A M. FÉLIX AU VILL AIN
Ce 2 décembre 1868.
Je lis avec intérêt, monsieur, vos vers, vos soupirs de plainte et de tristesse. — Nous avons passé par cette même phase poétique et morale. C'est déjà commencer à guérir de son mal que de le chanter. Vos vers sont sincères et d'une harmonie qui est bien d'accord avec votre pensée. J'aime ce passage :
Quand le vent. . ,
Il y a des faiblesses et des négligences, deux fois aubépine à la rime, par exemple; mais celui qui a chanté ainsi n'en restera pas là. Un exercice utile et doux serait de rechercher dans les poètes français, anglais ou italiens, des notes et des variantes d'une plainte plus ou moins pareille à la vôtre. Cette étude n'écarterait pas de la poésie et, en même temps, elle fortifierait votre veine. Au lieu d'être seul à chanter, et à pleurer, vous vous feriez un concert de tous ces chants, tantôt doux et tendres, tantôt lamentables et sublimes.
Croyez-en un ancien élégiaque, rien ne relève et ne console davantage.
Veuillez agréer l'assurance de mes sympathies dévouée?.
GGLXXXIY.