OBSERVATION I
Clinique du D'Kaposi (Wien).
Ueber multiple Dermatomyome, von D° Vladimir Lukasiewiez. Archiv für Dermalologie und Syphilis, 1892 (Wien und Leipzig).
A la fin de décembre 1890, le chanteur J.-F, de Brünn, vingttrois ans, fut envoyé à la clinique dermatologique du D' Landesmann pour une affection particulière de la peau et y fut admis.
D'après le malade, neurasthénique à un très haut degré, il sort d'une famille saine où il n'y a jamais eu de maladie de peau. Dans son enfance il a eu la variole ; rien d'autre à signaler.
Le début de son affection actuelle date de quatre ans et demi. D'abord, sans aucune cause, il est survenu à la jambe gauche une tumeur de la grosseur de la moitié d'un pois, rouge, bleuâtre, analogue à une vessie.
Le malade l'écorcha et il en sortit une masse brune, visqueuse.
Peu de temps apres, se formèrent, d'abord sur le coté de l'extension du haut de la cuisse gauche, puis sur la jambe, des nodosités élastiques d'un rouge livide, de la grosseur d'un demipois à une demi-fève.
Celles-ci, à cause de leur consistance trop dure et des douleurs qui se déclaraient quand il grattait, n’ont pas élé ouvertes, malgré de fréquents essais du malade. Ces nodosités s'accrurent par séries jusqu'à son entrée à l'hôpital.
Il prétend avoir remarqué que certains jours elles étaient plus plates, d'autres jours plus saillantes et qu'avec le temps elles devenaient plus consistantes et pluslivides.
Un petit nombre d'entre elles ont cédé à l'emploi local de teinture d'iode, d’autres ont diminué.
Au début, cette affection ne causait absolument aucun malaise au malade; ce n'est qu'en grattant ou en appuyant très fortement, qu'il sentait des douleurs légèrement lancinantes.
Depuis un an et demi environ, il se manifesta dans les nodosités des douleurs insignifiantes à mesure qu'elles augmentaient, rarement et seulement dans la journée. Pendant la derniere année, elles devinrent plus fréquentes et plus vives en rayonnant sur tout le membre, et s'accompagnaient de sueurs, de battements de cœur et d'angoisse.
Actuellement, le malade souffre d'accès douloureux durant de cinq à dix minutes, survenant à des intervalles différents, d'une heure à peu près, pendant lesquels 1l se plaint de douleurs à la tête et d'éblouissements dans les yeux.
Quand 1l est excité d'une façon ou d’une autre, quand il a faim, qu'il digère ou qu'il défeque, les douleurs surviennent plus fréquentes et plus vives; les influences extérieures, telles que le froid, les bains, lui causent des douleurs modérées, D'un autre côté ces excitalions coupent assez souvent l'accès névralgique et ont en quelque sorte un effet adoucissant,
Quand il marche, le malade ressent une légere fatigue el une certaine raideur dans le membre atteint. Il dit que dans les derniers temps il a été réveillé par les douleurs S'irradiant dans la jambe malade, jointes à un sentiment d'angoisse.
La peau et les muqueuses sont blèmes. Le système nerveux ne présente rien d’anormal objectivement, sauf une excitabilité augmentée de la peau et des réflexes tendineux.
On trouve trente nodosités, depuis un grain de millet jusqu'à un
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pois. Elles sont mobiles et surélevées. Au-dessus, l'épiderme est intact, brillant, uni. Les poils follets sont également répartis. Les nodosités sont nettement délimitées, dures et douloureuses à la pression.
A la face antérieure et au milieu de la jambe gauche, il y a une zone, de la grandeur de la main, comprenant environ soixante tumeurs semblables à celles précédemment décrites, avec cette différence qu'elles sont beaucoup plus serrées et plus grandes pour la plupart. Beaucoup atteignent la grosseur d'une fève ; elles ont une consistance encore plus ferme, sont hémisphériques ou allongées, et douloureuses à la pression comme les petites.
Entre les nodosités la peau est intacte, la sensibilité normale. A Ja suite d'un léger contact, on remarque une violente contraclion de la jambe, et la pression produit souvent, dans tout le corps, une série de secousses analogues à une décharge élec- (rique,
Une pression modérée produit de vives douleurs irradiées qui se transforment en accès névralgiques formels. Ces douleurs sont très changeantes, selon que le malade a été plus ou moins excité momentanément, ou que son attention a élé concentrée d'un autre côté,
On fit l'examen histologique. La tumeur siège dans la peau. L'épiderme est soulevé, conservé et aminci autour des follicules. La couche des aiguillons S{achelschicht est plus riche en pigment que les couches environnantes qui sont saines.
Les papilles sont aplaties, disséminées et pauvres en cellules. Par places, on voit une infiltration modérée de cellules rondes correspondant aux vaisseaux.
Les muscles lisses sont sous les papilles, forment des faisceaux entrecroisés, à fibres serrées, de différentes grosseurs. Il yatrès peu de lissu conjonclif et peu de vaisseaux. Les faisceaux, croisés en différentes directions, offrent des coupes variées. Il n’y à pas de capsule conjonctive. Les parois des vaisseaux périphériques ont leur couche musculaire épaissie.
Les follicules semblent séparés par une masse musculaire. Rien
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aux glandes... Autour du glomérule et dans la paroi, les fibres Bsses sont augmentées et s'étendent dans le tissu environnant. Le tissu sous-cutané et la face profonde sont intacts.
Pas de développement anormal de fibres nerveuses {Pal- Weigert).
Le malade fait un séjour de quatre semaines à la clinique ; il consent avec peine à laisser enlever deux grandes (umeurs et une plus petite.
Traitement. Arséniate de soude 2 o/o en injection. Localement : cataplasme avec infusion de jusquiame et capsule de pavot,
La douleur a été diminuée. Le malade quitte l'hôpital sans changement notable, On le revoit cinq mois après.
Il à pris des pilules asiatiques. |
Jl y a deux mois, il a fait enlever deux nodosités douloureuses. La cicatrice est plate, indolore, avec pigmentation foncée. La douleur est encore diminuée.
Les anciennes nodisités diminuent. De nouvelles se forment sur la jambe.