DT VS
Les poils poussent au-dessus de ces lumeurs presque comme dans les régions saines. Certains malades se plaignent de violentes démangeaisons (obs. III et AXIV), peut-être en rapport avec leur diabète.
Le malade de Luckasieviez (obs. T) ne put écorcher ses tumeurs à cause de leur dureté. Celui de Wolters vit la démangeaison augmenter avec le nombre des nodosités.
Le malade de Jarrisch, qui était crétin, avait peutêtre d’autres causes de démangeaison dans l'état particulier de sa peau rugueuse.
Il ne nous semble pas qu'un pareil symptôme ait été signalé dans les observations citées par Phélisse.
Besnier ne signale pas de prurit chez sa malade.
Ordinairement, ces nodosités sont indolores et gardent ce caractère très longtemps, quinze ans{(obs. IT). Souvent la période silencieuse est moins longue et, au bout de deux, trois, dix ans, les douleurs s'installent, d'abord légères, puis augmentent petit à petit. Elles sont d’abord provoquées par la pression, par le choc, par le froid, le grattage, puis elles peuvent devenir spontanées, s'irradier dans toutun membre et prendre le caractère de crises survenant à intervalles plus ou moins rapprochés. Cela se voit surtout chez les gens dont le système nerveux est déjà altéré.
La douleur vient sur les nodosités les plus anciennes, sur quelques-unes seulement: il est bien rare que toutes soient douloureuses.
Ces néoplasies offriraient certains caractères très intéressants. Le malade de Luckasieviez remarqua que
certains jours ses tumeurs étaient plus plates, d’autres
jours plus saillantes, et qu'avec le temps elles devenaient plus consistantes et plus hvides.
Chez le malade de Jarrisch, les douleurs étaient plus fortes en hiver; celui de White compare l'influence du froid à la sensation d’un fer chaud.
La coloration de la tumeur disparaît par la pression (Besnier). De même la tumeur pälit pendant les accès douloureux {Arnozan-Vaillard).
Dans le cas d'Axel Key, la tumeur siégeant à la face palmaire de la main devenait dure, douloureuse, et plus petite sous certaines influences.
Certaines tumeurs pälissent, soit à la piqûre d’une épingle, soit à chaque crise douloureuse (Arnozan- Vaillard). Il est probable que l'emploi de l'électricité jouerait un grand rôle comme moyen de diagnostic. En effet, dans l'observation de Challand, en 1871, on lit que la tumeur enlevée par Trélat et excitée trois ou quatre heures après, eut des contractions lentes et vermiculaires, comme celles du scrotum.
Nous avons vu que le nombre des nodosités semées sur la peau peut atteindre un nombre innombrable (Verneuil). Ordinairement, on peut les compter ; quelquefois l'opération est rendue très facile, car les nodosités, quoique multiples, siècent sur un territoire cutané assez limité, par exemple, dans le cas cité par
Hess (obs. IX).
Myomes uniques.
Les malades, dans cette classe, sont porteurs de
Lumeurs en général plus grosses, uniques. Elles attei-
Te gnent la grosseur d’une amande, d'une cerise, d'une mandarine, des deux poings. Celle du malade de Vallas pesait 1200 grammes à la troisième récidive, en 1873 : à la sixième récidive, elle était grosse comme une tête de fœtus.
Leur consistance est variable ; les unes sont dures, élastiques, cartilagineuses (Scheyron-Phélisse), d’autres sont presque fluctuantes et ont une consistance molle et cireuse, cela dépend de leur constitution histologique. On dirait des bourses vides. Ces tumeurs sont ordinairement pédiculées, ne sont pas adhérentes aux plans profonds et laissent la peau saine. Elles ne s'accompagnent généralement pas de ganglions.
Dans le cas de Vallas (obs. XV), on en trouve dans les deux aisselles, mais le malade a eu des abcès quelque temps auparavant. Ces tumeurs n'influent pas sur la santé gnénérale et,. malgré des récidives multiples, n'aboutissent pas à la cachexie comme dans le cancer,
On ne trouve pas de douleur. On à noté quelques démangeaisons. Ainsi, l'enfant de l'observation XIII est tranquille, tette bien, a un bon état général, malgré des hémorragies assez abondantes. Il ne souffre pas.
Comme pour les dermatomyomes, nous trouvons que ces tumeurs deviennent dures, douloureuses ou plus petites sous certaines influences. Dans le cas de Nové-Josserand, la tumeur devient blanche à la pression pendant quelques secondes, et la surface de la peau se plisse.
La malade de l'observation XIX nous dit que, lorsqu'elle se mouillait la main, la grosseur diminuait un
peu.
EN) 2e
Quand on commença à étudier les myomes dela peau, on trouva que les tumeurs uniques, solitaires, un peu grosses, siégeaient surtout dans les régions riches en fibres lisses, telles que le mamelon, les organes génitaux de l'homme et de la femme. Cela nous explique la raison pour laquelle Besnier qualifie ces myomes de dartoïques. C’est ainsi que Phélisse, dans sa thèse, à propos des myomes uniques, en cite :
> du scrotum (cas de Forster, cas de Scheyron) ;
1 de la grande lèvre gauche {cas de Challand, 1871);
> de la mamelle (cas de Klob);
1 du mamelon (cas de Sokoloff) ;
1 de la grande lèvre droite (cas de Valude);
1 de la cuisse droite (cas de Santesson) :
1 de la face palmaire de la main (cas de Axel Key):
1 du dos (cas de Chambard- Gouilloud ;
Dans nos observations, nous n'en avons pas rencontré sur des régions où les fibres lisses se réunissent en quantité pour faire un véritable muscle, mais nous les trouvons réparlis un peu au hasard sur le corps.
La plupart peuvent rentrer dans la division des myomes dartoïques, car, pour n'êlre pas réunies en véritable dartos, les fibres musculaires lisses lui sont analogues, et elles siègent sur presque toute la surface cutanée.
Cancer musculaire lisse de la peau.
T a < Nous rangeons dans cette catégorie les cas de
MM. Gangolphe, Albertin, A. Polosson et Carle.
Nous n’entreprendrons pas une description de
et — symptômes basée sur quatre observations seulement.
Nous dirons seulement que M. Gangolphe porta le diagnostic d'épithélioma de la paupière inférieure, et qu'après plusieurs récidives, il fut obligé d’enlever toute cette paupière.
M. Albertin porta un pronostic fâcheux sur son malade, dont la lésion s’étendait en surface, et, effectivement, la maladie ne dura guère plus de trois ans.
Le myome qui siégeait sur le bout du nez de M. J... envahit peu à peu la peau environnante, gagna le nez, nécessitant plusieurs opérations, et emmena le malade en l’espace de quatre ans.
Dans l'observation de M. le D: Carle, le diagnostic d’abord hésitant entre lésions syphilitiques, tuberculeuses ou néoplasiques a pu, après examen anatomopathologique, être définitivement fixé. On était en présence de celte forme de néoplasie superficielle que l’on appelle ulcus rodens. Elle en avait en effet tous les caractères d’ulcération superficielle et irrégulière à fond rose jaunâtre, ferme au toucher, cependant friable, saignant facilement, entourée d'un bourrelet très net, sans envahissement ganglionnaire.
D'ailleurs les alternatives de cicatrisation par un épiderme aminci et de nouvelles poussées ulcéreuses confirmèrent le diagnostic.
Étant donné l'obscurité dont est entourée l'anatomie pathologique de l’ulcus rodens, M. le D' Carle émet l'hypothèse que bien des léiomyomes ont dû être décrits parmi les ulcus rodens.
Nous pensons que ces quelques faits justifient anplement le nom de cancer que nous avons donné à
cette catégorie spéciale de myomes.