‹ Nouvelle Contribution à l'Étude des Myomes de la PeauChapitre 30 sur 35 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

(Annales de dermatologie et de syphiligraphie (1897), Société anatomique de Paris, séance du 16 octobre 1896.)

Enorme dermalo-myome de la cuisse.

Dégénérescence sarcomateuse.

M. Mermet présente une tumeur du volume des deux poings, remontant à plus de quinze ans, enlevée à la partie supérieure de la cuisse droite chez une femme de soixante-dix ans; cette tumeur pédiculée, irrégulière, bosselée, multilobée, présentait deux grandes ulcérations fongueuses.

A l'examen histologique, elle est formée de tissu musculaire lisse, en voie d'’altération et de dégénérescence en certains points; dans les endroits non dégénérés, elle a déjà des allures de malignité, marquées par la prolifération extrême des cellules et la division de leurs noyaux; dans les points pigmentés ou en voie d’ulcération, elle présente les caractères du sarcome, En l'absence de muscle peaussier lisse à la cuisse, il y aurait quelque vraisemblance que cette tumeur ait été primitivement vasculaire et la dégénérescence du néoplasme s'accorde bien avec

cette, hypothèse.

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OBSERVATION XV (inédite).

(Service de M. le professeur agrégé Vallas).

Sarcome culané de la région sus-claviculatre.

C... Evariste, einquante-cinq ans, cultivateur, entre dans le service de M. le professeur agrégé Vallas le 8 novembre 1899. A dix-huit ans, il eut la fièvre typhoïde, vers la fin de laquelle il eut un abcès du creux sus-claviculaire gauche qui perça tout seul. Il resta dehors un petit bourgeon charnu, indolore, qui fut vingt-deux ans sans croître. Au bout de ce temps (1874), ce petit bourgeon fut fortement écorché et c'est depuis lors que, dit le malade, la tumeur commença à apparaître. Il se la fit cautériser à plusieurs reprises au nitrate d'argent. et 1l fut même opéré une fois.

Acluellement, on voit un gros bourgeon de la grosseur d'une mandarine, situé au-dessous du creux sus-claviculaire droit, Cette tumeur est entourée, à sa partie supérieure et inferieure, par de petits bourgeons qui recouvrent le creux sus-claviculaire et s'étendent même jusqu'au sillon delto-pectoral, On trouve des ganglions dans les deux creux axillaires:; mais ils sont plus développés à gauche,

Le malade fut opéré le 11 novembre 1899.

Incision circulaire, Ablation de la tumeur sans curage de l'aisselle. Suture forcée.

Le malade sort le 26 novembre 1899. La réunion est à peu près complète, sauf au centre, où restent de petits bourgeons qu'on laisse réunir par seconde intention.

Le diagnostic histologique fait par M. le professeur agrégé Paviot est: létomyome d’une cerlaine malignité.

10 novembre 1900. — La plaie a été vite cicatrisée ; il nya aucune apparence de récidive, pas de douleur, Le malade est: enchanté et travaille aujourd'hui comme le premier venu.

OBSERVATION XVI (inédite).

(Service de M. le professeur agrégé Vallas).

Cette observation a apport à un malade qui a été présenté à la Société de chirurgie de Lyon, à la séance du 29 juin 1899,avec le diagnostic deneurofibromatose. / Lyon médical du 24 septembre 1899).

Fibro-sarcome de la paroi (horacique Léiomyome cutané.

B... Jacques, soixante-dix ans, sabotier, entre dans le service de M. le professeur agrégé Vallas, le 25 juin 1899.

La tumeur a débuté il ÿ a cinquante ans: elle a été opérée cinq fois, 1852, 1859, 1873, 1880, 1890, elle a récidivé einqfois, la récidive ne se faisait pas attendre, environ cinq ou six mois après l'opération. Le volume de la tumeur était variable; en 1873 elle pesait 1200 grammes. Elle ne s'est jamais accompagnée d'un mauvais état général.

Actuellement, malade vigoureux, présentant une tumeur de la grosseur d'une tête de fœtus, en dedans et au-dessous du mamelon gauche. Cette tumeur se trouve en avant d’une longue ligne cicatricielle représentant les incisions précédentes. De plus, au-dessus de la tumeur se trouve un autre petit noyau. La tumeur est non adhérente au plan profond. La peau n'est pas rétractée ; elle est violacée, et, au sommet, on a la rénitence d'un kyste. Fe noyau accessoire ne présente pas cette teinte violacée de la peau On remarque de plus, sur les avant-bras et sur les cuisses, de petits nodules cutanés qui sont de petits lipomes. Quelques ganglions engorgés dans le creux de l’aisselle. Stat général excellent.

1°" juillet 1899. — Ablation de la tumeur. Suture forcée.

17 août 1899. — Cicatrisation presque complète, Pas de gène. Le diagnostic histologique est léiomyome de faible malignité.

Doi

L'examen histologique, praliqué par M. le professeur agrégé Paviot, ne laisse aucun doute sur la nature de la tumeur. C'est une tumeur du tissu musculaire lisse,

Soulevant l'épiderme, dont les bourgeons interpapillaires sont ou déformés ou déplissés, est une masse constituée exclusivement par des éléments cellulaires fusiformes très durcis et tourbillonnants. La plupart de ces cellules sont réduites à un mince fuseau protoplasmique et à un noyau en bâtonnet; mais par points, certaines de ces cellules prennent autour du noyau une substance striée en long, sé colorant en rouge acajou. Ces îlots déterminent d’une façon définitive la nature musculaire lisse. Serrés çà et là dans la masse du léiomyome, sont soit des tubes sudoripares, soit des glandes sudoripares,

Il n'y a aucun élément nerveux décelable.

En somme, léiomyome cutané, de faible malignité comme le montrent ces îlots de fibres cellules adultes rencontrés çà et là; la situation montre aussi que son point de départ et son extension se font aux dépens des arreclores pilorum.

A la Société de chirurgie de Lyon, M. Gangolphe fit le diagnostic de sarcome pour la tumeur récidivée, et probablement de lipomes pour les autres. M, Augagneur croit que la tumeur principale n'est pas de mème nature que les tumeurs éparses qui sont des lipomes.

M. Vallas fait le diagnostic de neuro-fibromatose généralisée de Kôlliker.

22 novembre 1900, — Nous recevons des renseignements du malade,

Dans sa famille lui seul a des tumeurs. Son mal l'a fait exempter du service militaire. A cette occasion, le médecin major, après l'avoir fait tousser par trois fois, lui aurait dit qu'il pouvait se faire opérer tant et plus, le mal reviendrait toujours.

Le malade à d’abord été opéré dans son pays, puis trois fois à Saint-Etienne.

Il est obligé de se faire opérer tous les sept ou huit ans.

Il se porte bien, mange bien et dort bien.

Les lipomes sont stationnaires, et ne le font pas souffrir,

ss 67 M Mas 1l sent, dans la région ou siégeait la tumeur, à des moments donnés, des points ou des picotements qui le font assez souffrir. Nous ne savons pas si la tumeur à commencé à réci-

diver; le malade dit que la dernière opération ne lui à pas enlevé tout le mal,

OBSERVATION XVII (inédite).

(Service de M. le professeur agrégé Nové-Josserand).

Sarcome de la peau siégeant à la région thoracique postérieure,

développé sur un nœvus congénilal.

C... Pierre, quatorze ans, entre le 22 janvier 1900, salle Saint- Pierre.

La mère se porte bien, Son père est mort il y a quatre ans d'une pleurésie. Deux sœurs qui se portent bien.

Nourri au sein, Marche à quinze mois. Pas de passé pathologique. Les parents avaient remarqué que l'enfant portait une envie depuis sa naissance, à l'endroit même où siège la tumeur actuelle.

Celle-ci se serait développée depuis huit mois seulement. Son volume, d'abord comme une cerise, aurait progressivement augmenté. Son évolution se serait accompagnée, tout à fait au début, de crises gastriques indéterminées, survenant le soir et qu'une cuillerée d'eau-de-vie calmait Elles auraient duré une quinzaine de jours environ.

Actuellement, l'examen du jeune malade montre une tumeur ovalaire à grand diamètre vertical. Elle siège au niveau des quatre dernières vertèbres dorsales. Son point d'implantation se fait légèrement en dehors de la ligne épineuse., La tumeur elle-même est en grande partie située à gauche de la ligne médiane.

Un quart seulement dépasse du côté droit. Elle est de couleur

rouge vif, un peu violacée par places. À la palpation, elle offre une sensation de dureté assez spéciale, ni molle, ni ligneuse. Elle est lisse sur toute son étendue ; la peau est adhérente à la surface ; elle n’est pas réductible; toutefois, par la compression en masse, on observe qu'elle devient blanche et que la surface se plisse. Cette blancheur persiste à peine quelques secondes, On a l'impression que les vaisseaux sont superficiels et se vident facilement. Pas de frémissement, pas de souffle, ni rien qui puisse faire songer à une tumeur vasculaire. Ni les efforts, ni la marche, ni la toux ne la modifient ; son volume est

assez considérable.

Diametre verticale cent 00 = ROPIZON TA RER RE TO — — atitéro-postérieur 2261-2200 3 pe

Circonféréncer is Ve PU ERNST —

Elle est très nettement pédiculée ; son pédicule reproduit la forme de la tumeur ; il est environ de moitié plus petit. Si on essaye de la mobiliser, on voit qu'elle n'est pas adhérente aux parties profondes.

Sa température est plus élevée que celle des tissus avoisinants ; 1] y a une différence très accusée au toucher.

Elle est douloureuse à la palpation ; mais à un degré assez peu accentué. Tout autour on note un peu d'hyperesthésie de la peau, si l'on appuie avec le doigt, l'enfant dit qu'on lui fait mal.

Tout autour on note que les veines sont très dilatées; elles se dessinent très bien sur la peau, et on a l'impression que leur volume est considérablement augmenté.

Si l’on soulève la tumeur on remarque, en effet, qu'elle est implantée sur un nœvus dont la plus grande partie a été soulevée par la tumeur. On en voit encore les traces tout autour du pédicule.

L'état général est resté parfaitement bon, l'appétit est conservé,

2 Janvier 1900. — M, le docteur Tixier, chirurgien des

Hôpitaux, enlève la tumeur; il fait une incision circulaire s'étendant largement en dehors du pédicule. Dans le tissu cellulaire sous-cutané, on note la présence de veines dilatées qui saignent beaucoup. La tumeur n'est pas adhérente au niveau de son pédicule avec le plan profond. On suture la peau de façon à avoir une figure triangulaire. Un morceau de la tumeur est envoyé à l'examen histologique. L'examen macroscopique, sur une coupe, montre que le derme seul est vascularisé; le reste offre tous les caractères d'une tumeur sarcomateuse,

27 février 1900. — L'enfant part; la plaie est presque fermée.

Diagnostie histologique. — Léiomyome manifestement en évolution et comportant un pronostic très réservé au point de vue d'une malignité au moins locale.

15 novembre 1900. — L'enfant va très bien.

La grosseur enlevée n'a aucune tendance à revenir.

Examen histologique praliqué par M. le professeur agrégé Paviol.

La tumeur est tout entière constituée sur les coupes histologiques par des cellules fusiformes, le plus souvent en tourbillons de très faible amplitude. Ces cellules sont assez inégales entre elles, si l’on juge par les dimensions de leurs noyaux, qui, eux, varient du simple au triple entre deux cellules même voisines. Toutes ces cellules ont un protoplasma très finement granuleux, qui se termine en pointe effilée ; elles sont toutes courtes, el dans le protoplasma n'apparaît nulle part la teinte rouge acajou de la substance contractile, Néanmoins cette morphologie cellulaire, la disposition tourbillonnante des éléments, l'absence de toute substance conjonctive interposée permet d'affirmer avec assez de sécurité que l'on à affaire à une lumeur musculaire lisse.

Elle est assez riche en vaisseaux ; ceux-ci sont de nouvelle

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formation pour la plupart, c'est-à-dire réduits à un endothélium et entourés d'un anneau de substance conjonctive rose pâle ; un certain nombre d'entre eux, toutefois, ont un anneau plus ou moins épais de fibres cellules rouge acajou. — L'infiltration de cellules fusiformes s'avance jusqu’en plein derme cutané, et celui-ci est à peu près respecté, bien que les papilles soient déplissées.

En somme, par tous ces caractères, la tumeur est manifestement en évolution,et comporte un pronostic très réservé au

point de vue d’une malignité au moins locale.

OBSERVATION XVIII (inédite).

(Due à l'obligeance de M. Vincent, chirurgien major de la Charité.)

Ostéite luberculeuse de la première phalange

du deuxième orteil. Tumeur sous-unquéale du deuxième orteil.

V... Claude, neuf ans, entre le 3 août 1900 dans le service de M. le chirurgien Vincent, à la Charité.

L'affection a débuté il y a trois ans. Actuellement, la première phalange du deuxième orteil du pied droit est grosse, violacée, douloureuse à la pression, La palpation fait sentir un os augmenté de volume. La surface est ulcérée; on ne constate pas la présence de fistules, Il y à une excroissance des chairs qui a déterminé un commencement d'onyxis.

4 août. — Après nettoyage de la région, on constate la présence sous l'ongle d'une petite tumeur qui refoule cet ongle. Elle semble tenir à l'os.

Après anesthésie, le D' Loison pratique l'ablation de la tumeur et fait la résection de l'extrémité osseuse sur laquelle

elle était implantée,

Diagnostic histologique, — Léiomyome avec crainte de récidive locale si tout n'a pas été enlevé.

Examen praliqué par M. le professeur agrégé Paviol.

À l'examen microscopique, on voit, s'avançant jusqu'au contact d'une peau normale (sauf le déplissement des papilles et une légère augmentation de la couche cornée), une tumeur dont la constitution histologique est incontestablement celle d'un létomyome.

On-ne voit qu'intrications ou tourbillons de gros faisceaux de cellules musculaires lisses. Celles-ci sont très adultes, munies d'un fort fuseau musculaire, aussi volumineux qu'on le voit parfois dans certains myomes utérins. Les centres de tourbillonnement sont nombreux, mais partout la constitution de la tumeur paraît très adulte. Un tissu conjonctif la parcourt de ses faisceaux volumineux,

En somme, il n'y aurait à craindre qu'une récidive locale si

tout n’a pas été enlevé.

OBSERVATION XIX (inédite).

(Recueillie d'après les renseignements donnés par M. le professeur agrégé Jaboulay.)

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