A M. ERNEST HAVET
Ce 2 septembre 1868.
Cher critique,
Je revendique pour moi ce que vous dites de madame Swetchine, page 589 de la Revue contemporaine. Le mot est de moi en effet, à propos de Rancé. (Tout comme pour Pascal, révérence gardée, on a pris une citation d'elle pour une de ses pensées.)
Oserai-je dire que je le maintiens, ce mot, nonobstant toutes les savantes et ingénieuses citations qui ne peuvent faire que le point de vue général soit autre? Le point de vue d'Horace et le point de vue de Rancé sont deux pôles. Tous les raisonnements, toutes les transitions de la philosophie ne peuvent aller contre ce qui est évident. Ce qui ne m'empêche pas de lire, relire et admirer cette vaste et si instructive enquête.
Tout à vous.
P.-S. — L'épigraphe de votre ouvrage pourrait être : « Il n'y a pas de sauts dans l'histoire pas plus que dans la nature.» — Mais est-il vrai qu'il n'y ait jamais de sauts?
1. A propos de son article sur le Christianisme et ses origines dans la Revue contemporame du 31 août 1868.
CGLVIIL