‹ Nouvelle correspondanceChapitre 122 sur 188 · A M. DE PONGERVILLE · texte numérisé non relu

A M. DE PONGERVILLE

Ce 9 septembre 1868.

Ah! ce n'est qu'en vers qu'il faudrait répondre à un tel appel, cher et illustre confrère. Mais ma Muse (si Muse

DE G. -A. SAINTE-BEUVE. 303 il y a et si Muse il fut) est à jamais enrouée, et c'est affaire à vous d'avoir encore la rime à volonté, jointe à la raison. Savez-vous bien que notre confrère Viennet, qui se donnait des airs d'indépendance et qui n'était qu'un déiste pusillanime, n'a pas craint d'écrire dans une lettre à ce Dupanloup, notre si peu confrère, que nous étions trois autour du tapis vert, trois ni plus ni moins, qui étions de la religion de Lucrèce? j'en ai conclu que c'était vous, d'abord, M. Mérimée ensuite, et moi probablement. — Je m'en honore; mais convenez que ce Viennet n'était qu'un faux brave en philosophie, en poésie et dans tout ce qui s'ensuit. Il flagornait les salons et faisait patte de velours aux évêques. Pour bien parler de Lucrèce au Moniteur, il serait bien bon que le Moniteur redevînt libre, et que le mot d'officiel y disparût. Je pense que le terme tire sur sa fm.

Si je ne me trompe, il y aura un très prochain changement, et^ si mes forces physiques ne me font pas défaut, je ne résisterai pas à payer ce que je considère comme une dette et un devoir.

A vous tout de respect et de cœur, cher et illustre confrère.

CGLX.

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