A M. OCTAVE DE PARISIS, RÉDACTEUR DU GA ULOIS
Ce 26 août 1868.
Quoique je soupçonne ce M. Octave de Parisis d'être une de mes proches connaissances, il aura pourtant, lui aussi, un remerciement pour sa bonne grâce. Mais ce qui empêche d'être poli le plus souvent, c'est la vie qu'on mène. Un homme occupé est rarement poli ; un homme affairé ne l'est jamais.
Et qui est-ce qui n'est pas affairé en ce temps-ci? On
1. Le livre dont il est question dans cette lettre est le premier volume des Gwerziou Breiz-Izel^ ou Chants populaires de la basse Bretagne, recueillis et traduits par M. Luzel, (Lorient, 1868, pour le premier volume, — 1874, pour le deuxième). — Le premier volume de ce recueil de Chants populaires bretons vraiment authentiques, — et qui sont, sous bien des rapports, en contradiction avec ceux qu'a publiés M. de la Villemarqué dans ses Bansas-Breiz^ — a été couronné par l'Institut, en 1869.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 299 prend la vie comme à poignées, mais il en échappe bien plus qu'on n'en prend, et tout se fait un peu à la diable.
Je fais les excuses des autres et un peu les miennes, en même temps que j'envoie mes remerciements.
GCLV.