lancereaux et sur le travail de MM. Bérard et Paviot sur le cancer musculaire lisse utérin.

Ces auteurs citent plusieurs cas de métastases de tumeurs à point de départ utérin. Dans les eas de Gouilloud-Mollard, et dans celui de Duplan en particulier, on trouve des tumeurs formées de fibres-cellules adultes et pauvres en lissu conjonctif.

Dans le cas de Krisch, étudié par Ort, le fibro-myome utérin avait donné des tumeurs dans tout le corps voûte cranienne, cœur, œ1l, intestin, estomac, ganglions rétropérilonéaux, reins, utérus, muscles, peau, os, diaphragme, épiploon.

MM. Bérard et Paviot citent aussi l'observation de Langhérans, où le mmyome s'est généralisé aux poumons

et a envahi les parties voisines de l'utérus.

! Du cancer musculaire lisse en général et de celui de l'uterus en particulier, par MM. J. Paviot et L. Bérard (Archives de médecine expérimentale, p. 58).

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