A M. F. - M. LUZEL
Ce 18 août 1868.
Je vous remercie de Tenvoi de votre curieux volume. J'en avais déjà eu un avant-goût par la Revue critique. Vous ne me surprenez point dans tout ce que vous me dites d'ua de vos prédécesseurs très en vogue. Je l'ai connu de très bonne heure, et quand il ne faisait que commencer ses recherches : je n'ai jamais cru à leur exactitude ni à l'esprit de critique qui y aurait présidé. Aussi, malgré une liaison assez grande qu'avaient fait naître les circonstances, j'ai toujours résisté à parler au public d'un livre duquel je ne pouvais juger directement, mais que je flairais comme médiocrement exact ou authentique. Quant à parler aujourd'hui de votre travail d'une manière expresse et étendue, je n'oserais le promettre. Ma santé fort atteinte ne me rend
sur de rien, et, de plus, je n'ai pas autorité sur une matière dont les éléments, c'est-à-dire la connaissance des idiomes, m'échappe. Mais il me semble que les critiques compétents ne vous manqueront pas; l'attention est éveillée, et, dans la lutte avec l'académicien, vous ne serez pas si seul que vous semblez le craindre ^.
Veuillez, cher monsieur, agréer l'assurance de mes sentiments très distingués et dévoués.