‹ Nouvelle correspondanceChapitre 108 sur 188 · A UN PRÉSIDENT DU TRIBUNAL DE POLICE CORRECTIONNELLE · texte numérisé non relu

A UN PRÉSIDENT DU TRIBUNAL DE POLICE CORRECTIONNELLE

Ce i5 juillet 1868.

Monsieur le président, Permettez-moi d'invoquer tout particulièrement votre in

1. Théophile Gautier avait lait l'honneur au secrétaire de Sainte-Beuve de l'inviter à déjeuner chez lui, à Neuiily.

dulgence pour une personne qui comparaîtra devant le tribunal vendredi prochain, madame B...., loueuse de journaux... J'ai déjà eu l'honneur d'écrire pour elle à M. le procureur impérial. Si elle a été en contravention pour la vente de la Lanterne^ il paraît bien qu'elle ne s'est pas rendu compte, qu'elle était de bonne foi . . . Mais surtout, monsieur le président, c'est d'après l'appréciation morale du fait et de la personne que votre équité bienveillante daignera statuer. — C'est une brave femme, veuve, qui a élevé deux enfants et qui soutient un vieux père, et toutes les personnes qui la connaissent rendent bon témoignage d'elle.

Veuillez agréer, monsieur le président, l'hommage de mon respect.

CGXLI.

A M. JOSEPH DELAROA.

Ce 16 juillet 1868.

Que je suis touché, monsieur, de votre aimable démarche Nous avons un ami commun qui est un hen. Je voudrais bien pouvoir répondre à cette sollicitude de l'amitié; mais ma santé est désormais une suite de va-et-vient qui déjouent presque toujours les nouvelles. Quand on me dit mal, je suis mieux, et, quand je passe pour guéri, je suis redevenu souffrant. Je voudrais ensevelir ces misères et ne me montrer à mes amis que par les côtés de la gratitude et des grâces que je leur dois.

Veuillez recevoir, cher monsieur, l'assurance de mes senuments les plus distingués.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE

Page 1