A UN POÈTE
Ce 17 juillet 1868.
Monsieur,
Je vous remercie de cette preuve aimable de confiance. Il est difficile, sur un simple échantillon, d'avoir un avis qui se résume en conseils. Vos vers sont gracieux; ils témoignent d'une grande fraîcheur d'âme et d'une oreille sensible à la mélodie. Mais ces sortes d'impressions printanières ont été tant de fois exprimées, qu'il est bien difficile, sans un don particulier, d'y mettre une note et un accent qui se distinguent. Cela n'empêche pas de cultiver pour soi un talent naturel qui a son charme et qui permet de mieux pénétrer ensuite dans les œuvres des grands poètes.
Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments très distingués.
CGXLIIL